18 janvier 2020

Le gateau d'anniversaire, (maryline18)

m18

Si comme moi vous êtes "formidable", n'attendez pas que tout le monde soit servi pour vous mettre à table. Poussez les convives malotrus qui prennent un peu trop leurs aises et prenez place au banquet de la vie. Humez, dévorez des yeux les mets bien présentés, attisez votre appétit puisqu'il y a encore tant à manger !

Si comme moi vous êtes "formidable", alors je vous invite à ma table. Prenez une chaise et racontez moi des histoires du temps passé, quand la gabelle tombait dans l'escarcelle du gabelou. Ne soyez pas avare de détails surtout et rions en levant nos verres à la vie. J'aime voir vos yeux rieurs et plein d'envies. Trinquons au printemps si proche et au retour des hirondelles.

Si comme moi vous êtes "formidable", je vous réserve pour le dessert, une part de gateau, celui de l'anniversaire de la future première année du temps qu'il nous reste. Dans un an nous rirons de nos peurs passées et des hésitations qui nous encourageaient au grignotage, qui pouvait parfois prendre des allures d'anorexie. Nous mordrons à pleines dents dans la pâte fondante du bonheur de vivre et la crème débordera sur nos lèvres.

Si comme moi vous êtes formidable, n'attendez pas que la paresse des uns révèle votre courage, ni que l'esprit calculateur des autres ne mette au grand jour votre générosité. Vous qui êtes libres de toute aliénation, ne laissez aucun manipulateur vous resservir un plat froid dépourvu de goût. Un repas forcé ne peut que se révéler indigeste, aussi frugal soit-il.

Vous qui êtes formidable, vivez, riez, chantez, parce que voyez vous le temps qu'il nous reste ne peut avoir que des saveurs encore inconnues et j'ai hâte de les découvrir, pas vous ?

S'il vous plait, ne cessez jamais de vous trouver formidable !

 

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11 janvier 2020

La Demoiselle du phare (maryline18)

m18

 

la légende n'émet aucun doute sur l'endroit où se joua le destin de la demoiselle Nénuphar. Curieux prénom, me direz-vous et moins breton que Nolwenn ou que Naêlle, mais vous allez comprendre...

Le phare du Petit Minois, construit sur une base militaire et donc interdit au public, surplombe la côte du Goulet de Brest et garde ainsi intact tout son mystère. C'est au pied de la tour blanche, ancien sémaphore, se trouvant à l'avant de celui-ci, que débuta l'histoire...

Il y a bien longtemps, alors que des vagues puissantes, gonflées de toute la houle ramassée au large, venaient s'écraser au pied du phare, alors que la fatigue se lisait sur les visages des hommes chargés de surveiller la venue d'improbables ennemis, un évènement étrange se produisit. 

La mer semblait si mauvaise qu'elle aurait découragé toute embarcation de prendre le large. La brume remplissait l'espace délaissé par les eaux furieuses, après chacun de ses assauts. L'atmosphère n'était plus faite que d'une gélatine aqueuse et collante.

Soudain, tous les visages se tournèrent, incrédules, vers le ciel qui s'ouvrit. Il en jaillit, comme le feu sortant de la bouche d'un dragon, une petite boule. Celle-ci, propulsée par une force ne pouvant venir que de la colère des dieux de l'univers tout entier, (enfin, c'est ce qu'ils se dirent alors qu'ils se signèrent tous, croyants ou pas ), bondit au dessus des vagues comme une planche de surf posée sur une puce géante.  Rien ne semblait pouvoir la stopper jamais, pourtant, devant leurs yeux exorbités,  au lieu de s'écraser sur l'une des baies vitrées du sémaphore, elle remonta sur le dos d'une autre vague plus hargneuse qu' une femme délaissée et fonça se blottir dans un espace qui l'attendait, entre deux rochers. Au poste de garde, tous se bousculaient devant les jumelles ! Personne ne voudra les croire quand ils raconteront la déchirure du ciel, les vagues immenses, la boule... Pourtant, quand la relève arriva...

Au pied du sémaphore, la boule d'éponge attira leur regard. Ce n'est que lorsqu'ils furent tout près qu'ils entendirent les bruits aigus ; il pensèrent qu'un oiseau s'y était mis pour se protéger de la tempête, mais leur surprise fut grande quand ils y découvrirent un bébé !

Ils l'emmenèrent pour la réchauffer ( et oui c'était une fille ), dans les cuisines de la base militaire. Chacun redoublait d'ingéniosité pour l'habiller : une manche coupée ferait une couche ; un beau mouchoir, un bavoir; un col roulé, une brassière...Tous voulaient sacrifier un vêtement pour la petite venue, tombée du ciel et de la mer !

Il fallait la nourrir, ses cris ne laissaient aucun doute quand à la faim qui lui creusait l'estomac. Alors que le cuisinier s'affairait à la préparation d'un far, il lui réserva une louche de lait tiède qu'elle têta goulûment au bout de sa poche à crème patissière.

Il fallait la déclarer à la mairie, ils n'allaient certainement pas les croire, dans les bureaux, et pourtant ! Mais comment l'appeler ?

- Naëlle ! Dit l'un .

- Nolwenn ! Dit un autre.

- Nous l'appellerons Nénuphar ! ( trancha le gradé).

- N'est-elle pas arrivée, tout juste née, nue, au pied du phare ?

Sa peau sentait bon la vanille et ses joues étaient ronde comme deux pruneaux.  

La légende prétend qu'elle serait née de l'amour d'une sirène et d'un marin et que les dieux de la mer et du ciel auraient préféré la confier aux humains. Son âme impure était condamnée à essayer de se faire aimer. ce n'est qu'après avoir trouver l'Amour avec un grand "A" qu'elle pourrait replonger dans les eaux profondes pour se refaire une queue de poisson et vivre heureuse au milieu des siens.

Hélas, à part des promesses en l'air de marins de passage, jamais elle ne trouva l'Amour qui aurait pu lui permettre de retrouver sa mère. Une nuit de pleine lune, on raconte qu'elle plongea du pont d'un bateau et se noya.

Certain soir, la complainte d'une sirène se fait entendre des heures durant. Elle pleure son enfant et son bien aimé.  Ces nuits là, tous entendent la sirène à brume qui l'accompagne tristement et certains même, aperçoivent une jeune femme drapée d'un voile clair virevolter au dessus des flots.

 

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28 décembre 2019

Trois notes de musique, (maryline18)

m18

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Le début d'une valse, un matin d'exaltation,  quand l'espoir offre un instant de grâce à la résignation. Mes mains maladroites s'appliquent si bien que ces trois notes en deviennent belles et entraînent de douces pensées qui viennent s'enrouler et tourner, tourner, tourner jusqu'à former une mélodie. 

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Un toubillon d'amour dans ma tête toute chamboulée, une explosion d'envies tellement réprimées... , tout, sauf un appel sourd qui rebondirait en ondes douloureuses sur les parois de mon coeur.

- Que faire de ce doux moment de félicité ? Ecrire les notes pour retenir la beauté du rêve ? Non surtout pas, la beauté est toujours éphémère, comme un rayon de soleil qui s'invite un jour de grisaille. La grâce est si fragile. Surtout ne rien tenter, ne rien prévoir, ne rien présumer, ne rien espérer.

La réalité se chargera bien assez vite de me faire redescendre sur terre. C'est bien dommage, je suis si bien, en lévitation, au dessus de toutes les évidences... La réalité, le bâton de dynamite dont chacun allume sa propre mèche, et pour être sûr que d'autres n'échappent pas à sa condamnation, il arrive qu'on se charge d'allumer celle d'un proche. Combien de fois n' a-t-on pas entendu ce : -"Retombe sur terre !"ou ce : " Sois raisonnable, c'est la vie !"  La réalité fait voler en éclats tous les plus beaux rêves, pour ne laisser  retomber qu'une myriade de manques à comptabiliser.

 

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07 décembre 2019

Je serais... (maryline18)

 
N'avez-vous pas comme moi, eu parfois l'impression de vivre un instant de vie avec un air de déjà vu ou seulement... entendu ?

Un proche vous parle et votre pensée devance ses propos, vous savez exactement ce qu'il allait dire...Peut-être que des situations, des faits se produisent plusieurs fois au cours de nos vies successives ou peut-être qu'on vit plusieurs vies sous d'autres enveloppes, pourquoi est-ce que l'âme ne s'envolerait pas pour vivre d'autres aventures que celle d'être enfermée dans un seul corps, après tout, pourquoi pas...

Cette éventualité expliquerait que l'on s'attache spontanément à certaines pesonnes. Celles-ci nous étaient peut-être très proches, il y a très longtemps, ailleurs ! Si je pouvais choisir et si tout ce qui né, pousse, grandit, tout ce qui joue un rôle dans ce monde, pouvait-être considéré comme "vivant" et bien j'aimerais beaucoup avoir des sensations multiples, des expériences différentes :

Je serais une rose au jardin d'un été sans souvenir... Il me cueillerait dans un élan passionné. Il se piquerait le doigt avec l'une de mes épines mais ne m'en voudrait pas. Il m'aimerait assez. Je lui appartiendrais l'espace d'une journée, peut-être deux...J'incarnerais la beauté, et puis bien sûr je fanerais et il ne penserait bientôt plus à moi, mais peu importe puisque je serais déjà autre.

je serais un souffle d'air froid tourbillonnant. Il se dissimulerait sous un pull, des gants, un bonnet, mais je réussirais à me faufiler entre les mailles tricotées pour éclater de rire en lui filant la chair de poule. Je ferais claquer une porte pour le faire râler puis lui tiendrais discrètement compagnie, caché dans la cheminée. Avec les beaux jours, je mourrais pour renaître autre...encore.

Je serais un oiseau. Je chanterais pour le réveiller tous les matins. Il essayerait mille ruses pour m'approcher. Je le laisserais faire, amusé et quand il penserait pouvoir poser son doigt sur mon doux plumage, floupp ! je m'envolerais et il recommencerait, espérant à chaque fois pouvoir m'apprivoiser. Un jour je tomberais du nid ou d'ennui, enfin peu importe, je serais autre...encore.

Je serais un poil de nez disgracieux. Je le chatouillerais sans relache, jour et nuit pour lui faire payer son désir de m'exterminer sous prétexte que je suis trop voyant, trop long, trop noir...Je l'enquiquinerais jusqu'à ce qu'il trouve l'arme fatale, dans le tiroir de gauche de l'armoire de toilette, la pince à épiler. Mais une vie qui se termine, une de retrouvée...

Je serais son envie de boire un apéro. je débarquerais à l'improviste dans son salon et je m'installerais, comme chez moi. Oh, il ferait semblant de ne pas voir ma présence, il ignorerait mon bonjour, mais je ne lacherais rien ! Je ferais de la résistance jusqu'à ce que la sienne abandonne. En cinq minutes, dix pensées contradictoires viendraient l'assaillir :

-" C'est week-end, un p'tit verre, ç'a me détendra !"

-" Non, pas d'alcool sans un ami pour trinquer, ça file le bourdon...et je sais comment ça va se terminer !"

-"Ou alors... juste un et je le fais durer, durer, durer..."

-"Oh et puis merde, j'me prends une cuite, la dernière !"

"-C'est pas une envie qui va faire sa loi, non c'est non !"

"Et pourquoi pas inviter les voisins...ben non, j'les aime pas."

...

Je vous épargne les quatre autres qui sont du même cru.

Comme toute envie assouvie, je m'évanouirais, (et oui, il aurait craqué ! ) !

Mais peu importe je serais déjà autre...

 

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30 novembre 2019

Zombie, au féminin. (maryline18)

 

Avait-t-il seulement vu qu'elle était déjà morte ?

Non, bien sûr, occupé comme il l'était à se remémorer les meilleurs moments de sa vie, il ne pouvait s'en rendre compte.  Ses pensées remontaient le temps constamment, jusqu'au grenier de ses années perdues. Entre regrets et illusions, bonheurs poussiéreux et déceptions, il voyageait en solitaire.

Parfois, entre deux visages retrouvés, deux émotions ressuscitées, il faisait une pause. Il reprenait sa place parmi les vivants. Ces moments ne duraient pas, très vite il repartait, laissant Amélie à sa réalité. Il ne remarquait pas son habileté à servir les clients, son parfum fleuri, sa robe dessinant ses hanches, son regard gourmand...

Il fouillait inlassablement ses vieux cartons comme un enfant qui s'ennuierait, à la recherche d'un trésor. Les heures s'écoulaient lentement mais, malgré ce calme apparent, des courants contraires lui faisaient pourtant boire régulièrement la tasse. Il avait beau s'accrocher aux berges de cette rivière faussement paisible, vider ses poches pleines de billes, avaler les sucreries qu'il y avait cachées jadis, le poids des remords, dont il ne pouvait se délester, l'immergeait dans des profondeurs glacées.  il finissait ses journées souvent désabusé, comme un pêcheur qui rentrerait bredouille d'une pêche qu'il avait imaginé miraculeuse.

Toujours à la recherche d'une nouvelle idée, son esprit errait, se forçant un chemin au milieu du brouhaha régnant dans le café. Amélie virevoletait autour de sa bulle sans qu'il ne la remarque jamais. Il lui semblait qu'elle se trouvait à sa gauche alors qu'elle essuyait une table à sa droite, il la croyait proche alors qu'il ne voyait déjà plus que son reflet dans le miroir, derrière le comptoir. Il ne savait rien de la froideur de sa peau, de la faim qui grognait au creu de son être, qui l'implorait, juste au dessus de son ventre vide. 

Comment aurait-il donc pu prévoir l'imprévisible et deviner toute la brutalité cachée dans son désir de le goûter, de poser sa bouche sur sa tête douce et lisse comme une pomme d'amour !? Comment aurait-il pu deviner de quelle façon elle lui volerait tout ce qu'il lui refusait : la clé de ses songes, le berceau de ses sentiments, la totalité de ses rêves cachés, enfin toute son intimité, la plus belle, et qui représentait l'objet de tous ses fantasmes...Savait-il seulement qu'une partie molle de son être allait bientôt se révéler comestible et qu'elle s'en délecterait avec une avidité sans nom ?  

Non tout ceci ne figurait pas dans ses représentations mentales tellement sages et prévisibles, à la veille de l'irréparable. Elle allait bientôt savoir le goût de son brillant cerveau, allait en aspirer les recoins, en lécher les lacunes, se servant de sa salive comme d'un révélateur au service de sa curiosité exacerbée.    

Personne ne pu lui venir en aide, le matin du drame. Un rayon de lumière étrange éclaira le visage de la jeune femme et elle se jeta sur lui comme une lionne sur une gazelle. La matière grise et blanche sanguinolente dégoulina de ses commissures jusque dans son cou trop blanc. Des râles inhumains rendaient la scène encore plus insupportable. En quelques secondes, ses joies, ses peines, ses envies, ses amours, tous ces souvenirs qui le retenaient loin, trop loin d'elle, tout volait en éclats, tout s'émiettait sous ses dents destructrices.

Les clients restèrent pétrifiés devant autant de cruauté. Personne ne semblait capable d'arrêter ce carnage, personne, sauf l'illusionniste, le magicien en ces lieux, l'écrivain lui même.

 

Amélie lui apporta un deuxième café et... inspiré,  il remarqua que ses lèvres étaient rouges...

-"Quelle histoire écrivez-vous en ce moment Monsieur Cervelet ?"

-"Une histoire d'amour qui finit mal... J'aime bien votre nouveau rouge à lèvres !"

 

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16 novembre 2019

Un reflet dans les vagues, (maryline18)

m18

 

L'espoir, l'étoile fragile d'un bonheur incertain

Ce matin s'est dissout, me laissant sans voix.

Dans la brume opaque, s'efface le chemin,

Qui aurait pu lentement m'amener à toi.

Les rimes flatteuses perdent pieds, brutalement se noient,

Se diluent, se taisent, emportés par les vagues d'un chagrin,

Où l'azur se disloque, disparaît, aspiré, par l'abîme du désarroi,

Bouche béante dont aucun mets, jamais ne calmera la faim...

Aucune musique aussi douce soit-elle,

Ne m'apportera le réconfort rêvé de tes bras.

Prostrée, j'écoute pleurer le violoncelle ;

Sur mon paradis perdu, je trace une croix.

Toi mon amour, mon "x", mon délicieux inconnu

Restons unis par nos âmes, ignorons le temps ;

Formons ce bel oiseau double , jamais aperçu,

Ce reflet parfait, dans nos chimères... soyons amants.

 

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02 novembre 2019

La fugue. (maryline18)

 

Je l'avais croisé près du lac et on avait échangé quelques mots. Il faisait chaud. Il avait dû boire une bière pas très fraîche... Sa guitare jouait quelques arpèges un peu pénibles. Il avait tout d'un troubadour en déroute : Il n'était même pas décoiffé et ses chaussures étaient bien cirées ! Alors qu'un couple, qu'il lorgnait en douce, s'envoyait en l'air pas très loin, je lui avais susurré à l'oreille, pour faire mon intéressante :

_"Vade-mecum !"

J'ai été bien attrapé, il comprenait le latin...! Il ma prise la main et ne la plus lâchée. Depuis, on chante le long des chemins et on ramasse des châtaignes. Quand on a quelques sous, on boit un peu de vin et là, il joue un peu mieux ...On rend des p'tits services à droite et à gauche et en échange, on s'invite pour la soupe et la tome de chêvre. Le matin il débarrasse mes cheveux des brindilles de paille et on reprend la route. 

Tout le monde nous cherche, mais nous, on sais où se cacher pour leur échapper. On apprend pas à deux vieux singes à faire des grimaces. On ne rentrera pas à la maison de retraite, un point c'est tout. On avancera jusqu'à ce qu'on ne puisse plus marcher, on rêvera jusqu'à épuisement de nos envies et on s'émerveillera jusqu'à la cecité.

Mon Aimé et moi, on a plus le temps d'être raisonnable...     

 

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26 octobre 2019

La dissertation. (maryline18)

m18

 

"les bons sentiments, peuvent-ils changer le monde ?"

 

Si ça c'est pas une de ces questions absurdes qui fait tourner les méninges en rond ! C'est néanmoins, l'un des sujets du DAEU (l'équivalent du BAC) pour les étudiants de la deuxième chance, comme Marie, la trentaine, quatre enfants. Elle a Quatre heures pour analyser la phrase, la disséquer, l'inverser, l'envisager, pour enfin peut-être la contredire ou alors l'approuver, arguments et exemples à l'appui, il va sans dire...

Changer le monde...C'est pas les idées qui lui manquent mais les moyens ! Et puis, par où commencer ! Il faudrait établir des priorités, les femmes et les enfants d'abord ! Oui, mais non, les féministes vont encore raler, pas de discrimination, même positive...

Ou alors, on sauve une personne, une ville, un département à la fois ! L'idée lui plait assez. Elle fait appel à son penchant pour l'ordre. Elle la note sur son brouillon. C'est une bonne méthode pour n'oublier personne !

Mais on les sauve de quoi ?

Elle décide de lister les dangers de la vie moderne :

-Ceux liés à l'environnement : ( Polution, diminution de la couche d'ozone, les maladies...)

-Ceux liés aux accidents de la route, aux accidents domestiques, et à ceux qui découlent des accidents de parcours : Dans l'ordre logique : mariages, enfants, divorces. Non, attention, évitons de faire de l'humour, se dit-elle, il peut ne pas être apprécié du correcteur...( Elle barre.)

-Ah oui, elle parlera aussi des addictions, du manque chronique de sommeil et de la "mal bouffe !"

Elle dira un mot ou deux sur les attentats mais évitera de parler religion ( trop explosif ! ).

D'un coup lui vient une idée lumineuse, une étincelle justement, qui embrase toute ses réflexions déjà notées et traitées de long en large, il est vrai, dans tous les magazines.

- Et si le danger "number one" c'était " L'AMOUR " ? Le manque, le trop peu, le trop plein, le "pas bien", le mesquin, le grandiose, le magnifique, le possessif, le jaloux, le destructeur, l'utopique,...le rêveur !

Si le plus grand des bons sentiments pouvait à la fois sauver et anéantir un enfant, une femme, un homme, une famille, un bourg, une ville, un département, un pays...toute une génération ! Toutes LES générations futures !

Mais oui ! Elle a l'idée, le fil conduteur de sa dissertation ! L'amour, celui qui apporte l'intensité, la lumière à la vie et  reprend tout en un seul instant, dans un regard, dans un silence... Il foudroie, transcende, humilie, torture, dilapide, exécute.

Mais maintenant que l'ennemi est démasqué, il lui faudrait trouver les termes à utiliser pour une prochaine campagne publicitaire destinée à repousser le plus possible le redoutable danger ! Une campagne de dissuasion, en quelque sorte...

 

Alerte à la population :

 

Toute personne étant surprise avec des quantités d'amour non conformes au régles en vigueur, sera dépossédée de son coeur et condamnée à errer, à tourner inlassablement en circuit fermé, dans les méandre de ses pensées tristes, à perpétuité !

 

Marie rassemble ses notes et rédige sa copie, de sa plus belle écriture en évitant les fautes d'orthografe, d'orthographe.

Voilà, tout est dit, pense-elle, en se relisant, ça ferait un bon début pour une histoire de science-fiction, en tous cas "ça fout les j'tons !"

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12 octobre 2019

L'amour en fuite... (maryline18)

m18

Les mots s'envolent, bels oiseaux aux ailes engourdies,

S'accrochent au saule, qui déjà crie sa plainte, alourdi

De ces "pourquoi", et de ces "pourquoi pas", aussi...

Echoués là, les rêves s'inventent un abri.

L'hiver menace, de si fragiles certitudes.

L'homme ramasse, d'un geste lent de lassitude,

Les feuilles mortes, en balayant ses inqiuétudes,

En quelque sorte... fidèle à ses louables habitudes.

Fuite vitale, retardant encore, l'explosion,

Sérum fœtal, concentré d'amour en fusion,

Aveux soufflés, tout abrutis de déraison...

Pourquoi aimer... pour que tout se finisse en chanson ?

https://www.youtube.com/watch?v=mjrj9enypSY

m18

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28 septembre 2019

Toi, l'invisible. (maryline18)

m18

 

Dans les rues de Pékin, amoureuse, je t'ai cherché...

Le saxo de Louis Sclavis doucement m'emportait.

Comme le vent d'automne soulève les feuilles,

Mon amour soufflait ses promesses de baisers.

Quand au détour des ruelles je t'apercevais,

Le rythme de mon coeur subitement s'accélérait,

Battait la mesure, en une course imposée.

Tu parles d'une aventure...! Tu me laisses épuisée.

Dans la chambre d'hôtel, ton absence m'envahie,

Je ferme les yeux et tu t'étends près de moi.

Sur le couvre lit, lascive, je respire ton odeur

Et je te pardonne tout, l'espace d'un instant...

Ta main sur la mienne, adroite, caresse

La dentelle inutile, enfilée le matin.

Encore un effort, un soupir de désir,

Avant que s'évanouïsse le rêve... le plaisir.

 

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