17 avril 2021

Equinoxe (maryline18)

 

La Terre ronde,

Laisse entrer le soleil,

Et... il fait fondre

De ses rayons vermeils,

Les profondes gelées

En ses creux dénudés.

 

Elle---- en est moi

Lui tend ses saints trop pales,

Prie, un peu...croit, sans foi,

Prend peur qu'il ne détale,

Si bel est l'éphémère

Qui embrase les hémisphères...

 

Jour, nuit, Nord, Sud,

S'adoucissent aux lointains,

Nombres de soirées rudes.

Tout hiver a une faim,

Que le printemps peut nourrir ;

Que peut-on en abduire ?

 

Chute l'avenir,

Quand la douleur revient

Prendre mes bras

Et engourdir mes mains !

Ne pouvant rien étreindre,

Pas même la peur de feindre...

 

Question posée,

Sans réponse d'absolu.

Bien périmée,

La logique dissolue

En plombs grégaires,

Que mon cerveau fait taire.

 

Ecervelée,

Tu l'es bien, toi ma Terre !

Tant, j'ai planté,

M'écorchant de misères !

Et qu'as tu fais pousser ?

Tes fruits sont mes regrets,

 

Tes mers autant

De cimetières flottants.

Et tes forêts

Regarde, sans cesse, écimées !

Ton front transpire,

Plus que tu n'inspires.

 

Que feras-tu

Quand, refroidie d'effroi

J'irai, foutue,

Me réchauffer en toi ?

Me consoleras-tu ?

Ben non, bien entendu !

 

Je te hais,

Si loin qu'on peut le faire,

Jusqu'à t'aimer

...à m'envoyer en l'air !

Ma vie de paradoxes

C'est mon cadeau, ma box !

 

Je ne fais qu'un,

Disséquée, en morceaux,

Je résiste, je tiens,

Recousant mes lambeaux.

Les tissus tiennent bon,

Ils m'enterreront...Mais bon,

 

Rêvons encore,

L'aube se lève, pour tous !

Laissons éclore,

Les espoirs, sur la mousse

D'un été... sans klaxons ?

S'étirent nos axones !

 

Ouf !

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10 avril 2021

Une journée de pêche (maryline18)

m18

Lilouenn admire l'une des toiles de Simon Lucien. c'est un vieil homme portant un jodhpurs. Quand même, ils ne manquaient pas d'élégance, les anciens, prenant fièrement la pause, pense-t-elle... Puis en voilà une autre, une famille en balade sur un petit bateau. Immédiatement, elle repense à la promesse que lui a faite, Jude : Bientôt, il abandonnera son élevage de chevaux quelques jours à son père et ils iront tous les deux pêcher le congre, au large de l'Ile aux Moutons. Cette pensée la ravit. Leur ami Johan est marin pêcheur. Il les prendra sur son chalutier. Ensemble, ils amorceront les lignes de fond, de sardines odorantes et si la chance leur sourit, ils pourront prendre jusqu'à deux cent kilos de poissons ! Plus tard en saison, viendra le tour des soles et des rougets. C'est un passionné, Johan ! Elle aime l'écouter parler de son métier.

La nuit, ils se relaieront, lui et ses hommes, aux commandes du bateau. Just'avant l'aube, tous iront relever les palangres. Trop excités, ils oublieront leur fatigue et riront de tout, comme des enfants en avalant leur café. (Mais attention, les congres sont des prédateurs voraces ! Ils peuvent vous blesser de leur machoire puissante, parfois même après que vous leur ayez ôté les viscères ! Un système de cage fait de planches les retient, une fois pêchés, à la poupe du bateau). Johan et les autres pêcheurs, aguerris, les couteaux bien aiguisés en main, les videront pendant que Jude et Lilouenn les trieront par tailles.

A dix-sept heures, viendra la "criée". Ils finiront fourbus mais heureux d'avoir travaillé ensemble. Jude ferait un bon skipper, lui aussi, Lilouenn en est persuadée ! Et s'ils achetaient un bateau ? Elle le baptiserait : "Le goëland". Ils recruteraient des saisonniers qu'ils embarqueraient pour de si belles aventures. Malmenés par la gîte, par les vents, par les vagues venues se jeter sur le pont les jours de tempêtes, ils se redécouvriraient, plus vivants que jamais ! Ils s'épauleraient en repoussant toujours leurs propres limites !

Quand Lilouenn rêve, c'est toujours en grand, ses pensées prennent tout l'espace. Elle touche des doigts l'horizon.

-" Mademoiselle, ne touchez-pas les toiles s'il vous plaît !"

-" Oh... Pardon Messieurs !"

Le musée va fermer. La jeune femme se dirige vers la sortie mais laisse entre-ouverte la porte de ses songes. Elle reviendra...

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03 avril 2021

Vishnou de visu (maryline18)

 

m18
 

Morphée me berçait encore quand le réveil sonna. Mes réflexes, entraînés à prendre les commandes en l'absence d'ordres émanant de mon cerveau (ce dernier, dérivant encore parmi des détritus en tous genres), jetèrent l'objet hurlant au sol. Je m'extirpai à contre coeur de la chaleur des draps, bien que soulagée d'interrompre mon rêve : J'assistais à l'immersion des restes d'une crémation humaine dans le Gange. Je n'aurais pas du visionner cette vidéo avant de m'endormir : "L'Inde : mystification et intoxication, les eaux maudites du Gange"

C'était une belle journée qui s'annonçait, l'aube étirait ses nuées roses, écartant au passage quelques nuages épars déjà traversés de soleil. L'air frais terminait de me réveiller, c'était bon...J'en absorbais de grandes goulées, par le nez et la bouche, comme pour me régénérer. Le printemps venait de débarquer avec ses piaillements, ces envolés de moineaux, ses jonquilles, ses primevères...Il ne manquait que le rire des enfants dans les rues, les écoles.

Je roulais depuis une vingtaine de minutes quand " l'incroyable " se produisit : Alors que deux biches bondirent subitement à ma gauche, cherchant à rejoindre le bois longeant la route, un sanglier leur interdit le passage. Je n'aperçus que sa tête sortant des fourrés, mais quel tête ! Elle était si brune et tellement énorme ! Dans ses yeux, j'y lus en un éclair, une détermination de géant, une force de super héro ! Par sa seule présence, il m'évita l'accident.

Je m'arrêtai quelques mètres plus loin, tremblante, les yeux rivés sur le rétroviseur. La bête avait disparu. Les biches poursuivèrent leur course aérienne. Je fermai les yeux. Des bribes de mon rêve et du fameux reportages se croisaient dans mon esprit troublé. Quelque chose d'important venait de se passer, de ces choses si belles que l'on n'ose tenter de les expliquer avec des mots, de peur de mal les choisir. Je pensai soudain à ces indiens vénérant leurs Dieux, parfois différents. Je me rappelai ces statues faites de pierre où de marbre qui donnaient corps à leurs idoles.

Une pluie fine nettoya mon visage de toute la fatigue collante du passé. Une voix, annoncée par le bruit d'une amulette que l'on secoue, me chuchota : < Tout va vien, tout va bien... >. Quel réconfort dans ces mots simples que j'ai répété à mon tour, comme une prière. La tention se relachait. Ce n'étaient pas des larmes de tristesse qui coulaient, non, c'était curieux. Mes chakras allaient peut-être pouvoir s'ouvrir et me permettre d'envisager l'avenir plus sereinement. Ce sanglier ne pouvait-être que l'un des dix avatars de Vishnou. Oui, ce miracle ne pouvait-être qu'un appel de ce Dieu protecteur faisant partie de la Trinité hindoue : création, protection, renaissance. Il venait me protéger pour m'aider à renaître bientôt. Il venait me réveiller en m'envoyant l'homme sanglier.

Voulait-il que j'aille l'honorer de ma présence, les bras chargés d'offrandes ? Que je me présente à lui, tant démunie qu'il me faudrait accepter de me faire tondre la tête pour revendre ma chevelure afin de poursuivre mon ascension jusqu'au sommet du temple de Tirupati ? forte et fragile, je m'agenouillerai devant lui, aussi démunie qu'une " intouchable " parmi les Dalits.

Et moi, qui avais cru déceler dans ce drôle de rêve de serpents, un sens érotique...

 

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27 mars 2021

La famille Houille. (maryline18)

 

Il y a bien longtemps, vivait tout là haut, la famille Houille.

Il y avait papa Houille, houilleur la nuit et boxeur à ses heures perdues et puis maman Houille, championne de la soupe à l'ail et leurs cinq enfants. Atrabilaire, seules les notes d'accordéon parvenaient à adoucir le mauvais caractère du chef de guerre famille. Avant ou après minuit, ils étaient donc six à avoir la trouille au ventre... Cendre-Haillons, adorait l'école et sa maîtresse qui sentait toujours bon. Celle-ci venait d'inscrire au tableau le titre de la leçon du jour :

La généalogie

Bien qu'elle ouvrait grandes ses oreilles, la petite fille avait beaucoup de mal, enfermée dans un huis-clos infernal familial permanent, à saisir la signification de ce mot. Plus l'institutrice tentait d'expliquer, plus son attention se diluait dans les fissures mal enduites du plafond...Poursuivant le cours, elle nota, en espérant raccrocher le wagon des rêveurs et réveuses :

Le géniteur

la fillette n'avait entrevu qu'un seul "génie" pour l'heure ( ne ressemblant en rien a son enfoiré de père ), et sortant de la lampe d'un certain... Aladdin. C'était vraiment ce que l'on appelle une sale journée ! Par ennuie, elle se remémora son dernier rêve :

Elle avait bu une potion magique qui décuplait ses forces. Dans une nuit aussi noire que du charbon, elle entendit retentir les cris insupportables d'une sioux malmenée. N'écoutant alors que son courage, elle posa sur son visage le masque de chef indien aux longues nattes, accroché au mur près de son lit et fila sans bruit dans la cuisine. Elle se saisit de la poèle à frire la plus lourde et remonta quatre-à-quatre l'escalier. Elle ouvrit violemment "la chambre des supplices" d'un coup de pied, en poussant un cri effroyable et saccadé ( par l'action de sa main frappant sa bouche, comme elle l'avait vu dans les westerns) . Le monstre lui fit face et c'est alors qu'elle lui écrabouilla sa grande gueule de géniteur de m...

Derrière les cils papillonnants des petites filles sages, se cachent parfois de drôles de desseins...

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20 mars 2021

Une goule de gargouille. (maryline18)

m18


T'es pas jolie à voir avec ta goule de gargouille. Le trop plein s'évacue, tu laisses faire. Vider pour remplir à nouveau. Tu as ouvert la vanne de tes deux doigts. la bouffe infâme s'éjecte par accoups. Le dégoût laissera bientôt sa place au soulagement.
Le vide, tu le provoques mais tu le redoutes aussi car bien qu'il t'apaise, il te terrifie. Bête tapie dans son antre, il se nourrit de tes peurs alors tu négocies : < Trois tranches de cake, une barre de chocolat, deux yaourts et tu me fous la paix, OK !? Espèce de sale chien affamé ! >
...C'est peine perdue, on ne fait pas de pacte avec le "malin". Il t'obligera sous peu, et cela tu ne le sais que trop bien, à ingurgiter en quantités monstrueuses les mets les plus gras, les plus riches, les plus sucrés dont tu disposes, jusqu'à ce que tu le supplies, pliée en deux et gonflée de honte et de culpabilité.
Il veut tout et tout de suite, il te veut, toute à lui pour mieux te détruire. Tu le hais de toutes tes forces. Comment se débarrasser du vide autrement qu'en le remplissant, autrement qu'en l'alimentant ? Parfois tu tentes bien de l'ignorer mais ton répit ne dure pas. Il te tord l'estomac pour te rappeler à lui, te punir, ou alors il  dérobe le sol de dessous tes pieds et tu vacilles.
Un jour tu n'auras plus peur du vide et tu y sauteras. Tu seras belle, légère comme les anges des images pieuses. Un jour feuille d'automne envolée par le vent, un autre, papillon heureux, virevoltant dans les senteurs d'un été, un autre encore, plume gracieuse venue rêver sur le bord d'un encrier...
Mais rien n'est plus triste qu'un encrier silencieux alors, tu iras puiser dans ce qu'il lui reste d'encre pour caresser le papier. Ensemble, vous affronterez le vide de la page blanche. Aussi vrai qu'un et un font deux, la vie deviendra conte. Ne dit-on pas que les bons contes font les bons amis ?  
 

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20 février 2021

Blanche-Neige (maryline18)


Je suis sûre que ça peut marcher, il suffit de le vouloir très, très fort ; Maman me l'a assez rabacher : < Quand on veut, on peut !> Je tourne pour la énième fois le bouton de ma télévision magique, il faut que j'y soit avant que les Sept Nains ne rentrent du travail. Allez, je ferme les yeux et j'me concentre,  <Abracadabra, je quitte le sol et je m'envole !>
...
" Eh oh ! Eh oh ! On rentre du boulot !"
...
Ouille ! Aie ! Eh, toi là haut, doucement ! Le sol est dur ! Enfin, j'ai réussi ! C'est pas trop tôt !
-"Siffler en travaillant...La la la la la la... !"
Ah ! Bonjour Blanche-Neige ! Je visite toute les maisons de Walt Disney pour aider les héroïnes.
_  Mais qui es-tu ?
_ Je suis la "Fille qui tombe à pic", une sorte d'assistante spatiale au service des exploitées !
_ Oh mais j'adore me rendre utile et j...
_ Taratata ! Tes septs petits mecs se fichent de toi à plein nez, tu vas arrêter de laver leurs chaussettes et de ranger leur bazar ! Tu feras une formation s'il le faut mais je ne veux plus que tu te fatigues au ménage ! tant que tu ne quitteras pas cette maison, tu ne t'en sortiras pas ! Que veux-tu tirer de ces rigolos : un pseudo intello, un coincé, un flémard, un raleur, un idiot, un enrhumé qui éternue tout le temps et un autre qui s'marre sans savoir pourquoi...!
...
< Eh oh, Eh oh, on rentre du boubot !>
...
_ " Vite ! Viens avec moi, on va se trouver un p'tit coin tranquille pour envisager ton avenir !
-Premièrement, pour trouver du boulot, il faut que tu changes de look !
-Deuxièmement on va taper ton CV, t'as un ordi ?
_" Mon quoi ?"
_" ben, ton CV, ton Curriculum Vitae quoi ! Oh la la ...j'ai bien fait d'venir ! Bon, tu faisais quoi avant d'atterrir ici ?
_"Je soignais mon père qui est mort..."
_Oui ben, des fois ça vaut mieux...
_Quoi ??
_Non, laisse tomber...J'ai pas l'temps de t'expliquer !
_Bon, qu'attends-tu de la vie ?
_L'Amour !
_Concentre toi Blanche-Neige ! Ne me répond pas N'IMPORTE QUOI, s'il te plaît !
...
_ La voilà qui pleure maintenant ! Bon, on reprend...Dans l'idéal, tu préfèrerais travailler en plein air, ou dans une chocolaterie ? Vivre dans un château où dans le ventre d'une baleine ? Vendre des allumettes ou refuser de grandir ? Glisser magestueusement sur un lac ou claquer du bec dans une mare ? Te perdre dans une forêt ou être changée en grenouille ?
_ Mais je sais pas moi...
_Ben dis c'que tu veux, il faut juste que je coche, t'as aucune chance de t'en sortir si tu ne rentres pas dans une case ! Oh et puis flûte ! Viens on va voir les nains...Je les aime bien moi aussi !  Pardon, j'ai été méchante...j'adore ta coiffure !
 

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06 février 2021

La mer n'est plus...(maryline18)

 

m18

 

Je me souviens de ses éclaboussures rieuses quand elle me poursuivait. Sa mousse lactescente se répendait sur mon infortune et alors, il faisait beau, si beau !

Patiente, elle me surveillait de ses mille yeux pétillants d'amour. Je me souviens de ses coups de langue qui m'aidaient à me relever, toute fière d'avoir cet bel équilibre... Elle se montrait aussi attentive à moi qu'une lionne aurait pu l'être avec ses lionceaux. Ses vagues me lavaient l'âme de toutes ces couches d'incompréhension qui recouvraient ma confiance, jusqu'à l'asphyxier. Elle devait être complice avec le soleil pour travailler à un programme urgent de desquamation accélérée !

Protectrice, elle m'entourait de ses grondements, au combien nécessaires ! En effet, il aurait suffit d'un seul de ces : "t'es pas cap !" de mon frère, pour que devant ses yeux d'éberlué, je porte des bateaux et leur équipage à bout de bras, que je touche le ciel juste en allongeant les doigts, que je cours sur l'eau jusqu'à toucher l'horizon, ou encore que je me laisse flotter jusqu'en Angleterre afin d'y déguster quelques abalones.

La retrouver me mettait le coeur en fête ! Moi aussi je lui manquais, je le sais parce que dès mon arrivée, à peine mon maillot de bain enfilé, elle me tendait les bras et m'embrassait si goulûment que le sel de ses baisers m'assaisonnait la peau jusqu'à me redonner l'appétit à la vie... Elle m'accueillait comme une de ses grand-mères idéales qu'ont toujours les enfants dans les contes et elle me berçait, longtemps, doucement. Ainsi réinvestie, à chaque belle saison, par une insouciance lumineuse et heureuse, mon petit corps se laissait balotter des heures pendant que mon coeur chavirait en de merveilleux nauvrages.

Parfois, fatiguée de nos jeux, je m'alongeais près d'elle, sur la grande serviette. Je fermais les yeux et elle me racontait ses histoires de mer...J'aimais son intonation apaisante. Oh, bien sûr, c'était toujours les mêmes récits qu'elle me déroulait alors, espiègle, je n'attendais jamais leurs fins pour les lui faire ravaler à grands seaux d'eau et je riais, je riais, de tout mon bonheur !

Non, la mer n'est plus...

 

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30 janvier 2021

Zutiste... ou pas ? (maryline18)

m18

Provoquant mon exil par un comportement anarchique, je fuyai ma maison en *Etat de siège(1). les insultes se croisaient de toutes parts. Je cherchai une issue de secours.les *remembrances du vieillard idiot(2), laissées derrière moi, je fonçai vers *les soirs d'été(3)aux promesses sans fin... *Aux livres de chevet(4)à l'eau de rose posés sur la petite étagère, j'avais préféré les aventures hilarantes *d'un cocher ivre(5) ! En route vers la capitale, *j'occupais un wagon de troisième(6)classe ; je lisais distraitement, reprenant parfois la même phrase deux fois de suite. La main gauche occupée à replacer *la boucle de cheveux enlevée(7)de mon chignon, j'observais sous cape mon vilain voisin de compartiment. *Le jeune goinfre(8)aux mains sales et à la tignasse mal peignée, boulottais sans relache des biscuits de formes diverses. Je pensai qu'il ne prendrait pas *le balai(9), une fois arrivé en gare,pour enlever toutes les brisures que ses machoires rejetaient au sol. Il me devint subitement antipathique, sans plus de raisons. Il me tardait de retrouver Arthur et Paul. Ils m'avaient priée d'aller les rejoindre à *L'Hôtel des Etrangers(10), aussitôt arrivée à Paris. Rendue somnolente par le roulis du train, la mère du gamin me fit soudainement sursauter.

-" Zut ! Egoïste ! Tu n'as rien laisser pour ton frère !"

Je dévisageai, avec amusement et délectation, la mine bovine de son *angelot maudit(10) qui venait de lui réclamait d'autres bicuits, et ce dernier de lui rétorquer :

- " ZUTISTE !", avant de recevoir une gifle qui lui coupa l'appétit pour le reste du voyage.

 

*1 https://www.poetica.fr/poeme-801/arthur-rimbaud-etat-de-siege/

*2 https://www.poetica.fr/poeme-798/arthur-rimbaud-les-remembrances-du-vieillard-idiot/

*3 https://www.poetica.fr/poeme-802/arthur-rimbaud-les-soirs-ete/

*4 https://www.poetica.fr/poeme-799/arthur-rimbaud-aux-livres-de-chevet/

*5 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Conneries2.html

*6 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Wagon.html

*7 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109238b/f2.item

*8 https://www.poetica.fr/poeme-800/arthur-rimbaud-jeune-goinfre/

*9 https://www.poetica.fr/poeme-446/arthur-rimbaud-le-balai/

*1O https://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_des_po%C3%A8tes_zutiques

*11 http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Angelot.html

 

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23 janvier 2021

Quand YOYO rime avec *YOLO (maryline18)

(* You Only Live Once = On n'a qu'une vie)

m18

Tu te dis que tu n'as plus l'âge de jouer, ni au chevalier ni au yoyo, et pourtant, quand les bruits se taisent, quand le soleil se cache derrière la colline, doucement tu redeviens ce petit garçon rêveur qui ne t'a jamais quitté.

Pourtant, la réussite pose devant toi ses cartes. Tu saisis le jeu d'une main gauche (bien que côté coeur) et tu déposes tes convictions au centre de la table, de ta main droite (tellement droite) peu importe... Ce soir tu refuses d'être sous sa coupe. Tu coupes.

Cette fois, tu pourras maîtriser la partie, te servir de ton expérience, déjouer les ruses ; oui, cette fois tu sauras tirer ton épingle du jeu. Tu lutteras, riche de toutes tes bonnes résolutions, de toutes tes déductions.

Curieusement, à chaque donne, la Dame de coeur t'observe avec une tête de gagnante. Tu caches tes points. Tu es presque sûr qu'elle bluffe...mais la prudence est de mise, et si elle devenait un atout !?

Elle veut être de la partie la belle, elle ne lache rien. Elle glisse, dessus, dessous, te défit, ce n'est pourtant pas une manille découverte...Provoquante ou muette, que cache t-elle sous son décor fait de chemins croisés et de lignes brisées ?

Mais non, elle ne te livre pas bataille, elle cherche juste ton estime et monte au front combattre les tricheurs, dénoncer la maldonne. Peu importe que tu l'ignores ou que tu la manipules. Elle joue carte sur table. A chaque relance, rebelote, son coeur ne bat que plus fort.

Infatigable, sur le fil de tes pensées, elle grimpe, se hisse jusqu'à effleurer ta main. Suspendue, la voilà maintenant attachée à ta verve. Par quel tour de passe-passe, as-tu transformé cette Dame de coeur en petite boule réceptive...en yoyo ?

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16 janvier 2021

La danse macabre (maryline18)

 

Quand tintera le xylophone,

Vous ne vivrez plus que d'aumône,

...Pour quelques heures de survie,

Tout en éludant vos soucis.

 

Vous croyez la mort triste et lente ?

Pour vous je la veux amusante !

Ils seront tous là vous verrez,

Les riches, les pauvres, les curés...

 

TOUS ! nous nous donnerons la main,

Nous tournerons jusqu'au matin !

Vous n'aurez plus mal, soif ou faim,

Vous enterrerez vos chagrins.

 

Tellement conscients de vos cinq sens,

Vous ne pourrez me faire offence,

Tous installés au premier rang

De votre mort, plein d'allant !

 

Loin de vous ridiculiser,

Loin de vous diviser,

Mes farces vous rapprocheront,

Vous les nobles et vous les pochtrons !

 

Tournoyez jusqu'au chant du coq

Puis, réveillez-vous dans vôtre époque.

Entendez-vous le xylophone ?

Alors...

Attendrez-vous que le glas sonne ?
 

https://www.youtube.com/watch?v=qNMzBnuBC6Y

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