21 novembre 2009

Miroir (Martine27)

"Bonjour. Tu sais que tu as une sale tête ce matin ? Mal dormi ou c'est juste une question d'âge ?"

Et ça y est c'est reparti pour un tour !

"Bonjour. Tu es trop aimable de me faire des compliments comme ça de si bonne heure, je n'ai pas l'habitude !"

"Mais je t'en prie, c'est la moindre des choses entre partenaires !"

Et ça continue comme ça toute la journée.

Au bureau "T'as encore une mine fatiguée, tu ne vas pas me dire que c'est parce que tu travailles trop ?"

Au restaurant "T'as trop mangé, bientôt tu vas déborder de tes fringues".

Dans la voiture "Tu pourrais faire un peu plus gaffe, t'as pensé à regarder dans le rétro ?"

Même dans la rue "Pas la peine de regarder ce pantalon, c'est pas dans tes moyens !"

Bref, à nouveau je me demande ce qui m'a pris d'entrer dans cette sacrée boutique. C'est vrai que vu de l'extérieur son petit côté mystérieux m'avait séduite, une vitrine au verre fumé qui empêchait de bien voir les objets exposés, et l'enseigne qui ne renseignait pas plus sur le contenu du magasin "Incroyable !" disait-elle.

Etant d'un naturel raisonnablement curieux, je n'ai pas pu m'empêcher de pousser la porte.

C'était un sacré bric à brac là-dedans. L'œil avait du mal à distinguer les marchandises.

Un mouvement attira mon attention, je m'avançai dans sa direction et je me retrouvai alors face à moi-même. J'avais devant moi un superbe miroir, une psyché en réalité.

Je m'approchai et souris à mon reflet. Puis bien sûr, je commençai à faire le singe devant, des grimaces, des mouvements saccadés, bref je retombai en enfance.

Et c'est là que j'aurais dû me méfier. Un détail, et pas des moindres, échappa à ce moment là à mon attention.

Le propriétaire de la boutique se matérialisa brusquement près de moi. Je sursautai en avisant ce drôle de petit bonhomme au sourire figé sur les lèvres.

Sans trop comprendre comment je me retrouvai l'heureuse détentrice de cette magnifique psyché et pour un prix défiant vraiment toute concurrence.

Je l'installai dans un coin de ma chambre et ne pus m'empêcher de recommencer à gesticuler. Et là ! Je remarquai enfin le détail qui "tuait" ! Pas d'effet miroir ! Je m'explique, en principe dans un miroir lorsque vous levez votre main gauche, celle juste en vis-à-vis de votre reflet se lève, mais là non ! Mon reflet avec un sourire goguenard leva la main opposée à la mienne.

Tous ses mouvements était la reproduction inversée et parfaite des miens.

Je sentis mon cœur se mettre à battre un peu trop vite, un peu trop fort.

Et je fus à deux doigts de m'évanouir quant une voix sortit de la psyché "Salut ! Comment va ? Satisfaite de votre achat incroyable ?"

Morte de frousse j'accrochai un drap sur la psyché et filai ventre à terre jusqu'au magasin pour avoir des explications.

Bien sûr, vous vous en doutez, plus rien si ce n'est quelques personnes regardant éperdument l'endroit où cette fichue échoppe aurait dû se tenir.

Bêtement, je pensai qu'en gardant le reflet caché je n'aurais plus de problème.

Grave erreur !

Maintenant mon propre reflet me traque et m'adresse la parole dans chaque surface réfléchissante que je croise et d'ailleurs par moment je me demande qui est le reflet de qui ?

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31 octobre 2009

Mode d'emploi pour un appareil high tech (Martine27)

MODE D’EMPLOI DU SHAVE HAIR TERMINATOR

Vous voulez en finir avec les poils disgracieux !
Vous venez d’acquérir pour ce faire notre épilateur électrique (1)

Pour utiliser au mieux votre appareil (2) voici quelques conseils d’utilisation.

Nous vous conseillons de faire votre épilation après un peeling qui aura permis d’exfolier la couche supérieure de votre épiderme.

Assurez-vous toutefois que vos jambes soient parfaitement sèches avant utilisation de notre épilateur. D’autre part, n’utilisez pas l’appareil sous l’eau (3).

Maintenant vous pouvez mettre notre épilateur sous tension.

Pour cela : branchez le transformateur A dans votre prise de courant classique, puis la fiche B du transformateur dans l’emplacement C de votre épilateur (4).

Ensuite, poussez le bouton D sur la position « on », la position « off » vous permettra d’éteindre votre appareil.

Pour l’épilation elle-même, maintenez la peau de votre jambe bien tendue avec une main, mais évitez quand même de l’arracher complètement, puis procédez en partant de la cheville et en remontant vers la cuisse avec un petit mouvement rotatif de gauche à droite ou de droite à gauche selon vos convictions politiques.

Si un repli de peau se coince dans les pincettes, évitez de tirer. Arrêtez l’épilateur, puis avec un cutter scalpez la peau surnuméraire. Si vous n’arrivez pas à arrêter l’hémorragie afférente à l’opération, dirigez-vous vers les urgences ou appelez le Samu si la perte sanguine est trop importante.

Dans tous les cas, n’oubliez pas de désinfecter votre épilateur pour éviter que des odeurs de chair nécrosée ne se développent.

Pour les petits poils rebelles, ainsi que pour le maillot, nous vous conseillons d’utiliser les produits proposés dans votre mallette de rangement.

Soit vous pouvez araser le tout à l’aide du papier de verre gros grain E, soit s’il y a encore des résistances, vous pouvez frotter les poils récalcitrants avec un coton imbibé de la solution à base d’acide chlorhydrique contenue dans la fiole F.

Ne pas oublier ensuite de bien rincer et, afin d’éviter le développement de boutons ou de rougeurs malvenues, pensez à enduire les parties épilées avec la crème G constituée de la molécule révolutionnaire MNVNAPM (5).

Votre épilateur peut également s’occuper de vos aisselles et de votre moustache, toutefois, veuillez noter que notre société se dégage de toute responsabilité en cas d’ablation de la lèvre supérieure ou du nez.

Et maintenant Chère Cliente, Cher Client, bonne épilation !
 

(1) Autant vous le dire vous avez fait le bon choix, nous sommes les plus performants sur le marché pour régler vos problèmes de poils.
(2)
Nous avons fait un travail technique impeccable, ce n’est pas pour que l’utilisiez à tort et à travers.
(3)
Sauf si vous tenez à vous électrocutez un bon coup ou à modifier votre coupe de cheveux.
(4)
Appareil réservé aux personnes maîtrisant l’alphabet.
(5)
Mais Non Vous N’Avez Pas Mal.

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24 octobre 2009

LE BATEAU BLEU DE MAXIME (Martine 27)

C'est un bateau bleu

Perché sur la dune

On y vient à pied, on ne frappe pas

La passerelle est toujours en place

Il accueille les navigateurs solitaires

De toute son amitié

Tout le monde se presse

Autour du mât à 5 heures du matin

Quand Saint Malo s'embrume

Amis où êtes-vous ?

Amis attendez-moi !

Nageant dans le brouillard

Les sirènes et les tritons

S'installent sur la grève

Ils écoutent Tom à la guitare

Phil à la kena jusqu'à l'aube blanchissante

La baleine bleue viendra

Donner des nouvelles

De ceux qui rament au loin

Et près des dauphins

On s'endormira heureux

C'est un bateau bleu

Accroché à nos rêves

On y vient à la nage ou en volant

On entre simplement en chantant

Peuplé de rires et d'amour

Il sera le dernier à naviguer

Si Saint Malo est engloutie

Amis où êtes-vous ?

Amis attendez-moi !

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10 octobre 2009

INTERVIEW (Martine 27)

"On a gagné, on a gagné, on a gagné" braille l'équipe de foot de Trifouillis les Gonesses sur l'air des lampions.

"Désolée Laurence, pas moyen d'en tirer autre chose, il faut croire que ce n'est pas la baballe qu'ils ont mis dans les buts, mais leur cerveau"

"On a gagné, on a gagné, on a gagné"

"Bon d'accord les gars on a compris, on a compris, on a compris, navrée Laurence, c'est contagieux"

 

"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"

"Voilà Laurence, c'était la déclaration de l'équipe de Trifouillis les Gonesses, je vais voir l'équipe de Trifouillis les Sarcelles maintenant et je vous transmets de suite son interview"

"Match nul, bon d'accord, match nul, mais il faut quand même le reconnaître nous étions les meilleurs, en fait l'autre équipe a fait de l'anti-jeu pour nous empêcher de marquer"

"Excusez-moi Laurence, mais je crois que les deux équipes ont le même service de communication"

 

"Bonsoir Laurence, voilà l'équipe de Trifouillis les Gonesses a perdu le match qui aurait pu lui éviter la relégation, je vais essayer d'obtenir les impressions de l'entraîneur"

"Monsieur l'entraîneur, votre équipe a perdu ce match à quoi cela est-il dû à votre avis ?"

"... ... ..."

"Oui, certes, posons la même question au capitaine de l'équipe. Alors capitaine 10 à zéro quelles conclusions en tirez vous ?"

"... ..."

"Bien et vous les membres de l'équipe, comment comptez-vous remonter la pente ?

"... ..."

"... ..."

"... ..."

"Chère Laurence, je fais maintenant une dernière tentative auprès du goal. Alors, pourquoi aviez-vous les doigts en caoutchouc ce soir ?

"... ..."

"Désolée Laurence, mais il semblerait que cette défaite reste comme une arête de poisson en travers de la gorge de l'équipe et qu'elle leur cause une extinction de voix, je vous rends donc l'antenne"

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03 octobre 2009

BRUITS DANS LA NUIT (Martine27)

Bien nichée dans mon lit, j'écoute avant de m'endormir tous les petits bruits que murmure la maison et que l'on entend pas lorsqu'on est encore debout.

Le ronronnement lancinant de la VMC qui énerve d'abord avant de bercer, le brusque démarrage du moteur du réfrigérateur, les discrets craquements des meubles, le cliquettement de l'horloge de la cuisinière, les petits roucoulements de ma chatoune qui explore son territoire nocturne et qui discute avec ses compagnons rangés dans l'armoire à chats, les chuchotis de mes lutins de placards, le vrombissement d'Errol mon dragon miniature qui se dégourdit les ailes.

Bref, tous ces sons rassurants qui vous enveloppe comme dans un cocon et qui vous conduisent tout doucement vers le sommeil.

Mais cette nuit là, un bruit bizarre me réveille. Sur le moment je me retrouve les yeux grands ouverts, sur le qui-vive me demandant pourquoi le sommeil m'a si brutalement quittée.

Je n'entends pourtant rien sortant de l'ordinaire, alors qu'est ce qui m'a réveillée. Je cherche dans ma mémoire, un craquement, voilà je crois que c'est ça, un craquement.

Qu'est ce qui peut bien craquer ? Dans ma tête je passe les pièces en revue, je ne vois rien susceptible de tomber et de produire ce bruite. Ca ne vient pas non plus des combles.

Bon j'ai peut-être rêvé ou alors il s'agit de la branche d'un des arbres du jardin qui a décidé de vivre sa vie.

Je me détends à nouveau et me reniche dans mon creux de lit, prête à repartir dans mes rêves.

Et voilà, un nouveau craquement, cette fois-ci pas de doute je ne rêve pas, je dégage ma tête de l'oreiller et écoute de toutes mes oreilles, le bruit vient de l'entrée.

Quelqu'un tenterait-il d'entrer chez moi ? Un petit frisson me parcourt mais c'est stupide la porte est bien fermée.

Et encore une fois ce crac, suivi cette fois du miaulement indigné de ma minette qui déboule dans le couloir.

Pas de doute si ma chatte de garde le dit, il y a bien quelque chose de pas normal qui se passe.

Je ne vais quand même pas être moins courageuse que ma petite poilue que j'entends feuler devant la porte du couloir.

Je mets mes lunettes, attrape ma petite lampe de poche, l'allume et me lève avec précaution, ne faisons pas trop de bruit.

"Il se passe quoi" me demande Elfie mon lutin de placard

"Je n'en sais rien, je vais voir"

"Fais attention hein" répond-il, mais je constate que courageux, mais pas téméraire, il reste tranquillement niché dans mes pulls.

Je rejoins ma terreur poilue qui, toute hérissée, renifle sous la porte de l'entrée.

Figées l'une à côté de l'autre nous tendons l'oreille.

Plus de craquements semble-t-il, mais comme un drôle de pépiement.

Je respire un grand coup, écarte doucement mon fauve domestique et ouvre la porte et derrière que vois-je, un minuscule diplodocus pas plus gros qu'un poussin, tout encombré de son long cou et de sa queue démesurée et qui piaille comme un malheureux. J'ai juste le temps de l'attraper dans le creux de la main avant que ma panthère grise ne le croque.

Et là par terre j'aperçois les morceaux de cette superbe pierre que j'avais ramenée de ma promenade dans les bois de ce matin.

Mince, ce n'était pas une pierre mais un oeuf.

"Pip" fait la drôle de petite chose assise dans ma main et qui enroule sa queue autour de mes doigts "Pip".

Et flûte, ça mange quoi un diplodocus ?

Décidément ma maison devient de plus en plus folle, il va falloir que j'explique à ma Miss qu'elle a maintenant un bizarre petit frère (ou petite soeur), que mes lutins de placard fassent du diplo-sitting dans la journée, qu'Errol mon mini dragon s'occupe un peu d'éduquer son préhistorique cousin et que demain nous trouvions un prénom à notre nouvel ami.

Je ne peux m'empêcher de penser en allant me recoucher avec une chatte sous un bras, un diplodocus miniature sous l'autre, que la vie ne manque pas franchement pas d'imprévus.

 

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26 septembre 2009

Objet (Martine27)

Dans le lave-vaisselle un couteau et une fourchette taillent le bout de gras.

"Si tu savais ce que j'en ai marre de couper de la barbaque morte, d'étaler du beurre, de couper du pain !" s'exclame le couteau.

"Et moi, piquer dans la même bidoche, pelleter la purée ou les petits pois, ras le bol aussi" réplique la fourchette.

"Remarque des fois j'arrive à déraper quand je m'attaque au pain et là, paf je coupe autre chose que de l'inerte" soupire le couteau avec bonheur.

"Moi j'ai plus de mal, éventuellement quant elle fait la vaisselle à la main, j'arrive parfois à la piquer mais c'est pas évident" regrette la fourchette.

Les deux ustensiles restent un moment silencieux, jettent un coup d'œil autour d'eux, la vaisselle qui les entoure reste paisible et paraît ne pas s'occuper de leur conversation.

"Tu sais" reprend le couteau dans un murmure "parfois je rêve de trancher dans de la vraie chair vivante, de sentir le sang gicler sous mes dents, d'entendre autre chose qu'un petit ouille de rien du tout".

"Oh oui" réplique la fourchette "m'enfoncer dans un oeil, dans un sein tendre ou dans un ventre bedonnant, que ce serait bon !"

Toujours sur un mode confidentiel le couteau précise "J'ai entendu dire que certains d'entre nous, surtout les couteaux, arrivent à influencer, voire même à rendre fou celui qui le tient et ils se lancent dans des massacres délicieux. Ni vu, ni connu et c'est l'humain qui est accusé. Bien sûr après ils se retrouvent aussi enfermés dans des sacs mais quel moment de gloire quand même !"

"Arrête, tu me fais saliver !" soupire la fourchette.

Après un moment à soupirer de nostalgie ils se tournent l'un vers l'autre et s'exclament en chœur

"Et si on essayait ?"

Au même moment, une voix venue de nulle part retentit.

"Nous, grand dieu de la vaisselle, ne pouvons vous autoriser à dévier de votre rôle subalterne de petit découpeur et de petite piqueuse, nous nous voyons dans l'obligation de vous éradiquer avant que vous ne perpétriez l'impensable et nous mettiez tous en danger !"

Un grand silence s'empare du lave-vaisselle.

"Tiens" s'exclame l'humaine qui règne sur la cuisine en ouvrant son lave-vaisselle "Que s'est-il passé ? Mon couteau et ma fourchette préférés sont tout abîmés !"

Et elle sort un couteau édenté et une fourchette complètement tordue.

"Tant pis, direction la poubelle"

Amis humains faîtes attention au petit peuple de votre cuisine, sait-on jamais ce qui peut lui passer par la tête !

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12 septembre 2009

Heure‏ (Martine 27)

Ouh, j'ai eu un sacré coup de barre là. J'ouvre les yeux, je papillote des paupières et je vois dressé devant moi un drôle de bonhomme habillé en noir et comme transparent.

"Bonjour" me dit-il "comment vous sentez-vous ?"

"Bonjour, un peu vaseuse je dois dire" ce à quoi j'ajoute la phrase culte "Où suis-je ?"

"Dans l'entre-deux" me répond-il "Etes-vous prête pour votre heure ?"

"Entre-deux, prête pour mon heure, de quoi parlez-vous exactement ?"

"Ah je vois que vous ne vous souveniez pas bien. Bon reprenons, vous venez de vous faire aplatir sur le passage piéton par un automobiliste rond comme une queue de pelle qui avait grillé le feu rouge. Pour faire bref, vous êtes morte, je suis votre ange de la mort et vous avez une heure devant vous pour faire vos adieux aux personnes qui vous tiennent à cœur"

Là j'en reste bouche bée, comment ça je suis morte, mais je me sens parfaitement en forme, même si j'ai un peu la tête qui tourne et puis ça un ange de la mort ? Quel langage franchement ça manque de classe.

"Bon arrêtez vos bêtises, c'est quoi l'entourloupe"

"Mais, il n'y a pas d'entourloupe, je dois vous emmener vers votre destination définitive mais avant vous avez le droit à une heure pour laisser une pensée de réconfort à vos proches, ou éventuellement pour botter les fesses de ceux qui vous ont enquiquinée. Bon autant vous le dire ce n'est pas évident, à vous de faire au mieux"

Je regarde autour de moi avec un peu plus d'attention, je suis environnée d'une sorte de brouillard dans lequel luisent quelques fanaux, c'est très étrange. Je jette un coup d'œil à mes mains et là, le choc, elles sont comme le gugusse que j'ai en face de moi comme évanescentes. Là plus de doute, je dois vraiment être morte.

"Je suppose que ces lumières sont les personnes que je dois aller visiter ?"

"Bravo, je constate avec plaisir que vous percutez vite et que vous n'allez pas gâcher votre dernière heure à discuter le bout de gras avec moi pour essayer de me convaincre que vous n'êtes pas morte. Vous êtes raisonnable"

"Mais je fais comment ?"

"Laissez vous porter par vos pensées, rappelez-vous des moments heureux et vous atteindrez les êtres aimés, ensuite eh bien à vous de décidez de ce que vous voulez leur laisser dans le cœur. Je vous attends ici dans une heure"

Et mon ..., enfin mon ..., bon disons mon guide disparaît dans un nuage avec un plouf que je trouve quand même un peu ostentatoire.

Je me tourne vers le brouillard et je vois une des lumières scintiller un peu plus que les autres. Je laisse mon corps, enfin ce qui m'en sert, flotter vers elle. Je sens que cette première heure de ma mort va me sembler drôlement courte.

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14 juillet 2009

Laquelle choisir (Martine 27)

Il les regarde avec envie.

Elles sont belles, douces, leurs corps ne sont que courbes voluptueuses.

Il s’approche d’elles.

Laquelle choisir, laquelle déguster longuement, savamment ?

Et puis, voilà son regard s’accroche à elle, si belle, si savoureuse dans sa longue robe.

Il s’approche.

Doucement, il l’enlace et commence tendrement, du bout des doigts, à lui enlever ses voiles.

Abandonnée, elle se laisse effeuiller.

Bientôt, trop vite à son goût, elle est nue devant lui, offerte à sa gourmandise.

Il approche son visage d’elle, il hume son odeur, du bout de la langue il la goûte.

Elle n’est que délicatesse sur sa bouche.

Et sans plus de retenue, il la dévore sensuellement, faisant glisser ses dents le long de sa chair offerte.

Hélas, l’instant de plaisir est si bref.

Pas encore repu, il se tourne vers ses sœurs.

Elles sont toutes tellement tentantes ces belles bananes dans leur corbeille d’osier.

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04 juin 2009

LE JOURNAL DE VOYAGE DE MADAME SUZANNE (Martine27)

Rappel de l’épisode précédent, défi 36, Madame Suzanne a été expédiée avec un Paquet jacasseur dans une dimension parallèle pour ceux qui veulent l’histoire en entier c’est là http://moncarnetamalices.over-blog.com/article-25265259.html .

 

Journal de voyage de Madame Suzanne

 

Voilà déjà un moment que je suis coincée dans ce monde bizarre avec Paquet le colis parlant, et pour parler, il parle, je vous jure une vraie pipelette.

 

Le temps passant étrangement dans ce pays et ayant retrouvé au fond de ma poche le carnet dans lequel je note mes courses et un crayon, je vais essayer de tenir un journal de bord de ce périple. Je reprends donc nos aventures du début.

 

1er jour - Nous avons attendu Paquet et moi au bord de la route que le Grand Facteur passe. Après une journée d’attente, ne voyant rien venir nous avons décidé d’avancer à pied, enfin à pied pour moi, Paquet lui roulait carré, logique puisqu’il est carré, je n’ai pas proposé de le prendre dans mes bras, après tout c’est en partie sa faute si nous sommes ici.

 

 2ème jour – C’est curieux ici je n’ai jamais faim, c’est plutôt pas mal parce qu’autour de nous c’est un vrai désert, rien que des cailloux, heureusement il ne fait pas chaud.

 

8ème jour – Enfin je crois que c’est le 8ème. Ce désert n’a pas de fin mais nous avançons toujours vers ce qui d’après Paquet est le Dus et qui devrait nous amener dans sa ville.

 

9ème jour – Surprise, nous nous sommes assoupis au pied d’un gros rocher et ce matin au réveil j’ai hurlé lorsque je me suis retrouvée nez à nez avec ce que Paquet appelle un Paqéphant, c’est en fait une grosse bête carrée, comme beaucoup de choses dans ce sacré pays, et tout à fait inoffensive. Tant mieux.

 

11ème jour – Je commence à avoir le mal de mer le Pagéphant nous a gentiment pris sur son dos pour nous éviter de marcher, mais sa démarche me donne mal au cœur.

 

15ème jour – Il n’a pas de fin ce sacré désert, je suis sûre que Paquet s’est trompé de direction même si dans un flot de paroles, il m’affirme que non. Bon sang que j’ai envie de le dépiauter ce fichu sagouin.

 

16ème jour – Ca y est plus de désert et sans aucune transition nous nous retrouvons dans une belle plaine verte. Le Pagéphant repart dans son désert, je l’ai remercié d’une grosse caresse derrière le bolduc, il a adoré ça.

 

17ème jour – Mais ce n’est pas possible tout est gigantesque dans ce fichu pays on ne voit pas le bout de cette plaine et elle est survolée par de minuscules paquets qui n’arrêtent pas de bourdonner, c’est d’un fatigant. Remarquez l’intérêt c’est que je n’entends plus le flot ininterrompu de paroles de Paquet, jamais il ne se fatigue celui-là, d’autant plus surprenant qu’il n’a pas de bouche.

 

18ème jour – Toujours pas faim, ni soif, ni fatigue, ni rien d’autre d’ailleurs. Vraiment déroutant !

 

19ème jour – Ca y est nous arrivons en vue d’une ville, enfin il me semble que c’est une ville, pour tout dire je ne vois qu’un empilement de colis immenses mais Paquet est fou de joie, bien sûr il me rebat les oreilles du fait qu’il ne s’est pas égaré et gnia et gnia, il m’énerve, mais il m’énerve. Je me détends en le regardant rouler carré c’est un spectacle à mourir de rire, je ne m’en lasse pas.

 

20ème jour – Et voilà nous entrons dans la ville, elle est en effet constituée d’une multitude d’énormes colis percés de portes et de fenêtres par lesquelles roulent ou sautillent des paquets de toutes formes et de toutes couleurs, c’est plutôt gai comme spectacle. Paquet me traîne ébahie à travers la ville, les gens enfin les paquets me regardent avec curiosité mais je ne ressens aucune hostilité de leur part, c’est déjà ça. Paquet m’emmène à son Université pour me présenter son maître de thèse, il espère ainsi obtenir une bonne note. Je t’en fiche tiens, arriviste va !

 

21ème jour – Le maître de thèse de Paquet est un homme, enfin un colis, tout à fait sympathique il n’a pas l’air de me trouver effrayante, tant mieux. Il comprend bien que nous sommes devant un problème gravissime pour moi, comment me renvoyer à la maison. Il va contacter le Grand Facteur.

 

22ème jour – Le Grand Facteur me prend en charge, il m’enfourne dans sa besace après que j’ai fait des adieux émus à ce sacré Paquet qui m’a pourri la vie, mais je l’aime bien en fait. Toutefois, je lui fais promettre de ne pas remettre les pieds dans mon monde, ce qu’il accepte d’autant plus volontiers qu’il a réussi sa thèse haut la main grâce à moi. Le Grand Facteur arrive au Centre de tri principal de ce drôle de pays, il me glisse dans une boite aux lettres et là je me sens tournoyer, j’ai maallll au coooeeeurrrr.

 

C’est le matin, Madame Suzanne fait un saut de carpe dans son lit. Elle tient à la main un petit carnet qu’elle n’ose pas encore ouvrir, pour le moment elle préfère penser qu’elle a fait un rêve. Elle se prépare pour cette nouvelle journée. Elle ouvre la porte pour sortir et là, sur son paillasson, se trouve un colis qu’elle n’a pas commandé. Prudente, elle l’enjambe, il peut bien rester là autant qu’il veut, hors de question qu’elle y touche, un fois ça va bien !

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29 mai 2009

PEPE ATHANASE RACONTE (Martine27)


 

Pépé Athanase (NDLR : pour ceux qui ne seraient pas au courant il s’agit de l’époux de Mémé Célestine et de l’arrière-grand-père de Mimi) s’installe près du feu dans son grand fauteuil. Ce soir, c’est veillée conte pour ses arrières-petits-enfants. Ils sont tous assis sur le tapis près de lui. Mémé Célestine observe tout ce petit monde du coin de l’œil en souriant et se plonge dans son sudoku.

 

« Aujourd’hui les petits » commence Pépé Athanase de sa belle voix profonde « je vais vous raconter une histoire triste ».

 

Il se penche et attrape sur une petite table près de lui une curieuse cassette ouvragée.

 

Il l’ouvre et une musique poignante s’en échappe.

 

Les enfants l’écoutent religieusement, ils savent bien qu’il ne sert à rien de presser Pépé Athanase qui racontera son histoire quand il le voudra.

 

La boîte passe de main en main pour finir entre celles de Mimi, qui la détaille de plus près pendant que Tom son chat bleu renifle la chose avec intérêt.

 

Il s’agit d’une sorte de boîte à bijoux, mais au lieu de la traditionnelle petite danseuse, Mimi découvre deux petits personnages, un jeune homme et une jeune femme habillés à la mode d’autrefois, chacun évolue d’un côté de la piste de danse et ne se frôlent qu’au milieu du bout des doigts. Une grande tristesse se lit sur leurs minuscules visages, Mimi en a le cœur serré.

 

« Il était une fois » reprend Pépé Athanase « une sorcière, belle comme une fée, intelligente et riche, mais c’était, hélas, une sorcière noire qui ne savait faire que le mal ».

 

« Il existe d’autres sorcières » interrompt Mimi.

 

« Oui, ma chérie, il existe de gentilles sorcières, mais laisse moi continuer. Donc cette sorcière était méchante et avait le cœur noir. Un jour, elle croisa au village qui dépendait de son château, un jeune homme qui venait d’arriver pour s’installer comme tailleur. Elle lui trouva belle allure et lui commanda aussitôt des robes. Il avait des doigts d’or et il lui amena des robes merveilleuses de légèreté et de couleur. La sorcière en les revêtant senti son cœur battre un peu plus fort. Elle décida donc de faire plus ample connaissance avec lui et l’invita à souper avec elle. »

 

« Il n’a pas accepté dis ? » coupe à nouveau Mimi.

 

« Mais si, il a accepté ma poupée, arrivé depuis peu il ne savait pas encore qu’il avait affaire à une sorcière. Il se rendit donc au château un soir de pleine lune, un peu emprunté dans son beau costume du dimanche, il tendit à la sorcière un modeste bouquet de fleurs en remerciement de son invitation. Le dîner fut somptueux, la sorcière était parée d’une des plus belles robes de notre jeune tailleur, les mets étaient divins, mais hélas, ils furent servis par une petite soubrette souffreteuse, mal fagotée et d’un physique assez banal. »

 

« Pourquoi hélas » intervient à nouveau Mimi.

 

« Veux-tu bien me laisser poursuivre ma toute belle et tu le sauras. Pourquoi hélas, mais parce que bien qu’elle fut peut attrayante, notre jeune tailleur tomba tout de suite éperdument amoureux de la délicate enfant, au grand dam de la sorcière qui s’en aperçut aussitôt. Elle décida quand même de séduire le jeune homme. Au fil des jours elle le tenta avec ses richesses, avec sa beauté, avec l’étendue de ses pouvoirs. Mais lui n’avait d’yeux que pour la jeune servante. Et un jour, croyant que la sorcière était son amie, il lui confia qui souhaitait épouser sa suivante. La sorcière en fut folle furieuse, mais elle fit bonne figure et lui annonça dans un beau sourire qu’elle leur offrirait un beau cadeau pour leurs épousailles, un cadeau qui leur permettrait de vivre longtemps côte à côte. »

 

« Aïe, aïe, aïe » s’écrient ensemble tous les enfants suspendus aux lèvres de Pépé Athanase.

 

« Oui, comme vous dîtes, aïe. Le jour du mariage, la sorcière fit venir les fiancés dans son château pour leur offrir son cadeau. Il s’agissait de la boîte que vous avez eue entre les mains. Elle la leur donna en les priant de la tenir chacun d’un côté afin qu’elle puisse les bénir. Naïfs, les deux amoureux obéir. Ils tinrent chacun un côté de la boîte, leurs doigts ne faisant que s’effleurer. Et la sorcière déclama « A jamais vous resterez côté à côte », les jeunes sourirent, heureux, quant elle repris avec un rire odieux « oui côte à côte mais sans jamais pouvoir vous enlacer » un éclair fulgura de ses doigts, la boîte tomba à terre, les fiancés s’étaient transformés en petites poupées qui se mirent à danser chacune de leur côté de la boîte, ne pouvant que s’effleurer les bouts des doigts lorsqu’ils arrivaient au milieu. La sorcière satisfaite de sa vengeance se débarrassa de la boîte qui fut récupérée par un de mes aïeux, celui-ci transmis la boîte et l’histoire à ses descendants comme je le fais aujourd’hui »

 

« Mais et la sorcière ? » s’enquière Mimi « elle n’a pas pu s’en sortir et comment les délivrer les pauvres ? »

 

« Ca ma toute belle » répond Pépé Athanase « c’est une autre histoire »

 

« Bof » fait un des enfants « c’est du flan tout ça, ce n’est rien qu’une vieille boîte à musique »

 

Et tandis que ses cousins et cousines se lèvent pour aller profiter du chocolat chaud que Mémé Célestine leur a préparé, Mimi et Tom regardent la boîte à musique d’un air désolé. Tout à coup Mimi perçoit entre ses mains ce qui ressemble aux battements de deux cœurs qui résonnent à l’unisson. Interloquée, elle lève les yeux et croise le regard bienveillant de son arrière-grand-père. Celui-ci lui sourit « Tu entends n’est-ce pas ? Peut-être trouveras-tu le moyen de les délivrer, prends cette boîte elle est à toi »

 

Mimi serre la boîte contre son cœur, remercie Pépé Athanase et avec Tom, ils commencent à réfléchir au moyen de libérer les prisonniers. Mais ça chers lecteurs, c’est aussi une autre histoire.

 

 

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