05 novembre 2016

Mutation (Marco Québec)

 

Mu
Mua
Muai
Muait
Mutait
Minutat
Mutation

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,


22 octobre 2016

Mon genre (Marco Québec)

 

Je suis du genre
À chausser deux souliers pas de la même paire
À mettre mon chandail à l’envers
À porter deux chaussettes qui n’ont pas le même air
À boutonner ma chemise de travers
Boutonné en jaloux, disait ma mère
Il n’y a pas de doute
C’est la déroute

Je suis du genre
À demander combien de mois elle a de faits
À une collègue qui n’est pas enceinte en fait
À appeler monsieur
La caissière qui me répond par de gros yeux
À dire à une dame « Habitez-vous près d’ici ? »
Alors que je veux qu’elle m’indique où se trouve la laverie
Il n’y a pas de doute
Je les fais toutes

Je ne collectionne pas
Les cartes de hockey
Les timbres ou les cuillères à thé
Je collectionne les gaffes
Et parfois les baffes

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

15 octobre 2016

Participation de Marco Québec

 

unnamed

 

 

Filature

 

-      Détective Du Sablon, comme je vous le mentionnais brièvement au téléphone, les agissements de ma femme me préoccupent et j’aimerais que vous enquêtiez pour tirer tout cela au clair.
-
      Pouvez-vous me dire ce qui vous inquiète particulièrement, monsieur Dutil ?
-
      Ma femme s’absente de la maison les mardis et les vendredis pour tout l’après-midi. Ce n’est pas pour faire les courses, elle les fait le mercredi. Elle a son bridge le lundi et elle visite sa mère le jeudi. J’ai fouillé dans les relevés de compte de sa carte de crédit et il n’y a pas une seule transaction qui apparaisse les mardis et vendredis. Je compte donc sur vous pour la prendre en filature et me faire rapport le plus tôt possible. Cette situation a assez duré.
-
      Pour ce qui de mes honoraires…
-
      Votre prix sera le mien. Je n’ai aucun problème avec l’argent.

Deux semaines plus tard, le détective Du Sablon se présente au bureau de son client.

-      Cher monsieur Dutil, j’ai bien peur que votre femme ait un amant. Elle se présente tous les mardis et vendredis vers 13 h à l’Hôtel de la Garnison, situé sur le chemin Saint-Louis. Le personnel lui tend immédiatement la clé de la chambre 111 d’où elle ressort à 17 h.
-
      C’est donc le cas classique du mari cocu. Je ne suis pas vraiment surpris, je dois vous le dire. De quoi a l’air l’homme qu’elle rencontre ?
-
      Je n’en ai pas la moindre idée. Je n’ai pas réussi à voir quelqu’un d’autre que madame entrer et sortir. J’ai pourtant surveillé les lieux plusieurs heures avant son arrivée et après son départ. Cela est plutôt intrigant.
-
      Non, non et non. Vous devez pousser plus loin votre investigation. Je veux un nom, une photo. Revenez me voir quand vous aurez fait votre travail.
-
      Mais monsieur Dutil !
-
      Il n’y a pas de « mais ». Allez. Je vous ai assez vu.

Le mardi suivant, Du Sablon est posté devant l’hôtel et attend la sortie de madame. Dès qu’il l’aperçoit, il se dirige vers elle et la bouscule légèrement.

-      Pardonnez-moi madame, j’espère que je ne vous ai pas blessée. Je suis vraiment maladroit.
-
      Ce n’est rien monsieur.
-
      Vous êtes bien certaine.
-
      Puisque je vous le dis.
-
      Accepterez-vous que je vous offre un café en guise de dédommagement ?
-
      Ce n’est vraiment pas nécessaire.
-
      Mais j’insiste madame. Je veux réparer mon manque de savoir-vivre.
-
      Bon d’accord, puisque vous semblez tant y tenir.
-
      Je vous en prie madame…
-
      Madame Dutil.
-
      Monsieur Du Sablon. Est-ce que le café situé juste de l’autre côté de la rue vous convient ?
-
      Tout à fait, répondit-elle.

Après avoir reçu les boissons commandées, monsieur Du Sablon engage la conversation.

-      Logez-vous à l’hôtel d’où vous sortiez, madame ?
-
      Non, pas vraiment.
-
      Vous y travaillez peut-être ?
-
      Non. Je ne crois pas que vous trouverez ce que je faisais là monsieur.
-
      Je ne veux pas être inquisiteur. Vous n’avez aucune obligation de me répondre.
-
      Si je ne vous le dis pas, je crois que vous manquerez une bonne occasion de rire.
-
      Dans ce cas-là, dites-moi tout.
-
      Sachez, monsieur, que je fréquente cet hôtel tous les mardis et les vendredis après-midi depuis bientôt trois ans. Et ce que j’y fais n’a rien de bien original.
-
      Vous y rencontrez votre amant, c’est bien cela.
-
      Vous n’y êtes pas du tout, monsieur Du Sablon.
-
      Vous pouvez m’appeler Émile.
-
      Alors vous n’y êtes pas du tout, monsieur Émile. Au fait en y repensant,  j’y fait peut-être quelque chose d’original.
-
      Vous attisez ma curiosité, madame Dutil.
-
      Vous pouvez m’appeler Madeleine.
-
      Et qu’y faites-vous Madeleine ?
-
      Je dors, Émile. Je dors tout mon soûl.
-
      Alors vous me voyez stupéfait, chère Madeleine.
-
      Voyez-vous, mon impuissant de mari refuse que nous fassions chambre à part. Et il ronfle comme une locomotive, sept nuits sur sept. Alors pour tenir le coup, je m’offre deux après-midi de sommeil par semaine. C’est aussi simple que cela.
-
      Je ne savais pas que monsieur Claude était impuissant.
-
      Pardon, voulez-vous répéter ce que vous venez de dire ?
-
      Oh ! Je crois que je viens de commettre une autre gaffe.
-
      Comment se fait-il que vous connaissiez le nom de mon mari ?
-
      Me voilà pris au piège comme un débutant.
-
      C’est à votre tour de tout me dire.
-
      C’est assez délicat, Madeleine.
-
      J’attends votre confession.
-
      Bon. D’accord. Puisqu’il le faut. Je suis détective privé et votre mari m’a engagé pour connaître votre emploi du temps les mardis et vendredis après-midi.
-
      Elle est bien bonne celle-là !
-
      Vous comprenez que cela me met dans une situation très inconfortable.
-
      Je comprends surtout que la légère bousculade n’était nullement fortuite.
-
      Ah ! Madeleine. Comment pouvons-nous régler ce différend ? Je ne veux pas vous être désagréable. 
-
      Vous n’avez qu’à dire la vérité à mon mari. De toute façon je ne fais rien de mal.
-
      Mais comment m’excuser auprès de vous ?
-
      Je vois peut-être un moyen de vous racheter. Que faites-vous vendredi prochain entre 13 h et 17 h ?

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

08 octobre 2016

Participation de Marco Québec

unnamed

 

Carnet d’adresses

 

Fabrique des mots magiques
7, rue des Apprentis sorciers
Pays du Perlimpinpin

Fabrique des mensonges
3 1/2 , rue des Demis-vérités
Pays de la Fourberie

Fabrique des mots de guerre
2, rue des Belligérants
Pays de la Contre-attaque

Fabrique des mots gentils
6, rue Latendresse
Pays de la Douce heure

Fabrique des paroles dures
4, rue du Crève-cœur
Pays de la Blessure

Fabrique des mots de peur
13, rue de la Répression
Pays de la Censure

Fabrique des mots de révolte
1000, rue des Insurgés
Pays de la Libération

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

01 octobre 2016

Pas d’échappatoire (Marco Québec)

unnamed


Quand elle me vit parmi les invités
Elle laissa échapper une grimace
Qui ne m’échappa pas

Pendant un moment, la raison m’en échappa
Puis je me rappelai
Que je m’étais échappé en révélant
Le secret qu’elle m’avait confié

J’eus envie de m’échapper
Mais elle vint directement vers moi
Elle n’allait pas laisser échapper
L’occasion de me donner une leçon

Comprenant que je n’y échapperais pas
Je m’approchai pour lui faire la bise
Elle échappa alors son verre de rouge
Sur mon veston et mon pantalon
Il n’y a que ma chemise qui l’échappa belle

L’hôte de la soirée
Qui n’en échappait jamais une
Me déclara que j’avais bien mérité
Que cette amitié m’échappât

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


24 septembre 2016

Dans mon coffre aux trésors (Marco Québec)

unnamed


Dans mon coffre aux trésors
J’ai versé l’eau

L’eau des rivières et des lacs
Pour la baignade ou le kayak

Les vagues de la mer
Qui me bercent comme le faisait ma mère

Les larmes de nos yeux
Au temps des adieux

 

Dans mon coffre aux trésors
J’ai mis le feu

Le feu sacré
Des gens engagés

Les feux de camp
Témoins de nos chants

Le feu de ton corps
Qui me brûle encore

 

Dans mon coffre aux trésors
J’ai soufflé l’air

L’air qui porte mon avion
Vers ta maison

L’air de nos chansons
Et des violons

Le vent dans le dos
Doux comme un cadeau

 

Dans mon coffre aux trésors
J’ai enfoui la terre

La terre où je suis né
Où je retournerai

La terre des labeurs
Pour les gens de cœur

La terre qui suit la cadence
De nos pas de danse

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags :

17 septembre 2016

Participation de Marco Québec

mq

Les fractions

 

Qu’allez-vous m’apprendre aujourd’hui?
Les fractions, répond le maître
À quoi cela va me servir dans la vie?
Ai-je vraiment besoin de les connaître?

Elles te permettront de cuisiner
De construire ta maison
De mesurer les quantités
Alors d’accord, dit le garçon

Il y a le numérateur
C’est une ou plusieurs des parties
Puis le dénominateur
C’est le total des parties

Dans ma famille
Je suis le seul garçon
Avec cinq grandes filles
Nous sommes six rejetons

Si je suis bien le un sixième
Des enfants Plamondon
Je n’ai pas de problème
À comprendre les fractions

Je ne crains pas les mots savants
Qu’ils se nomment attribut ou équilatéral
Cela m’est bien égal
Tant que vous me laissez le temps
Que vous êtes confiants
Que j’ai droit à l’erreur
Rien ne me fera peur

Un jour, je serai président
Ou peut-être chanteur
Avec vous j’ai appris
Que le plus important
Ce n’est pas ce qu’on apprend
C’est ce qu’on en fait dans la vie

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

10 septembre 2016

Une bonne chose de faite (Marco Québec)

 

mq



L’étudiant vient de graduer
De l’école de design
Il se dit
Voilà une bonne chose de faite
 

Le designer de mode a lancé
Sa première collection de vêtements
Il se dit
Voilà une bonne chose de faite
 

La jeune cadre a complété
Sa nouvelle garde-robe
Elle se dit
Voilà une bonne chose de faite
 

La dame a trié les vêtements
Qu’elle veut donner aux bonnes œuvres
Elle se dit
Voilà une bonne chose de faite
 

Le père et la mère aux revenus modestes
Ont trouvé des vêtements en bon état
Pour la rentrée scolaire de leurs enfants
Ils se disent
Voilà une bonne chose de faite
 

Des artisanes ont confectionné des courtepointes
Avec de vieux vêtements
Elles les ont appelées
Les courtepointes de la solidarité
Elles se disent
Voilà une bonne chose de faite

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

27 août 2016

Une enveloppe retrouvée (Marco Québec)

 

J’ai retrouvé parmi de vieux cahiers
Une enveloppe qui m’était adressée

L’adresse sur l’enveloppe me dit
Que j’habitais alors dans un autre pays
Je vois qu’elle provient d’un ami
Apparu à cette époque de ma vie
Le prix du timbre qui est apposé
Indique qu’elle a été postée
Il y a un bon nombre d’années
Le papier est vert clair
Probablement une carte d’anniversaire

L’enveloppe recèle en effet
Une carte de souhaits
Un enfant en pyjama
Est assis sagement
Et serre de ses deux bras
Un ourson tendrement

Le message est court
L’écriture appliquée

Cher ami, je t’envoie plein d’amour
Et une tonne de baisers

L’auteur a signé son prénom
Un prénom de garçon

Remonte encore aujourd’hui
Le trouble qu’avaient produit
Ces quelques mots
Des mots pourtant si beaux

La carte est retournée
Rejoindre mes vieux cahiers
Pendant que j’essuyais
Les larmes qui coulaient

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

20 août 2016

Des chiffres et des lettres (Marco Québec)


Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

Il y a les nombres
Qui savent réjouir
Ceux de ton bulletin
Qui montrent  que tu travailles bien
Ceux du gros lot
De la loto

Il y a les nombres
À contrôler
Ceux du budget
Il faut que j’essaie
Ceux de ta glycémie
Qui fait des folies

Il y a les nombres
Qui inquiètent
Ceux qui comptent les jours
Qu’il reste à ton parcours
Ceux qui disent la situation critique
Des changements climatiques

Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

Il y a les mots
Qui font grandir
Qui ouvrent l’avenir
Je suis fier de toi
Viens dans mes bras
Je crois en toi
Je serai toujours là

Il y a les mots
Qui asservissent
Qui anéantissent
Tu ne vaux rien
Pas même mon chien
Tu es moins que rien
 
Il y a les mots
Qui consolent
Il y a les mots
Qui désolent
 
Il y a les mots
Qui construisent
Il y a les mots
Qui détruisent

Avec des chiffres
On fait des nombres
Avec des lettres
On fait des mots

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :