13 mars 2021

Zounia Ben Lemna se raconte - tiniak

- Episode inédit, extrait d’un feuilleton en cours sur ‘poLétiquement vôtre-

 
Exergue : Parce que c’est tous les jours 8 mars, #machoman...
***

 

Renfilant sa vieille gabardine (“toute pourrie, nan mais, wak Bob ?” comme le lui dit souvent sa partenaire), le lieutenant Merle se tourna vers l’agente Ben Lemna qui faisait de même, avec son perfecto rapé à bien des endroits, et lui proposa :
“- Dis-moi, major, ça te dirait-y pas de s’enfiler une bière ou deux avant de rentrer à nos vies misérables de poulets déplumés ? Après tout ça, c’est pas péché, hein ?”
Zounia lui retourna son sourire en coin qui signifiait “Vouiche, mais on s’éternise pas Bob, ok ?”
Du coup, elle répondit :

“ - Alors on y va, mais en scoot, sinon, c’est mort !”
Robert Merle entendit l’avertissement. Il avait pourtant bien envie de bringuer un brin, ce soir. “Mais bon…”

 

Un quart d’heure plus tard, les deux agents de police, rendus à leur vie civile, étaient attablés à la table que le patron du lieu avait pris soin de leur libérer dès qu’ils avaient pénétré dans son établissement, un bar à l’irlandaise, lui-même étant de (lointaine) origine de “la divine Erie des poètes”, comme il aimait à le faire entendre. Un peu trop souvent, de l’avis même de ses habitués.

Leur deuxième bière à la main (et la troisième en attente, commandée discrètement par Robert au nom de ce vieux principe cher aux piliers de bar : “jamais deux…”), après avoir pris quelques nouvelles l’un de l’autre, concernant leurs vies privées, ils se laissaient bercer par une ballade gaëllique. Parce que l’absence de discussion est souvent la marque d’une amitié véritable. “Et même d’un véritable amour…” songeait, à ce moment, l’homme enfin un peu plus détendu.
Soudain, un type, à l’évidence pas familier de l’endroit, s’adressa directement à Zounia en demandant :
“- Pardon si je dérange, mais ça vous dirait que je vous offre la prochaine, mademoiselle. Si monsieur n’y voit pas d’objection, bien sûr ? ajouta le bougre en envoyant à Merle un clin d'œil des plus malvenus.”

Robert n’eut pas le temps de réagir que déjà Zounia répliquait, avec un sourire calculé :

“- Toi, c’est sûr, t’as tous tes vaccins à jour sauf celui contre la goujaterie. Mauvaise pioche, garçon. Va tenter ta chance ailleurs, j’y serai pas.”
Le type en resta coi quelques secondes durant lesquelles Zounia eut encore cette pensée : “Il se trouvera bien quelque écervelée sur ton passage pour satisfaire tes projets pour la soirée, connard !”. Pensée qu’elle n'extériorisa pas verbalement, mais qui explosait dans son regard dont le brun foncé s’était profondément assombri, peut-être jusque à un noir abyssal.

Le type renvoyé à ses pénates, Robert Merle saisit l’occasion (“pas la première, mais bon… allons-y !”) pour poser une question qu’il n’arrivait pas à s’autoriser à poser à sa partenaire chérie :
“- C’est marrant, commença-t-il comme pour dédramatiser la nature de la question intrusive qui allait suivre, un beau brin de fille, euh… de femme comme toi, intelligente, pas bégueule, fine et cultivée, depuis six ans qu’on se connait, hein ? je ne t’ai jamais vue avec… disons… quelque attache pour quelqu’un. Tu vois ce que je veux dire. T’es pas obligée de répondre, note… Juste note que ça m’étonne, quoi. Pardon, mais… la preuve ! t’es suffisamment bien gaulée… J’ai pas dit, belle hein ? J’ai dit…”

“- Ouais ok ok, Bob… Attends, le coupa Zounia, fermement, mais en douceur.”

Elle l’avait appelé “Bob”, c’était déjà ça, songea Merle. “Elle ne m’en veut pas d’avoir posé c’te foutue question, se consola-t-il d’avoir osé en venir, pour la première fois entre eux, à ce point sur le terrain de l’intimité.”

Voyant combien Zounia se ramassait, il sut qu’elle se préparait à bondir. Il l’avait déjà vue faire. Mais jamais pour aucun des dialogues, publiques ou privés, qu’ils avaient tenus l’un envers l’autre. “Six ans, putain ! ‘Faut pas qu’ ça casse, hein ? ON est d’accord, ma belle ?” se dit en frémissant, à des endroits inconnus de son corps et de ses sentiments, le lieutenant qui ne voulait absolument pas en être un. Pas là. Pas ce soir.

“Juste pas maintenant ! ...Juste Bob…” implora-t-il secrètement.

Alors, Zounia Ben Lemna, négligeant de remarquer qu’une troisième tournée de bière prenait place à leur table, le menton calé dans ses poings serrés à blanc, dit à Robert Merle :
“- Ok, d’acc’… Je vais te le dire à toi, Bob… A TOI… Personne n’en sait rien ici, et personne ne doit jamais savoir, ok ? Parce que la frontière entre le blabla et la trahison, c’est du fifrelin. C’est ok, Bob ? ...JAMAIS !”
Zounia lui avait semblé avoir hurlé en pleine face, mais à voix basse. Robert Merle (homme d’âge mûr, tout de même lieutenant de police, supérieur de la jeune femme, là, devant lui, qui était devenue sa partenaire à compter du jour où elle avait posé “son petit cul de banlieusarde... ou dieu sait d’où !.. sur la banquette passager de ‘son’ véhicule de fonction…”) Robert... Non, “Bob” ! se dit alors qu’il aurait mieux fait de fermer son foutu bec… de poulet ?


“- On se refait pas, en vrai, lâcha Robert, pour lui seul, mais de fait, à haute et distincte voix.
“- Ouais, c’est ça, Bob. C’est tout pile juste ça, abonda Zounia dans un soupir, un sombre magma coulant sous un repli de sa lèvre inférieure et un volcan en éruption à l’orée de ses grands yeux tous ronds. De ses deux yeux si bruns, et cependant si doux, malgré tout.”

***

- Et voici ce que l'épisode suivant développera de la confession de Zounia à Robert -


Robert Merle se racla le gosier avant d’entamer sa troisième binouze. Manifestement, Zounia prenait son temps. A coup sûr, la gravité des propos qu’elle allait lui tenir, comme venait tout juste de l’annoncer sa partenaire de patrouille, nécessitait qu’elle en choisissât avec soin les paroles. Il attendit donc, patiemment, qu’elle se mît à parler.

Le bar se remplissait toujours davantage, de gens de passage, mais surtout des habitués, familiers du lieu et de son placide patron. Robert, ne quittant pas Zounia du regard, en reconnut quelques-uns du coin de l'œil, mais ne les salua ni ne leur rendit leurs saluts.

Zounia Ben Lemna se saisit alors de la bouteille près de son verre à bière et dit en se servant à boire :

“- Jamais deux sans trois, hein ? Ok, Bob… Bon voilà : entre l’âge de treize et quinze ans, j’ai été abusée sexuellement par mon oncle paternel, d’abord, puis par chacun de ses trois fils.”

Le lieutenant Merle se sentit soudain prêt à reprendre du service dans l’instant. Le Robert Merle en civil, de prime abord abasourdi par cette déclaration inattendue, décida cependant de ne pas réagir. De laisser à Zounia le loisir de développer ou non. Ce qu’elle ne manqua pas de faire, puisqu’elle s’était lancée.

Zounia Ben Lemna s’ouvrit donc à son collègue et ami, après lui avoir fait de nouveau l’injonction de ne parler de ce qui allait suivre à personne, “absolument personne !”

Merle réitéra sa promesse d’un hochement pesant de la tête, le regard encore effaré de ce qu’il venait d’entendre.

Et Zounia raconta…

***

On finit en chanson, hein ?
https://www.youtube.com/watch?v=8d-blfWHSng&list=RDvBHild0PiTE&index=3

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Fifrelin (TOKYO)

 

La seule chose capable de me sortir du lit ce matin c’est ce fifrelin.

Un vrai joueur de flute que je suivrai jusqu’au bout du monde. Il a toujours une solution ammoniaquée pour réveiller les dieux de l’argent et transformer le mien en papier insolvable.

 Les riches chose inconcevable et exaspérante dont je fais partie ont un don absolument unique pour attirer ce genre de fifrelin.

 J’avais espéré depuis cette rencontre une bonne réduction sur l’impôt pour frais divers engagés dans relation amoureuse douteuse, mais rien n’y a fait. Ma situation financière était comateuse, il y était largement pour quelque chose.

Il fallait songer à construire des douves autour de mon domicile pour que ce magicien aux fibres empathiques ne vienne plus troubler mes neurones vieillissants.

Inventer un tour de passe passe pour le faire disparaitre fut un jeu d’enfant. J’en ai les larmes aux yeux c’est comme si j’avais appris dans la nuit à imprimer des faux billets.

 Le hic c’est que la bête, le cave ou le fifrelin ne l’entend pas de cette oeille.il a franchit les douves le bougre !! je l’ai aspergé d’essence de térébenthine. Qu’est ce que je n’étais pas prête à faire pour le séparer de mes économies.  

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L comme lichette (Adrienne)

 

Le père, on l'a déjà dit ici, c'est celui qui est passionné de gastronomie et compulse ses bibles culinaires pour en extraire tous les repas de fêtes de la famille élargie: chacun.e compte sur son savoir-faire pour rendre gustativement inoubliables les réveillons, les communions, les anniversaires du filleul et autres réunions autour d'une table.

 

Dans la cuisine, l'Adrienne a toujours été son son petit second et le voyait peser, mesurer, compter, vérifier.
"La gastronomie est une science exacte", disait-il.

Puis il y a eu belle-maman, qui avait aussi sa réputation de fine cuisinière à tenir.
Qui pesait à peu près.
Oubliait de regarder l'heure.
Prétendait voir quand un mets était prêt.

L'Adrienne souriait et se disait qu'elle avait trouvé là l'exact opposé de son père.

Mais elle se trompait.

Elle s'en est rendu compte le jour où elle a assisté à la confection du cozonac de Nouvel An chez l'amie Violeta, et ça s'est confirmé avec la baklawa.

Oui, il y a une recette, des ingrédients à peser et à mesurer.
Mais on ajoute un peu plus de ceci.
Puis de cela.
Pour compenser.
Parce que c'est devenu trop sec.
Ou trop liquide.
On goûte.
Y a-t-il assez de sucre?
Non, il n'y en a jamais assez :-)
On en rajoute.
On regoûte.
On fait goûter.
On rajoute.

Et c'est ainsi, que de lichette en tantinet, de soupçon en larme ou en nuage, on devient la reine du pifomètre.

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Pf ! (Kate)

 

Pas un fifrelin

Ah ! Ah !

Et un "tu l'auras"

Sera mieux qu'"un tien"

Bredouille

En somme

Pauvre grenouille

Ma pomme

Pas la moindre girolle

Aucun grain de poivre

Nul vaccin en vue

Nulle actrice connue

Sinon quelques paroles

Qui me navrent

 

Pas un fifrelin

Zéro joueur de fifre

Absence de sous-fifre

La solitude, tiens !

Alors "À l'aide

Wiki et compagnie !"

Mais "with Madonna in bed"

Ne m'aide pas ici

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Succombons

À nos vieux démons

Chevauchons

Et cravachons

Schtroumpfons

Par vaux et par monts

 

Première assertion :

" Si les Schtroumpfs vivent dans des champignons"

Deuxième assertion :

"Alors les fifrelins leur servent de maisons"

À tort ou à raison

Pourtant leur nom

Nom d'un Schroumpf !

Presque une chaussette

Non, pas à six schroumpfs

Pas noire ni verte

0-2 2

Allons donc !

Avouons ma passion

Mon trip mon démon

C'est la seconde mutation

Consonantique

Pf ! De la linguistique

Des langues cousines germaniques

Pas un pfennig

Pas de bol

On navigue

On s'envole

Et flûte !

Et zut !

Le fifrelin

Ne vaut pas rien !

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Participation d'Emma

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Fortune (JAK)

 

Obeline depuis l’aurore  est d’attaque, mais ce n’est pas pour contempler le lever du soleil.

Non, elle est aux fourneaux, son emploi du temps rigoureux et chargé, l’y oblige. Elle doit  toujours trouver de nouvelles tambouilles, sinon ça rouspète dur autour d’elle

 Soixante  bouches à nourrir, elle doit   cogiter afin d’apporter du changement  à leur  subsistance. Mais son cœur de nullipare avec dévouement veille sur tous ces estomacs à remplir 

il faut dire qu’elle est cuisinière dans un internat  pour enfants déshérités, une   ribambelle de gamins que la vie n’a pas gâtés

Elle bosse dur, sans rechigner.

Ce n’est pas Léon, l’homme à tout faire, un fifrelin de la pire espèce qui ne pense qu’à courir le guilledou, qui peut lui donner un coup de mains. 

En douce pour se stimuler, elle lampe de temps à autre une lichette de rogomme

Cela lui réchauffe le coeur, et les membres.

Membres endoloris, engourdis par  l’arthrose.

Il lui semble alors être moins patraque

Son médecin lui a bien dit de ne pas forcer sur la dive bouteille, mais elle n’en a rien à faire, et évite de le rencontrer.

 Pourtant  , le mois dernier, elle a  bien dû  le voir  à  cause d’un sal virus, qui lui avait mis le tournis.

 

Bon, cela s’est passé au mieux  et  la voici de retour après 15 jours d’observation, qui a   repris sa besogne pour nourrir sa marmaille.

Ses galapiats qui ont  toujours bon appétit !

Mais ce matin, pour des raisons indéterminées, que même le psy du service ne pourrait analyser, elle en a  soudainement ras la casquette.

Elle a envie de crier Stop.

Dans sa petite cahute, de longue date, avec Jules le facteur, lui aussi arthrosique  ils ont pris l’habitude de faire la causette chaque jour,  juste avant le coup feu,

Il lui  évoque souvent sa prochaine retraite : il  réfléchit  à se retirer aux Caraïbes où il a un lointain cousin.

Il n’a rien d’un foutriquet  ce Jules, avec sa belle moustache gominée.

Obeline  s’octroie ces moments sans se désheurer.

 

Pendant qu’il pose le courrier, elle lui sert, un petit vulnéraire  alcoolisé, versé avec déférence  dans l’unique verre de cristal qu’elle a hérité d’une vieille tante, Itou, elle  s’en rempli  un douteux  gobelet  Durex. Et ils trinquent à leur santé respective,

Une sorte d’inclination a surgit en elle pour ce primesautier préretraité, et il lui semble que c’est réciproque

Et depuis qu’Obeline s’est remise de la corona elle voit tout différemment.

Aujourd’hui, pour Obeline, c’est décidé, toute honte bue, ce tantôt, elle va lui faire une proposition, à laquelle elle songe depuis peu:

 Elle projette lui offrir  toutes les économies de son escarcelle, et de partir avec lui !

Ce fin gourmet aurait une cuisinière indéfectible, c’est là son argument infaillible  

 Dans son rêve elle s’imagine dépaysée dans une thébaïde embaumée, se voit  décorant une hutte avec des hibiscus, et sur une  table en bois, avec seulement…. deux assiettes.

 

On  sonne à la porte, elle s’y  rend en courant ….

-Ah !

Une charmante blondinette est là, courrier à la main

 

-Jour M’dame, je suis la nouvelle préposée.

 

Je remplace Jules qui est parti la semaine dernière avec sa bourgeoise  aux Caraïbes.

 

Adieu vaches cochons couvées, il ne reste plus alors à la naïve

Obeline que de pleurnichailler dans son arrière-cuisine

 

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Inégalable Fricassée (Lecrilibriste)

 

Fifres joyeux et tambourins

Entreront dans la farandole

Pour faire danser les demoiselles

Et tourner les jupes de lin

sur les jupons de dentelle

Ils se retrouveront le soir

Pour partager la fricassée

De trompettes et de fifrelins

Que la Mère aura préparés

C’est le Père qui les a trouvés

c’est lui qui connaît tous les coins

mais son secret est bien gardé

Le seul qui sera initié

C’est son fillot bien aimé 

qui le suit sans perdre sa trace

et qui s’accroche à ses basques

parce qu’il aime flâner en forêt

profiter de tous ses attraits

respirer le grand air

sentir le vent de liberté

et repérer les odeurs

des trompettes de la mort

sans oublier de trouver

des boutons de culotte

dans les ronds de sorcières

des girolles  et des fifrelins

pour étoffer la fricassée

inégalable de la Mère

Et croyez-moi, ce n’est pas rien

Quand on connait les fifrelins !

 

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Attention, c'est du Laclos (Vegas sur sarthe)


La définition exacte c'est « Qui ne vaut pas tripette » en huit lettres.
Instinctivement j'ai pensé à Germaine.
Elle rentre pile poil dans les cases … pour une fois qu'elle rentre dans quelque chose sans forcer à part dans la porte du garage.
Sauf que ça commence par un F et que ça ne peut être que moi qui l'ai mis là, ce F.
Si je change le F pour un G, ça bouzille le peu de mots que j'ai déjà eu du mal à placer et j'ai horreur de ne pas terminer les mots croisés ; ça me fout en rogne pour la journée et c'est Germaine qui déguste!
Faut dire que j'avais mis la barre très haut en m'attaquant aux mots croisés de Laclos sous l'oeil moqueur de Germaine.
« A quoi ça servirait que Laclos se soit décarcassé ? » disait-elle en parodiant une vieille pub des années 70.

Alors j'ai écarté Germaine au propre comme au figuré pour repartir sur des bases saines et j'ai trouvé Fusibles. S'il y a quelque chose qui ne sert à rien c'est bien le fusible.
« Ça fait que sauter » dit Germaine sans rien parodier, pas même une pub de Youporn.
Combien de fois ai-je dû farfouiller dans le coffret à fusibles de la bagnole après que Germaine ait essayé de brancher son fer à friser sur l'allume-cigare !

« Qui ne vaut pas tripette » … ça ne peut pas être Fusibles au pluriel sinon Laclos aurait écrit « Qui ne valent pas tripette ».
« Y'en a là dedans » dit parfois Germaine en me collant une pichenette derrière les oreilles ; c'est sa manière à elle de m'encenser.
Elle dit que je joue petit bras, que je babiole, que je broutille, ce sont ses mots pour dire que je vaux mieux et que je le vaux bien en parodiant une vieille pub cosmétique des années 70.
Elle en a une autre qui dit « On se lève pour Jeannette » mais je ne l'ai jamais comprise car notre femme de ménage ne s'appelle pas Jeannette et y'a pas de Jeannette dans notre entourage, y'a personne dans notre entourage.

Il y aurait bien le mot Bagatelle vu que sur ce terrain avec Germaine ça vaut pas grand chose mais ça commence par B comme Brimborion et en plus ça déborde des cases.
J'aimerais tant que ça déborde avec Germaine – pas seulement la casserole de soupe – j'aimerais qu'implose le couvercle, que s'échappe la vapeur pour nous emporter dans des volutes aphrodisiaques et … où en étais-je ?
J'ai trouvé Futilité en pensant toujours à Germaine, à ses Feux de l'amour, à son Euro Million, à son Pékin Express, à son Modes&Travaux, à son marché du dimanche matin, à ses raviolis du lundi, enfin à tous ces petits riens mis bout à bout qui ne font pas grand chose.

J'hésite encore car il y a le mot Fixation qui conviendrait bien et Fixation ça rentre dans les cases comme une cheville de 12 dans un carreau de plâtre, comme cette cheville trop longue qui traverse le mur quand Germaine se déchaîne avec le marteau en criant «Tu vas rentrer, salope ? »
Je hais tous ces mots crus qu'elle réserve à une pauvre cheville de 12 ...
Ça finit toujours par rentrer ; après tout c'est que du plâtre, du papier à cigarette dit Germaine quand les voisins se chauffent un peu trop et qu'on doit supporter leurs ébats.
J'aimerais tant que ça déborde avec Germaine.

Allez ! J'opte pour Fixation d'autant plus que ça finit par N comme le mot Fin et ça m'arrange.


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Précision (Walrus)

 
Quand j'exerçais mes talents au Stalag 12, j'ai assisté à cet échange entre le roi Arthur et mon ami Constant :

- Alors fieu, vous avancez dans le problème ?

- Je pense qu'il faudrait ajouter un tantinet d'oxyde de zinc au mélange...

- Un tantinet ?! Pourriez être plus précis ? C'est quoi un tantinet ?

- Trois fifrelins !

 

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Pas beaucoup plus qu'un fifrelin? (Laura)

 

Mes livres ne me rapportent pas beaucoup plus qu'un fifrelin
Peut-être moins que ce que peut gagner un margoulin
A peine de quoi, je suis sûre, acheter un agnelin
Certains disent que je devrais effacer tout ça avec un sopalin

Mais pour le fantôme et moi, ça vaut plus qu'un fifrelin
Au moins plusieurs draps, voire des camelins.
Les sommets que vois en écrivant en deviennent capitolins
Je devrais alors gagner des francs suisses ou des carlins.

Pourquoi ne pas écrire sur du vélin
Avec des lettres en caractère carolin
Pour gagner plus qu'un fifrelin
Et avoir mon nom gravé sur du marbre cipolin?

Je voudrais écrire sur le ciel en rouge carolin
Mes paysages pour en faire un tremplin.
Mais les gens préfèrent acheter des craquelins
Que mes mots qui n'ont pour eux rien de cristallin

Suis-je, depuis le début de ma vie sur le déclin
Si je ne parviens pas à faire entendre ma voix, drelin
Drelin: écoutez-moi et vous serez peut-être enclin
A me faire gagner quelques francs ou esterlins?

Si je réussissais à dompter ma peur comme un félin,
Je parviendrais  sûrement à modeler des vers figulins.
Je marche comme un équilibriste accroché à un filin
Qui vise la lune à atteindre à la Saint Glinglin

J'ai visité beaucoup de manufactures sans voir de gobelins
Mes objectifs sont tout ce qu'il y a de hyalin:
Vendre pour un jour visiter le Kremlin

Voyage qui coûte plus qu'un fifrelin

 

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