06 février 2010

Jarod et les bestioles (Moon)

Jarod était un ogre terrible qui sévissait dans notre région depuis au moins soixante ans. Il dévorait, dévorait comme tout ogre qui se respecte.  Mais croyez-vous que c'était un enfant rôti son plat préféré ? Non !  Un papa à la broche alors ?  Pas plus ! Une maman en vinaigrette ? Toujours pas !

Jarod adorait les bestioles !

Mille-pattes, cafards, fourmis, coccinelles, punaises, mouches, abeilles, gendarmes,  libellules, au petit déjeuner, craquants sur une énorme tartine.
Grillons, termites, papillons, moustiques, pince-oreilles, chrysomèles, sauterelles, araignées au déjeuner, en de bons gratins fumants qu'il se faisait cuire dans un creux de sa grotte.
Blattes, fourmilions, cétoines, guêpes, taons, phasmes, cigales, puces, taupins, leptures au diner, en soupe épaisse ou en simple sandwich.

Au début, on avait été plutôt ravi de le voir engouffrer des quantités phénoménales de ces bêtes que chacun craignait ou au mieux ignorait. Mais maintenant, c'était un véritable fléau.
Plus un bruit dans la nature, pas la plus petite vibration, pas la moindre stridulation.
Les oiseaux, ne trouvant plus rien à manger, avaient déserté la région.
Les fleurs et les fruits eux-mêmes étaient tentés de disparaitre car seul le vent acceptait encore de transporter le pollen.
Inutile de dire que les hommes avaient oublié le goût suave du miel, que seuls les grands-parents pouvaient encore décrire.

Pourtant personne n'agissait dans ce silence étouffant. Les humains calculaient combien de temps restait à vivre à Jarod, priant secrètement que quelques espèces lui survivraient.
Les mammifères ne voyaient pas encore ce qui les menaçait, les oiseaux n'étaient plus là pour prendre la parole.
Un grand conciliabule des ultimes bestioles eut lieu un soir de pleine lune dans la forêt de Fléchère où de grands arbres offraient encore quelques cachettes. Il fut décidé d'agir et l'on fomenta un complot contre le monstre dévoreur.
La dernière fourmilière eut pour mission de l'attirer dans la forêt en formant une longue chaine. Les termites creusèrent un arbre très soigneusement sans abimer ni l'écorce, ni les branches. Les abeilles, au prix d'efforts prodigieux, battirent un essaim au sommet de l'arbre, les épeires tissèrent à qui mieux mieux de belles toiles au bout des branches, enroulées et solidement fixées. Tous les autres bourdonnant, zinzinant, craquetant, se massèrent aux abords de l'arbre ou sur son tronc.
On savait que si le plan échouait, il en serait fini des derniers représentants.
Mais tout fonctionna à merveille : Jarod  ne croyant pas ses yeux à la vue de la colonne de fourmis, avança à quatre pattes vers la forêt, léchant le sol comme s'il se fut agi d'une trainée de caramel. Il arriva donc au pied du grand arbre où un concert se fit entendre dans les hauteurs. Jarod était comme fou, il y avait si longtemps qu'un tel menu, varié et abondant ne s'était offert à lui ! Ne résistant pas à la tentation, il grimpa dans l'arbre pour saisir tout ce qui volait. Arrivé à la dernière portion du fût, là où les branches se séparaient, il subit une attaque en règle de tout ce qui piquait. Sa peau tannée lui permit de tenir un instant mais bientôt les démangeaisons et brulures devinrent trop étalées et trop fortes : Jarod se mit à gigoter frénétiquement.
Les araignées tirèrent leurs toiles et couvrirent l'ogre qui, étouffé, tomba dans le tronc évidé de l'arbre. Une petite blessure du tronc retint son visage et, par cette fenêtre étroite, Jarod vit disparaitre son festin.
A jamais prisonnier, Jarod pleure à chaque printemps.

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :


23 janvier 2010

Le testament du calligraphe (Moon)

On a retrouvé dans une maison de Fès le testament du calligraphe Abd al Karim al Zahrani. Seules quelques parties de ce texte subsistent, le reste ayant été masqué par des taches d'encre répandue sur le papier.

 

12 Rajab de l'an 1122 de l'Hégire

 

Mon fils,

 

L'encre de ma vie disparait à présent. La page redeviendra bientôt blanche et le papier finira par retomber en poussière. Le royaume des lettres sacrées m'attend à présent.

Je peux partir puisque j'ai fini il y a deux mois le Mumyat al Abir que j'avais commencé il y a longtemps. L'interprétation des rêves par Ibn Jabir al Gassani, son auteur, a grandement stimulé mon imaginaire et les enluminures de ce texte sont, je crois, les plus belles que j'ai jamais faites.

Je veux avant de m'éteindre te donner quelques uns de mes secrets...

 

.... choisir ton papier.  Te souviens tu comment je le choisissais ? En le caressant, les yeux fermés, j'écoutais son bruit. Je crois que je peux reconnaitre l'origine de chaque papier à l'oreille. Comment te dire ?

Celui de Fès, la ville aux quatre cents moulins à papier, a le son le plus beau : fshssssshhht, comme un souffle de vierge endormie.

Celui de Sebta chante au crépuscule comme les martinets. Il dit : hisssssssshhhhhhhhhh

Celui des Andalous de Jativa accroche ton oreille au début mais donne sa douceur ensuite, femme vaincue : crefffffffffffffshhhhhhsh

Et celui de Fabriano, lisse mais sec, que je gardais pour les ouvrages mineurs, soupirait avant tout, comme une vieille lavandière : ffffffffffffffffffffffft

Les autres papiers ne sont qu'ombres et froissements aux mots de nos grands penseurs.

Les unis de Fès, au grain si velouté, aux fibres ordonnées siéent bien au regard de ton enluminure, ils apportent la lumière qui forcera ton or et tendra ton lapis.

Tu pourras y poser tes couleurs pierres, terres, bêtes et plantes sans que les contours ne fusent ou se mélangent.

Tes titres, ors ou blancs, s'y dresseront en toute majesté au cœur des ......

 

... le plaisir d'avoir dans ta main le qalam, roseau poussé au bord de l'oued.

Tu as appris à le préparer et le tailler mais n'oublie pas que tu dois choisir pour chaque texte si tu privilégies l'un ou l'autre de ses becs : le sauvage à droite, l'humain à gauche. Pour les textes sacrés équilibre-les, mais pour la philosophie insiste sur le bec gauche, pour la poésie sur le bec droit.

N'oublie pas l'adage qui dit "Mets souvent ton qalam sur ton oreille, il te dictera ce que tu dois écrire".

Sache aussi que, même si j'ai vénéré mes qalams, j'ai emprunté aux infidèles quelques unes de leurs plumes qui ont donné à mes livres un tour que n'avaient pas mes amis calligraphes.

C'est un lettré de France, voyageant en nos contrées, qui m'a appris que les plumes de corbeau, de coq de bruyère et de canard étaient utilisées pour les écritures fines alors que les plumes de vautour et d'aigle magnifiaient les écritures à traits épais.

Il me reste quelques exemplaires de chacune, qu'un marchand juif m'a rapportées et tu les trouveras...

 

 

...tes couleurs avec amour.

Comme soleil et lune alternent au ciel béni, place tes couleurs côte à côte car le bleu exalte l'orange, le vert soutient le pourpre.

Mais la couleur de l'ornement, la lumière sur les mots, c'est ton or que tu prépareras avec grand soin.

C'est la couleur du beau, du grand.

Rappelle toi que l'on disait du vizir Jafar El Barkami qu'il était beau comme l'or que le doreur étalait sur le livre.

Les arabesques soulignées d'or entraineront l'œil du lecteur dans leur tourbillon et ...

 

 

Son fils Al Majoub al Fasi fut l'un des meilleurs calligraphes du sultan Mohamed Ben Abdallah qui lui commanda sept versions du Coran.


enluminures


Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

16 janvier 2010

Attraction (Moon)

 

   Elle lui tendit la pomme qu'elle venait de cueillir sur l'arbre défendu dont les fruits accrochaient les rayons du soleil.

   Il allait la saisir quand il porta une main à sa poitrine, brusquement. Une douleur vive écrasait son cœur et hachait son souffle. Eve lâcha le fruit qui roula sous un buisson d'aubépine. Elle se précipita vers Adam.

   " Encore une de ses crises d'angoisse, pensait-elle. C'est tout de même la troisième de la semaine, il faut absolument qu'on trouve ces clés... "

En effet, Adam supportait mal de devoir avouer à Dieu, quand il rentrerait, qu'ils avaient égaré les clés du Paradis. Il les leur avait confiées avec un sourire empreint de sa bonté habituelle, en leur disant :

   -  Voilà, pendant quinze jours vous serez les maitres ici ! Nous partons tous visiter un de nos chantiers. Je vous confie la boutique, vous fermerez derrière moi.

    -  Attention au pommier, avait-il ajouté de loin, sans que le moindre doute n'ait l'air de troubler sa confiance éclairée.


   Ils avaient tourné les sept clés dans les sept serrures et avaient attaché le trousseau à la queue d'une créature bondissante qui passait par là... pour rire, juste pour entendre le bruit et suivre sa réaction. Elle avait d'ailleurs été vive la réaction ! La bestiole avait sauté un peu plus haut, un peu plus loin et, en quelques bonds, avait disparu.

   Depuis, ils avaient exploré le moindre recoin, retrouvé  la bête qui n'avait plus rien sur la queue, un peu déplumée par ailleurs, et qui ignorait le moment et l'endroit où elle avait perdu son trophée. Vexée par cette plaisanterie puérile, elle ne se montrait  guère coopérative.

 

   Dès le premier soir Adam eut sa première crise. Il pâlit et s'écroula. Eve dut trouver une méthode pour lui redonner vie. Elle en essaya plusieurs mais la seule qui se montra efficace consistait en quelques contacts assez vifs de la paume de sa main sur les joues de son compagnon, ce qu'elle trouva amusant.  Il ouvrit un œil , puis l'autre et exprima sa surprise concernant la situation. Il ne se souvenait plus de rien. Eve retraça l'histoire en quelques mots mais le soir tombé interrompit les recherches.

 

   La deuxième crise eut lieu après l'inspection minutieuse par les rampants de chaque brin d'herbe, et plaque de mousse, par les volants  de chaque arbre et colline, par les nageants de chaque ruisseau et lac, bref de chaque parcelle du Paradis par les créatures vivantes qui avaient toutes été mises en alerte et avaient gentiment offert leur aide.

Le plaisir qu'Eve prenait à expérimenter  les méthodes de réanimation fut alors terni par l'inquiétude qu'elle commençait à partager avec Adam. Elle ne se faisait pas vraiment de souci pour Dieu et les anges -ce n'était pas une porte qui allait les arrêter - mais l'événement n'allait-il pas entamer la confiance inconditionnelle que Dieu leur accordait ?

 

   Ils avaient ensuite attendu, impuissants, jusqu'à ce moment où Eve, pour tenter de distraire Adam de sa morosité avait eu l'idée de tester l'arbre défendu...

La connaissance qu'apportaient ses fruits ( Dieu leur avait expliqué qu'elle rendait les choses et les phénomènes comme transparents ) ne leur permettrait-elle pas de retrouver les clés ?

 

   Elle réussit à rattraper Adam avant qu'il ne touche le sol et lui caressa délicatement le visage, ayant oublié toute autre méthode. Ils en étaient là quand une clé tourna dans la première serrure, puis dans la suivante, et ainsi de suite jusqu'à ce que Dieu apparaisse, un pansement sur son beau front ridé. Il avait le trousseau à la main.

 

   -  Mes enfants, mes pauvres enfants... J'étais sur une nouvelle planète en train de mettre au point un mélange de gaz et j'utilisais comme d'habitude ma grande pince toute puissante quand un objet m'est tombé dessus. Gabriel l'a ramassé : c'étaient les clés du Paradis !

Il m'a soigné et nous sommes vite rentrés. Je crois qu'il s'en est fallu de peu que vous ne commettiez une bêtise irréparable...

   -  Mon Dieu, attendez, je vais tout vous expliquer, bafouilla Adam.

  Dieu -  Non mon fils, tout est de ma faute ! Sur ma pince, j'expérimentais un nouvel aimant qui devait faire en sorte que tous les êtres animés soient attirés par moi, enfin, vous voyez ? intéressés par moi... Ce n'est pas très concluant puisque seule les clés ont répondu à l'appel, mais un jour, j'y arriverai !"

 

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :

09 janvier 2010

vert, vert (Moon)

VERT

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :

02 janvier 2010

Ivresse des cimes (Moon)

Dix jours que nous tenons dans ce vent terrible... La lumière sur les sommets est sidérante. Mais que c'est dur ! Le camp 1 a été atteint sans difficulté, nous avons tous une solide expérience.
De là nous sommes montés en journée et redescendus pour dormir afin de  dompter les globules rouges !
L'ingénieur météo nous a ensuite annoncé une accalmie et nous en avons profité pour rejoindre le camp 2 à 6400 m. La face sud sera impossible : trop de glace ! Je dois renoncer encore une fois...
Avec Ed, nous décidons de tenter la grande arête Est et nous atteignons le camp 3 où il faut refaire la préparation finale. On nous prédit 3 jours sans vent, il faut partir maintenant.
Un peu mal à la tête le jour du départ mais je me dis que je n'ai pas assez dormi, c'est tout.
L'arrête semble interminable et le bivouac à 7400 est le bienvenu. Je parle par radio avec  Kristina à Katmandu. Elle me dit que tout va bien pour elle. Elle a hâte que je redescende.  J'avoue que moi aussi. Je pense à Phil qui doit être content, de là haut. Tu vois Phil, je suis revenu. Tu n'es pas tombé pour rien. Si j'arrive en haut, je marquerai ton nom dans la neige.
Bon sang, j'ai peur, le parcours qui nous reste est pourri : pas de neige, de la roche de mauvaise qualité. Ed a l'air plus en forme que moi. Il a bon moral.
Bivouac à 7900. C'est pour demain.
Quand Ed m'a réveillé, j'ai regardé l'heure. Je n'arrivais pas à comprendre la position des aiguilles. Je ne lui ai pas dit. Nous avons attaqué aux piolets. Quel bruit, mes oreilles sont un peu cotonneuses !
Tiens mon gant est tombé quand j'ai attrapé à boire. Ed est au dessus. Il me regarde et me demande pourquoi je n'ai pas sorti un autre gant...  J'en ai un autre ? Ed me dit qu'il faut redescendre, que je n'y arriverai pas. Je ris bien ! T'es fou ? Il nous reste 150 mètres. De merde d'accord ! Allez, avance ! je crie dans le vent. Le vent ? Ah ben oui tiens, il est revenu... Mon crampon a glissé. Qu'est-ce que je dois faire ? Ed a l'air inquiet. Je me demande pourquoi... Je pensais pas que 150 mètres, c'était si long.
Ah, ah, 150 m aux calanques ! Jolie mer en dessous, on ferait bien un petit plongeon, non ? Allez chiche ?

**************************************************************************

Dix jours que je suis dans cet hôtel bruyant. Je n'en peux plus ! La prochaine fois, je resterai en France pour l'attendre. Enfin, non je suis idiote, ça me fait plaisir de penser que je le retrouverai très vite après le sommet et que nous serons ensemble pour partager sa victoire. Pas comme la dernière fois où je voyais sa photo de partout, ses images à la télévision mais qu'il a fallu patienter quinze jours pour qu'il soit dans mes bras.
Je lui ai donné les bulletins météo au début mais là, je n'ai plus de nouvelles depuis leur départ du camp 3. Grégoire m'a appelée du camp de base pour me dire que les bivouacs avaient l'air de bien se passer.
Je ne sais plus quoi faire de mes journées, j'ai testé toutes sortes de nourriture : les momos tibétains, la pizza italienne de Maximo, les dal baths népalis, les pancakes du café américain... Je vais prendre trois kilos si je continue. Je voudrais bien avoir des nouvelles...
Je suis même allée tourner le moulin à prières du temple tibétain voisin et je regarde par la fenêtre les cerfs volants des enfants au dessus des toits.
Tiens, si je goutais à la boulette que Paul m'a trouvée hier. Il est gentil, il m'a dit : tiens si tu veux faire redescendre le stress, essaie ça ! Je suis pas experte en roulage moi. D'habitude, j'ai un homme pour ça. Mais bon, j'arrive à faire un petit truc un peu tordu avec deux feuilles. Ca sent super bon, on en mangerait ! Mon doudou, tiens bon là-haut ! Tu es bientôt au bout de tes rêves. Tu dois penser à Philippe.
Ouch ! C'est fort ce machin ! Oh, j'avais pas remarqué le gecko au dessus de moi au plafond. T'as raison mon gars, bouffe les moustiques !  Ce foulard de soie que j'ai acheté au marché hier, il me semblait pas  qu'il était si doux ? Je te le mettrai autour du cou quand tu arriveras, comme les Tibétains... Il fait chaud, non ? Non remarque, il y a à nouveau du vent. J'espère les cerfs volants vont pas emporter les geckos trop haut. Moi, j'aimerais bien voir un gecko sur une trottinette  mais parfois ce sont les libellules qui étendent leurs grandes ailes comme des foulards de soie.
Mais c'est quoi ce bruit ? Y'a de la musique à côté ? Non c'est assez près... J'ai pas allumé la télé ? Mais non, c'est mon portable ! Allo ! Qui c'est ? Tombé ?

Posté par valecrit à 00:01 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :


26 décembre 2009

Cher Père Noël (Moon)

Ta tournée est finie, tu dois être rentré à présent. Cette année encore tu as dû bien rire sous cape en voyant les lettres démesurées des enfants pourris-gâtés qui veulent tout ce que la télé leur rend indispensable.

En catimini, tu regardes les pubs pour voir les tendances et tu t'amuses à déposer dans leurs chaussons les jouets en bois qu'ils n'ont même pas imaginés, les nains jaunes pour jouer autrement que compulsivement devant un écran solitaire.

Heureusement la tradition demeure du verre de rhum qui t'attend dans chaque maison et j'ai bien vu que dès que tu es un peu pompette, tu laisses un peu plus de billes en terre et de dinette en porcelaine.

Et hier, quand les Kévin et Samantha ont ouvert leurs paquets, tu as dû boire du petit lait en voyant leurs mines dépitées alors qu'ils tentaient de comprendre ce qui s'était passé et surtout où était passé le plastique coloré et en général bruyant...

Cette année, tu as fait vraiment fort, j'ai bien ri en voyant mes neveux qui se sont forcés à venir me voir rien que pour déchirer en trois secondes leur paquet au pied du sapin. Je ne sais pas s'ils vont revenir l'an prochain !

Alors, j'ai réfléchi longtemps pour te trouver une idée de cadeau et de fil en aiguille, voilà un petit caleçon de bain tricoté par mes soins pour tes vacances d'été à Hammamet.

Tati Cannelle qui t'aime beaucoup


pere_noel_au_soleil

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

19 décembre 2009

Faire refroidir (Moon)

Pas encore !

Mon doigt nappé de brun emmène encore quelques gouttes jusqu'au bord de tes lèvres gourmandes.

 

Mon enfant, attends !

 

Encore un petite heure et ce sera une belle pommade avec son goût subtil d'agrumes.

Ton doigt trempé fera un petit sillon sur la surface brillante...

 

Dans deux ou trois heures, tu pourras mieux faire une petite boule à rouler dans le cacao...

Elle fondra  à nouveau dans tes paumes tièdes et impatientes.

Mais ce sera tout le plaisir de lécher tes doigts maculés.

 

Demain, elle aura pris tout son velouté, souple et odorante et quand je napperai la bûche, tu viendras encore voir si tu peux tracer les lignes du bois à la fourchette et surtout s'il n'y a pas une pointe de couteau enrobée à mettre prudemment sur la langue, et peut-être une dernière framboise oubliée.

 

Tu n'arrives pas à retenir le mot bergamote mais le mot ganache, tu le sais depuis que tu as trois ans et tu attends Noël, cette année encore...

ganache


Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :

28 novembre 2009

Demi-lune (Moon)

demi_lune_bis

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

21 novembre 2009

Miroir (Moon)

miroir_entier

La photo d'origine est de Didier HEROUX

Posté par Old_Papistache à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

14 novembre 2009

Suite de Vegas sur sarthe (Moon)

Chapitre LXVII : "Chef! je bronze..." par Vegas sur Sarthe

"Marylin..."
"Comment Chef?"
"Je disais Marylin... mon p'tit Mangin, on dirait le corps de Marylin, là! le cumulus à droite, tout rose et sinueux"
Minute de silence... on n'entendit même pas le "pou pou pi dou" dans la tête du Chef.
Mangin rompit le charme, il n'avait pas son pareil pour faire ça:
"Chef, je dirais plutôt madame Poitevin, celle du 3ième à la compta"
"Pff! Mangin, je vous conjure de ne pas parler boulot ici! 8200 kilomètres, ça devrait vous permettre de déconnecter, non?  Et puis Poitevin a des fesses beaucoup plus larges, croyez-moi"
Il se retint d'ajouter que c'était son métier de bien connaitre ses employés.
Minute de silence... nécessaire à Mangin pour un savant calcul comparatif des volumes fessiers, Monroe contre Poitevin.
"Je sais pas Chef, en tout cas le p'tit nuage tout rond à gauche, c'est la tête de Francine tout craché!"
"P..... Mangin! je ne sais pas c'qui m'retient de vous refoutre dans le prochain avion, et je vous interdit de faire la plus p'tite allusion à Francine; songez qu'à cet instant, ma plus proche collaboratrice tient les rênes de la société avec brio et ne souffrirait None of your bloody comments, Understand?" Il switchait toujours en anglais dans ces cas-là!

Mangin se retourne sur la natte, mi-vexé mi-cuit pour faire rissoler sa face jusqu'alors cachée; ça cogne dur aux Maldives et toutes ces questions qu'il n'ose pas poser lui échauffent la tête.
A cet instant, quelle heure est-il à Arpajon?
Qui c'est ce Brio qui se permet de tenir les rênes avec Francine en absence du Chef?
Et si ce Brio était un espion de la concurrence, sournoisement introduit au sein de la société comme un ver immonde et malfaisant?
Et cet énorme trou dans les comptes, qu'il a découvert juste avant de partir?
Mais puisque le Chef l'exigeait, il ne parlerait pas de tout ça; non, juste profiter de l'instant, de la chaude caresse du soleil et d'une Marylin éclatante sur le ciel d'un bleu indescriptible.
Mangin lorgne vers son chef, assoupi sur sa natte et déjà bien cuit côté face.
Il n'a pas son pareil pour détendre l'atmosphère: "Vous avez une sacrée zigounette, Chef!"
"Humm?"
"Euh! Chef, je disais que vous avez un sacré cumulus erectus"
"Hein?"
"Non, rien Chef... je m'demandais si on aurait encore du poisson pour le diner?"

Minute de silence... Mangin ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qu'on lui avait confisqué en débarquant, son whisky et surtout sa collection de Play-boy. Il se demandait si le Chef ne pourrait pas user de son influence et des ses formidables qualités de négociateur pour récupérer son bien.
Il se promit d'en parler au dîner; il amènerait le sujet discrètement, après le deuxième cocktail, et il jurerait de ne rien dire à propos de Francine et de Brio...
Visiblement au top de sa cuisson, le chef se retourna à son tour "Si vous alliez nous chercher deux cocktails, mon p'tit Mangin?"
Il avait toujours adoré qu'il l'appelle son p'tit Mangin, surtout devant les autres, les jaloux, ceux qu'on n’emmènera jamais aux séminaires en Asie.
Comme Mangin se dirigeait vers le bar, un employé de la réception lui fit un grand signe de la main... si c'était une bonne nouvelle de l'aéroport au sujet de ses objets confisqués?
C'était un message pour le Chef; après tout le p'tit Mangin pouvait bien en prendre connaissance; une cure de soleil aux Maldives ça créée des liens.
Il vérifia bien que le Chef n'avait pas bougé sur sa natte et, s'abritant derrière un énorme éléphant en albâtre, il ouvrit l'enveloppe...

*************************************************************************
Le message téléphonique avait été transcrit par la réception de l’hôtel :

« M FLAVAND,
TOUT VA BIENICI . JE M’OCCUPE DE TOUT . J’AI ETUDIE LES BILANS DE L’EXPORT AVEC BONNEFOI ET JE VOIS QUE LES COMMORES CE N’ESTPAS BRILLANT DEPUIS VOTRE DERNIER VOYAGE. BRAHIM SALLAH N’A PAS RENOUVELESES COMMANDES. IL A DIT AU TELEPHONE QUE LA BLAGUE DE LA CREPE AU GRAND MARNIER DE MANGINNE L’AVAIT PAS FAIT RIRE.
NOUS AVONS AUSSI UN LEGER DEFICIT DANS LABRANCHE AEROSOL MAIS CA NE DEVRAIT PAS POSER PROBLEME.
PROFITEZ BIEN DE VOTRE SEJOUR ET DITES A MANGIN DE NE PAS RACONTER DE BLAGUES AUX CLIENTS.
FRANCINE »

Mangin rougit alors comme s’il avait vu les fesses de Mme Poitevin devant le distributeur de café. Elle était pourtant amusante cette blague de la prostituée et des crêpes. Bon, Salah avait eu du mal à comprendre, forcément, les traditions bretonnes, c’était pas son truc !
Et puis, un petit vent de colère souffla sa honte. Ah un léger déficit dans la branche aérosol ? C’est comme ça qu’elle appelait le trou de 256 312 € inexplicable ? Et il s’appelait donc Bonnefoi ce Brio de malheur avec lequel elle s’amusait à vider les branches aérosols ? Mais pourquoi n’en avait-il jamais entendu parler avant ? C’était peut-être un cabinet d’audit que son patron avait fait venir pendant l’été ?
Elle allait voir si ses blagues étaient si mauvaises, cette Francine de malheur !

Mangin fila au bar, commanda deux jus de papaye tout en pensant langoureusement à son whisky entre les mains des douaniers, mais avant de prendre le plateau, il froissa le message de Francine et le jeta derrière un palmier où une poubelle pleine d’eau accepta de hâter sa destruction, puis il retourna vers son chef, prêt à en découdre avec son nouvel ennemi de l’au-delà des mers : Francine.
« Chef, je voulais vous dire, l’autre jour dans le bilan comptable, j’ai trouvé un petit problème… »
« Bon Mangin, donnez moi ce verre et parlez d’autre chose, vous n’avez pas envie de vous baigner ? » coupa le Chef avec un ton à la fois mielleux et énervé.
Mangin ne put pas remarquer, sous le coup de soleil, le changement de couleur du visage qui lui faisait face.
Le chef se leva brusquement et fila vers l’eau, il avançait avec une allure de jeune homme pressé d’accomplir un exploit sportif que Mangin, médusé, ne lui avait jamais vue.
Il lui emboita le pas, bien décidé à revenir à la charge au sortir de l’eau.
C’est alors qu’un employé de l’hôtel l’interpela :
« Mister Mangin ? Un chauffeur de l’ambassade a apporté un colis pour vous. »
Et il lui tendit un paquet mal fait, recouvert de papier marron d’épicerie. Mangin déchira le papier, découvrit un petit carton et, au fond du carton, sous une bouteille, aperçut un sein arrogant d’une play-mate exotique. Il rabattit le papier précipitamment et  remercia d’un air idiot. Il allait devoir appeler l’ambassade…

Posté par MAPNANCY à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :