19 décembre 2015

Pauvre Mathilde (Lilou)

la voiture s’enfonça lentement dans l’eau…

 

Une demi heure avant :

 

La journée avait mal commencé ; d’abord le réveil avait pris la liberté de sonner avec une heure de retard et il avait atterri en morceaux sur la carpette. Puis Mathilde avait dû se contenter d’avaler un breuvage  brun, froid et amer, qui portait par erreur le nom de café, accompagné d’un vilain quignon de pain rassis. Evidemment du liquide, la moitié fut renversée sur le courrier qu’elle n’avait pas pris le temps d’ouvrir. Depuis quand n’avait-elle pas eu une vraie nuit de sommeil…une vraie avec un oreiller douillet sous sa tête ? Elle avait enchaîné garde sur garde puis encore des gardes ; manque d’effectifs ! Son téléphone de service la sortit de son humeur chagrine et elle répondit mollement à son collègue Guillaume. Elle grimaça ; elle devait se rendre dare-dare au château du Comte Jérôme La Trémouille du Schmoll, victime dans la nuit d’un important cambriolage.

Machinalement, elle attrapa les clefs de la Citroën 007 de service et maudissant  le GPS qui bien sûr ne fonctionnait pas elle démarra en cahotant. Après des errements et quelques erreurs d’itinéraires, elle rejoignit Guillaume, qui sur place depuis deux heures, inventoriait les objets volés. Outre quelques diamants et émeraudes, on comptait des tableaux célèbres : deux Picasso, un Dali, un Pollock, un Manet, un Renoir et même une tenture ancienne au point compté. Mathilde, étouffa un bâillement en pensant  que c’étaient beaucoup d’histoires et de billevesées pour des petits cailloux brillants et  de vulgaires copies. Un café, un vrai, aurait été le bienvenu. Soudain  elle sursauta : une tenture ! Non une tapisserie de la reine Mathilde, un ouvrage prêté par le musée de Bayeux ! Un cadeau de la Reine à son mari Guillaume le Conquérant, une valeur inestimable…

Porter le prénom d’une reine valait bien un effort ! Elle oublia le café et se concentra  sur l’enquête, rassembla les témoignages et  ne négligea aucune piste. Au bout d’une heure,  laissant la police scientifique finir son examen, les deux collègues montèrent chacun dans leur Citroën  de service. Mathilde, partie la première, s’engagea sur la route qui longeait le lac. Elle récapitulait tous les éléments de cette nouvelle enquête quand, d’un petit chemin de terre, déboucha un coupé cabriolet rutilant. Au volant, Arsène Lupin lui fit un petit signe amical ; trop fort c’était trop fort !  Elle avait le coupable à portée de main. Alors sans tenir compte du danger, elle fit un demi tour digne de Fangio mais hélas elle dérapa, fit une embardée et…

Mais ça c’était hier, fallait-il y voir un signe du destin ?

se disait Mathilde engoncée dans les plumes de sa couette fleurie de petites violettes. Elle éternua plusieurs  fois et  toussa fortement ; une main douce, Guillaume ou Olivier ?,  lui tendit un mouchoir parfumé à l’eucalyptus et lui fit boire une cuillerée de sirop pour calmer ses quintes de toux. Peu à peu, Mathilde sombra dans un sommeil léger puis fut emportée dans ses souvenirs.

 

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17 octobre 2015

Participation de Lilou

 

      -          Oui attends une minute, Gigi,  je prends mon agenda…

 

 

Agenda, vous avez dit Agenda ? Mon sang ne fit qu’un tour et devant les yeux hagards de ma propriétaire je poussais mon cri de colère

Halte, au secours, non, non, non, et non !!!!… Je n’ai plus une place libre, pas une case, pas une ligne, même pas un endroit où poser un crayon. 

Je suis déjà tout gribouillé, rayé, biffé, raturé, barré et déchiré de crayon, de feutre, d’encre. Je suis agressé par les pointes billes appuyées avec force ; pourtant je suis tout doux. Je suis gommé, gratté et effacé comme un palimpseste ! Et encore mon papier n’est pas aussi beau.

Je n’en peux plus, je vomis, je recrache, je rejette et repousse tous rendez-vous.

Dentiste, médecin, soirée aquagym, vernissage des aquarelles de la copine, les randos avec les copains qui râlent parce que cela va trop vite ou pas assez…. Suffit !

Je ne veux plus rien… mes pages ont le teint gris...

Je veux être blanc, bien blanc, lisse comme la peau d’une pomme. Avoir le teint pâle mon rêve….

Pas la peine de hurler ou de vociférer j’ai dit NON !

Allez tiens je vais me mettre aux mots croisés ou sudoku…

 

 

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26 septembre 2015

Participation de Lilou

 

Quoi de plus secret qu’un secret

Qu’il soit de polichinelle, bancaire

Judiciaire, de fabrication ou de la vie

Un secret c’est un secret et ce n’est pas un secret

Que de trahir un secret c’est le divulguer.

Alors, il faut être mis au secret pour ne pas l’arracher

Et c’est sous le sceau du secret

Que je vous révèle ce secret

Avant que je ne l’emporte dans la tombe,

Le secret des secrets

N’est jamais vraiment secret.

Tout se sait un jour

Alors inutile de garder un secret.

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07 mars 2015

Participation de Lilou

 

-          « Je vous assure cher cousin que vous avez dit bizarre, bizarre »

Moi ! J’ai dit « bizarre » non ouvre tes esgourdes ! J’ai dit « Quel bazar !

C’était un drôle de commerce comme je n’en avais jamais vu depuis mon retour du Kirghizistan.

On trouve de tout, de l’ancêtre de la pince à linge au préservatif moderne. Il y règne une odeur indéfinissable de savon de Marseille mâtinée de saucisson à l’ail. On trouve de tout même l’introuvable… J’ai déniché avec une joie intense, un très vieux vynil en 78 tours de Fred Goin dont ma tante était coiffée et qui à chaque rencontre nous gratifiait «  d’un vieux village dans la vallée, où le vieux clocher… », ma mémoire fait un peu défaut, je l’avoue. Pas besoin de saphir pour le pick-up à cornet ;  une simple épine de cactus fait l’affaire ! Mais le pire ou le mieux, j’ai découvert au fond d’une caisse un livre sur Louis Jouvet !

Vous ne me croyez pas ? Vous avez tort et raison à la fois ;  ce magasin très achalandé, très prisé et fort bien approvisionné au demeurant, c’est à la fois le bazar à cent sous de ma grand-mère et le moderne drugstore… Et il existe, il suffit de bien le chercher. Bizarre bazar, bazar bizarre !

 

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21 février 2015

le paradis (Lilou)

 

Et voilà c’est arrivé… c’est bien ce que je craignais, qu’un jour, à force de nous concocter des défis chaque samedi, on se retrouverait en classe de philo. Disserter sur le paradis en miette, en morceau ou en entier comme si on parlait de thon en boîte.

Pas de radis ce n’est pas le paradis que ce soit sur terre ou sur mer ; et pas de radis pour acheter son brie c’est à pleurer des seaux… qui mord ne dine pas…

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10 janvier 2015

Participation de Lilou

Miroir, mon beau miroir

Je te hais,  oui je te hais !!!!

Toi mon compagnon de tous les jours, et même de tous les instants, aujourd’hui je te hais ! Oui je te hais.

Tu oses me demander pourquoi ! Tu as un culot phénoménal de te présenter à moi comme cela ce matin….

Mais revenons en arrière d’une cinquantaine d’année. C’est trop ! Alors disons quarante-cinq ans. Je t’ai rencontré et, pour la première fois on me rendait ce que je montrais avec une fidélité exemplaire. Tu étais indéfectible ; chaque jour je te posais la même question : suis-je belle et la plus belle ? Oui me répondais-tu, tu es la plus belle. Tu prenais soin de moi comme je prenais soin de toi ; oui bien sûr tu n’aimais pas que je t’asperge de détergent, ta vue se brouillait mais c’était pour mieux te contempler mon cher miroir. Tu me disais que j’avais une mèche de cheveux de travers, tu me consolais quand je pleurais avec des mots parfois durs : attention tu as les yeux gonflés et rouges. Tu me raillais quand le maquillage était un peu trop accentué avec des couleurs de caméléon et tu te souviens encore de cette horrible robe que ma mère avait voulu me faire porter pour le bal des anciennes de l’école. Quel fou rire !

Puis, je me mis à t’emmener partout. Tu étais dans mon sac et cela me rassurait ; fallait bien repoudrer le nez et remettre un peu de rouge pour donner bonne mine.

Une fois cependant tu m’as dit : « tu toujours aussi  belle mais attention, trois belles jeunes filles qui te ressemblent, te rattrapent et bientôt tu seras coiffée sur le poteau d’arrivée ». Je n’étais pas jalouse, elles étaient un peu moi les demoiselles.

Et puis le temps inexorable  passait et plus il temps passait plus tu devenais grognon. Tu te mis à faire grise mine. Je t’ai demandé si c’était mes ridules qui te gênaient. Tu m’as bredouillé une réponse comme on fait une pirouette et je me suis mise à chanter : Ah ! Je ris de me voir si belle en ce miroir ! Tout en me tartinant de sérums de jeunesse et de crème anti rides, d’antis radicaux libres, d’anti vieillissement de jour et de nuit.

Rien n’y fit et aujourd’hui, je te découvre aussi craquelé qu’un tableau de Bruegel !

Miroir, je te hais, hélas tu ne peux rien contre la fuite du temps, mais tu réfléchis bien !

 

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11 octobre 2014

Participation de Lilou

Ma très chère Eulalie

 

Vous ferais-je offense si je prends la plus belle de mes plumes, une plume ordinaire ne pourrait souffrir de tracer pour vous ma très chère amie, ces quelques mots. Ce que j’ai à vous dire ne souffre pas l’attente.

Il m’a semblé que nous étions en osmose ces derniers temps et que nous pouvions envisager une vie commune. Je vous revoie, votre robe de soie orange dont les plis moirés, dansaient autour de vos chevilles si fines et délicates. Votre ombrelle de dentelle blanche protégeait votre visage des rayons brûlants du soleil dans cette allée du jardin de votre grand-père. Oh !  Comme cette image reste l’obsession de mes nuits sans sommeil. Aucun oubli n’est possible !

Vous souvenez vous lorsque je vous ai récité l’Ode à Cassandre comme votre main a glissé dans la mienne. Vous avez été si émue que n’avez pu que bégayer une petite comptine :

Un, deux, trois

Nous irons au bois

Quatre, cinq, six,

Cueillir des cerises

Sept, huit, neuf,

Dans mon panier neuf.

 

Nous nous sommes alors assis sous le grand cerisier. Vos yeux couleurs de l’océan se sont fermés pour m’écouter. Plus tard vous m’avez confié en dégustant une part de clafoutis avoir entendu les orgues jouer la plus grande des symphonies.

Votre parfum d’orchidée sauvage mêlé aux senteurs de lilas blanc m’a enivré, un orage d’été n’aurait pu m’offrir plus de sensations aussi douces que violentes.

Las, l’accès à votre corsage ouvert sur vos petits seins ronds et fermes me fut interdit ; l’obéissance aux obligations de la bienséance sans doute qui ne cacha pas cependant votre émotion.

Ma chère Eulalie, je dois vous avouer que tout empli de cette image, mon esprit bouillonne et tourbillonne ; si fort qu’hier j’ai eu un léger accident en me rendant à la cave alors qu’un entonnoir à la main afin de remplir un bouteille de sublime Bordeaux (que je compte offrir à Monsieur votre père), je n’ai pas vu la porte. je me suis cogné et celle-ci est sortie de ses gonds. J’ai trébuché et chu dans l’escalier. Dans ma chute, j’ai déchiré la cravate que vous avez tant admirée et qui ne me quitte jamais.

Heureusement dans cette aventure, ma moustache que vous avez si tendrement caressée, n’a pas défrisé.

Tout ceci est bien peu en regard de mes rêves les plus fous, les plus oniriques, je vous vois allongée, reposant au milieu de pétales de roses dans la clarté de l’aube, les rayons pâles du soleil levant, caressent votre corps nacré comme une opale, à votre doigt brille un anneau d’or !

Pardonnez, ma très chère Eulalie, mon emballement, mais, j’irai dès demain, puisque l’opportunité se présente, demander votre main délicate à votre père.

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17 novembre 2012

Peinture moderne, mode d’emploi (Lilou)

Vous êtes artiste peintre et vous n’avez plus d’inspiration ? Vous avez perdu le fluide de cet art qui coulait dans vos veines ? Soit vous continuez à vous dessécher devant une toile vierge, soit vous décidez de prendre le taureau par les cornes et de suivre les concepts de la nouvelle école picturale en vogue. Mais attention, il faut respecter les préceptes, conseils et modes d’emploi à la lettre sinon vous perdrez tout espoir de composer un tableau de grande valeur, cotée chez Sotheby’s.

D’abord il faut faire le tour des marchands de couleurs. Vous pouvez faire vos repérages en faisant votre jogging ; pas de perte de temps et cela fait du bien. Une fois repérées les plus belles teintes, (cela est une affaire de goût… Comme chacun sait dégoûts et découd leurre…), là, les choses se compliquent car vous devez avoir un sac, un cabas, filoche, valise à roulettes ou poussette de marché avec vous dans lequel vous trimballerez vos acquisitions.

Ensuite, il suffit de respecter les consignes suivantes.

Tout d’abord, une fois rentrer chez vous, éloignez les enfants, il font trop de bruit, puis vous vous allongez sur votre lit, un matelas, un canapé ou une vieille paillasse peu importe, pourvu que vous soyez « gros bien » car vous êtes épuiser par  vos courses. Ensuite, vous prenez un bon café, une tranche de brioche tout juste sortie du four, vous blaguez avec votre voisin et vous allez dans la remise chercher un vieux râteau.

Et c’est là que commence tout votre talent…

Sur votre toile préalablement bouillie avec des os de lapin (il faut compter deux lapins par mètres carrés de toile) et passée au borate de soude bien étendue sur le carrelage de votre cuisine, vous jetez à la volée le contenu de trois au quatre pots de peinture que vous étalez ensuite avec le râteau en tous sens dans des mouvements de va-et-vient.

Vous pouvez, comme le souligne les puristes de cette école de peinture moderne et très tendance, soigner les angles avec une fourchette ; vous avez un grand choix de fourchettes : la fourchette en argent du service de votre belle-mère ou bien le pic rôti à trois dents rouillé que vous avez oublié lors du dernier barbecue familial.

Le résultat pour être incertain sera du plus bel effet.

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10 novembre 2012

Tournez manège (Lilou)

Ce défi me fait penser à la chanson de Brassens « A l’eau de la claire Fontaine » où le poète fait, du pampre de la vigne, un bout de cotillon à sa belle.

Et là je resterai terre à terre et je vais coller (au sens propre comme au figuré) à la consigne du défi.

Moi, ancien instit de maternelle, je n’ose vous dire combien de fois j’ai fait les poubelles de mon quartier pour récupérer des pots de yaourts ou des boîtes de camemberts. L’imagination travaille et avec deux bouts de bois, un morceau de tissu de la colle et hop voilà une marionnette le visage peint dans le fond de la fameuse boite à camembert.

Chez les petits après un coloriage maladroit mais appliqué de silhouettes d’ourson, de petits cochons ou de lapins roses, un peu de fil, deux boîtes de camembert ou de coulommiers, une pour faire un socle, une tige de bois plantée d’un bout dans le socle et de l’autre bout dans un fond de boîte dont on a gardé la bande du tour pour agrafer les oursons ? Une perle pour faire tourner et vous avez là un manège miniature qui amusera vos petits bouts de chou. Surtout que le coloriage prend du temps.

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06 octobre 2012

Brouillonne brouillard (Lilou)

 

Brouillonne allons voir si le brouillard

Qui se matin avait larmoyé

A terni la robe grise de l’ondée

A point perdu cette vesprée

Les plis de son nuage embrouillés

Et sa fraîcheur à la vôtre pareille.

 

Las, voyez comme le brouillard

En peu de temps dévaste l’espace

Brouillonne, le brouillard a pris place

Las las, les larmes des nuages se brouillent

Ô brouillard vraiment marâtre Nature

Puisque les pleurs au vent se fanent

Du matin jusques au soir en tourment.

 

Donc, si vous me croyez, brouillonne

Tandis que le brouillard fleuronne

En toute violente nouveauté blafarde

Brouillez, brouillez votre opacité

Avant que  la  brume n'évapore

Votre  brouillard et ne dessèche votre cumulus.

 Lilou avec la complicité involontaire

d'un certain Pierre de Ronsard

 

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