12 octobre 2019

La soupape (Lecrilibriste)


À force d'être faussement sage
de s'exprimer au ralenti
pour éviter l'accrochage
toujours se montrer gentil
désamorcer l 'amorçage
que lui lance un abruti

Quand explose la soupape
Pardi ! ça décape !

À force d'ébullition
avec 100 chevaux vapeur
sans  limiteur de pression
pour le turbocompresseur
L'a beau avoir un blindage
naturel d'abnégation
l'naturel d'enfant pas sage
enfin reprend possession

Quand explose la soupape
Pardi !  ça décape !

Mais quand elle a explosé
cette soupape surcompressée
Il se retrouve épuisé
vidé de toutes ses scories
Il n'en dort pas de la nuit
Jimmy  l'est anéanti
Y-a-t-il un dragon en lui
qui soudain s'est affranchi

Quand explose la soupape
Pardi ! ça décape !

La soupape a explosé
il a pas pu l'arrêter
réagi en décalé
c'est bluffant de vérité
pas eu l'temps d'se dégonfler
Il a surmonté son trac
a relevé le défi
a terrassé l'ennemi

Quand explose la soupape
Tant pis ! ça décape !

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05 octobre 2019

Avec les rupins … (Lecrilibriste)


Avec les rupins j'suis pas bien
Ils vivent un monde loin du mien
bien protégés dans leurs remparts
de noms, de bourse, de comptes en banque
Y z' ont des sous, y s'croient malins
avec leurs grands airs ils te toisent
avec leur faux self, ils te pompent
avec leur argent, ils te trompent

T'as beau essayer, t'as beau faire ...
Tu fais pas partie de leur sphère

Ils ont des codes qu' tu n'connais pas
du beau monde que tu n' fréquentes pas
des yachts et des décapotables
aucun souci pour boucler le mois
y font des ronds de jambe aux rois
du Qatar et de la finance, des USA
Avec l'argent, z'ont tous les droits
Ils ne te calculent même pas

T'as beau essayer, t'as beau faire
Tu fais pas partie de leur sphère

Heureus'ment y en a certains
qui échappent au système
Ils ont la fibre de l'humain
qui circule dans leurs veines
Mais il faut du temps, pour que ça vienne
un certain temps pour qu'ils comprennent
que nous sommes tous des maillons de la chaîne
que si l'argent est le nerf de la guerre
réussir sa vie n'est pas forcément monétaire

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28 septembre 2019

« Quidam ? » (Lecrilibriste)


Il était tell'ment transparent
semblait tell'ment inexistant
qu'on l'avait surnommé « Quidam »
Il ne plaisait pas aux messieurs
laissait indifférentes les dames
il s'faufilait inaperçu
on se  rapp'lait pas l'avoir vu
Rien de lui n' prêtait à fantasme
Ses traits offraient comme un marasme
dont on ne se souvenait plus
même rencontré six fois et plus
Chaque jour il changeait de tenue
Mais ses complets étaient les mêmes
du gris souris à l'infini
bleu ciel, les chemises aussi
il ne changeait pas de couleurs
toujours les mêmes chaussures de sport
Mais  pratiquait, ne vous déplaise
la course à pieds comme une ascèse
et ne se laissait distancer
par personne, même s'il suait
sang et eau en août et juillet
Cela aurait dû alerter
les plus finauds, les plus doués
de ses voisins pour  détecter
à le voir ainsi pratiquer
un savoir-faire développé
et un jogging aussi musclé
quelques secrets bien camouflés

Mais ça, personne ne s'en doutait
c'est à sa mort que l'on apprit
voyant les gradés réunis
autour d'un cercueil dépouillé
le secret d'une vie bien gardé
de quidam pas si transparent
et encore moins inexistant
Il avait toutes les qualités
d'un bel espion epoustouflant
le meilleur espion d'la planète
il était  007

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21 septembre 2019

Ah la pétanque (Lecrilibriste)


Ah la pétanque, ah la pétanque
c'est c' que l'on joue vers les calanques
ou bien après une bamboula
mais moi je ne m'y colle pas
Honte sur moi !

En doublette ou bien en triplette
ou  seulement en tête à tête
malgré le nombre de licenciés
j'aime mieux taper sur mon clavier
pour m'échapper
et scribouiller

Pour avoir l'air un peu moins bête
lors qu'ils taquinaient la boulette
suis allée voir Wikipédia
de l'alpha jusqu'à l'omega
pour qu'il m'éclaire
sur cette affaire

Fiere de ce tout nouveau savoir
j'ai rejoint les joueurs notoires
avec en mains trois boules Obut
j'allais sans crainte toucher le but
du premier coup
mais pensez-vous !

C'était la fin de la partie
ça se jouait fifti fifti
Comme une pro je m'avançais
vers les boules près du cochonnet
Mais un joueur que j'énervis
pressé d'en finir à tout prix
pour pas embrasser la Fanny
lança sa boule en plein élan
Et allez Vlan !

Lors j'entendis sonner le glas
Pendant trois jours dans le coma
après ce tir de bazooka
de lou jo a pèd-tance
Y avait de quoi entrer en transes
C'est ma foi
ce qui arriva !

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14 septembre 2019

« Aie confiance crois en moi » (Lecrilibriste)


« Aie confiance crois en moi
Fais un somme sans méfiance
Je suis làààààààààààààààà… »
Sur ! C'est  Kaa …  Qui sssussssurre tout bas !

Médusée par ces cercles concentriques
qui se succèdent sans fin et qui plongent
qui plongent, qui plongent, qui plongent
 je plonge dans un vide extatique
Hallucinée par ce vertige
Yeux papillotants sous l'emprise

Est-ce un galet qui fait des ondes
dans une mer du bout du monde ?
Est-ce  une illusion vagabonde
Ou une béance immonde
Qui m'avale pour m'engloutir
Est-ce un « trou noir » de fin d'un monde ?
Comme ce  rêve berezina
où je tombais la tête en bas
en spirale,  tournant dans le noir
sans fin dans un vaste entonnoir !

Non !  Le bosssss s'est pris pour Kaa
Et je l'entend d'ici, rire : Ah ! Ah ! Ah !
Ils veulent un défi le ssssam'di  ? En voilà !
Après  leurs écrits poétiques
Essayons l' illusion d'optique
Pour voir ss'ils sssssuivront jusque là  !

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07 septembre 2019

NIMBY (Lecrilibriste)

NIMBY

 

N Ne vous méprenez pas Monsieur le Ministre

I Innovez, oui ! Où vous voulez, mais pas dans ma commune

M Ménager la chèvre et le chou, voyez-vous, c'est mon lot

B Batissez le où vous voudrez votre incinérateur, mais ailleurs

Y Y faut pas trop enfumer mes administrés …

 

Quoi que ...

 

N Nimbée de cette orée de verdure

I Il est vraiment séduisant votre projet.. Il renflouerait bien la commune ...

M Mais de quel côté s'en iront les fumées ?

B Ben ! Bien sûr en fonction du vent !

Y Y a surtout le mistral ici, vous savez … Pour l'environnement, c'est pas joué ! ...

 

Alors ...

 

N N'hésitez plus, les fumées iront vers le nord

I Il n'y a là que quelques mas perdus ... non ? … Voyez !

M Mais les champs de lavande vont en être imprégnés ?

B Ben ça donnera au parfum une suave odeur de fumé

Y Y plus qu'a mettre ça à la mode avec une bonne pub  à la télé!

 

Et la partie sera gagnée  !

 

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31 août 2019

Strange thing (Lecrilibriste)


À l'intérieur tout feu tout flamme
mais immobile sur sa stèle de pierre
le robot-dragon rêve d'un souffle de vie
que lui apporterait un vent de folie
Il y a urgence car son âme s'enflamme …

Depuis quelques temps, rien ne va plus
son pater avec son ADN
l'a créé, fabriqué, connecté, installé
et sur cette implantation formaté,
asservi à cracher des flammes virtuelles
alors qu'il pouvait marcher, cracher, ruer ...
Avec les nouvelles technologies
il a pris quelque envie de vie

Les touristes s'approchent  et s'arrêtent
« Strange thing » « Strange thing »
c'est drôle quand on le regarde dans les yeux
y'a quelque chose qui bouge
Il fait peur, il a l'air dangereux.
Au fait,  sont-ils verts, noirs ou bleus ?
Si on  regarde de ce côté, il a l'air triste et désolé »

Il n'est pas désolé,voyez-vous, il est triste et furieux
Et ses yeux sont rouges, mesdames, messieurs !

Mais Fifi, ado sublime et audacieux
phénomène en informatique spécifique
rode autour de la chose insolite
et frayant pour de bon avec la jet-set
des hackers, des pirates et des asiatiques
bidouille sa babasse en lui caressant la tête
Et  dit « t'en fait pas mon vieux, on va s'envoler
sur ton dos jusqu'en Chine, j'irai m' balader »
quand j'aurai fini d' ficeler mes algorithmes

C''est ainsi qu'en août, une belle nuit
lors d'une nouvelle lune en lion
Fifi s'envola sur le dos du dragon
jusqu'à la muraille de Chine ;

L'histoire ne dit pas s'ils ont bien atterri
Mais on n'a jamais revu ni dragon ni Fifi

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24 août 2019

En haut du Triforium (Lecrilibriste)

 

Mais quelle est cette petite frimousse espiègle d' ange qui apparaît soudain dans une ogive sculptée du triforium, à côté du visage de pierre du grand Saint Louis ?

Bien sûr, c'est Louisette ! Qui voulez-vous que ce soit ?

Avec ses jambes toutes neuves de 10 ans, toujours avide de découvrir le monde, elle a grimpé à toute vitesse dans le noir la volée de marches en colimaçon, devant ses parents qui montent à un rythme plus lent et le sculpteur ami qui leur fait visiter le triforium de l'abbaye qu'il restaure actuellement.

Attend nous, Louisette crie maman  ! Attention  Louisette ! Crie le sculpteur, attend s'il te plaît et surtout ne te penche pas …

Mais Louisette ne bouge plus. Elle reste plantée immobile, scotchée devant ce qu'elle découvre de derrière son ogive.

Comme c'est drôle de regarder d'en haut ce qui est en bas. Les choses ne sont plus pareilles !

On ne les voit plus de la même manière.

Quand elle était en bas, les colonnes lui semblaient immenses … au moins 20 fois plus grandes qu'elles. D'ici, elle les découvre autrement en plongeant son regard dans la nef , elle voit tous les détails. Elle est à côté des feuilles d'acanthe en relief qui s'enroulent autour de chaque chapiteau de colonne. Elle pourrait presque les toucher.

Elle regarde fascinée la vaste nef , les colonnes de pierre qui soutiennent le ciel de voûte et les visages sculptés des personnages qui l'entourent juste à son niveau. C'est bizarre, Il y a même des diables...Le plafond bleu étoilé d 'or ressemble au paradis. Et surtout, surtout, les vitraux, éclairés par le soleil envoient des taches de toutes les couleurs sur les murs, sur les bancs, les chaises, sur l'autel et sur les dalles de pierre, partout, dans tous les coins . C'est beau toute ces éclats de lumière colorée.

Les adultes l'ont rejointe dans la galerie du triforium creusée en haut du mur de chaque côté de la nef. Le sculpteur explique, raconte l'histoire de l'abbaye. Il fait remarquer les graffitis qui sont inscrits dans le mur du triforium. Il explique que ce sont les ouvriers qui ont travaillé à ériger l'abbaye . Ils ont signé ainsi leur travail pour laisser leur trace, laisser quelque chose d'eux aux générations futures.

Louisette impressionnée avance maintenant avec précaution et en file indienne dans l'étroitesse de la galerie du triforium .. . On est si haut ici.

Elle regarde, elle écoute …. Chacun admire, touche la pierre, détaille les sculptures vues de près . Le sculpteur fait remarquer… la précision du ciseau sur l'aile de l'ange, sur sa main qui tient la flûte, sur le doigt qui tient la note jusqu'au son pur...

Louisette regarde, écoute … Elle entend la musique de l'ange...

 

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17 août 2019

Le trésor de l'abbaye (Lecrilibriste)


J'ouvre la grande porte sculpée
pour pénétrer dans  l'abbaye
l'obélisque au garde à vous
sur son socle de marbre rose
protège le seuil et veille
avec les morts des vieilles guerres
incrits à jamais dans sa pierre

Le silence l'habite
chargé d'odeurs d'encens
et de cire fondue des cierges
Vertige de la lumière
le bleu et le rouge des vitraux
éclairés de soleil
dessinent un kaléidoscope
de la nef jusqu'au choeur
sur les dalles de pierre

Les pas se font menus
pour ne pas heurter le silence
Transcendant l'instant
le regard embrasse la mémoire,
sonde le mystère d'un Moyen Age
batisseur de cathédrales
créateur de merveilles
que l'on ne sait plus faire
malgré les techniques partenaires
des batisseurs de ce siècle
 
Piétinement de vies, de besognes et de prières
Etés, automnes, hivers, printemps
ont résisté au temps
En spires les suppliques
des ans et des neiges d'antan
les psaumes, les pater et les ave
s'accrochent aux feuilles de lierre
des colonnes sculptées
pour grimper vers le ciel

Deux fois l'an,  un rayon de lumière oblique
traverse la rosace au dessus de l'autel
au cœur de la colombe aux ailes déployées
Il vient caresser une large dalle de pierre
usée par tous les pas qui l'ont foulée
C'est le trésor secret de l'abbaye
c'est du moins ce qui se dit
Il emplit d' un regain d'énergie
cosmique et tellurique
les corps des  fidèles initiés
qui attendent pieds nus sur la dalle sacrée
l'instant magique où il va l'éclairer

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10 août 2019

La chapelle de Fromental (Lecrilibriste)


L'air est pesant ; le ciel assombrit d'anthracite bleuté son humeur d'orage et le vert végétal s'avive sous le souffle de la colère qui gronde ; le rouge monte aux pétales des pois de senteur qui courent sur l'antique mur moussu  mais le lierre grimpé à l'assaut du vieux tilleul chuchote la mémoire d'un lieu empreint de calme et de paix.
Autour de la chapelle, le silence s'habite peu à peu, bruissements, crissements, bourdonnements, gazouillis.
Ecoutez la caille !  Elle margotte au cœur du champ de blé.
Voilà le merle qui répond, grisé par l'odeur sucrée du tilleul en fleurs tandis que les hirondelles en quête de quelque moucheron à gober intensifient leur vol de chasse et leurs cris stridents en rasant le sol.
 Les abeilles ont élu domicile dans les trous des murs et s'activent en va et vient besogneux pour engranger les pollens  des fleurs de la Saint Jean.
Au campanile, la cloche attend le prochain rendez-vous pour carillonner la vie qui s'écoule et le minuscule cimetière materne les âmes endormies attendant sereinement le bouquet de fleurs des champs qu'un prochain visiteur déposera sur une stèle enherbée.
Le  cadran solaire marque d'une ligne d'ombre l'heure du temps qui passe inexorable.
Combien de pas ont-ils foulé les marches pour en user ainsi la pierre ?
Combien de mains ont-elles poussé la lourde porte de chêne pour prier un instant ?
Combien de pèlerins, en marche vers Compostelle se sont-ils reposés un moment au calme, sur le banc de pierre, embrassant le même paysage qui est devant nos yeux, avant de  poursuivre leur chemin ?
Un visage de pierre au relief estompé par les années sait.  Il veille, surplombant le porche.
Son regard semble perdu vers le lointain en quête d'un temps où  les processions s'acheminaient vers la chapelle romane et les prières des rogations montaient avec foi vers le ciel pour invoquer Dieu d'avoir de belles récoltes.
Fromental, n'est-ce pas un nom de froment, de pain, un nom de faim, un nom de quotidien, un nom de paix, un nom de vie ?

Le bruit des sept marches grimpées à toute vitesse interrompt ma contemplation. .. Une petite fille brune entre en courant  dans le minuscule cimetière, un bouquet de coquelicots à la main. Je luis souris. Elle me sourit.  
J'entends sa mère qui l'appelle «Mary ! Mary,  mais enfin Mary , Attends moi !
Mais Mary n'attend pas.  Elle court et s'arrête  devant une petite tombe envahie de lierre où elle pose son bouquet.
« Tiens Marie, c'est pour toi ». Puis, aussi vite qu'elle est entrée,  elle court rejoindre sa mère qui presse le pas sur le chemin.

Curieuse,  je m'approche pour lire le nom sur la stèle. Il est presque effacé, mais en passant mon doigt sur chaque lettre,  je  décrypte :  Marie, 1780 – 1787.  
Les coquelicots font comme un nez rouge de clown au milieu de la chevelure de lierre, et ça m'amuse !
Qui était donc cet étrange petit personnage  si tôt disparu ?

Toute la soirée, mon esprit a vagabondé,  imaginant quelle histoire pouvait bien unir ces deux-là …
Le prénom était le même ….  Marie...
Quel lien avec ce passé enfui  demeurait-il si vivace  ?
Quel fil nous unit à nos chers disparus ?  
Quel fil nous relie  aux générations précédentes, nous relie à « l'avant nous », nous relie au passé ?  
 Le mystère est là. Il  ne se laisse pas percer, mais il bat au cœur de toute vie !

Aujourd'hui, la porte est close. Pour entrer dans la chapelle de Fromental, il faut prendre rendez-vous.
Les temps ont changé mais Dieu n'est pas mort ! Il est mystère au cœur de toute vie !

Fromental 2

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