02 février 2019

Une randonnée de mots par bongopinot


Le quorum étant atteint sans moi
Je me suis donc envolée de cette séance
Ne manquant que rarement ces audiences
Aujourd’hui j’ai préféré prendre une autre voie

Et sur ce chemin de randonnée
Je suis partie à la cueillette des mots
Dans mon panier des feuilles et un stylo
Pour faire un bouquet à mon arrivée

Une allée un sentier une artère
Je m’attarde sur l’avenue de la pensée
Source de réflexion et de lucidité
Puis mon esprit suit un autre itinéraire

Des tableaux défilent devant mes yeux
Des personnages parfois étranges
Traversent la route de mes songes
Rêve éveillé d’un trajet merveilleux

Le quorum étant atteint sans moi
Je me suis donc envolée sans méfiance
Pour un parcours riche de sens
En toute simplicité et propice à la joie

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Ronchonchon a quo ... (Nana Fafo)

Pas atteint le quorum de mots pour faire un article.

ronchonchon-quorum

Tous les chemins mènent à Rhum !

On est au "core" du sujet...

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Quorum (Pascal)

 

Tous les dimanches après-midi, je vais voir ma vieille maman ; obligatoire retour vers le passé, c’est ma corvée et c’est mon plaisir, aussi. En ordre de souvenirs heureux, sur le meuble de la salle à manger trônent ses bibelots ; l’harmonica de mon père, des fossiles trouvés dans la rivière, la statue miniature en pierre du templier ramené d’un voyage à Carcassonne, une hirondelle en porcelaine, une fleur en pâte de sel, un pot de lait tout à fait ordinaire, elle conserve des choses si désuètes qu’elles en sont devenues des véritables reliques ; rien que de les déplacer serait un grand sacrilège.
Sur les étagères, il y a des photos de moi, en nourrisson, en première communiante, en jeune fille, en mariée, etc. M’man, c’est le lien entre la jeunesse qui m’a fui si vite et ce que je suis, aujourd’hui…

Dans la maison, il y a toujours ces odeurs d’antan ; elles se baladent en parfums suaves, entre le bouquet de lavande séchée de l’entrée, l’épi de blé momifié du couloir, le thym, le romarin, la camomille en sachet du placard, et le bois du parquet lustré avec une cire qui n’existe plus depuis longtemps dans les drogueries. M’man, elle infuse les heures qui passent pour leur donner le goût du bon temps…
Elle me parle des choses fanées comme s’il n’y avait plus que l’automne et ses méfaits qui l’intéressent. Comment va untel ? Qu’est devenue unetelle ? Comme s’ils étaient toujours là, elle me rapporte des champs de fleurs qui n’existent plus ; elle m’explique de la famille qui a disparu ; elle me répète les éclats de rire qui n’encombrent plus la maison. La table de la salle à manger est remplie de tous ses chers absents. M’man, elle a des silences souriants qui racontent les grandes histoires d’une belle vie…
Les choses factuelles, les guerres, les manifestations, la faim dans le monde, les immigrés, les migrants, le réchauffement de la planète, la montée des eaux, le SIDA, la pollution, le nucléaire, les terroristes, toutes ces calamités ne rentrent pas dans sa maison ; quand on se frotte les pieds sur le paillasson, on laisse tout ça dehors. M’man, elle a aboli la peine du monde en la remplaçant par ses rhumatismes…
La cadence de son pas, la fréquence de ses soupirs, les papillotements de ses yeux, elle profite de chaque tic-tac de l’horloge du salon en le remplissant avec son existence. Quand elle sieste, elle harmonise sa respiration sur ce métronome implacable et, à l’unisson, les minutes s’égrainent lentement. M’man, elle a apprivoisé le temps…
Inconsciemment, sous la férule de sa conversation, je retrouve son protectorat maternel ; il ne faudrait pas que je lui avoue un moindre mal, une plus petite fièvre, sous peine de la retrouver, inquiète, devant l’armoire à pharmacie, en train de chercher ses meilleurs remèdes. Parfois, tout comme avant, comme si c’était hier, elle pose sa joue contre mon front et, le sourcil froncé, elle calcule ma température. M’man, elle sait cicatriser les plaies les plus profondes… 
Elle n’y voit plus grand-chose, elle n’entend plus très bien, elle ne marche plus beaucoup ; fière de son autonomie, elle me laisse pourtant remettre de l’ordre dans sa petite maison.
C’est un de nos rituels du dimanche : je lui lave la tête ; elle adore quand je masse son cuir chevelu ; elle papote avec moi comme si j’étais sa coiffeuse ; elle me livre des secrets que j’ai entendus cent fois et, cent fois, je suis étonnée de toutes ses fariboles en crinoline ! M’man, elle a des cheveux blancs comme une voile de bateau…

Elle est gourmande ; son grand plaisir, et c’est l’un de nos autres rituels hebdomadaires, c’est quand je lui apporte quelques gâteaux ; parfois, je me demande même si elle n’attend pas plus sa pâtisserie que moi. Et elle a raison ; à part la gourmandise, que reste t-il de nos sens, quand on les a profondément usés contre toutes les beautés du monde ?... Maman a ce seul péché de chatterie ; et comme elle dit ; « Ce n’est pas moi qui finis, c’est mon dentier !… »  

Donc, tous les dimanches après-midi, je vais à la pâtisserie ; c’est ma mission ; de vitrine en vitrine, je repère les plus belles finitions. Le Paris-Brest, l’éclair au chocolat, la tropézienne, le chou à la crème, passent le temps de la mode dans son palais, puis je tente le cake, le clafoutis, le flan, le fraisier ! Le printemps et l’été incitent son humeur aux macarons, aux oreillettes, aux religieuses ! L’automne et l’hiver, elle a sa préférence pour le quatre-quarts, les profiteroles, l’opéra ! Mais ce qu’elle affectionne le plus, c’est le baba ! Et tous ces jeunes pâtissiers modernes et inventifs, ils essaient de vous les refiler, fourrés, farcis, aux fruits, feuilletés, à la frangipane ! M’man, depuis toujours, elle ne mange les babas… qu’au rhum…

 

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Le quorum s’est réuni et m’a élue (Laura)

 

Auteure (autoéditée) la plus persévérante de ces 40 dernières années.
Elle a écrit son premier poème à sept ans ; il a été publié dans le journal de l’école.
Elle a continué à écrire et vers vingt ans a commencé à participer à des concours de poèmes, gagner des prix, être publiée dans des anthologies ou des revues.
Au Maroc, où elle a vécu  trois ans, comme c’était plus compliqué  de faire des concours, elle a crée ce blog, commencé à participer à des ateliers sur le net puis autoédité ses 14 livres
Quarante et un ans après son premier poème, treize ans après la création de son blog, elle ne vend pas assez pour sortir un quinzième livre.

 

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Arminda et le DRH (Lecrilibriste)

 

  • Arminda : Tu vas voir c'que che vais y met', moi, Arminda Casanova à tous ches chignols ! Cha va chier, foi d'Arminda et quand Arminda a dit, ch'est l'armée qui dit ! !!!
  • Le DRH : Arminda, cha n'peut (oh pardon ! ) ça n' peut plus durer. Vous avez versé la poubelle pleine de papiers importants dans le cendrier de M. Zimboum et vous y avez mis le feu !

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! C'h'est Mr Chimboum ! L' était chaoul comme cochon ! A vidé lé verre dé vhisky dans la poubelle, pis il a vidé la poubelle dans lé chendrier en croyant qué la poubelle était lé chendrier, et il a étieint cha chigarette dans lé chendrier ! Mais lé chendrier a pris feu pachqué lé papier était plein dé vhisky. Che fous chure ! Ch'étais là en train de pacher la cherpillère à côté, vers M. Boumcrac !

  • Le DRH : Justement, Arminda, M. Boumcrac prétend qué fous (Oh pardon!) que vous prenez tous ches trombones. Il en retrouve plus quand vous êtes passée !

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! Les trombones ? ? ? Mais M. Boumcrac fait des colliers dé toutes les couleurs avec, pour cha chérie … Vous chavez, comme les colliers de nouilles ! Com' cha, cha coûte rien  du tout, ch'est original et cha copine est contente pachque personne en a des comme ça !

  • Le DRH : Bon, je vois ! Mais encore une petite chose … Arminda , et là, che n'est plus possible ! Les toilettes étaient encore toutes inondées !

 

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! Ai pas d' bizouquette, moi !

  • Ch'est l' président qui est vénu pour lé grand débat ! Il a fait pipi à côté du siège tel'ment l'était speed avec les gilets jaunes ! Ch'peut pas êt toujours derrière avec mon balai, moi, ch'habite pas à Ploubalay moi ! Ch'abite Coïmbra , a côté d'chez toi ! Tu vas pas m'fair chier avec ça , Rodrigo !

Et Arminda tourna le dos et ch'en alla tout de go, chongeant aux bijarretés de la vie, tandis que le DRH chtupéfait et nochtalgique rêvait choudain des même choses ... des forêts odorantes d' eucalyptus, de l'immensité de l'océan, des plages ensoleillées, du porto de la morue, du Portugal qu'il avait quitté et de la petite Arminda qu'il aimait jadis au pays, et auquel il avait eu l'envie soudaine, en la voyant surgir, d'arracher le foulard qu'elle avait sur la tête pour redécouvir sa magnifique chevelure d'ébène...

  • Le DRH, qu'elle avait chubjugué, Arminda, le DRH, chon ami de toujours, chon ami de pays Coïmbra, chon petit ami Rodrigo qu'elle aimait tant et qu'elle avait retrouvé là, incidemment … DRH …Et ... En France !

  • Et Arminda tordit cha cherpillère chinq fois plus fort en che tordant de rire car elle l'avait bien fait vachiller le Rodrigo avec chez incroyables hichtoires de ménache , cha déterminachion, chon chourire  encholeur et ches chouvenirs !

  • Foi d'Arminda ! La prochaine fois, ch'te d'mande l'augmentachion ! Et cha va chier, Rodrigo, cha, ch' te chure ! !

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QUO VADIS ? (Walrus)

 

On se le demande !

Savez-vous que j'ai appris le latin ?

Bon, c'était à mon corps défendant et ma connaissance de cette langue morte (vous aurez remarqué que les "chefs d'œuvre" de la littérature sont tous écrits en langue morte : plus personne ne parle encore comme Molière ni même comme Marcel, Dieu merci! (ouais, je sais, ça faisait longtemps mais on ne se refait pas)) a toujours été parcellaire et le devient chaque jour un peu plus.

J'ai appris le latin parce qu'à l'époque de mes études secondaires, l'option qui ouvrait le plus de possibilités vers les études supérieures (tout ça pour finir promeneur de chien) c'était Latin-Math, c'est bête comme chien chou.

J'ai donc bien été obligé de survoler le latin et les blagues de potaches y associées, vous savez, genre "Sumpti dum est hic apportavit legato alacrem eorum", je vous fais grâce de la traduction.

De cette époque, il me reste un carnet de petites caricatures intitulé "DE VIRIS ILLUSTRIBUS II LATINMATHÆ" (non, je ne vous le montrerai pas, c'était à usage interne et il me reste encore aussi une trace d'amour-propre) et un vague souvenir à propos de QUORUM.

Il me semble que cette forme est celle du génitif pluriel (masculin ou neutre) du pronom QUI (QUAE, QUOD) et pourrait donc se traduire par "desquels".

Intéressant : son successeur dans la déclinaison dans l'odre belge (celui utilisé par Brel : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif (rosae, rosae, rosas, rosarum, rosis, rosis)) se trouve être, lui aussi, un mot utilisé dans la langue française : QUIBUS.

C'est peut-être lui que Walrus (mon Mister Hyde, quoi de neuf docteur ?) aurait dû choisir, ça vous aurait fait des pépettes !

 

 

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Quorum (Venise)

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La tatin au quorum (Vegas sur sarthe)


« Dis mon biquet, toi qui sait toujours tout c'est quoi un quorum ? »
Germaine a le don de poser des questions au plus fort de mes parties de sudoku, alors planté pour planté j'aime bien la faire marner : »Je connais le Rhum- Coco mais pas le co-Rhum »
« Tu m'fais marcher ! Allez, c'est quoi un quorum ? »
J'ignorais qu'on parlait de quorum dans Gala ou dans ces romans à l'eau de rose qu'elle affectionne.
Comme je ne sais pas tout, je file chez mon pote Wikipédia qui est à deux doigts de ma souris sans fil … et j'énonce fièrement :
« Le quorum c'est le nombre minimum de membres requis pour délibérer »
« Ah ? » … Germaine a l'air déçue ; elle avait dû imaginer un quorum grimpant avec de grosses fleurs ou bien un sirop de corps d'homme avec de grosses bourses.
Un reflet lubrique passe dans son regard à moins que ça ne soit le reflet de mon regard dans le sien : »Ils disent que si le quorum n'est pas atteint, la séance est remise à une prochaine date »

« J'ai pigé ! » explose t-elle. J'adore quand Germaine explose, ça lui donne un petit air Mégère apprivoisée et ça met un joyeux désordre dans sa choucroute blonde à faire triquer un internat de puceaux.
Elle est rose de confusion, signe qu'elle a l'air d'avoir pigé : »C'est comme quand Patricia avait invité des couples et qu'elle avait remis le pince-fesses à plus tard parce qu'il y avait plus d'hommes que de femmes ! »
« Euh... non chérie, pour les partouzes ça m'étonnerait qu'on dise quorum »
« Ah bon ? On dit quoi alors ? »
Là je suis bien emmerdé car mon pote Wikipédia n'a pas prévu ce cas de figures … si on peut parler de figures.
Je pourrais parler de parité mais je tente une pirouette (sans penser à mal) : »Et bien dans ce genre de réunion, ce mot ne convient pas au décorum »
«Quorum est un mot qui ne convient pas à des quorums ?  J'ai du mal à te suivre mon biquet»
« J'ai voulu dire décorum, ma chérie … ou si tu préfères l'étiquette »
« Si je préfère l'étiquette ? Quelle étiquette ?»
Je sens qu'on s'enfonce.
Wiki ! Au secours !

« Oublie l'étiquette, chérie. Imagine plutôt que le quorum est atteint »
« Le quorum est tatin ? Comme la tarte, alors ? »
Pourquoi faut-il que Germaine ramène toujours tout au culinaire ou au sexe ? Dans sa tête, c'est une éternelle grande bouffe et si ça m'a plu au début de notre relation, je dois dire que ça me fatigue grave.
Trois cases à remplir pour finir un sudoku niveau «Infernal » c'est pas de la tarte mais là on est en plein dedans et la solution c'est pour ma pomme !

Si j'abonde dans son sens, on devrait pouvoir s'en sortir sans s'engueuler.
« Disons que le quorum est tatin si le nombre d'invités est tel qu'on peut découper la tarte sans avoir besoin d'un rapporteur ou d'une règle à calcul »
Bouche bée et les yeux écarquillés, Germaine illustre parfaitement cette fameuse expression gastronomique composée de deux ronds de flan.
Je l'ai scotchée.
Cette fois elle a compris, aussi se fend-elle d'une de ces conclusions dont elle a le secret et qui me laisse toujours perplexe : »Je retiens l'idée. Ca te plairait une tarte tatin au rhum-coco pour le prochain pince-fesses de Patricia ?»
J'ignorais qu'on ferait partie du quorum !
Je vais y réfléchir

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26 janvier 2019

Défi #544

 

Bien, espérons qu'on y arrivera...

Quorum

 

5441

 

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