18 mai 2019

La mare aux papillons (maryline18)

 

Il est apparu, sans cheval blanc ni flamberge,

Avec juste quelques mots à distribuer,

Par belles poignées, pour qui les attraperait.

Ils parlaient du temps passé, d'amour et d'asperges...

 

En voyage, elle était descendue à l'auberge ;

Quand elle les vit tournoyer comme des papillons,

Elle eut envie d'en saisir plusieurs, sans raison,

Peut-être pour les emmener à Blankenberge...

 

Elle conserverait les plus beaux pour les tristes jours ;

Ces jours gris où quoi qu'elle fasse, ses idées convergent

Vers des souterrains où d'inaccessibles tours.

Elle les lirait devant un jus de canneberge,

 

Ou à l'ombre du tilleul, auprès de la berge,

Se remplissant du ciel accroché aux branchages

Fleuris, quand les canards s'envolent ou bien s'immergent

Quand la nature la soigne, redevenue sauvage...

 

 

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11 mai 2019

Eugénie (maryline18)

m18

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04 mai 2019

Déjantée, pourquoi pas ! (maryline18)

 

Haute comme trois pommes, toujours effacée, qualifiée très vite, par tous, de petite fille timide et sage, c'est comme si mes mots mettaient trop de temps à trouver la sortie ; comme s'ils prenaient à chaque fois le plus long chemin parmis tous ceux qui se présentaient à eux, dans le labyrinthe complexe de mes pensées. 

Il se dressait déjà, dès mon plus jeune âge, juste derrière mes lèvres, des gardes bien veillants, dont le rôle était de contrôler un tas de choses. Ces vérifications demandaient beaucoup de temps. Ils voulaient s'assurer qu'il était absolument nécessaire de traduire en phrases mes impressions, des plus agréables aux plus hideuses, mais aussi mes envies, des plus saugrenues aux plus raisonnables, et enfin mes remarques, des plus intéressantes aux plus déconcertantes.

Ces personnages ne voulaient que mon bien être, enfin, il me semblait qu'ils me protégeaient.

Il est vrai qu'une impression trop vite exprimée en serait devenue tellement banale alors que celles qui restaient ainsi coincées, je les enjolivais de petites choses que je piochais ici et là, dans les films qu'il m'arrivait de regarder ou dans mes rêves. Je vous l'ai dit, tout ça prenait du temps. Quand je m'allongeais sur l'herbe, par exemple, et que le vent agitait les branches des arbres alentours, je fermais les yeux et le bruissement des feuilles me rappelait le bruit de la mer, celui des vagues léchant la plage. Je serrais plus fort les paupières et un kaléidoscope scintillant m'offrait les mille reflets argentés des rayons du soleil sur les flots. Je restais de longues minutes ainsi, j'étais bien.

Etrangement, pas une seule fois je ne me souviens avoir formulé l'envie d'aller voir la mer dans toute mon enfance. Mes envies, je ne cherchais pas à les matérialiser, à les réaliser, ni même à les formuler. Je vivais dans l'instant et les journées s'écoulaient.

Il y avait le monde et puis nôtre maison. Il y avait nôtre famille, mon père brutal, et puis tous les autres gens. J'avais la sensation que nous étions différents, de plus en plus d'ailleurs, en grandissant. Je n'aimais pas cette différence. Elle me pesait, me mettait mal à l'aise. J'aurais voulu être comme les autres, comme tout le monde. Je ne savais pas que cette image de "normalité supposée" que me renvoyait "les autres" était juste les éclaboussures de leur bonheur. Je me sentais  triste. Au fûr et à mesure que je grandissais, les remarques qui n'avaient toujours pas franchi mes lèvres n'en étaient pas moins devenues, plus structurées, plus légitimes mais aussi plus rebelles, plus dangeureuses. Les gardiens de mes pensées avaient vieilli en même temps que moi. Parler aurait été plus facile alors, mais n'était-il pas déjà trop tard, à quoi bon?  Il aurait fallu commencer par le début et ça faisait si longtemps que j'accumulais tellement de ressentiments, de peurs, d'humiliations, de déceptions et de colère.

Chaque étape à franchir avait été difficile : Le passage à l'école primaire (où je n'étais plus autorisé à faire la sieste dans un petit lit), le collège (où je m'égarais dans les couloirs), le lycée (où je ne parvenais à m'intégrer à aucun groupe de filles, lesquelles paraissaient tellement épanouies).

Toute cette souffrance, toute cette incompréhension  restait coincée, avec son vocabulaire approximatif, dans les méandres de ma pensée. Elle en tartinait les parois telle une mauvaise confiture de fruits pourris. Que pouvait-elle m'inspirer d'autre que la nausée. Je ne suivais plus en Mathématiques, en Anglais, en Sciences, et alors ! Je sèchais les interrogations, je prétextais des maux imaginaires pour ne plus aller en classe, et alors !

C'est drôle comme on n'interresse personne quand on ne perturbe pas la classe. Il aurait mieux vallu que j'adopte un comportement de déjantée, que j'insulte, que je crie...Au comble de ma malchance, j'étais bien élevée.

Il m'a fallu bien des années pour comprendre que la différence peut être aussi une chance.

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27 avril 2019

Duel (maryline18)

 

...À la pagaille d'une castagne, je préfère les duels. Un autre style, me direz-vous, mais quelle classe ! Le rendez-vous est donné ou alors improvisé, pour les yeux d'une belle, dont la beauté ensorcelle...

...Au désordre d'une castagne, je préfère les duels. Pas de mobilier cassé, mais un jeu de cape et d'épée où seule l'adresse et l'agilité permettent de gagner, de garder la vie et l'amour de la bien aimée.

 ...Aux cris confus d'une castagne, je préfère le souffle qu'Eleanor retient, car bien sûr, son coeur appartient déjà au beau Stewart Granger. Gagnera -t-il son amour ou perdra-t-il la vie? Ce défi me donne l'envie de revoir Scaramouche !

...Aux coups désordonnés que distribuent une castagne, je préfère imaginer le bras, fièrement prolongé par l'épée, qui ira peut-être se loger, dans la poitrine du rival...Atteindre le coeur, celà peut faire très mal, mais n'oublions pas l'élégance, qui pardonne, à mon sens, bien des impostures. 

...Aux lendemains calamiteux d'une castagne, je préfère la personnalité révélée, des protagonistes d'un duel. L'un est éteint (mort), l'autre est brillant (vivant). Le plus gracile, le plus subtile, le plus intelligent, a  pris l'avantage. Il y a, vous vous en doutez, plus d'une façon de mener un duel et d'autres armes que l'épée bien sûr...   

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20 avril 2019

Le Bastringue (maryline18)

 
Le Bastringue, c'était l'endroit à la mode, le mieux coté ...(non j'exagère), le plus accessible, de nos campagnes du Pas-de-Calais, à des kilomètres à la ronde. Comme tous les lieux fréquentés par les jeunes, il avait ses habitués. Tu étais l'un de ceux-là, avec ton p'ptit côté Josh Randal (dans "Au nom de la loi"), tu m'avais tapé dans l'oeil !

Je venais m'y trémousser sur des airs de New-Eve et tant pis si j'y respirais mal... La fumée de centaines de cigarettes, s'élevait just'au dessus de nos têtes, pour très vite ne plus former qu'un monstrueux brouillard, piquant nos yeux et imprégnant nos vêtements.

C'était l'excuse toute trouvée pour sortir prendre le frais, et pour ainsi pouvoir se parler puisqu'à l'intérieur, la musique trop forte, nous obligeait à user d'un autre moyen de communication. Une œillade voulait dire : <<Je t'ai repéré>>, un rapprochement :<< Tu me plais>>, un regard accompagné d'un sourire : << Je te réserve toute la série de slows qui arrivent...>>.

On avait toute la vie pour discourir mais, que ces soirées pour nous étourdir. Nous étions pris d'une urgente envie de vivre nos émotions, en vitesse accélérée, en montant dans les tours et en poussant les rapports ! La désillusion transformerait bien assez vite nos bolides en citadines raisonnables, avec reprise à l'argus... avant... l'ultime prime à la casse...

Ces soirs là, j'abandonnais mon jean et mes tennis pour des jupettes à volants, des chemisiers cintrés ou des robes minimalistes. << On a pas tous les jours dix-huit ans !>> J'assumais une féminité, un soupçon provoquante, sublimée par des regards appuyés de mâles aux aguets. J'étais là pour séduire...pour TE séduire.

-Viendrais-tu, ne viendrais-tu pas ?

Plusieurs fois, il me semblait t'apercevoir, il me semblait reconnaître tes cheveux, ta nuque, ta démarche, ton blouson préféré...Alors, le coeur battant je m'approchais, je glissais comme une anguille entre les rochers, slalomant entre les danseurs. J'écrasais inévitablement des pieds, m'excusais, écartais sur mon passage des filles qui ralaient, des jeunes hommes qui me dévisageaient.

Des jeux de lumières, projetaient des pastilles multicolores sur les murs. Des rayons transperçants balayaient la piste de dance et  exhibaient nos dessous blancs en rythmes syncopés.

J'approchais ton fantôme, et traînais une nouvelle fois ma mine dépitée, le long des banquettes molles. Je m'asseyais quelques instants puis refaisais le chemin inverse pour me rendre aux toilettes. Les lieux étaient toujours occupés, les miroirs toujours pris d'assaut. Je jouais des coudes, la concurrence était rude...Je vérifiais alors ma coiffure, me repassais un peu de rouge sur les lèvres, réajustais mon chemisier...Dans une chaleur moite, on s'aspergeait de déodorant et on avalait une giclée d'eau fraîche, du robinet.

À force de t'espérer tu es arrivé.

Mon regard, habitué à scruter les lieux s'est éclairé, d'un coup, d'un seul et t'a amené à moi par la voie rapide du désir qui couvait... J'avais balisé nôtre espace pour ne plus te perdre, toutes griffes dehors, j'étais prête à en découdre avec qui t'approcherait ! Je m'appropriais, en un instant, ton sourire et tes baisers. 

Tu étais paré de tes plus belles jantes, et c'est, m'aveuglant de tes pleins phares que tu t'es garé tout contre moi, avec juste ce qu'il fallait d'arrogance, pour me plaire...Moteur tout ronronnant, peinture pailletée d'or, carrosserie étincelante, ton habitacle était stylé, et tes essuies-glaces plus qu' efficaces. Ton rodage était manifestement terminé.. Tu m'as emmené, sur les chapeaux de roues...La balade fut mémorable, la chaleur, tout d'abord intimiste, s'intensifia pour trouver son apogée sous un ciel étoilé. Je suis rentrée, des nuages éfilochés dans mes cheveux décoiffés et les yeux plus clairs que jamais. Les lutins de mon enfance perdue, culbutaient dans les fossés. le mal des transports ne m'avait pas flanqué la nausée, une fée ne m'avait pas quittée... Tu es reparti avant l'aube, le réservoir presque à sec... Je t'ai fait un petit signe de la main. Il te fallait visiter encore tant de lieux-dits et prendre tant d'autres chemins...sur la longue route de la vie.  Quand j'y repense, j'en souris,...et je fredonne,... NON...!, riiiien de riiiien, NON...!, je ne regrette riiien...

 

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13 avril 2019

L'astrolabe nautique (maryline18)

m18

 

La sortie se voulait éducative mais Céline la trouvait ennuyeuse, alors, trépignant d'impatience, elle tirait sur le bras de sa nounou :

- Marie ! Marie ! c'est bientôt fini ? J'en ai marre MOI !

-Regarde Céline, ce qu'utilisaient les marins autrefois !

-Oh j'aime bien celui-là, on dirait un trêfle à quatre feuilles !

-Oui, c'est vrai !

-Tu crois que Christophe Colomb en avait un ?

-Oui, sans doute ma puce !

-C'est vrai qu'un trêfle à quatre feuilles, c'est un "porte- bonheur" ?

-C'est ce qu'on dit...

-Et, c'est vrai que l'argent fait pas l'bonheur ? C'est Maman qui dit tout le temps ça...

-Euh..., non, pas forcément, mais...

-Marie, c'est quoi le bonheur ?

Marie prit la main de Céline et l'emmena à l'extérieur du musée.

Elle avait toute l'après-midi pour lui répondre. Aussitôt sortie, la fillette oublia pourtant sa question, trop occupée à courir sur le sable.

En la regardant, Marie se souvint d'une photo d'elle qui avait été prise à Merlimont, alors qu'elle devait avoir son âge, un jour ou elle était bigrement heureuse, elle se souvient de cette joie qui l'irradiait alors qu'elle jouait avec les vagues...

...Le bonheur c'est comme ces grains de sable, on s'en saisit, la paume bien ouverte pour en avoir le maximum et très vite on l'enferme de ses doigts protecteurs. Quand on ouvre à nouveau la main, plus rien.

...Je pourrais te mentir, Céline, te dire que le bonheur c'est de bien apprendre à l'école, d'avoir un bon travail, une bonne situation, une belle maison, une belle voiture, ou alors que c'est la joie de partir en voyage, de voir des paysages, oui, je pourrais te dire tout cela...

...Et pourtant quand tu auras tout cela, tu checheras peut-être toujours le bonheur...

...Le bonheur, écoute, le bonheur... c'est son regard dans le tien, ses silences paisibles où les mots deviennent superflus,  son souffle sur ta peau, ta main dans la sienne, quoi qu'il arrive... Ce sont ses caresses, dont la douceur te fait oublier le monde et toutes ses injustices. Le bonheur c'est... ses "je t'aime" qui devancent les tiens et qui réchauffent tout ton être, tellement mieux que n'importe quel soleil d'été. Le bonheur c'est son visage entre tes mains, tes lèvres cherchant les siennes dans la pénombre d'une soirée sans fin...C'est cette magie qui émante les âmes quand les mots improvisent, quand les corps se cherchent pour se confondre.

...Le bonheur c'est ce rêve que tu  fais éveillée comme pour lui donner une consistance, onctueuse à souhait...avec des goûts d'encore et de toujours à déposer sur sa bouche affamée. Le bonheur c'est de l'aimer et de te sentir vibrer comme un djembé sous ses mains expertes...Le bonheur c'est ...

-Marie, tu viens te baigner ? Allez, viens !

-"J'arrive ma chérie, j'arrive !"    

 

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06 avril 2019

L'espoir fait vivre... (maryline18)

 

Zébrée d'indifférence, l'extase qui part en vrille,

       Etouffe par avance, mes baisers qui pétillent,

Allume la souffrance, qui tord, qui recroqueville,

       Un visage de silence en larmes au mois d'avril...

 

Photographier le ciel, just'au dessus des flots,

       Dire que la vie est belle et mentir s'il le faut,

Observer sous l'ombrelle sans avoir de repos,

       Les amoureux auxquels le bonheur prête ses mots...

 

Traîner un corps trop lourd, un parfum de vanille

       Sur les plages, dans les bourgs, user mes espadrilles,

Ecouler des bonjours à des yeux qui torpillent,

      A des vieux hommes sourds que des femmes houspillent...

 

Quémander de l'amour, aux porches des églises,

      Comme un dernier recours, l'âme en état de crise.

Urler, même si j'me goure, ton nom, qui m' électrise !

      Se consument mes forces envolées par la brise...

 

Envoyer au secours de mes rêves atrophiés,

      L'espérance au long cours, qui seule, peut les sauver...     

 

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30 mars 2019

Les bouteilles à la mer (maryline18)

 

Sur l'estran parsemé de coquillages, les rayons blancs d'un soleil encore froid se reflétaient sur le verre épais de la bouteille échouée. D'où provenaient ces présents, apportés par la mer depuis plusieurs semaines... Les écrits n'étaient pas signés mais l'auteur était un homme, probablement d'âge mûr. Alors, comme pour lui tenir compagnie, elle s'asseyait, adossée à la dune, et lisait. Blandine, ingérait chaque fois, le contenu des bouteilles avec avidité, comme s'il s'agissait de gourdes  pleines d'un breuvage délicieux et qu'elle venait de marcher des heures, dans un désert brûlant. Les premières gorgées, trop vite avalées, lui laissaient imanquablement de doux regrets, de ceux qui accompagnent toujours les plaisirs éphémères. Alors, elle fermait les yeux, rêveuse, imaginant un oasis où l'abondance lui permettrait d'étancher sa soif, jusqu'ici insatiable...

Chaque bouteille libérait un peu de douceur, qu'elle déposait en couches succéssives sur son coeur. Bientôt un arc-en-ciel, tel un mille feuilles de couleurs, ne laissant plus aucune place pour aucune nuées sombres et grises, dressait pavillon. Elle dépliait les papiers froissés qu'elle  relisait en sautant des lignes pour arriver, sans attendre, jusqu'à ses passages préférés. Transportée, elle repartait au début pour encore un tour du monde offert dans son manège enchanté...La tête lui tournait, respirait-elle encore, elle n'en était pas sûre ! Elle souriait et scrutait l'horizon. Non il n'y avait pas de ponpon dans le ciel bleu pour un tour gratuit puisque TOUT était cadeau : les odeurs de l'enfance, différentes pour chacun et semblables pourtant, les peurs, les douleurs, les bonheurs...Il offrait  tous sans faux-semblant, sans pudeur mal placée. A travers lui c'était elle qu'elle découvrait, avec ses mots à lui. Certains passages lui donnaient la chair de poule tant il écrivait vrai. Son écriture était prenante, pertinente, enhivrante, surprenante d'authenticité. Il était elle... elle était lui. Elle vivait toutes ses émotions par procuration, par reconnaissance, par ressemblance. Il était là, sur le papier, en coeur et en âme à défaut d'être là en chair et en os. Il était là et elle le trouvait beau, oui, très beau, tout simplement...    

 

Victorien relisait le début de la nouvelle qu'il venait d'envoyer au journal quand son téléphone sonna :

- Allo !

-Salut Victorien, la forme !

-Houai, pas mal, j'suis bien inspiré en ce moment...

-Tu te fous de ma gueule Vic , c'est quoi ton truc pour midinettes ?

-Ben quoi, ça t'plais pas ? C'est romantique non, c'est pas c'que tu voulais ?

-Je t'avais dit du romantique oui mais du branché, ça va pas du tout, c'est trop "fleurs bleus" ! Et puis la fin, on la voit arriver dès le début, non ça va pas !

-Ah bon !

-Ben non Vic, un vieux loup solitaire, sur un bateau de pêche, qui prend dans ses filets une réveuse en mal d'amour...y'a pas de suspens et puis c'est fade ! Tu peux pas y rajouter une sirène aguichante non, au moins ! Du cul, Vic, du cul ! 

-Non, non y'a pas d'sirène Franc, mais je peux changer la fin si tu veux !

-Laisse tomber mec, j'te publie pas s'coup- ci !

-Laisse moi une chance, j'ai deux mois de loyer en r'tard, fais pas le con, MERDE !

-OK, CALME toi, tu me reprends tous ça, écoute, tu me fais un truc plutôt dans un port de plaisance, dans le Sud, tu vois...

-Oui, vaguement...

-Mais si... une fête organisé sur un yacht... avec de la bonne musique, du fric, de l'alcool, des poufs, du sexe, un soupçon de canabis, enfin l'éclate quoi !

-Houai, houai, si tu veux mais ça va être vachement moins romantique...

-Ouai ben j'y peux rien moi si c'est c'qui plait hein ! allez GO !

-Ok, Franc, je m'y mets !

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23 mars 2019

La vie en rose...(maryline18)

 

Vivre ou ne pas vivre...

 

Dans un monde qui me blesse, jour après jour,

Se révolte et régresse,...Si peu d'amour !

En errance littéraire, je suis ma voie ;

Mon exil immobile, me sauve, cette fois...

 

Dans ce monde qui m'agresse, vous restez sourds,

Pour témoin la rudesse de vos dicours.

Réfugiée dans mes livres, drapée de soie,

Je réinvente ma vie, côtoie les rois.

 

Sur les pages imprimées, pour déprimer,

L'actualité apparaît sans plus d'effets...

Là, un tueur a encore tué,

Là, des casseurs ont bien sur tous cassé.

 

Les xénophobes et les bourreaux d'enfants,

Je les renvoie à l'histoire en un instant.

Je les aplatis du plat de la main,

Je ferme mon livre, je poursuis mon chemin.

 

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16 mars 2019

Herman Hesse, (maryline18)

 

Je ne me lassais pas de t'écouter.

Je refaisais la visite pour la troisième fois. Ton beau regard calme et un rien amusé avait soutenu le mien à plusieurs reprises. Ta voix, posée et claire comme les chutes d'eau de Triberg, me devenait peu à peu familière. Je me laissais bercer par la mélodie de tes phrases. Je n'en saisissais plus le sens, puisque la visite que tu commençais alors, s'adressait, cette fois, aux Allemands.

Une force tranquille se dégageait de tes gestes et postures. Je te suivais dans les vastes pièces du château de Holenzollern. Tes yeux d'un beu si pur, semblaient contenir le Danube. Comme lui tu aurais pu m'emmener tranquillement visiter ces pays aux beautés insoupçonnées tels que l'Autriche, la Slovaquie, la Hongrie...la Modavie, l'Ukraine.

En quittant le château, tu m'avais embarquée dans une balade romantique sur le lac de Titisee...

Je te voulais et toi tu prononçais des mots comme : Wisigoths, et Ostrogoths. Ces mots étaient plaisants à entendre dans ta langue. La Forêt Noire et les peuples qui y vivaient jadis, semblaient passionner les touristes. Je me surprennais à être jalouse des sourires que tu adressais à ces jeunes femmes qui te comprenaient.

Perchée au sommet de la passerelle de bois en colimaçon, je regarde cette forêt de hêtres, d'épicéas, de sapins et l'envie me saisit brutalement de sauter pour m'écraser vingt mètres plus bas, pour tout effacer... Mon plus beau souvenir d'Allemagne, ce n'est pas le coucou sculpté à la main de Triberg, non, mais c'est le goût du Pinot noir, si parfumé sur tes lèvres si douces, qui est à jamais gravé dans ma mémoire.

Je me souviens de la photo pour laquelle tu avais pris la pause devant les maisons de style médiéval à colombages...

Je ferme les yeux, je titube, j'ai mal, j'ai froid, mes oreilles sifflent.

Comme ton homonyme, tu étais "l'homme qui voulait changer le monde"...Tu avais de grands projets, mais je n'en faisais pas partie.

Je prends place sur le toboggan et je me laisse glisser, comme ce jour où nous avions partagé une énorme part de forêt noire au café Schaefer.

Tu me manques...

Encore une halte à Baden-Baden et mon pélerinage arrivera à sa fin. Si seulement sa fontaine avait pu me rajeunir, tu serais peut-être à mes côtés...

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