24 février 2024

DISSECTION (maryline18)

 

Qui était-elle ? Elle venait de mourir. Bonjour tristesse !

Un lit, une table, une chaise, du bruit au-dessus, en dessous, au-dehors... Quelques rayons d'un soleil froid traversant la pièce de travers.

Décidément, tout irait de guinguois à présent...J'accueillais cette certitude avec un fatalisme sans recours. Pour seul réconfort, un livre attendait d'être ouvert, sur le lit défait. Comme un enfant se retenant de manger son dernier bonbon trop vite, je repoussai le début de ma lecture . J'appuyai sur le bouton de la radio et versai le reste d'un mauvais café dans la casserole ébréchée.

Dans mon coeur, un orage immobile, pourtant, dans quelques minutes tout disparaîtrait, je le savais (mon linge fourré à la va-vite dans les sacs à commissions, l'avenir incertain, les grosses patates déposées sur le balcon, les boîtes de thon empilées en prévision, les fleurs violettes sur la trousse de toilette et la marque du miroir absent, sur le mur jauni de la salle de bain). Oui, absolument tout se diluerait, jusqu'aux mauvaises odeurs de la cage d'escalier, dans mon cerveau en partance.

Elle m'aura alors, comme à chaque fois, imposé son décor, ses envies, ses turbulences, ses faux-amis, ses faux-semblants, ses faux-fuyants... En pleine crise de schizophrénie, j'aurai ressenti ses peurs, ses joies, j'aurai devancé ses attentes et préparé ses bagages avant même qu'elle n'ait eu décidé de partir. Je serais devenu une part d' "ELLE". Page après page, je me serai rapproché de son centre, nu, vulnérable, de sa force magnétique et maléfique. Elle n'aura été, une fois encore, qu'un oignon que j'aurai épluché jusqu'à ce que mes yeux pleurent... sur moi, sur elle.

La lecture est une dissection de son auteur, à distance, certes, mais implacable. On ne meurt pas sans raison...L'écriture et une petite mort, on quitte les mortels, on cherche le "haut-de- là", la rédemption peut-être ? Qui sait ? Quand j'entame un livre, je me demande toujours qui se cache derrière ses personnages et de quoi l'auteur essaie-t-il de ce délivrer. Oh, bien sûr, je tombe dans ses pièges mais je me relève et alors, je souris. 

 

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17 février 2024

Du loup à l'agneau (maryline18)

 

Crocs, qu'en bouche, attendaient la nuit

Pour éventrer quelques brebis,

Se trouvèrent fort amollis

Et le loup, ma foi très surpris !

 

Sa grande gueule, ô combien molle,

Avait vieilli plus qu'il n'eut cru !

Dans les histoires, changer de rôle ?

Il demandait un aperçu !

 

__  Venez ! (Lui intima l'auteur).

Le loup ne put que vérifier

Dans sa voix, l'absence de peur.

Il devrait s'y habituer...

 

__ Le Chaperon- Rouge reste en ville

Donc, ne traverse plus les bois.

Vous l'accompagnerez, docile

Voir sa mémé, comme autrefois !

 

__Mais de quoi me nourrirais-je ?

__De mes salades, abruti !

__Nul croquembouche... ou que sais-je ?

__Non, sauf le samedi, en défi !

 

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20 janvier 2024

Sous l'Yeuse (maryline18)

 

Les pelleteuses déracinaient la végétation, dans un bruit assommant, depuis maintenant plusieurs semaines. Seule l'yeuse avait résisté à l'acharnement des investisseurs. Chaque mètre carré ne représenterait bientôt plus qu'une promesse de profits. Sur trois étages se vendrait désormais tout ce dont les ruraux avaient besoin et bien plus encore !

Affolée, Élisa se demandait où aller. Seule, il lui aurait été plus facile de tenter l'aventure, mais il y avait Gustin et Pauline. Oh... Si seulement son aimé était encore à ses côtés ! Les insectes furent les premières victimes du renouvellement des priorités. À la douceur de vivre s'opposait l'urgence de posséder, d'emmagasiner. Pour quelques emplois en plus, combien des leurs devraient encore mourir ?

 Bien que l'un des ouvriers les ait pris en pitié, la famille hérisson survivra-t-elle au futur grand magasin ?

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 Alors que Gustin se délectait des restes de nourriture déposés à l'ombre du feuillage persistant de leur habitat, Élisa s'inquiétait du manque d'appétit de Pauline et extrapolait des plans de survie sans jamais se décider à partir. Avoir un toit de verdure au dessus de la tête, surtout à l'approche de l'été, restait un gage de survie. Un instant amusé par la voracité de son petit, elle laissa de côté ses soucis et conduit la timide Pauline, jusqu'à la fourmilière, en plein déménagement ! 

 

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13 janvier 2024

Quand l'azote me rend zozote (maryline18)


J'ai respiré trop d'azote
Et voilà le résultat !
Je râle, je crie...(La sotte !)
J'ai frôlé la crise, deux fois :
S'en est finit des linges
Rouges, marqués au fer
S'en est fini de faire le singe
Pour égayer l'atmosphère
J'ai respiré trop d'azote
Préparé trop de repas
Était-ce de ma faute
 
Si je ne savais faire que ça ?
                                
Plus pâlotte
Qu'une escalope
Je m'essaie aux sorbets
les glaces ? J'ai renoncé...
_ "Crise... Une fois ! Crise... Deux fois ! Ad jugé !
    Affaire conclue !
Vous repartez Monsieur, avec votre po(s)tiche sous le bras !
Venez chercher votre dû !"
...
< S'il vous plaît, arrachez l'emballage,
Que je respire enfin !
J'ai besoin d'oxygène !
Sortez-moi de ma barquette de polie sirène !
Trempez-moi dans l'"O"
Je ne suis suis qu'un  œuf
Rejet d'une poule
Qui n'a pas voulu couver.
Trempez-moi dans l'huile
Pour me faire exister.
Recette infantile,
Ou besoin d'aimer...

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23 décembre 2023

Le trou (maryline18)

 

Sans Mercure (puisque guérie de ses aventures) Vénus transitait, se repassant le même disque (en boucle), soi-disant solaire...

-Naine Blanche (me dit-elle), n'aurais-tu pas croisé Hydre Eugène ces temps-ci ?

Trop belle pour être sympa, je me méfiai d'elle, arrivée comme un bolide...

Prenant délibérément une voix trop lactée, roide, vêtue de mes moires, je lui répondis : < Occire Eugène reste donc ta priorité ? Tu n'es réellement qu'au quart bonne, bien que brillante à l'extrême ! >

_ Avec cette électronégativité, tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau ! Mais pouquoi lui préfères-tu Alex Terne ?

_ Mes liaisons ne te concernent en rien, tu me chauffes le noyau, retourne donc à tes vaines "us et coutumes" !

_ Des turbulences sont annoncées et tu ne me parais pas aussi neutre que tu ne veux le faire croire !

D'enfilade en aiguilles, je me jetai sur elle, lui crachant au visage cet ultimatum :

_ Change de disque ou je t'écrase, ta face contre Terre !

Pleine d'une hargne contenue, elle aboya :

_ Si je t'occis Gène, tu exploses, pauvre Naine ! Tes aimants auront tous disparu, sans alliance, tu mourras !

_ Horrible sorcière ! Ta méchanceté se libère !

 Ă mon grand étonnement, à ces mots ainsi prononcés s'ouvrit le sol et Vénus y fut aspirée. Ainsi finit sa beauté bien éphémère ... Jusqu'à son ultime atome restant, elle peut tout changer alors ne déclarez jamais la guerre a une étoile !

 

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16 décembre 2023

Le jour où Gladys s'est envolée (maryline18)

 
- C'est trop glauque, dites !
-Avancez Gladys, on ne va pas y passer la nuit !
-Oui mais éclairez-moi davantage, j'ai toujours eu peur du noir !
- Ne faite pas l'enfant, la visite se finit dans trois quart d'heure et le bus ne nous attendra pas !
- Je ne veux pas, je ne peux pas ! Allez-y, je reste là !
- Très bien, mais vous me promettez de ne pas bouger, hein ?
- Promis ! (Que restera- t-il de mon passage sur cette terre ? Qui se souciera des batailles que j'aurai livrées ou de celles que j'aurai gagnées ?)
- Me retirer du monde en vivant dans une grotte, oui mais...avec TOI, mon beau Troglodyte... Je ne me lasserai jamais de t'écouter chanter, la queue levée !
-Tu parles toute seule "Glad" ? T'aurais dû venir, c'était flippant de voir comment les résistants vivaient !
- Ta g...! Je m'en fou de toutes ces histoires. Regarde comme il est beau ! Dans une autre vie j'aimerais être un oiseau, pas toi ?
- Il n'y a pas d'AUTRES vies Glad ! Arrête de te mettre en retrait du groupe, tout le temps ! La vie, c'est celle- là, bon sang !
- Toutes les nuits je rêve que des ailes me poussent et que je vole, écoute-moi, ça va arriver ! Il faut juste que je meure !
- Tu m'emmerdes avec tes conneries ! Profite du présent, la vie est belle, regarde autour de toi !
- NON Nath, la vie est TOUT sauf "belle", justement...T'es bien comme les autres, tu comprends rien toi non plus, laisse- moi. Laisse-moi lui parler ! J'aimerais l'emmener à l'internat !
-On va devoir t'interner, "TOI" si tu continues !
-Allez, aide- moi ! On lui donnera des restes et on le tiendra au chaud cet hiver ! Regarde, tu l'as effrayé ! Psit, psit... Revient mon bello !
...(Dans le car)
-Je n'ai pas le compte, assoyez-vous et ne bougez plus ! Nathalie ! Qui était à côté de vous à l'allée ?
- C'est Gladys, M'dame ! Aux dernières nouvelles, elle voulait devenir un volatile ! Qui a de la graisse en trop ? (rires) Ben quoi, ça pourrait la faire revenir !
- Dans une demi-heure il fera noir, on ne peut pas attendre les secours, il faut la retrouver, et vite ! Que toutes celles qui ont une lampe inspectent les abords des grottes ! Les autres, on va se disperser sur les sentes menant au lac et je veux vous entendre chanter ! On se retrouve aux berges, allons-y !
(Le conducteur du car attendu longtemps avant de prévenir la gendarmerie. Il crut s'être assoupi et les agents arrivés sur place n'accordèrent aucun crédit à son histoire à dormir debout.)
- POUR LA DERNIERE FOIS ! Où sont passées les jeunes filles et leur institutrice Monsieur Lepicvert ?
- Je claquais du bec quand ces petites fourmis se sont éparpillées, à corps perdu, dans la forêt. J'ai une femelle et des oisillons à nourrir, alors, je suis bien obligé de besogner ! Je suis descendu et j'ai remonté plusieurs fois, toujours en claquant du bec, elles ont toutes disparues, je vous l'ai dit !
L'homme battait des bras, si bien, qu'on eut crû des ailes tandis que son crâne rougissait, plus il tentait de s'expliquer, l'œil vif. Son vêtement vert se confondait avec les fougères devenues étrangement menaçantes et entravant la fuite éventuelle du véhicule.
 
- Mais cette histoire est à se cogner la tête sur un tronc, euh... sur un mur ! (Bredouilla le plus vieux des deux agents).
La légende raconte qu'un Troglodyte de couleur brune accompagné d'une femelle, d'envergure jamais encore observée dans la nature avant l'affaire "des disparus des berges du lac", survole ce dernier, de long en large en chantant, chaque été, pendant qu'un pic-vert bat la mesure, se délectant de fourmis bavardes à deux pattes.  
 

 

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25 novembre 2023

Sin pyjama chiffonné...(maryline18)

 

Sin pyjama chiffonné...

 

Quand à chel' soie,

Alle a cugit heu'ch lin,

Alle étot toute épanie

Mi, j'a rin comprins.

mar

 

Faut dire qu'asteur y'a Quentin qui i's'radine,

Gramin, gramin plus souvint...

I buque a l'porte, vient boèr min pinard,

Tout cha in parlotant et pis arpart' tout contint.

Quant à soi,

Un ami vaut bin,

Des efforts... BIN QUOI !?

Quant à elle,

Alle est d'plus in plus belle,

In flimboie sin rimmel !

 

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18 novembre 2023

La liste de courses (maryline18)


Les parents taisent
Aux enfants "rois"
Leur manque d'aise
De fin de mois.
Entre deux chaises
Quand ils s'assoient
C'est pour lister
Le cœur sans joie :

< Un peu de lait

Une tranche de foie

Pour la purée

J'oublie la noix. >

...

Ils étais treize
À partager
(Ignorant Blaise
Et ses pensées)
Le pain, le lard
Et les veillées,
Les épinards
Sans beurre, ajouté.

J'aimais tellement
Au coin du feu
Imaginer
Tu sais, de mon mieux :
Mes oncles, mes tantes,
Pour un soir invités,
À vingt heures tapantes
Dans nôtre maisonnée.

Tu nous contais
Noël jadis,
Le tube de rouge
Que l'on t'offrais.
Je t'écoutais
Avec aux pieds,
Les Charantaises (qu'en bonne maman)
Tu nous achetais...

Belles parenthèses dans nos vies que celles dont on se souvient , sans faire de bruit...

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11 novembre 2023

Adieu Titine ! (maryline18)

 

_" Je vous présente mes condoléances ! " (Qu'il me dit).

Je le regarde, l'air ahuri et dégluti.

Je n'ai rien vu arriver, triste, je me dis,

Elle avait bien toussoté et renâclé mercredi

Mais hélas, bien inconscientes, on était sorties...

Plus un souffle ne sort de son pot refroidi

Sur mon visage, la déconfiture se lit

_" Voulez-vous que je vous lise son testament ?"

_" Elle vous avait confié ses dernières volontés ?"

(Il me semblait être, pourtant, sa seule amie

 et elle n'aurait pas souhaité être ainsi narrée...)

_" Nous avions des rapports amicaux, vous savez !

et sa lettre m'est directement adressée : "

 

Mon cher Renaud,

J'ai été programmée pour partager des moments merveilleux en famille mais, Camille ne me sort que par obligation et cela me tue. Un leurre, le beau garage essayé pendant le tournage pour la publicité ! Je n'en peux plus de coucher dehors par tous les temps ! Oh ! Je sais bien qu'elle n'y est pour rien et qu'elle sera peinée mais, cette vie monotone et austère aura eu raison de notre idylle. Je te fais part de mes dernières volontés :

Tu peux me désosser à volonté, ainsi tes efforts d'entretien n'auront pas été vains.

Ceci dit, comme tant d'autres victimes d'obsolescence avérée, je dénonce le prix de l'essence comme étant en partie responsable de ma mort et je veux qu'une plainte soit déposée à titre posthume. De plus, afin de réduire cette hécatombe dans les années à venir, je veux que soit surligné sur les livres de bord de mes camarades ceci :

< Cette voiture a été conçue pour vivre une vie harmonieuse et heureuse, faite de découvertes et de dépaysement. Une vie sédentaire et ennuyeuse la tuera. En l'achetant, vous vous engagez à respecter ses besoins vitaux. En cas de non-respect de ces conditions d'utilisation, des poursuites pourront être engagées.>

Voilà Renaud, embrasse pour moi Camille et console-la un tant soit peu... 

                                                 Titine.

 

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04 novembre 2023

Normographe (maryline18)

 

Je me souviens quand tout a volé en éclats

oui c'était bien ce jour-là

quand le vent a tout emporté

je ramasse les lettres tombées

de mes envies de perfection

dérision accentuée par le désordre qu'il engendra

pourtant comment écrire que l'on aiMe

si bien qu'avec des lettres perdues puis retrouvées

je souffle sur le sable entré dans le ventre du "a"

le "i" a bien souffert aussi, je cherche son point dans la mer

(introuvable) même à l'horizon

inutile de mettre des points sur les 'i"

qu'est-ce que ça peut faire

J'ai retrouvé le "M" en majuscule et pas peu fier

mais le "e" reste à ce jour invisible

présage d'un amour sans fin

je décortique la grande lettre

lui casse les pattes

elle ne pourra pas s'enfuir

Il ne me reste que le "V" de la victoire

mais le fais choir

C'est bien ma veine

écorchée

J'écris en lettre rouge pourquoi je saigne

Ses aspérités me blessent

 

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