04 février 2017

Dictionnaire du Goinfre (Marco Québec)


Galantine
Galette
Gambas
Gargantua
Gâteau
Gâteries
Gaufre
Gaufrette
Gaver
Gelée
Généreux
Génoise
Girolle
Glaces
Glouton
Gnocchi
Gober
Goret
Goulu
Gourmandise
Goûter
Graillon
Grassouillet
Grillade
Griotte
Guimauve

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Participation de Venise


J’adore les goinfres, ils me rappellent les amphibiens qui ont crevé le lit d’un nénuphar.
Vous, les êtres humains regardez le monde pour y trouver un sens m’a dit un jour un goinfre
Le problème dit-il en avalant la moitie de ses mots on ne vous a pas donné le bon livret .
Il finissait toujours ses phrases dans un rire tonitruant .
Le vrai théâtre de l’existence d’âpres lui c’est l’excès en tout .Mangez baisez, dormez riez jusqu’à plus soif !!
Voilà exactement les paroles qu’il a prononcées  devant mes yeux écarquillés.
J’ai bien essayé de fumer avec excès , mais les cigarettes me rendaient malade .
J’ai tenté d’écluser du gin dans un bar classe un soir de déprime , mais je me suis écrasée au sol comme une tomate mûre .
J’avais l’impression d’être prisonnière d’une combinaison de plongée et qu’un petit sourire tentait de déchirer la combi .
Alors que lui le goinfre , l’as de ‘je repousse toujours plus loin les limites’ me regardait avec ses yeux de cacahouètes
Mais quand sa main de goinfre à touché mon visage j’ai eu l’impression qu’il avait couvé toute sa vie des bébé rouge gorge .ve01



Quand je devins  sa bougie d’anniversaire et qu’il souffla sur mon corps son odeur d’orange amère
Je fondis  sur le gateau.et vacillai  illico.
Je vous l’avais dit j’adore les goinfres .

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Jeune goinfre[1] (Laura)

 

Cannelle fut une jeune goinfre de chocolat sous toutes ses formes

Jusqu’à ne quasiment plus le supporter sous aucune forme

Cannelle fut une jeune goinfre d’hommes, de sexes, moins de femmes

Cannelle est toujours gourmande  mais avec moins de frénésie de sexe

Il lui fallait toute gouter, tout essayer jusqu’à l’écœurement des caresses

C’est comme si elle devait aller jusqu’au bout de ses désirs, jusqu’à perdre

Parfois son honneur, sa fierté, la tête, sa culotte, la face

Cannelle fut une jeune goinfre d’alcools, doux ou forts jusqu’à l’alcoolisme

Quand elle se mit à trembler le matin, elle sut reconnaitre cette limite.

Cannelle est toujours gourmande de champagne brut avec beaucoup de bulles

Pour faire pétiller les livres dont elle est toujours goinfre

Goinfre de mots à lire, à vivre, écrire jusqu’à l’ivresse

Des  journaux d’Anaïs Nin qui lui donne le souffle sans la tempête

 De ses outrances sexuelles, alimentaires et liquides de jeune goinfre.

 



[1] Titre d’un poème d’Arthur Rimbaud

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Le Paris-Brest (Pascal)


On avait un nouveau matelot, à la chaufferie arrière ; il n’étalait pas du tout à la mer. Après la sortie du port, dès que la houle du large venait se frotter contre la coque, il changeait de couleur ; son visage prenait toutes les teintes de l’arc-en-ciel mais en plus terne ; de rose poupon, il devenait blanc livide, en passant par des tons verdâtres et ivoirins. C’était le glas de sa jovialité de bon gars. Au lieu de se laisser embarquer par le roulis, de marcher en s’adaptant aux circonstances, instinctivement, il résistait en s’accrochant à tout ce qu’il pouvait. Désemparé, il était comme un enfant craintif faisant ses premiers pas en tâtonnant maladroitement…  

Le pied marin, ce n’est pas donné à tout le monde ; c’est sur la vague que l’on s’aperçoit si on l’a ou si on ne l’a pas. Lui, ne l’avait pas. C’était là tout son malheur. Il avait tout réussi à l’Ecole des Mécaniciens ; sorti dans les premiers, on voyait qu’il était vif et intelligent. A quai, toujours disponible et volontaire, il s’acquittait de sa tâche de nouveau avec plein de zèle ; s’il avait pu, il aurait pris notre boulot pour compenser celui qu’il ne serait pas capable de réaliser quand on serait en mer…  

Quelques heures après l’appareillage, les plus fragiles, la tête dans le trou, se retrouvaient à quatre pattes dans les chiottes, occupés à rendre leur dernier repas. Je le chaperonnais, notre dernier arrivé ; ce n’était même pas la peine de le bizuter, tellement la mer s’en chargeait. J’allais le récupérer, parce qu’il était de mon compartiment et ce n’était pas bien de le laisser rendre ses tripes et ses boyaux avec ses maux et ses jérémiades comme des prières de pénitence.
Sous son matelas, je mettais son gilet de sauvetage et je coinçais sa bannette au crochet pour qu’il puisse se caler dans le V ainsi formé. Couché en chien de fusil, il n’était plus qu’un gisant amorphe râlant et geignant son désespoir. Quand il fermait les paupières il avait l’impression que ses yeux allaient basculer hors de ses orbites ; quand il les rouvrait, hypnotisé par le balancement des rideaux alentour, des draps des lits défaits, des fringues sur les cintres, il subissait la houle du bateau. Confinés dans le poste, les relents d’autres vomis de ceux qui n’avaient pas pu attendre de se soulager dans les WC, la fumée stagnante des clopes, les odeurs de transpiration, de chaussettes, les grincements revenants, les râles des autres, n’arrangeaient rien à son état…

A l’heure de la caf, je le forçais à m’accompagner. Derrière la rampe, rien que les restes de bouffe dans la poubelle souillarde lui donnaient l’envie irrépressible de dégobiller. Pour lui montrer le bon exemple, je buvais sa timbale de cambusard mais je lui refilais mon morceau de fromage savoyard. Bon cœur contre mauvaise fortune, il récupérait un quignon de pain et il s’esbignait bien vite de ce purgatoire. Je le retrouvais du côté de la plage arrière, accroché au bastingage, scrutant la mer pour parer le prochain tangage…  

Puis, c’était l’heure de prendre le quart ; c’était vraiment son plus pénible supplice, ce devoir d’astreinte à la chaufferie. Dans la descente, toujours aussi balourd, il se cognait contre les cloisons, il glissait sur les barreaux de l’échelle. Enfin, il arrivait dans le compartiment, les yeux tout remplis de fatigue ;  sur les plaques de parquet humides, il tentait de garder un équilibre précaire et il cherchait vite où s’asseoir pour arrimer ses impressions. Même un faible roulis pouvait le désarçonner de sa chaise. Exsangue, il transpirait une sueur de grabataire et, fiévreux, il repoussait sans cesse ses lunettes sur le haut de son nez. S’il parlait, il ne jurait que pour mourir et s’il se taisait, c’était parce qu’il avait envie de vomir…  

Pendant un éclair de bien-être, quand le roulis laissait les chaînes de ramonage en parfait équilibre, il sortait de sa vareuse son quignon de pain comme un grand trophée arraché aux griffes de l’adversité ; il croquait généreusement la croûte, il aspirait goulûment les miettes, il s’empiffrait avec la mie, pour nous montrer tout son courage. Il se léchait les doigts pour ne rien perdre du goût du pain. Il se gavait, regrettant déjà de n’avoir pas rapporté plus de quoi se sustenter.
Tout à coup, à cause d’un coup de roulis pervers, il portait la main devant sa bouche pour refouler ses envies de gerbe ; quand c’était trop tard, il se laissait aller dans la cale. Avec un seau d’eau, j’aspergeais ses vomissures de bricheton…

C’est à quai qu’elle se rattrapait de son régime drastique, notre nouvelle recrue. En ville, le soir, il allait plusieurs fois au restaurant ; il cherchait les menus… les plus gras… Ha, j’en ai vu, des galavars, des perpétuels affamés, raclant les fonds de gamelle ! J’en ai vu, des gouelles, léchant les coins de plateau pour ne rien gâcher ! Mais des comme lui, jamais. J’ai eu l’occasion d’assister à l’un de ses repas gargantuesques ; hé bien, je n’aurais pas laissé ma main à portée de son enthousiasme vorace…

Frénétique, en attendant les entrées, il lorgnait sur les fleurs séchées de la décoration, sur sa table ; avec un peu de sel, d’une seule bouchée, il en aurait fait une salade…  

Larges tranches de saucisson, pâté onctueux, jambon cuit et cru, c’était ses amuse-gueule ! S’il avait pu, il aurait mangé avec deux fourchettes ! Une dans chaque main ! Il piquait, il sauçait, il tranchait, il charcutait, il déchirait ! Il ne laissait rien passer à côté de sa boulimie ! Une soupe de poissons, une poularde, une pizza, par ici, un cassoulet, un gigot d’agneau, un couscous, par là !...  

« Mais oui, laissez les marmites, les casseroles, les poêles, je vais me resservir !... » Il se goinfrait ! Il faisait bombance ! Il bâfrait !... Dans l’élan de son appétit d’ogre insatiable, tous ces plats étaient sans résistance…

Les vins ?... « Un gouleyant Brouilly ! Un puissant Saint Joseph ! Un intense Pomerol !... » Au frontibus, il trinquait au plancher des vaches, au nasibus, il pariait sur le beau temps, au mentibus, il portait un toast à tous les marins en mer, au ventribus, il était Bacchus estimant sa treille, Au sexibus, il réclamait les chiottes…

« Apportez le plateau de fromages !... » Il cognait du poing sur la table pour ne pas se mettre en retard sur sa fringale !... Implacablement, *Pré Saint Jean, Saint-Nectaire, Bleu d’Auvergne, s’affalaient sur ses épaisses tartines…  

« Je me laisse tenter par vos desserts !... » Sans attendre un quelconque atermoiement, frénétique, il trempait sa cuillère dans le baba, il engouffrait l’éclair, il effanait le mille-feuille, il léchait la religieuse… S’il avait pu, il aurait dévoré le Paris-Brest, avec toutes ses gares, tous ses voyageurs et tous ses paysages…

Avec quelques grands rots de soulagement, il desserrait enfin sa ceinture ; doucement, il reprenait des couleurs, notre jeune matelot mécanicien de la chaufferie arrière ; le verdâtre s’estompait, le livide s’enflammait, l’ivoirin se bronzait, jusqu’à ce qu’il retrouvât son visage poupin. Après s’être essuyé la bouche d’un revers de manche, il jetait ses derniers billets sur la table ; replet, un peu soûl, le pied forcément marin, il était de nouveau prêt à affronter tous les océans et tous les roulis…

 
*Camembert

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391 kilocalories (Vegas sur sarthe)


Se goinfrer ça ne rime à rien, c'est ce que n'arrêtait pas de me seriner ma diététicienne.
Alors j'ai voulu en avoir le coeur net; elle avait raison: ça ne rime avec rien.
Elle et moi on a essayé de trouver une rime en goinfre, et on n'en a pas trouvé.
C'est pourtant pas faute d'avoir cherché.
D'abord on s'est pris deux dictionnaires, deux petits Robert comme je les aime qu'elle gardait au chaud dans son boudoir, à la fois fermes et replets, doux au toucher, de ceux qui donnent envie de mouiller son doigt pour tourner les pages... et d'aller voir toujours un peu plus loin.
Ca avait l'air de l'amuser – en tout cas elle riait bien – et moi je ne boudais pas mon plaisir par dessus son épaule.
A chaque changement de lettre on se tapait un de ces petit en-cas qu'elle garde en réserve pour ses clients en crise d'hypoglycémie: confitures, miel et jus de fruits... mais attention! Que du bio!
A un moment j'ai proposé Gouffre mais c'était trop vertigineux, disproportionné pour un petit Robert.
Comme elle suggérait Gaufre je lui ai dit que je ne serais pas contre à condition d'y ajouter du chocolat râpé; alors elle est allée nous faire des gaufres pendant que j'attaquais la lettre H...
J'ai corné les pages avec les mots Haddock, Hareng, Homard et Huître pour le cas où on aurait eu un petit creux avant d'atteindre la dernière page; ça ne rime pas mais ça ne mange pas de pain.
Elle est revenue avec une pile de gaufres au lard fumé qui aurait nourri un régiment!
“Seulement 391 kilocalories!” a t'elle lancé en me tendant l'assiette et ses lèvres; j'ai tout pris.
C'était bon. On croit que les gaufres au lard c'est gras... c'est une illusion.
Je crois qu'elle était pressée d'arriver à la fin des dico alors pendant qu'elle remettait de l'ordre dans ses petits Robert j'ai filé à la cuisine sous le prétexte d'aller chercher une lichette de vin blanc.
Personnellement je préfère le Vouvray pétillant au Crémant de Loire mais elle n'avait qu'un fût de bière Duchesse de Lorraine comme elle.
Elle est pas duchesse – bien qu'elle pourrait l'être largement – mais elle est lorraine.
Alors on s'est rincé le gosier à la bière en chantant pour ne pas faire mentir le dicton lorrain: “L'alcool est notre ennemi-i-i mais fuir l'ennemi c'est lâ-â-âche”.
Faut dire que les gaufres au lard et l'exploration des petits Robert ça sêche bien les papilles.
Comme on arrivait à la dernière page on a compris que c'était foutu pour la rime alors elle a proposé des synonymes: ogresse, vorace, goulue ou gloutonne... elle les a tous trouvés avant que j'aie eu le temps de terminer l'assiette de gaufres.
Seulement 391 kilocalories... ça ne se refuse pas et puis j'avais la bénédiction d'une spécialiste nutritionniste.
A la fin on s'est partagé ce qui restait: elle m'a pris cent euros et moi j'ai pris trois kilos.

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Goinfre (Walrus)

 

Pour désigner ce genre d'individu en Belgique (et aussi dans le nord et l'est de la France), on emploie également goulafre souvent abrégé en goulaf et même pour certains, par inversion interne, en galouf, la preuve.

Vous avez lu ?

Bon, ben alors, que vous dire de plus ? Il est très bien ce garçon !

Enfin, je suppose que c'est un garçon...

Quoi ? J'utilise un nègre ? Vous avez quelque-chose contre les nègres ?

Racistes, va !

 

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28 janvier 2017

Défi #440

MAP a exprimé le désir de se reposer un peu pour se ressourcer.
Je vais donc la remplacer quelque temps à la ponte des sujets de défi.

Je vous propose une série alphabétique.
Mais vous sachant gourmands, je débuterai à la lettre G.

440

Goinfre, vous connaissez ?

Alors...

Racontez-nous !

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Fable ornithologique (Célestine)


Si un Micromegas débarquait des lointains
Et se trouvait plongé d’un coup dans la volière
On peut gager qu’il en perdrait son bas latin
Tant les oiseaux d’ici ont des moeurs singulières
 

Il y verrait le Sarkozinus cabotin
Donner des coups de bec au grand Fillonoptère
Et le Valsoptéryx au fichu caractère
Battre de l’aile sous les coups de l’Hamontin
 

Dans un coin de la cage, une Marinoptère
Grifferait les médias les traitant de pantins
Tandis qu’à l’autre bout fulminant de ses serres
 

Le Melanchonistus pourfendrait les crétins
Remontant aussitôt dans sa fusécoptère
Notre géant fuirait, criant au baratin !

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Un étrange secret par bongopinot

bo


D’un coup mon ciel change de couleur, s’assombrit
Au passage d’une multitude d’étourneaux
Dans une danse de jolis coups de pinceau
Ils volent dans un tourbillon étrange de gris

Et mon cœur devant ce spectacle s’attendrit
Et voilà que j’entends mon sonnet sonner faux
Pendant que le temps passe à tout petit trot
Je rêve un instant éblouie à l’abri

Je reprends ma plume admirant ces oiseaux
Et il se forme dans le ciel un écriteau
Et ils m’écrivent un beau message tendre

Me délivrant au passage un doux secret
Mais vous l’écrire serai bien trop indiscret
Regardez le ciel ils pourraient le répandre

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