21 novembre 2015

007 (Marco Québec)

Si j’étais James Bond
Je travaillerais

Au service secret de Sa Majesté

Je saurais qu’il est Permis de tuer
Rien que pour vos yeux

Que Tuer n’est pas jouer
Que Demain ne meurt jamais
Que Les diamants sont éternels

Si j’étais 007
Je te dirais : Meurs un autre jour

Car On ne vit que deux fois
Je pourrais Vivre et laisser mourir
L’Homme au pistolet d’or

Mais je ne suis pas l’espion
Dangereusement vôtre
Créé par Fleming
Qui était lui-même espion

Montres-bracelets
Voitures et gadgets
Conquêtes féminines
Ce n’est pas mon monde

Je ne suis pas Bond
Je joue dans un film
Qui n’est pas à l’affiche
Et je m’en contrefiche

 

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14 novembre 2015

Les couloirs (Marco Québec)

 

Couloir de l’école
Que la jeune enfant
Arpente à pas lents
Avance en pleurant
Ne trouve plus la classe
De madame Lacasse
Croyez pas qu’elle rigole
L’enfant de cinq ans

Couloir du nageur
Celui du sprinter
Ou du patineur
Qui ont mis des heures
Pour être les meilleurs

Couloir d’hôpital
Où défile, alité
Un accidenté
Le choc trop brutal
Lui sera fatal

Couloir à contresens
Bienvenue dans la danse
Couloir de circulation
Pour les avions
Couloir aérien
Qui t’emmène au loin

Intrigues de couloirs
Des hommes politiques
La soif du pouvoir
Est si magnétique
Les bruits des couloirs
Alimentent la rumeur
Démissionnera ce soir
C’est une question d’heures

Dans certains pays
Faire le couloir
C’est chercher appui
Dans les ministères
Auprès des partis
Avec pour espoir
De gagner du pouvoir
Dans les hautes sphères

Couloir humanitaire
Que l’on tente de faire
Dans un pays en guerre
Pour porter secours
À des êtres humains
Qui n’ont rien fait pour
Connaître ce destin

Couloirs de la mort
Qui existent encore
Dans une société
Dite civilisée

Et toi, et toi
Tu es mon couloir
Quand revient le soir
Je me coule en toi
Qui m’ouvre les bras
Et chante mon âme
Éclate mon cœur
Tu es le sésame
Des jours de bonheur

 

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07 novembre 2015

Une belle personne (Marco Québec)

Toi et moi
Ça ne collera pas
T’es une belle personne
Mais côté physique
J’ai besoin que ça clique

Toi et moi
Faut oublier ça
T’es une belle personne
Mais je travaille dans un restaurant
Toi dans l’enseignement

Toi et moi
Il n’y a pas d’avenir là
T’es une belle personne
Mais en ce moment
Je ne veux pas d’engagement

Toi et moi
J’aurais aimé ça
T’es une belle personne
Mais il y a mon ex
Vraiment trop complexe

Toi et moi
Ça ne se peut pas
T’es une belle personne
Mais j’ai choisi Dieu
Plutôt ennuyeux

Toi et moi
Ça n’arrivera pas
T’es une belle personne
Mais il y a ma carrière        
Et bien sûr ma mère

Toi et moi
Je ne vois vraiment pas
T’es une belle personne
Mais tu t’es fait des idées
Ne viens pas me blâmer

Toi et moi
N’en fais pas un plat
T’es une belle personne
Mais je suis trop fragile
Ma vie ne tient qu’à un fil

Les mots dont vous vous servez
Pour vous protéger
T’es une belle personne
J’en ai la nausée
Que vous le répétiez

 

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31 octobre 2015

L’enfant du bout du trajet (ou Il m’a dit : « Je vais te raconter ton histoire ») (Marco Québec)

J’étais alors un garçon âgé de dix ans. Je me suis avancé vers l’autre enfant et je lui ai dit :
« Je sais pourquoi tu es comme tu es. C’est parce que tu es l’enfant du bout du trajet. Je vais te raconter ton histoire.

Tu es arrivé au village il y a quelques mois. Tes parents se sont installés à l’extrémité est du village dans un coin isolé. Tu n’étais pas très heureux d’avoir dû déménager, car tu aimais bien ta vie dans ton ancien village. Tu avais de bons amis, un professeur original et un lac plein de poissons.

Puisque ta nouvelle école était située à l’extrémité ouest du village, tu étais le premier à monter dans l’autobus scolaire et le dernier à en descendre le soir. Comme tes deux parents travaillaient à la boulangerie jusqu’à 18 heures, il avait été convenu qu’en attendant leur arrivée, tu ferais seul tes devoirs et tes leçons, après avoir pris un verre de lait et deux biscuits.

Le premier jour où tu es venu à l’école, tu étais intimidé et tu as très peu souri ou parlé. Le retour à la maison ce soir-là allait changer ta vie à tout jamais.

Dès le lendemain, tu affichais un air triste et buté qui ne t’a pas quitté depuis. Les autres élèves ont bien essayé de te parler, de t’apprivoiser, mais ils ont vite compris qu’il n’y avait rien à tirer de toi. Les invitations à partager leurs jeux ont cessé et ils t’ont laissé tranquille, se disant que tu étais un bien curieux garçon et que tu n’avais probablement pas toute ton intelligence.

Tes parents ont bien remarqué le changement qui s’opérait en toi, mais tu refusais de répondre à leurs questions et tu leur disais que tout allait bien, qu’ils s’inquiétaient pour rien.

De mon côté, quand j’ai appris qu’une nouvelle famille avait installé sa maison mobile à l’est de la nôtre, j’ai pensé que c’était le plus beau jour de ma vie. Et peu à peu, les autres écoliers et mes parents se sont demandé ce qui avait bien pu m’arriver pour que je devienne tout à coup plus souriant, plus joyeux, plus sociable.

Dès les premiers jours de ton arrivée à l’école, je t’ai observé sans arrêt et j’ai rapidement compris que ton tour était venu. Je te regardais et c’est moi que je voyais, comme dans un miroir. Oui, c’était maintenant toi l’enfant du bout du trajet. Tout comme la mienne, ta vie a basculé à la fin de ton premier jour de classe.

Tout comme il l’avait fait pour moi, le chauffeur d’autobus a garé son véhicule derrière ta maison mobile. À cet endroit, personne ne pouvait le voir. Il t’a empêché de descendre, a baissé son pantalon et t’a demandé de le toucher.

C’est cela ton histoire. C’est aussi mon histoire. C’est notre histoire à tous les deux. »

L’autre garçon pleurait depuis déjà un moment. Je me suis approché de lui, je l’ai serré dans mes bras et j’ai pleuré avec lui.

« Est-ce que tu vas m’aider? », me demanda-t-il.

« De toutes mes forces », lui répondis-je.

 

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24 octobre 2015

Appel au système D (Marco Québec)

Il faudra faire appel au système D
Si l’on veut arriver à
Déshabiller les culottés
Débusquer les préjugés
Désobéir aux désobligeants
Destituer les ignorants
Découronner la royauté
Dégraisser les privilégiés
Désinstitutionnaliser la pauvreté
Déboulonner la tyrannie
Débâillonner les sans-abris

Déficeler les députés
Démêler le vrai du faux
Déployer des idéaux
Désamorcer l’esprit guerrier
Démobiliser toutes les armées
Déminer les idées toutes faites
Dénucléariser la planète

Démissionner de nos lâchetés
Défoncer les portes barrées
Dérider nos attitudes
Déserter nos solitudes

Il faudra faire appel au système D
Si l’on veut arriver à
Dénoncer la course à l’argent
Déshypothéquer l’environnement
Déverser la liberté
Dessiner la fraternité

 

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17 octobre 2015

Mon agenda (Marco Québec)

 

Électronique ou papier
Vous vous demandez
Au risque de faire dépassé
Je préfère papier

Grand ou petit
Bleu, brun, gris
Boudiné, broché
Avec ou sans pensées
Aucune importance
Mais j’en ai un besoin immense

Tellement que j’achète le suivant
Quelques mois avant le nouvel an
C’est ma mémoire
C’est mon grimoire

Les anniversaires
Les achats à faire
Les rendez-vous médicaux
Ou plus rigolos

Le changement des pneus
Une petite place pour Dieu
Les personnes à visiter
Le livre à rapporter

Le prochain voyage
Les serviettes de plage
La crème solaire
Le dernier bestseller

Le vaccin du chat
Le bénévolat
L’appel à maman
À mon oncle Armand

Sortie en canot
Souper au resto
Sirop pour mon rhume
Et une nouvelle plume

Vider les gouttières
Réparer la porte arrière
Râcler le gazon
Repeindre le balcon

Dans mon agenda
Tout est là
Et dans mon agenda
Il y a de la place pour toi

 

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