20 mai 2009

Icks ou Zède ? (Martine27)

Chère Madame,

Je viens de recevoir votre courrier et il me rend fort perplexe.

Effectivement, ma famille a bien connu une Madame Mireille, mais elle s'appelait Zède et non Icks.

L'adresse à laquelle vous avez envoyé votre courrier est celle de la maison familiale depuis près de 200 ans, donc je suppose que la personne qui a rempli ce carnet connaissait effectivement notre famille.

Cette Madame Mireille, quelque soit son nom de famille, est entrée dans ce que je me plais à appeler "les légendes familiales".

C'est mon arrière grand mère qui m'a parlé pour la première fois de cette dame avec laquelle elle avait été amie un long moment.

C'était une personne très étonnante qui lisait dans les cartes et préparait d'étranges philtres. Elle était très prisée à l'époque par les bourgeois de notre petite ville.

Toutefois mon arrière grande mère était la seule à être proche d'elle, elles échangeaient, m'a-t-elle dit, de petits secrets, se soutenaient dans l'adversité, bref il s'agissait d'une belle amitié, d'autant que Madame Mireille avait prédit à mon arrière grand mère une vie heureuse à elle et à sa descendance et je dois dire que c'est bien ce qui se produit.

Et puis, un jour sans que rien ne le laisse présager, cette dame a disparu sans laisser la moindre trace. Mon arrière grand mère a bien essayé de la faire retrouver, mais à l'époque vous vous doutez bien que les moyens d'investigation étaient fort limités.

Pour en revenir à ce qui m'étonne le plus et je suppose que vous devez avoir compris, c'est l'âge que vous donnez à Madame Icks, 95 ans.

Or lorsque mon arrière grand mère l'a rencontrée pour la première fois, Madame Mireille avait déjà près d'une cinquantaine d'années. J'ai donc fait un rapide calcul, votre Madame Mireille aurait donc eu plus de 150 ans, ce qui vous en conviendrez est un peu excessif même pour une personne avec ses dons.

Votre Madame Icks devait probablement être la petite fille de notre Madame Zède.

Juste un dernier détail, notre Madame Mireille avait, aux dires de mon arrière grand mère, une tâche de naissance en forme d'étoile au poignet, ce serait fort étonnant que votre Madame Mireille ait présenté la même caractéristique, non ?

En souvenir de notre Madame Mireille, je me permets de vous adresser, en remerciement pour votre dévouement, un chèque qui vous permettra de fleurir la tombe de cette personne et de vous offrir un petit cadeau à titre amical.

Cordialement

Martine Vingtsept

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16 mai 2009

Acidité (Martine 27)

"Assis" dit Thé la maîtresse (pardon la professeure des écoles) en entrant dans la classe des petits Défiants.

"Aujourd'hui rédaction"

"Ah non" s'exclament-ils tous en choeur.

"Ah si !" dit Thé "Le thème sera l'Acidité et vous êtes priés d'écrire en Arial taille 12, allez sortez vos feuilles et au travail"

Ca grommelle dans les rangs.

"Comment veux-tu arriver à faire des bons mots avec ça"

"Et puis moi j'aime pas Arial"

"Et d'abord comment veux-tu qu'on arrive à écrire en Arial, moi je sais écrire qu'en Script"

"J'aime pas le citron"

"J'aime pas le vinaigre"

"Je m'en vais retourner dans les grandes plaines du far-west"

"Et les montages photos comment on les fait en Arial je vous le demande"

"Et moi qui aime mettre des petites images partout ben je vois pas comment ça va passer inaperçu"

"Vous croyez que je vais arriver à caser Miss Chasseriaux là-dedans ?"

"Et les vidéos vous en avez vu beaucoup vous en Arial"

Bref, c'est la révolution dans la classe des Défiants, ils râlent après la 60ème consigne, faut dire que Thé la prof leur en donne à faire des rédacs, c'est de l'acharnement, au moins une toutes les semaines, comment voulez-vous ne pas être un peu acide après ça.

"Acidité, acidité est-ce que j'ai une gueule d'acidité"

"Ah si dit Te(b), il y a un truc auquel elle n'a pas pensé la prof, elle a pas dit s'il fallait écrire justifié, centré, à gauche ou à droite"

"Ouais pas bon jusqu'à maintenant on est pas des masses à avoir écrit en centré"

"T'es pas positif toi tiens !"

"Non, je suis acide voilà"

"Alors les enfants" dit assise Thé "ça avance ?"

"On réfléchit"

"De toutes façons nous on est pas acide on est tout doux et gentil"

"Je ramasse les copies" dit Thé à ses élèves "Mais c'est quoi ça, c'est la révolution ? Il n'y a rien d'écrit sur vos feuilles"

"Ah si" disent-ils "regardez en deuxième page"

Et Thé la prof voit écrit en Arial taille 12 bien appliquée le même mot sur toute les copies "Acidité".

Ca ne va pas être facile à noter ça !

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09 mai 2009

EUX (Martine27)

                                                                 

« Ils m’attendent !
Je sais qu’un jour ils viendront me chercher.
Comment tout cela a-t-il commencé ?
Une nuit d’insomnie je me suis approchée de la fenêtre de mon salon, attirée par une vive lumière.
En face de chez moi, j’ai découvert ce bar brillamment éclairé et ses occupants, deux hommes, une femme et le barman.
Curieusement, ils ne bougeaient presque pas.
Je les ai observés un moment puis j’ai été me recoucher sans plus y penser.
Le lendemain matin, je suis passé devant le bar sans même m’en rendre compte.
La nuit suivante, comme un papillon j’ai à nouveau été fascinée par la lumière émanant de cet étrange endroit et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir la même scène que la veille.
Perturbée, je retournai me coucher bien décidée à en savoir plus le lendemain en m’arrêtant à ce bar pour prendre un café en revenant du travail.
Mais à nouveau, je passai dans la rue sans même me souvenir de ma décision.
Etonnamment personne dans mon immeuble ne semblait connaître cet endroit, pourtant d’autres fenêtres que les miennes donnaient sur ce lieu énigmatique !
Et ainsi, nuit après nuit, j’ai épié cet étrange endroit figé dans un instant toujours identique.
Etais-je angoissée ?
Franchement, j’étais plutôt curieuse et furieuse chaque nuit de constater que je n’avais pas profité de mon passage dans la rue pour étudier de plus près cet endroit.
Et une nuit tout bascula.
A nouveau, j’étais à ma fenêtre guettant la scène immuable qui s’offrait à mes yeux curieux.
Tout à coup, pour la première fois, quelqu’un entra dans le bar, un homme manifestement déjà saoul tituba jusqu’au comptoir.
Les autres se tournèrent vers lui et alors, je vous jure que je n’invente rien, les quatre étranges personnages se mirent à se métamorphoser, leurs silhouettes se brouillaient, ondulaient, changeaient de couleur. Leurs bras se transformèrent en ailes, leurs visages se parèrent d’un énorme bec et des plumes noires vinrent remplacer leurs vêtements. En revanche leur taille resta la même.
Le poivrot se trouva brusquement pris au milieu d’une tornade de plumes, il disparut quelques instants à ma vue. Je restai figée à ma fenêtre, tremblant de tous mes membres, me disant que je devais rêver.
Puis les immenses oiseaux se retirèrent et à la place de l’ivrogne virevoltait une plume rouge que l’un d’entre eux attrapa.
Ensuite, à nouveau j’eus devant moi la même scène que d’habitude, la femme avait simplement maintenant cette plume rouge glissée dans ses cheveux roux.
Haletante, je n’arrivais pas à me détacher de cette vue.
Alors, les quatre tournèrent leurs yeux jaunes vers moi.
Ce n’était pas possible, ils ne pouvaient pas me voir ! J’étais dans le noir, de l’autre côté de la rue, mais pourtant leur regard sembla me transpercer.
Je reculai en trébuchant et m’évanouis.
Le lendemain matin, je me réveillai dans le fauteuil dans lequel je m’étais écroulée, courbatue et morte de peur.
En sortant pour me rendre au travail, alors que jusqu’à maintenant j’avais été incapable de le faire, je réussis à m’approcher du bar et je tombai sur un mur de briques.
Avais-je passé toutes ces nuits à halluciner ?
Le soir même en rentrant, je trouvais sur mon paillasson une plume noire abandonnée, ne voulant pas la toucher je mis des gants et la jetai dans le vide-ordure.
Cette même nuit, une fois de plus, je me levai.
Mais rien, de l’autre côté de la rue, il n’y avait rien, rien qu’un mur de briques et des silhouettes noires figées devant que je ne pouvais que deviner.
Ils m’attendent !
Je sais qu’un jour les oiseaux de nuit viendront me chercher. »

                   

« Mon Dieu » s’exclama la jeune femme qui lisait ce texte.
Elle le tendit à son compagnon, un officier de police qui l’avait accompagnée au domicile de sa tante après qu’elle eut signalé sa disparition.
« Lisez ceci, est-ce possible ? »
L’homme prit le carnet, survola le texte et le lui rendit.
« Mais non voyons, votre tante devait écrire des contes voilà tout ».
Ils fouillèrent l’appartement, ne trouvant rien.
Le policier entraîna la jeune femme paniquée à l’extérieur, lui assurant que tout allait être fait pour retrouver sa parente.
Il la regarda s’éloigner, une lueur amusée dans ses yeux jaunes, ses doigts jouant avec une plume noire.
Ils attendent.
Les oiseaux de nuit vous attendent !

 

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02 mai 2009

CIVILS OU INCIVILS ? (Martine27)

CIVILS OU INCIVILS ?

 

 

 

Quatrième de couverture : Dans ce petit album « Civils ou incivils ? » nous poserons des questions de savoir-vivre simples et nous verrons comment y réagissent d’une part Mimi et son inséparable chat de gouttière Tom et d’autre part l’affreux jojo du coin Totor flanqué de Terreur son chat d’égout.

 

 

 

Hors album

 

Note de la rédactrice pour le futur dessinateur des aventures de Mimi, Tom, Totor et Terreur.

 

Merci de partager chaque feuille par la diagonale, d’un côté nous trouverons le « Recommandé » avec Mimi et Tom, de l’autre côté le « A éviter » avec Totor et Terreur. Si cela ne vous dérange pas trop nous vous désignerons maintenant par le sigle CD pour Cher Dessinateur)

 

Mimi est une charmante fillette rousse aux yeux verts (mais n’en faites quand même pas CD une mijaurée à qui on a envie de balancer des baffes) et Tom un chat bleu (oui bleu, ça ne vous pose pas de problème j’espère CD) aux yeux dorés. Totor est un affreux morveux avec le nez cassé, les cheveux d’une couleur indéfinissables car rarement lavés et Terreur un chat qui n’a de chat que le nom (aucune classe quoi, et disons d’un blanc sale, enfin vous faites comme vous le sentez CD).

 

 

 

1er planche. Dans le bus.

 

Une vieille dame (ou un vieux monsieur ou éventuellement une mère et son bébé je vous laisse CD toutes latitudes pour décider) monte dans le bus, il n’y a plus de place. Que fais-tu ?

 

Mimi : « Je prends Tom dans mes bras et j’offre ma place à la vielle dame (ou vieux monsieur ou etc…) »

 

Tom « Je râle parce que j’étais parfaitement bien installé sur les genoux de Mimi, mais bon, paraît qu’il faut pas être égoïste »

 

Totor : « Non seulement je ne bouge pas, mais je laisse mon sac à dos sur la place à côté de moi, et en plus je mets mes pieds boueux sur le siège en face »

 

Terreur : « Il a raison, on aime avoir nos aises et puis les anciens (ou les mères avec mioches) ils n’ont qu’à prendre le bus aux heures creuses »

 

 

 

2ème planche. Chez le dentiste.

 

Tu dois aller chez le dentiste, comment t’y prépares-tu ? (Note pour mon CD, pas trop gore hein le cabinet du dentiste, il ne faut pas que nos jeunes lecteurs refusent d’y aller ensuite)

 

Mimi : « Je me lave les dents avant d’y aller et je prends un livre pour penser à autre chose en attendant mon tour »

 

Tom : « Cool, j’ai pas besoin d’aller chez le dentiste, mes croquettes suffisent à me laver les dents, comment ça on peut aussi laver les dents de son chat, venez-y un peu pour voir (ici CD j’aimerais bien que vous montriez Tom un peu énervé par l’idée d’un éventuel brossage de quenottes)

 

Totor : « Je bouffe de l’ail tant et plus, je me lave pas les dents pendant au moins une semaine avant et je le mords quand il approche la main » (allez-y CD éclatez vous avec ça)

 

Terreur : « Pendant que le patron mord le mec, moi je lui détruit son papier peint à coup de griffes »

 

 

 

3ème planche. A la piscine.

 

C’est mercredi, jour de piscine, comment gères-tu ce moment de loisir ?

 

Mimi : « Je me mets en maillot de bain, je passe aux toilettes et je prends une douche. Après je nage en suivant le parcours (on part à droite, on revient à gauche) pour ne gêner personne ou je m’amuse avec mes amis en évitant d’éclabousser ceux qui ne savent pas bien nager »

 

Tom : « Ca va pas la tête non, là moi je reste peinard à la maison »

 

Totor : « Je mets mon maillot de bain dès le matin et je traîne avec toute la matinée. Je fais semblant de prendre une douche, si j’ai envie de faire pipi, zou dans l’eau en la remuant bien histoire que ça se voit pas trop, je tire par les pieds tous ceux qui passent pas loin, j’éclabousse les autres et je fais la bombe pour sauter dans l’eau, l’éclate quoi »

 

Terreur : « Pour une fois je suis d’accord avec l’autre pelé de Tom, je reste tranquille dans mon coin de terrain vague »

 

(Pour mon CD carte blanche, simplement un maillot de bain vert pour Mimi, c’est plus seyant avec des cheveux roux)

 

 

 

4ème planche. Dans l’hypermarché

 

Tu accompagnes ta mère pour faire les courses à l’hypermarché, comment te conduis-tu ?

 

Mimi : « Je pousse le caddy et j’attends que Maman mette les courses dedans, éventuellement, si elle est de bonne humeur je lui demande un paquet de bonbons ou un livre et si elle est de très bonne humeur un jouet en plus pour Tom. Si elle est de mauvaise humeur, je me tiens à carreau »

 

Tom : « Même pas drôle les chats sont interdits dans ces bidules, je reste au chaud dans la voiture et j’attends tranquillement que mes deux pattes reviennent tout en espérant qu’elles n’auront pas oublié mes croquettes préférées »

 

Totor : « Top génial, je fais du stock car avec le caddy, je fiche en l’air un maximum de piles de conserves, je braille pour que ma mère m’achète des trucs inutiles »

 

Terreur : « Je me glisse dans l’hyper en catimini et je dépiaute tout ce qui me passe à portée de griffes, éventuellement, je fais un petit pipi ou deux et dégustation de bouffe sur place »

 

 (Allez y CD défoulez-vous, je suis sûre que ça va vous rappeler votre jeune temps. Pardon ? Vous dites ? Comment ça c’est plus marrant d’être du côté des « A éviter » que des « Recommandé », il me serait très désagréable d’avoir à changer de dessinateur maintenant, reprenez-vous voulez-vous ! Nous avons un ouvrage sérieux à écrire et un message important à délivrer à notre belle jeunesse).

 

 

 

Voilà chers lecteur des Défis du Samedi les 4 premières planches de mon ouvrage éducatif pour enfants, vous pouvez bien sûr varier les motifs à l’infini, je suis bien sûre que vous vous souvenez des âneries que vous faisiez à cet âge à l’école, à la bibliothèque, à l’église (pour ceux qui ont été enfants de chœur), chez le coiffeur, dans la voiture parentale en partance pour les vacances, je vous laisse donc à votre nostalgie.

 

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25 avril 2009

Fournée 2 (Martine27)

Lettre d'adieu de la mante religieuse : "Tu m'as fait perdre la tête, désolée pour la tienne"
Lettre d'adieu à un pompier : "Plus de combustible, adieu"
Lettre d'adieu à un plombier : "Je n'avais plus qu'une solution, la fuite"
Lettre d'adieu à un gendarme : "Passez votre chemin, il n'y a rien à voir"
Lettre d'adieu à un journaliste : "Un scoop pour toi, je te quitte"

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Cinq Post-it (Martine27)

Lettre d'adieu à un cruciverbiste : "Je n'ai qu'une définition pour toi : Un peu plus définitif qu'au revoir"

 

Lettre d'adieu à un pêcheur : "Pas la peine de sortir l'épuisette, je n'ai pas la taille requise il faut me relâcher"

 

Lettre d'adieu à un dentiste : "Arrête de jouer avec ta roulette, je n'ai plus besoin de détartrage"

 

Lettre d'adieu à un bibliothécaire (ou à un cinéphile) : "Désolée ton roman (ou ton film) vient d'afficher le mot fin"

 

Lettre d'adieu à un plongeur sous-marin : "Arrête de me pomper mon oxygène"

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11 avril 2009

LES SECS ET LES HUMIDES (Martine27)

Depuis longtemps déjà la tribu de Secs avait soif.
Il faut dire que la tribu des Humides avait fait main basse sur la totalité de l’eau courante, l’enfermant dans des réservoirs et des canalisations. Les Secs n’avaient accès qu’à l’eau de pluie quand elle voulait bien tomber.
Ca ne pouvait plus durer ainsi, les Secs avaient de plus en plus soif. Ils se desséchaient, les plus durement touchés étaient les jeunes. Assez curieusement, les plus petits avaient été pris en charge par les Humides qui leur donnaient régulièrement de l’eau. Mais pour les Secs, ils n’étaient ni plus ni moins que des esclaves, d’ailleurs ils en payaient souvent le prix en disparaissant purement et simplement dans les maisons des Humides pour n’en ressortir que sous forme de cadavres.
Il était temps de réagir, les Secs ne pouvaient plus se laisser ainsi assoiffer.
Alors, la guérilla fut lancée.
Des espions commencèrent leur quête.
Il fallait savoir comment les Humides acheminaient l’eau des immenses réservoirs jusqu’à chez eux.
Les Secs sentaient cette eau et cette senteur les rendait fous.
L’apaisement de leur soif dévorante était si proche et en même temps si lointaine.
Il fallut du temps aux espions pour remonter jusqu’aux diverses voies de diffusion du précieux liquide.
Mais bientôt, de partout dans la région les informations affluèrent jusqu’aux représentants des tribus des Secs.
Petit à petit, la carte des flux d’eau fut dressée.
Il fallait maintenant agir de concert.
Les plus forts d’entre eux entrèrent en action.
Perçant la terre sèche, ils forèrent des tunnels jusqu’à atteindre enfin les sources multiples de leur désir.
Ils attendaient maintenant le feu vert du Grand Sec pour lancer l’attaque finale.
Et une nuit, l’ordre tant attendu retentit.
Dans un dernier effort, les forts percèrent les canalisations.
L’eau enfin libérée se rua au travers de la terre sèche et les racines purent enfin se gorger du liquide nourricier et l’envoyer nourrir les arbres, enfin ils allaient à nouveau pouvoir développer des bourgeons et des feuilles.
Le lendemain, au réveil, les tribus des Humides s’aperçurent que l’eau n’arrivait plus à leurs robinets, ils découvrirent que les racines des grands arbres de la forêt environnante avaient dévasté les canalisations et que l’eau précieuse qu’ils ne voulaient plus partager se répandait tout autour des leurs habitations.
L’herbe commençait à perdre sa teinte jaune pour retrouver un vert éclatant, les arbres paraissaient plus forts, presque menaçants, les mettant au défi de voler à nouveau le sang de la terre pour leur seul profit.

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14 mars 2009

UNE IDEE GENIALE (Martine27)

UNE IDEE GENIALE
Bon ce matin là je m'étais retrouvée, allez savoir pourquoi, à quatre pattes devant mon meuble de salle de bain en train de faire du tri dans tout le bazar amoncelé depuis un certain temps, pour ne pas dire un temps certain. J'étais donc à la bourre lorsque je tombai sur un bizarre flacon de parfum que je ne me souvenais pas avoir acheté ou reçu en cadeau.

     Bref, erreur fatale, je le débouchai et alors flooouf un nuage quasi asphyxiant de parfum se répandit dans la salle de bain, les yeux larmoyants, je réussis à me traîner dehors et en me retournant je vis, à ma grande stupéfaction, un truc, une chose, un bidule, enfin quelque chose qui paraissait humain au dessus de la ceinture et qui ressemblait à un culbuto en dessous, tranquillement installé sur le rebord de ma baignoire.
     "Bien le     bonjour gente dame" me dit le, la, enfin bon l'individu ?
     Je réussis à croasser "Z'êt ki ?"
     Ce qu'il réussit à traduire par "Qui êtes-vous"
     "Votre génie personnel, Chère, très Chère sauveteuse qui m'avez extirpé de ce flaçon dans lequel je marinais à mon grand dam depuis fort longtemps"
     "Un g'nie" bredouillai-je pas trop rassurée.
     "Mais oui, un génie pur jus, prêt à vous servir"
     'C'ta dire" je sais mon vocabulaire et mon élocution ne s'arrangeaient     pas.
     "Je vais Très Chère petite Madame rester attaché à vos charmants pas jusqu'à ce que vous ayiez fait 4 voeux, deux gentils, deux moins gentils".
     J'aspirai un grand coup d'air et réussi enfin à reprendre le contrôle de ma voix.
     "Comment ça deux gentils et deux moins gentils, je croyais que le tarif syndical     c'était trois voeux".
     "Les temps changent que voulez-vous. Bien que puis-je pour     vous ?"
     "Désolée, on verra ça ce soir, parce que là je suis en     retard".
     Je pris la poudre d'escampette, grimpai dans ma voiture et manquai d'emboutir le premier réverbère lorsque discernant du coin de l'oeil un mouvement à côté de moi, je m'aperçus que le génie était installé près de moi.
     "Je crains, Chère petite Madame que vous n'ayiez pas bien compris la situation, je dois rester près de vous jusqu'à l'accomplissement de vos voeux"
     Ahurie, sans piper mot, je repris le contrôle de ma voiture, plus ou moins celui de mes nerfs et mon chemin     jusqu'au boulot.
     Bien sûr étant plus tard que d'habitude, la circulation était fortement ralentie.
     "Et zut " m'exclamai-je fort imprudemment "ils ne pourraient pas être déjà arrivés tout ceux-là ?"
     "Mais pas de problème" sussura mon génie.
     Et hop, le chemin se retrouva dégagé devant moi.
     "Vous voyez Chère Petite Madame, en voilà déjà un d'accompli, grâce à vous tous ces braves gens sont déjà arrivés à leur destination, plus que trois !"
     Une idée machiavélique me traversa l'esprit.
     "Hem, vous pourriez-vous arranger pour que ma chef reste coincée dans sa salle de     bains toute la matinée ?"
     J'eus le droit à un sourire rayonnant.
     "Pas de problème, la clenche de la porte vient de casser, pas de chance pour elle     !"
     Eh, mais en fin de compte ce n'était peut-être pas si mal que ça d'avoir un génie dans les     pattes.
     La matinée se passa tranquillement, pas d'interférences hiérarchiques  ce qui me permit d'abattre bien plus de travail que prévu. Mais je me méfiais et tournais 7 fois ma langue dans ma bouche avant de parler, le génie m'épiant du coin de l'oeil.
     Ceci étant, ce n'était pas facile de se concentrer avec ce culbutos dans les parages.
     Que souhaiter, pas évident du tout !
     Il me restait un gentil et un moins gentil voeu à formuler. Et franchement je ne savais pas trop quoi demander. Bon, un peu d'argent à la banque ne serait pas de trop, mais allez savoir ce que les impôts penseraient d'un compte qui grossit sans prévenir.
     En fin de compte je me décidai.
     En rentrant à la maison, toujours encombrée de mon culbutos génial, je lui demandai de repeindre tous les murs intérieurs et d'installer un parcours de santé le long des murs pour Mademoiselle Thalis ma chatoune.
     Ce fut fait dans la seconde à mon grand plaisir, et hop un paquet de corvées en moins.
     Bon dommage plus qu'un vilain voeu à trouver.
     La soirée se passa, je ne dirai pas tranquillement, il faut dire qu'il commençait à me chauffer les oreilles ce génie à me regarder avec des yeux de merlan frit.
     "Vous ne pourriez pas me laisser un peu tranquille ?"
     "Hélas non, j'attends votre dernier voeu"
     "Vous savez que vous êtes un tantinet fatigant ?"
     "C'est ce qui fait tout mon charme non ?"
     J'allai me coucher remettant au lendemain la formulation du dernier voeu, comme on dit la nuit porte     conseil.
     Le lendemain matin, mon génie était toujours là solide au poste.
     "Pas moyen que vous me laissiez hein ?" demandai-je ?
     "Eh non, Chère Petite Madame, eh non !"
     "Bon tant pis pour vous alors, voilà mon dernier voeu"
     Je le lui murmurai à l'oreille et le vis pâlir avec un plaisir indicible.
     Sereine, je repartis au travail. Je savais que ma chef resterait bloquée toute la journée dans ses toilettes, encore une clenche en carafe ! Dommage ! Et en rentrant, ma pelouse et mes arbres seraient nickels ainsi que le ménage fait.
     Pour tout vous dire, j'avais décidé d'enquiquiner un peu mon génie. Mon dernier voeu pas gentil consistait en 2 voeux gentils supplémentaires et deux voeux moins gentils en prime !
     Le pauvre était bien marri, parce qu'il n'avait pas trouvé le moyen de tourner la difficulté et mon voeu qui il faut le reconnaître n'était pas sympa pour lui puisqu'il le gardait prisonnier au moins un jour de plus.
     Je pense que je vais continuer encore comme ça quelques temps, quand toutes mes petites corvées seront terminées et que toutes les clenches de chez ma chef seront changées, je me ferais un plaisir de lui souhaiter bon vent avec comme dernière condition pas gentille qu'il arrête d'embêter les gens !

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28 février 2009

LAP'ACHE (Martine27)

LAP'ACHE


Bon pour tout dire je ne sais pas trop ce qui s'est passé.

Depuis un sacré paquet de temps j'étais peinard, liquide, à sorguer tranquillement dans un petit flacon.

Et puis hier, quelqu'un a oringué le-dit flacon, l'a secoué et m'a fait tomber sur un morceau de papier.

J'ai donc fait floc et je me suis fait aplatir sévère dans le pli.

Résultat, me voilà transformé en Lap'ache (pour Lapin et un mot que celle qui folichonne à écrire ce texte n'a pas le droit d'utiliser).

Bon, ça encore ça peut aller, je me suis entre-aperçu lorsqu'elle m'a photographié, je ne suis pas trop mal.

Non le problème c'est ce qu'elle appelle mes oreilles.

Je ne peux que croupionner dans les brancards, mais y en a marre de ces deux trucs qui n'arrêtent pas de jacasser là-haut.

Et vas-y que je vétille sur l'allure que j'ai, et que ce serait sympa de se licher un petit quelque chose et que je queute sur les copines qui sont restées dans le flacon et qui vont sûrement y moisir encore longtemps.

Bref, même en les secouant, en les pliant pas moyen de les faire taire les deux jumeaux à tête d'obus qui orne ma tête, c'est pénible et en plus si je les houssine c'est en fait moi qui vais avoir mal.

Et l'autre, là devant le clavier qui se pajote le crane en se demandant ce qu'elle va bien arriver encore à écrire sur son test de Rosarch, moi en l'occurrence, ne m'est d'aucune utilité, et puis il faut reconnaître que si elle m'ébousine les oreilles je ne ressemblerai plus à rien..

Bon, si j'ai bien compris la photo qu'elle a prise elle va la mettre sur son ordinateur et l'envoyer à un truc qui s'appelle "Défi du Samedi", en fait le vrai responsable de mes ennuis, me faire sortir de mon flacon, étaler sur du papier et subir les bla-bla de mes appendices auriculaires. Donc, dès que j'arrive là-bas, je me transforme en Lap'virus et je fiche la pagaille chez lui, ça lui apprendra à faire tellement bouillir le cervelet de ma rédactrice qu'elle a du le moitir de toute sa Contrex d'un coup.


Lap_ache

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21 février 2009

Doute raisonnable? - Martine27

L'avocat commence sa plaidoirie

"Mon client a commis des crimes abominables, néanmoins je vais vous demander de l'acquitter"

Dans le tribunal c'est le tollé général.

Le président a bien du mal à ramener le calme dans son tribunal.

Nous, les jurés ne pouvons nous empêcher de nous lancer des coups d'œil outrés. Oui, bien sûr on nous a dit que nous devions être parfaitement impartiaux, de laisser le bénéfice du doute à l'accusé, etc, etc. Il n'empêche que depuis près d'une semaine on nous abreuve des horreurs que ce monstre a fait subir à d'innocentes victimes et voilà que son avocat nous demande de l'acquitter. On croit rêver !

Pour ma part je regarde un homme en particulier assis dans la partie réservée aux familles. C'est le père d'une des jeunes filles. Elle avait miraculeusement survécu aux sévices subis et après avoir identifié son agresseur, malgré l'amour de sa famille, elle s'était laissé sombrer et s'était suicidée. Et là je vois ce père perdre une fois encore son enfant à cause des propos de ce… non essayons de rester calme.

Le chahut s'étant enfin calmé, l'avocat reprend.

"Oui, Monsieur le Juge, Monsieur l'Avocat Général, Mesdames et Messieurs les jurés. Un fait important vient d'être porté à ma connaissance, juste avant le début de cette audience et il me faut en référer dès maintenant pour que justice soit vraiment rendue à mon client"

Bien sûr les parties civiles s'insurgent, comment un nouvel élément dont elles n'ont pas eu connaissance, c'est inacceptable.

Après un bref débat, le Président accepte que l'avocat de la défense poursuive son argumentation.

Alors dans un grand effet de manches, celui-ci demande au greffier d'introduire son témoin.

Et là devant les yeux ahuris de l'assistance entre un homme en tous points semblables à l'accusé.

"Monsieur le Juge, Monsieur l'Avocat Général, Mesdames et Messieurs les jurés, je vous présente le frère jumeau de mon client. Comment pouvez-vous affirmer que c'est bien mon client qui a commis ces abominations et non son frère ? Certes une des victimes l'a reconnu, mais qui a-t-elle reconnu, mon client ou son frère ?"

Je vois le père de la jeune suicidée s'effondrer un peu plus.

Un des avocats des parties civiles prend la parole.

"Mais nous avons relevé son ADN, il n'y a aucun doute"

"Seulement voilà" pérore, très satisfait de lui l'avocat de la défense "les vrais jumeaux, ce qui est le cas de mon client et de son frère ont des ADN absolument semblables. Seules leurs empreintes digitales pourraient permettre de les identifier formellement. Or, vous n'avez pas trouvé une seule empreinte sur les lieux des crimes. Je demande donc, au nom du principe selon lequel le doute doit bénéficier au prévenu de relaxer purement et simplement mon client".

Tandis que la tempête fait à nouveau rage dans le prétoire, l'avocat se rengorge, les deux frères échangent des regards satisfaits, les familles des victimes ne savent plus si elles doivent hurler de rage ou s'écrouler en larmes.

Je regarde le juge, manifestement l'argument avancé porte.

Non ce n'est pas possible, ce monstre ne va quand même pas arriver à s'en tirer, parce qu'il paraît évident à tout le monde que ce frère sorti par miracle du néant est un complice, peut-être même a-t-il aidé à commettre tous ces meurtres !

La justice ça ne peut pas être ça ! La justice non, mais la loi oui, c'est bien ce qui se peint sur le visage des avocats des parties civiles et du juge.

Au-dessus de nous, la statue de la justice doit verser des larmes sous son bandeau !

Brusquement, je me rends compte que dans le remue-ménage généré par ce rebondissement, le père solitaire a disparu, il doit être aller pleurer de désespoir loin de tout ce simulacre de justice.

Peu à peu le calme revient, le juge et les avocats se concertent pour savoir comment faire pour éviter de relâcher un monstre, non deux monstres dans la nature.

Et voilà que le Père revient, il semble étrangement calme.

Il avance jusqu'au banc des familles et poursuit, sans être arrêté, sa marche vers le banc des accusés.

Là, toujours calmement il brandit une arme et comme au stand de tir, il tire. Une fois. Deux fois. Trois fois. Les jumeaux et leur avocat s'écroulent une fleur rouge en plein milieu du front.

Puis parfaitement serein le Père dépose l'arme, lève les mains, se retourne et adresse un grand sourire libéré aux familles des victimes.

La justice vient d'être rendue. Même si la loi elle n'y trouve pas son compte.

Au-dessus de nous, je suis sûre que la statue de la Justice sourit.

 

PS – Cette petite histoire m'a été inspirée d'un fait réel dont j'ai eu connaissance il y a maintenant très longtemps et qui m'avait particulièrement choquée à l'époque. Un homme reconnu par la victime qu'il avait manquée avait été relâché parce qu'il n'avait pas été possible de déterminer quel était le jumeau responsable de l'agression. Il y a peut-être maintenant des méthodes pour distinguer un jumeau d'un autre en dehors des empreintes digitales, je n'en sais rien. De même que n'étant pas juriste je n'ai guère de connaissance sur les textes de loi concernant le doute bien fondé et autres joyeusetés.

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