28 mars 2020

Quidditch (maryline18)

 

La nuit était aussi claire,

Qu'un superbe matin d'hiver.

Cachés aux creux des chaumières,

Dormaient, à l'endroit, à l'envers,

Bercés d'étreintes au souffle court,

Des corps tout étourdis d'amour

A la peau blanche des beaux jours...

Sans bruit, j'espérais ton bonjour ;

Je scrutais le ciel, allanguie,

Quand sur ton manche tu me pris

Pour m'asseoir...un poil dépoli,

Et tendrement je t'ai souri.

Tu as ri...ignorant les règles.

Magestueux comme l'aigle,

Laissant aux autres la partie

De quidditch mon Harry !

 

 

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21 mars 2020

Un ange, sorti de mes entrailles... (maryline18)


Je n'étais encore qu'une simple parturiente en proie à la douleur quand d'un cri, tu as fait de moi une mère !

J'ignorais alors que ma force pouvait flancher, que ma patience pouvait avoir des limites, que mon courage ne serait pas surhumain. Tu allais tout m'apprendre des maladies infantiles, des angoisses de ce qu'il aurait pu t'arriver mais aussi des joies de te caliner, de te nourrir, de te laver, de te promener, de t'éduquer...

J'ignorais la douceur et je l'inventais pour te l'offrir.

J'aimais quand la chambre se vidait et que je te chuchotais tout mon amour. la pudeur ne m'empêchait pas de te livrer chaque soir les déclarations que j'avais mises de côté depuis presque neuf mois. Même si tu fermais tes beaux yeux en amandes, tu m'écoutais, et pour me le prouver tu serrais un peu plus mon index dans ta menotte. Parfois le bout de tes doigts blanchîssait .

Tu avais vite trouvé comment te rassasier ! je prolongeais les têtées au risque de voir arriver les crevasses et les recommandation des puéricultrices. C'était tellement bon de sentir ta petite bouche tout contre mon sein et de devenir utile... utile à ton épanouissement.

C'était si facile d'être ta maman, alors...Je savais les berceuses, les postures à adopter pour aider ta digestion, les massages sur ton petit ventre rond pour éloigner les douleurs. Je réussissais à te parler et à faire toutes ces choses comme si tout mon être savait depuis toujours.

Le monde pouvais bien aller tout de travers, tu ne manquerais de rien, j'en faisais le serment ! Tes brassières, toutes lavées au savon de marseille pour t'éviter les allergies étaient bien pliées dans la petite valise et les caches- brassières, offerts par belle maman attendaient, bien repassés, que tu y vomisse le trop plein de laid... vraiment, tout allait pour le mieux .

Tu avais transformé mon monde en paradis, bel ange que tu étais.
 

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14 mars 2020

Un pavé rôti, s'il vous plaît ! (maryline18)

 

m18


L'orchestre était prêt. Des instruments accordés, plus une note ne venait troubler le silence qui s'insinuait jusque dans les plis du lourd rideau. Oh, ce n'était pas un silence ennuyeux ou gênant, non... ce n'était qu'une simple pause auditive qui décuplait notre impatience.

On prenait des avances de respirations pour mieux retenir encore notre souffle aux premiers coups d'archets. Certains se raclaient la gorge tandis que des yeux réprobateurs les fixaient déjà. On avait attendu longtemps cette soirée, on avait économisé, on avait rêvé de longs mois et on était assis, cranant un peu, sur les sièges de velour. On se retournait, s'observait du coin de l'oeil...Parfois un petit sourire bref de satisfaction, rempli de connivence s'échangeait avec un voisin de fauteuil. On reconnaissait, tacitement, avoir la même vaine.

J'avais arborer mon tailleur bon chic, bon genre ; celui que j'avais mis au mariage de ta soeur, qui vieillit de dix ans, (le tailleur...et ta soeur aussi). Déjà dix ans...Il faisait trop chaud et on était trop serré, enfin trop proche les uns des autres. Je me sentais un soupçon dérangée dans ma bulle de protection, mon espace vital, ça me rendait nerveuse. J'essayais de ne pas me frotter les yeux ; je les avais maquillés pour l'occasion...peut-être trop d'ailleurs mais peu importait puisque la salle allait bientôt être plongée dans une semi-obscurité. Je remarquai une silhouette qui ne m'était pas inconnue trois rangées devant. Mais oui, c'était la pharmacienne ! Elle semblait aussi à l'aise que d'habitude, bien coiffée, maquillée juste comme il faut...J'ai toujours admiré ces beautés classiques, à l'aise dans toutes situations, partout...J'avais hâte que ça commence. Je savais alors que tous ces détails deviendraient insinifiants, que la musique les balayerait et qu'un sourire béat me mangerait bientôt le visage.

Soudain, des éclats de voix brisèrent l'ambiance feutrée de la salle. Une rumeur de mécontentement s'éleva aussitôt. Que se passait-il ? Nous attendions depuis trois heures maintenant ce lever de rideau...

Luciano ne voulait pas chanter.

Etait-il malade ? Avait-il des exigences difficiles à satisfaire ? Avait-il réclamer un sol de verre ? des murs de pierres ? Une fontaine au milieu de l'estrade pour se rafraîchir si une extinction de voix venait à le menacer ? Tous ses caprices, nous les lui pardonnions tous, par avance, de toutes façons.

Deux jours d'attente...déjà deux jours ! La pharmacienne avait le teint barbouillé et le bas filé (à la jambe gauche, je l'avais remarqué en allant aux toilettes). Elle accusait la fatigue mais tenait bon, moi aussi. On avait payé et on ne lacherait rien. Les hommes jouaient encore un peu les protecteurs. Mon voisin m'avait apporté un gobelet d'eau. Il était charmant. Sa femme l'avait fusillé du regard. Je jubilais.

Troisième jour, des figurines pieuses avaient été jetées dans la salle. La garde rapprochée du grand ténor tentait de le convaincre de chanter mais il s'y refusait et répétait toujours les même mots, gesticulant, levant les bras au ciel et s'essuyant le visage de son mouchoir, le front  rouge de colère sans parvenir à se faire comprendre.

Quatrième jour : Nous avions tous très faim . Seul Luciano Vaparotti avait pu se restaurer mais aucun son mélodieux ne remplissait encore le théâtre. On était tous à bout ! On se serait mis à genoux si cette prosternation burlesque aurait pu le faire chanter. Certains s'étaient déchaussés pour dormir plus à leur aise, ça sentait les pieds et la transpiration de partout. Tu m'avais lâchement abandonnée pour un pavé rôti, sauce au poivre à la brasserie des trois pigeons. Rempant dans les allées, pour passer inaperçue, des femmes se partageaient des bonbons retrouvés au fond des sacs à main avec des mines de conspiratrices. L'heure n'était plus au paraître mais à la débrouillardise . Un petit homme nous surprenant, voulu rallier notre camp et secoua alors le cabas de sa femme, du balcon. Un vaporisateur fut projeté sur la scène.

Aussitôt, un rire explosa, suivi de la voix chantante tant attendue du maestro :" Ah, Alléluia ! magnifica ! d-é-o-d--o-r-a-n-t-e ! d-é-o-d-orante !

Eh oui le chanteur ne supportait pas d'avoir les aisselles moites !

Pour se faire pardonner il fit livrer des plateaux repas à tous et chanta, chanta, chanta..." Ave, ave Mariiaaa !..."Il était capricieux et exigent mais avait un grand coeur !

(Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existée ne peut-être qu'involontaire).

Bon allez...Je n'y résiste pas...



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07 mars 2020

Le jeu des non-sens : On joue ? (maryline18)

 

Crêpes sans enfants.

Oiseaux sans Pierre Perret.

Carreaux sans buée.

Escalier sans rampe, ( descente trop risquée).

Lit sans calins.

Jeu sans rires.

Amour sans baisers.

Conte sans fée.

Ecrivain sans histoires.

Femme sans larmes.

Rêves sans espoir.

Journées sans sourires.

Vacances sans soleil.

Horizon sans arc-en-ciel.

Grand-père sans blagues.

Grand-mère sans gâteaux.

Expérience sans entraînement.

Recommencement sans renoncement.

Adultes sans bêtises.

Ivresse sans lâcher-prise.

Nuit sans sommeil.

Travail sans fatigue.

Samedi sans défi.

...à vous !

 

 

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29 février 2020

Mimosa (maryline18)


- M'man, à quel âge on est vieux ? Pourquoi on meurt ? pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi ...je suis une fille ?

- Oh ça suffit Mimosa ! Va ! Je t'appellerai quand ce sera l'heure de manger, va jouer dehors !

Quand M'man m'appelait Mimosa, il fallait déguerpir...Mes questions sans fin lui donnaient mal à la tête, comme l'odeur du mimosa. Je ne sais pas si l'osmophobie est toujours héréditaire mais je sais qu'elle vous vole le plaisir de respirer certains parfums pour vous flanquer une migraine des plus effroyables.

...Alors j'allais jouer dehors. Je ramassais des marrons, je grignotais des mûres, je cueillais des herbes folles pour nourrir mes poupées et quand j'étais fatiguée par tout mon "travail" je m'asseyais sur une souche d'arbre et je rêvais. Il me restait toujours assez de force pour rêver...

Je suivais le vol d'un papillon, et alors que le bruissement des feuilles m'invitait au voyage, comme la musique d'un manège enchanté. Je planais dans un monde où les méchants n'étaient là que pour sublimer la gentillesse des autres personnes.


Non, je n'étais pas malheureuse puisque je mangeais à ma faim, maman me le disait quand je devais manger des endives ou du saindoux : "y'en a qui n'en n'ont pas tant ! arrête de faire la difficile !" Je retenais mes larmes et je pensais tout bas qu'ils avaient bien de la chance mais je me gardais bien de répondre...

Autrefois, de savoir que d'autres enfants avaient faim ne me réconfortait pas spécialement mais peut-être que la "méthode" du : "Il y a toujours plus malheureux" marche mieux avec l'âge...

Dans la position du foetus, j'ai remplacé le liquide amniotique par ma couette remontée jusqu'au cou. Je me concentre sur sa chaleur et j'écoute le vent...D'autres ont froid et moi je suis bien au chaud. Quand la faim me tenaillera j'irai remplir un grand bol de lait tiède et je le boirai en ne pensant à rien d'autre qu'à sa douceur dans ma gorge, qui coulera et remplira mon estomac. D'autres auront faim et moi je serai rassasiée...

...J'écouterai de la musique et j'essayerai de m'envoler, encore...J'irai rejoindre mes amis, Jean-Sébatien, Gabriel, Wolfgang Amadeus...Ils me raconteront toutes les histoires que je voudrai...Au son du clavecin je me transformerai en élégante et après, tout en mangeant des fruits, on se lira des poèsies. On soufflera de toutes nos forces sur les mauvais jours pour les transformer en poussières d'étoiles.

-"Les chagrins éclairent le chemin des anciens comme ...comme les lampadaires usés d'une voie sans issue." ( C'est un proverbe d'indien qui n'a plus de calumet...)

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01 février 2020

Les désillusions... (maryline18)

 

m18

Tout le monde dormait encore quand je suis descendue. J'essayais de raisonner mon coeur qui s'emballait mais c'était peine perdue. Et si mon rêve se réalisait, et si les autres se trompaient, et s'il suffisait d'y croire...

J'avais laissé les illuminations du sapin branchées, hier, exprès, pour lui montrer le chemin. J'ai le coeur gros et les yeux plein de larmes. Il n'y a toujours rien à son pied. Maman avait raison. Seuls des épines comblent le sol terne.

J'ai dix ans, j'ai cent ans...Il faut oublier toutes mes histoires à dormir debout, ne plus croire au Père Noël ni aux princesses ni aux princes charmants. Tout-à-l'heure je rejoindrai la cours des grands et je leur dirai... Oh et puis non, s'ils se moquaient je ne réussirais plus à contenir mon désespoir...

J'ai dix ans, j'ai cent ans...Comment continuer sans la magie qui me portait ? Je n'ai plus rien, ma chambre est vide. J'ai jeté mes jouets cassés, fait de la place dans mes armoires, mes tiroirs, pour tous recommencer, pour réinventer de nouvelles histoires. J'ai grandis, j'ai vieillis, j'aime plus mes jeux, ma vie, ma maman...

 

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25 janvier 2020

Sous la terre comme au ciel...(maryline18)

 

m18

N'y a t-il d'autre alternative

Que le paradis ou l'enfer ?

Tangue mon âme à la dérive,

Naufragée entre ciel et terre.

Entre deux sublimes éclaircies

Rapplique toujours Lucifer.

Mon Dieu faut-il que je vous prie ?

Répondez-moi dans un éclair !

Que votre volonté soit faite.

La peur de l'orage envolée,

Hop là, je me hisserai au faîte

Du marronnier pour vous parler.

Enfermée dans ma pénitence,

Je peux tout supporter : le mal

Les moqueries, l'indifférence,

Jusqu'à la peine capitale.

Je voudrais juste un peu de paix

Un jour, un mois ou une année.

Ne plus penser, rêver jamais

Ne plus souffrir, ne plus aimer.



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18 janvier 2020

Le gateau d'anniversaire, (maryline18)

m18

Si comme moi vous êtes "formidable", n'attendez pas que tout le monde soit servi pour vous mettre à table. Poussez les convives malotrus qui prennent un peu trop leurs aises et prenez place au banquet de la vie. Humez, dévorez des yeux les mets bien présentés, attisez votre appétit puisqu'il y a encore tant à manger !

Si comme moi vous êtes "formidable", alors je vous invite à ma table. Prenez une chaise et racontez moi des histoires du temps passé, quand la gabelle tombait dans l'escarcelle du gabelou. Ne soyez pas avare de détails surtout et rions en levant nos verres à la vie. J'aime voir vos yeux rieurs et plein d'envies. Trinquons au printemps si proche et au retour des hirondelles.

Si comme moi vous êtes "formidable", je vous réserve pour le dessert, une part de gateau, celui de l'anniversaire de la future première année du temps qu'il nous reste. Dans un an nous rirons de nos peurs passées et des hésitations qui nous encourageaient au grignotage, qui pouvait parfois prendre des allures d'anorexie. Nous mordrons à pleines dents dans la pâte fondante du bonheur de vivre et la crème débordera sur nos lèvres.

Si comme moi vous êtes formidable, n'attendez pas que la paresse des uns révèle votre courage, ni que l'esprit calculateur des autres ne mette au grand jour votre générosité. Vous qui êtes libres de toute aliénation, ne laissez aucun manipulateur vous resservir un plat froid dépourvu de goût. Un repas forcé ne peut que se révéler indigeste, aussi frugal soit-il.

Vous qui êtes formidable, vivez, riez, chantez, parce que voyez vous le temps qu'il nous reste ne peut avoir que des saveurs encore inconnues et j'ai hâte de les découvrir, pas vous ?

S'il vous plait, ne cessez jamais de vous trouver formidable !

 

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11 janvier 2020

La Demoiselle du phare (maryline18)

m18

 

la légende n'émet aucun doute sur l'endroit où se joua le destin de la demoiselle Nénuphar. Curieux prénom, me direz-vous et moins breton que Nolwenn ou que Naêlle, mais vous allez comprendre...

Le phare du Petit Minois, construit sur une base militaire et donc interdit au public, surplombe la côte du Goulet de Brest et garde ainsi intact tout son mystère. C'est au pied de la tour blanche, ancien sémaphore, se trouvant à l'avant de celui-ci, que débuta l'histoire...

Il y a bien longtemps, alors que des vagues puissantes, gonflées de toute la houle ramassée au large, venaient s'écraser au pied du phare, alors que la fatigue se lisait sur les visages des hommes chargés de surveiller la venue d'improbables ennemis, un évènement étrange se produisit. 

La mer semblait si mauvaise qu'elle aurait découragé toute embarcation de prendre le large. La brume remplissait l'espace délaissé par les eaux furieuses, après chacun de ses assauts. L'atmosphère n'était plus faite que d'une gélatine aqueuse et collante.

Soudain, tous les visages se tournèrent, incrédules, vers le ciel qui s'ouvrit. Il en jaillit, comme le feu sortant de la bouche d'un dragon, une petite boule. Celle-ci, propulsée par une force ne pouvant venir que de la colère des dieux de l'univers tout entier, (enfin, c'est ce qu'ils se dirent alors qu'ils se signèrent tous, croyants ou pas ), bondit au dessus des vagues comme une planche de surf posée sur une puce géante.  Rien ne semblait pouvoir la stopper jamais, pourtant, devant leurs yeux exorbités,  au lieu de s'écraser sur l'une des baies vitrées du sémaphore, elle remonta sur le dos d'une autre vague plus hargneuse qu' une femme délaissée et fonça se blottir dans un espace qui l'attendait, entre deux rochers. Au poste de garde, tous se bousculaient devant les jumelles ! Personne ne voudra les croire quand ils raconteront la déchirure du ciel, les vagues immenses, la boule... Pourtant, quand la relève arriva...

Au pied du sémaphore, la boule d'éponge attira leur regard. Ce n'est que lorsqu'ils furent tout près qu'ils entendirent les bruits aigus ; il pensèrent qu'un oiseau s'y était mis pour se protéger de la tempête, mais leur surprise fut grande quand ils y découvrirent un bébé !

Ils l'emmenèrent pour la réchauffer ( et oui c'était une fille ), dans les cuisines de la base militaire. Chacun redoublait d'ingéniosité pour l'habiller : une manche coupée ferait une couche ; un beau mouchoir, un bavoir; un col roulé, une brassière...Tous voulaient sacrifier un vêtement pour la petite venue, tombée du ciel et de la mer !

Il fallait la nourrir, ses cris ne laissaient aucun doute quand à la faim qui lui creusait l'estomac. Alors que le cuisinier s'affairait à la préparation d'un far, il lui réserva une louche de lait tiède qu'elle têta goulûment au bout de sa poche à crème patissière.

Il fallait la déclarer à la mairie, ils n'allaient certainement pas les croire, dans les bureaux, et pourtant ! Mais comment l'appeler ?

- Naëlle ! Dit l'un .

- Nolwenn ! Dit un autre.

- Nous l'appellerons Nénuphar ! ( trancha le gradé).

- N'est-elle pas arrivée, tout juste née, nue, au pied du phare ?

Sa peau sentait bon la vanille et ses joues étaient ronde comme deux pruneaux.  

La légende prétend qu'elle serait née de l'amour d'une sirène et d'un marin et que les dieux de la mer et du ciel auraient préféré la confier aux humains. Son âme impure était condamnée à essayer de se faire aimer. ce n'est qu'après avoir trouver l'Amour avec un grand "A" qu'elle pourrait replonger dans les eaux profondes pour se refaire une queue de poisson et vivre heureuse au milieu des siens.

Hélas, à part des promesses en l'air de marins de passage, jamais elle ne trouva l'Amour qui aurait pu lui permettre de retrouver sa mère. Une nuit de pleine lune, on raconte qu'elle plongea du pont d'un bateau et se noya.

Certain soir, la complainte d'une sirène se fait entendre des heures durant. Elle pleure son enfant et son bien aimé.  Ces nuits là, tous entendent la sirène à brume qui l'accompagne tristement et certains même, aperçoivent une jeune femme drapée d'un voile clair virevolter au dessus des flots.

 

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28 décembre 2019

Trois notes de musique, (maryline18)

m18

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Le début d'une valse, un matin d'exaltation,  quand l'espoir offre un instant de grâce à la résignation. Mes mains maladroites s'appliquent si bien que ces trois notes en deviennent belles et entraînent de douces pensées qui viennent s'enrouler et tourner, tourner, tourner jusqu'à former une mélodie. 

- Que peut-il naître de trois notes de musique ?

Un toubillon d'amour dans ma tête toute chamboulée, une explosion d'envies tellement réprimées... , tout, sauf un appel sourd qui rebondirait en ondes douloureuses sur les parois de mon coeur.

- Que faire de ce doux moment de félicité ? Ecrire les notes pour retenir la beauté du rêve ? Non surtout pas, la beauté est toujours éphémère, comme un rayon de soleil qui s'invite un jour de grisaille. La grâce est si fragile. Surtout ne rien tenter, ne rien prévoir, ne rien présumer, ne rien espérer.

La réalité se chargera bien assez vite de me faire redescendre sur terre. C'est bien dommage, je suis si bien, en lévitation, au dessus de toutes les évidences... La réalité, le bâton de dynamite dont chacun allume sa propre mèche, et pour être sûr que d'autres n'échappent pas à sa condamnation, il arrive qu'on se charge d'allumer celle d'un proche. Combien de fois n' a-t-on pas entendu ce : -"Retombe sur terre !"ou ce : " Sois raisonnable, c'est la vie !"  La réalité fait voler en éclats tous les plus beaux rêves, pour ne laisser  retomber qu'une myriade de manques à comptabiliser.

 

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