13 juillet 2019

L'odeur de la liberté. (maryline18)

 

À l'orée de la forêt, elle hésita, puis, poussée par sa curiosité, par sa formidable envie de le rencontrer, elle avança dans la pénombre odorante et humide. Etait-ce une légende ou pas, elle était bien décidée à en avoir le coeur net ! Il lui fallait trouver le vieux chêne malade qui abritait en son tronc une famille d'écureuils, puis suivre le chemin tortueux à sa droite. Des brindilles craquaient sous ses pas , des glands lui tombaient sur la tête, des fougères lui chatouillaient les jambes.

Le livre de l'arrière-grand-mère décrivait une clairière enchantée, avec en son centre, un magicien aussi surprenant que généreux. Il suffirait de lui susurrer à l'oreille quelques mots pour qu'il en fasse tout un poème, ou bien de lui souffler une idée, une couleur, pour que naisse toute une histoire. Bientôt il lui raconterait les plus beaux contes débordants de princesses, de fées, de chevaliers et de sorcières. Cette idée l'enchantait et lui donnait tous les courages.

Ses pas ralentissaient bien malgré elle. Le soleil semblait l'avoir abandonnée, en même temps que ses forces... Seuls quelques oiseaux l'encourageaient à persévérer. Elle décida alors d'une petite pause et s'endormit  sur un coin de mousse, plus moelleux que le meilleur des matelas, ne pouvant résister à une douce torpeur. Elle aperçut très vite, l'homme aux mille histoires. Elle s'approcha de lui, il paraissait l'avoir attendue depuis si longtemps. Son corps était couvert de feuilles et son visage avait les traits tirés. Il lui sembla si triste qu'elle voulut d'emblée être son amie.

Elle s'approcha et lui murmura quelques mots bien choisis. Il était question de vallées, de sources, et de voyages. Alors le visage du magicien s'éclaira et toute une féerie coula de sa bouche. Volant comme un oiseau, elle se posa dans une vallée recouverte de fleurs de toute beauté, elle se baigna dans une rivière d'eau douce et but à la source magique, celle qui exauce presque tous les rêves. Il l'emmena faire un voyage merveilleux. Elle devenait l'héroïne de toutes ses histoires. Quand elle ouvrit les yeux, il avait disparu, lui laissant en souvenir une grande plume, aussi douce que le duvet d'un oisillon. Elle la sentit et apprit l'odeur suave de la liberté. Entre rêve et réalité, entre éveil et somnolence, elle rentra le pas léger. Il lui suffirait, à présent, de caresser sa plume magique et de fermer les yeux pour basculer dans l'autre monde...  

 

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06 juillet 2019

Un slogan pour nous, les FEMMES...! (maryline18)

 

N'ayons pas peur de déranger, de sortir du simple rôle d'animal de foire, dans lequel, certains hommes voudraient, dans une utopie bien masculine, nous embrigader d'office !

Le dos voûté, fatigué, abîmé par le ménage, par les enfants à porter, quand ils ne voulaient plus marcher au retour de la promenade... Femmes je vous aime !

La démarche usée, traînante ; les jambes marbrées de varices, qu'il faudra faire scléroser, cadeaux empoisonnés arrivés avec les enfants... Femmes je vous aime !

Les traits tirés par le manque de sommeil, par le temps passé au chevet des têtes fiévreuses, par les maladies à soigner, les petits nez à moucher, les biberons à donner, les couches à changer... La tête embrumée par les soucis d'organisation de toute la maisonnée, qui nous étaient, sont et nous seront souvent délégués...Femmes je vous aime !

...Rentrons leur dans le lard, sans ménagement, déversons nos sacs d'emmerdes, fières et belles comme des Divas, sur leurs têtes de voyeurs, moqueurs ! Ils marchent à côté de leurs pompes, dans un monde qu'ils croient leur appartenir parce que leur intellect ne leur permet pas d'accepter notre supériorité !

 ...FEMME JE VOUS AIME !

Refusons le diktat de leurs pensées qui nous rabaissent, nous salissent ! Approprions-nous la condition de femme que nous méritons plus que jamais. Alors que certaines batailles ont été gagnées par la force qui nous honore chaque jour, ( à la minute j'ai une pensée pour Simone Veil) , la guerre contre les goujats reste à faire !

Nous ne serons jamais de simples objets de décoration, de contemplation. De nos charmes, nous savons en jouer mais, au jeu de la séduction, nous en instaurerons toujours les règles, ne leur en déplaise !

...FEMME JE VOUS AIME !

Les goujats détiennent la palme suprême de la connerie. La vulgarité ne se trouve pas dans notre décolleté trop échancré, ni sur les centimètres manquants à nôtre jupe d'été. Elle ne se trouve pas non plus dans notre démarche serrée dans un jean en stretch, non..., elle se trouve dans leurs propres délires, dans tous leurs fantasmes lubriques qu'ils entretiennent et qui occupent tous leurs temps morts... Leur incapacité à séduire, de par leur ignorance de ce qui fait notre complexité et notre richesse, mais aussi, de par leurs certitudes fausses, désuètes et stériles, les rendent laids et méchants.

...FEMME JE VOUS AIME !

N'acceptons pas d'être répertoriées, classées, comme de simples animaux, en nombre suffisant ! Déclarons la chasse ouverte ! Le gibier foisonne ! Chasseresse de notre destin, exterminons les goujats de tous les territoires ! A nos parfums enjôleurs se mêleront la sueur de notre détermination sans faille. Pour être respectées, nous combattrons !

Femmes de tous milieux, de toutes conditions, de toutes morphologies ; femmes en devenir, femmes avec enfants, sans enfant, femmes élégantes ou pas, séductrices jusqu'au bout des ongles, ou pas, femmes fragilisées, malades ou en bonne santé, jeunes, mûres, comme un beau fruit ou vieillissantes, à chaque pas nouveau vers un bonheur où plane l'ombre d'un goujat, je vous soutiendrai, parce que, femmes de tous bords, de toutes nationalités, je vous aime !

-"Morbleu ! Balance ton goujat !"  Tel sera notre slogan de ralliement !

 

-"Suivez-moi !... A plat les goujats ! sur l'cul les malotrus !...Hein, quoi ? j'suis toute seule ? Oui... c'est bon, râle pas, j' rentre préparer le repas... !"

 

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29 juin 2019

La fête au village (maryline18)

 

-" Tu danses ?"

Tu étais beau dans ton habit de fête, l'invitation était plaisante. L'orchestre attaquait par une valse lente, comme intimidé par nos pas hésitants. Tu voulais te distraire et moi je savais valser, l'occasion rêvée pour improviser... Tu m'as enlacée, bien décidé à mener la danse, mais te souvenais-tu des pas à compter ? " Un, deux, trois ; Un, deux, trois..." Je comptais tout bas. Je fermais les yeux sur tes mauvais pas.

Dans tes bras, la place du village semblait si belle, les lampadaires, tels des projecteurs, sublimaient notre aisance. J'étais en confiance et toi, tu souriais. " Un, deux, trois..." Ma jupe évasée tournait et je riais ; qui emportait l'autre dans ce tourbillon de bonheur partagé ? Il me semblait qu'on aurait pû tout danser : tango, lambada..., jusqu'à ce que tu regardes, hélas, ta montre !

D'un simple claquement de doigts, tu arrêtas la musique et s'éteignirent les lumières incandescentes de la " fête au village". Même les étoiles disparurent à cet instant précis. Les danseurs, tout autour de nous, se séparèrent, presque génés de s'être laissés emporter par cette musique entraînante. Il se faisait tard, bien trop tard...

L'heure n'était plus à la frivolité, il fallait rentrer. Retrouver ses habitudes rassurantes. Chacun rangeait ses éblouissements, ses pas de côté, ses rêves. Sans protestation, aucune, la nuit prit son poste et la lune, son tour de garde. Tout était en ordre.

Le jour se leva et m'offrit sa beauté triste. Les coquelicots étaient toujours aussi rouges, le ciel aussi bleu, les nuages aussi blancs. Privée de sommeil, je comptais encore : " Un, deux, trois ; Un, deux, trois..." Je saisis un abricot dans la coupe à fruits et le mangeai. Il n'avait aucun goût. Je m'entendis demander tout haut : " Mais quand les abricots retrouveront-ils leur goût ?"

 

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22 juin 2019

Une si belle journée ! (maryline18)

 

Calée sur le siège de ma voiture refuge, j'appuie un peu plus sur l'accélérateur.

La radio passe une chanson nostalgique de Maurane, j'augmente le son et ses regrets s'insinuent jusque dans mes entrailles, à me faire mal. Il faut souffrir pour tuer, peu à peu, la douleur cachée. La journée est si belle, est-il inconvenant d'être triste alors qu' il fait si beau ?

Je manque d'air, j'étouffe. J'ouvre ma vitre. Un courant d'air fou s'engouffre et me gifle la face sans ménagement. J'accuse le coup et monte le son encore un peu plus. La départementale se déroule devant moi comme un jeu de piste à travers la campagne vallonnée. J'accélère encore, la vitesse me grise. Mes mains serrent un peu plus le volant.

Il suffirait d'un écart, d'une seconde d'inattention, d'une maladresse pour en finir avec cette tristesse...On incriminerait une fois encore l'imprudence et tout rentrerait dans l'ordre, dans les statistiques. Je leur offrirais ma mort en kit. Il ne leur resterait qu'à rassembler les morceaux, qu'à reconstruire la chronologie d'un accident banal. Tous ces étrangers à mon chagrin, continueraient leur chemin, accusant au passage la fatalité ou bien mon inconscience.

La journée est si belle, serait-il inconvenant de mourir alors   qu'il fait si beau ? Je croise des femmes, des hommes, des familles, des couples...Leurs visages passent trop vite pour pouvoir y lire quelqu' humeur. Sont-ils heureux, malheureux, confiants, inquiets, résignés, amoureux ? La belle voix de Maurane, comme venue de là haut, berce mon coeur et je chante avec elle son amour perdu.

J'avale les kilomètres, je rejoins les nuages qui m'attendent au sommet de chaque côte. Je plane et les platanes accompagnent mes descentes, de plus en plus rapides, de plus en plus risquées. J'aimerais ne plus m'arrêter, rouler, rouler, jusqu'à expulser ma peine.

"TOI, a...ahhhh...,TU ES MON AUTRE, la force de ma foi, ma faiblesse et ma loi.." Je crie ma folie, mon amour, mon désespoir, investie de l'envie d'en finir...Seule Maurane me comprend et m'accompagne à cet instant. Je négocie de plus en plus mal les virages qui semblent me défier mais je suis lancée, déterminée...Je n'ai plus peur de rien, pourvu que ce soit ma destinée.

Elle chante encore avec moi : "ça casse comme un verre en cristal contre le métal, issue fatale, éclat d'étoiles "! Pourquoi es-tu partie Maurane, toi si belle, si vivante dans ton besoin d'aimer et d'être aimée, pourquoi ? ta voix chaude comme une larme qui ne ment pas, se répand et comble le vide, l'espace inutile de ma vie.

Fait-il trop beau pour pleurer, c'est une si belle journée ? Mes larmes dévalent la pente abrupte de mes joues...je laisse couler l'amertume de mes espoirs déçus, de mes joies étouffées de mes projets avortés.

-"J'arrive Maurane...!"

C'est le virage de trop, le plus beau, le dernier peut-être...la voiture qui me fait face ne peut se rabattre. Un tracteur l'en empêche, bien malgré lui. Pourquoi entreprendre ce dépassement sur cette route sinueuse avec une bagnole qui n'a rien sous le capot ? C'est donc la fin ? Il faisait si beau ! Je lui balance une salve d'injures et appuie de toute mes force sur le frein. Me voilà dans le fossé, coincée entre l'airbag et le volant.

Est-ce Maurane qui a braqué ou moi, je ne m'en souviens pas...J'aurai du retard, mais elle m'attendra.

 

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15 juin 2019

L'artichaut (maryline18)

 

Je lui ai dit :

- je vends ! Vous croyez pouvoir en tirer un bon prix ?

Il m'a regardé d'un air dubitatif et m'a lancé :

- j'chais pas, moi, faut voir...!

- Faites pas la fine bouche, elle a encore sa place sur le marché !

- Vous me faite visiter ? ( Il avait l'air pressé. )

- Allons-y !

- Le coeur n'est plus tout neuf, à ce que j' vois, il s'effrite, regadez, il part en feuilles, ( il le touche), et...il est chaud, bien qu'encore vert ! Bon, continuons !

- Les jambes, non mais regardez moi ces jambes ! Elle sont bien trop près du cou, un mauvais coup sur la jugulaire et hop...plus personne !

- Les bras...bien trop courts ces bras, mais bon, il n'enserrent plus que du vide, c'est un moindre mal, n'est-ce pas ?

- Les mains...oh, elles sont douces...mais tâchées hélas, dommage !

Je n'ai pas pu tenir ma langue :

- Mais elles rendent encore bien des services et elles ont de l'expérience !

( Là, il a pouffé de rire ) :

- De l'EXPERIENCE, dites-vous ! Mais les futurs acheteurs ne recherchent pas le savoir faire, mais la beauté, Madame, oui, la beauté ! Poursuivons, voulez-vous ?

Quand j'ai entrouvert la porte du haut, il a fait un pas en arrière.

- Vous déménagez ! C'est quoi tout ce désordre, et ces cartons éventrés là !?

J'ai eu honte, d'un seul coup..."Pardonnez moi, je n'ai pas fait le ménage. Là, gisent des vieux souvenirs que je n'ai pas eu la force de jeter et ici, des cartons d'illusions complètement périmées.

- Et ça ? Cette valise à moitié pleine...ou à moitié vide !

- Oh, c'est celle de la chance, il n'en reste plus qu'une moitiè, l'autre s'est faite la malle.

Un peu agacé de ne rien trouver de grande valeur, il poussa la porte du fond et alors, un rayon de lumière arriva jusqu'à nous, en faisant danser des milliers d'étoiles emprisonnées dans son faisceau éblouissant. Mon cri sortit simultanément :

"NONNNNN!"

Le vent produit par celui-ci fit se refermer la porte aussitôt.

Il me regarda abasourdi :

- Mais qu'elle est cette pièce mystérieuse et tellement lumineuse, laissez moi y entrer voyons !"

( Je lui barrais le passage, prête à en découdre ).

-Non ! il faudrait pour cela que vous me passiez sur le corps ! C'est mon jardin secret, le cadeau bonus réservé à l'acheteur du lot.

- Et bien, vous auriez dû me faire entrevoir cette pièce au début de la visite, nous aurions gagné du temps !

- Mais, j'ai tout mon temps...et il me reste un peu de sel pour relever le goût de la vinaigrette... celle, pour accommoder le reste de mon coeur d'artichaut !

 

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08 juin 2019

Incandescente, je ne le suis pas. (maryline18)

m18

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01 juin 2019

Histologie, une histoire sans coeur... (maryline 18)


Entre deux sommeils, les bruits lui parvenaient sans qu'elle puisse les identifier, comme filtrés par une épaisse couche de coton hydrophile.

En effet, à l'étage du dessus, des verres se cognaient, des pas résonnaient, des voix se répondaient. Des "toc toc toc" précipités et des bonjours, prononcés avec un tel automatisme qu'ils ne semblaient pas attendre de retour, la sortaient peu à peu de sa torpeur.

Ses paupières étaient encore closes, son corps inerte. Une odeur connue de sa mémoire olfactive flottait dans la pièce. Déjà, le dégoût transformait son visage en une moue qui lui rapprochait les yeux et qui lui remontait le nez. Elle aurait voulu la chasser en plaquant promptement l'une de ses mains sur ce dernier, mais n'en avait pas le courage.

Les bruits, semblaient se rapprocher. Ses doigts frolèrent, dans un geste involontaire, le drap qui lui parut rugeux et lourd. Alors qu'elle ouvrait les yeux, un réflexe de rejet, la fit se redresser. Sa couleur grise était répugnante et de nombreuses tâches y étaient vilainement incrustées.

Bêtement, il lui vint à l'idée que ces salissures ne partiraient pas au premier lavage et qu'il faudrait le faire tremper dans un bain additionné de javel. C'est en le repoussant qu'elle constata que son corps n'avait plus de peau, plus de frontière bactérienne, plus d'enveloppe ! A moitié endormie ( elle n'avait pas encore bu de café !), ce détail la contrariait . Il devait y avoir une explication rationnelle à toute cette nouveauté. Elle faisait toute fois preuve d'un calme surprenant.

(Un corps sans enveloppe...de quoi devenir timbrée non ?)

Elle fut distraite un instant par le cri d'une souris qui traversa la pièce, en diagonale. Dans un coin, trainaient des bidons, des cartons avachis, du linge sale. Dans l'autre, des vieux balais remplis de toiles d'araignées, une casserole sans manche et un charriot de cantine rouillé.

Elle était donc dans une cave... Elle reconnaissait maintenant cette odeur désagréable d'humidité. Assise sur le lit de fer, elle regardait ses organes, lesquels, semblaient fonctionner à priori normalement, mais ils ne tenaient en place que grâce à une sorte de gélatine transparente. Elle ne ressentait bizarrement aucune douleur mis-à-part une migraine lancinante.

- Ses lunettes, où étaient ses lunettes ?

Ah oui, elle se souvint, elles les avait oublié dans le hall de gare, posés sur son dernier roman  : "Les six reines savaient-elles nager ?", une reconstitution historique de ce curieux massacre de l'Epiphanie 1793 attribué aux "sans culottes". Un partage de galette qui avait mal tourné, sans doute...La fête s'était terminée dans la Seine. 

"Bonjour, combien de tartines ? Du lait? Du café ?" La voix du dessus lui arrivait plus distinctement..."

C'était donc le matin. Elle avait faim. Elle devait se trouver au sous- sol d'un hôpital. Oui, elle revit les brancardiers qui l'avaient ramassé sur le trottoir, leur précipitation, leurs chuchotements, le grand ascenseur de l'entrée et l'inscription sur la porte battante du long couloir sombre : HISTOLOGIE, EXTRACTIONS, interdit au public. 

Une femme en blouse blanche entra, accompagnée d'un jeune chirurgien, Docteur Boucher,( bel homme ), c'était écrit sur la poche de sa blouse, son nom bien sûr !

-" Cette femme est sous anesthésie de synthèse, poursuivez le travail commencé !"
...

(Dans un réflexe enfantin, elle faisait semblant de dormir)...
...

La supposée Chef de service poursuivit d'une voix adoucie et avec un sourire qu'elle détesta aussitôt :

- "Tous ses organes sont en exellent état, ils  partiront pour l'Asie en fin de journée, par avion. On nous en offre un bon prix ! Suivez la procédure habituelle de prélèvement, la famille ne s'est pas manifestée !"

Etant sûre maintenant qu'elle rêvait, elle fit un clin d'oeil au Médecin et lui dit :

- Vous pouvez emballer mon coeur ? c'est pour offrir !

( Boucher, c'est pas un nom de chirurgien, sauf dans les mauvais rêve ! )

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25 mai 2019

Goualante, la genèse. (maryline18)


La goualante se voudrait gouleyante à souhait comme un bon vin ou réconfortante,  comme un chocolat chaud, avalé face à la mer, au mois d'avril... Elle aurait dans ses couplets le récit de voyages imaginaires, ce sont les plus beaux...Oh, elle parlerait d'amour, à n'en pas douter, de celui qui fait frissonner rien que d'y penser, de celui qui vous cueille et vous emporte si loin que vous perdez tous vos repères .

La goualante se voudrait romantique, presque démodée. Elle promènerait sur de grandes phrases, des déclarations de rêve, des baisers magiques, troublant, des mots caressant la musique pendant des heures, sans se lasser. Elle prendrait son temps pour ne rien gâcher, pour faire durer le plaisir.

La goualante se voudrait sensuelle, comme un regard intercepté sur la courbe du désir, comme un doigt posé sur les lèvres d'un aveu timide, comme un slow langoureux dansé par deux amoureux enlacés, sur une piste désertée.

La goualante se voudrait inédite pour avoir tout à inventer : la musique, les paroles, les cadences...Elle serait libre. Elle serait inventive et belle, naturelle et authentique, surprenante et magnifique.

La goualante nous accompagne parfois sur mon chemin préféré, est-ce que tu l'entends ? Elle s'amuse de ton absence et t'explique mes émois. Je sais que tu l'entends parce que tu es là...tout près de moi. Elle te raconte les fleurs écloses, depuis la dernière fois, les cannetons, le bruissement des feuilles, le silence, la pluie sur mes joues. Elle te parle de moi, au rythme de mes pas.

- Est-ce que tu l'entends, dis, est-ce que tu l'entends, aussi ?

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18 mai 2019

La mare aux papillons (maryline18)

 

Il est apparu, sans cheval blanc ni flamberge,

Avec juste quelques mots à distribuer,

Par belles poignées, pour qui les attraperait.

Ils parlaient du temps passé, d'amour et d'asperges...

 

En voyage, elle était descendue à l'auberge ;

Quand elle les vit tournoyer comme des papillons,

Elle eut envie d'en saisir plusieurs, sans raison,

Peut-être pour les emmener à Blankenberge...

 

Elle conserverait les plus beaux pour les tristes jours ;

Ces jours gris où quoi qu'elle fasse, ses idées convergent

Vers des souterrains où d'inaccessibles tours.

Elle les lirait devant un jus de canneberge,

 

Ou à l'ombre du tilleul, auprès de la berge,

Se remplissant du ciel accroché aux branchages

Fleuris, quand les canards s'envolent ou bien s'immergent

Quand la nature la soigne, redevenue sauvage...

 

 

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11 mai 2019

Eugénie (maryline18)

m18

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