17 septembre 2022

Agogographes (Lecrilibriste)

 

Pends ton graphe au milieu du mur, Il est beau !

Pour le faire, Il a fallu

Tant de mélographes et de lithographes

De mimographes et de stylographes

Sans oublier le pantographe du géographe

Pour centrer l’autographe du mythographe

Et le paragraphe de l’épigraphe

Vite ! il faut quérir le photographe

un musicographe et un chorégraphe

pour notre œuvre finaliser

 

Mais quel est cet étrange graphe dans l’épigraphe ?

Malédiction !

C’est une faute d’orthographe du sténographe

Tout est à recommencer !!!

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,


10 septembre 2022

La ronde des oeufs (Lecrilibriste)

 

Oeuf de dragon
c'est béton

Oeuf de vipère
Sans commentaire

Oeuf de cent ans
c'est dégoûtant

Oeuf de caviar
c'est bizarre

Oeuf de polyester
C'est pas clair

Oeuf pour raccomoder
C'est dépassé

Oeuf d'autruche
c'est l'embuche

Oeuf de cane
on cancane

Oeuf de poule
c'est trop cool

Oeuf de Paques
c'est paradisiaque

Oeuf en chocolat
il n'en reste pas

Œuf de Fabergé
Pas pour les fauchés

Oeuf cosmique
c'est l'unique ... Ouf !

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

03 septembre 2022

Beurk ! Gloup ! Trop nareux ! (Lecrilibriste)

 

« Si j’aurais su, j’aurais tout avalé à mesure ! »

A cause de la guerre et de mon père prisonnier, nous avons vécu chez mes grands-parents maternels qui avaient une grande maison et quand mon père est rentré, nous y sommes restés !

A cette époque-là, on ne moulinait pas la soupe. En fait, je ne m’en souviens pas. Mais ce jour-là, je ne sais pas qui avait fait la soupe mais les morceaux de queues de poireaux étaient particulièrement gros, je me souviens, et avaient cuit dans le bouillon comme ils avaient été coupés.

Franchement ces queues de poireaux ne glissaient pas dans mon gosier – d’ailleurs tout comme maintenant, les fils de haricots verts - et je les avais disposées délicatement tout autour de mon assiette à soupe qui avait un rebord, comme celles d’avant. C’était beau, ça faisait comme une fleur verte tout autour. J’en avais bouclé le cercle.

Personne ne m’avait rien dit, on m’avait laissé faire mais lorsque j’ai eu terminé mon assiette, mon père est venu s’assoir à côté de moi et m’a dit « Maintenant, tu manges ce que tu as laissé sur ton assiette ».

Beurk ! Gloup ! Trop nareux !

La captivité ne l’avait pas rendu patient, il faut dire qu’il avait crevé de faim pendant cinq ans, qu’il était malade et squelettique à faire pitié et il faut dire aussi que lorsqu’il est revenu après tous ces sévices et cette misère subis, on avait intérêt à filer droit.  Fallait obtempérer illico sinon, ça bardait dur !

Et puis, il avait une arme de poing, c’est-à-dire, qu’il nous tapait l’épaule droite avec les phalanges de son poing droit fermé, en disant « mange ta soupe ! » et de plus en plus fort, la vache !!! ça faisait mal !

J’ai donc avalé tant bien que mal mes queues de poireaux. Combien de temps a-t-il fallu, je ne sais pas. En fonction de ma révolte et de ma résistance sans doute. Je ne sais plus, non plus si ensuite j’ai eu des bleus à l’épaule car ça a dû durer un bon moment.

En conclusion, maintenant je mouline toujours la soupe mais j’adore les poireaux en salade, même avec un peu de vert ! Je ris en me souvenant de cette histoire que le mot et l’image de nareux me remettent en tête et je ne lui en veux pas. Ou du moins, Je ne lui en veux plus à ce jour !

Comme quoi hein ! Le dressage a parfois du bon !

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

27 août 2022

Un abri pour un nid (Lecrilibriste)

 

Sur son perchoir bien installé

Jonathan Livingston  frac noir et blanc

du haut de la tour d’ivoire  perché

sur le crane lisse de Clark ’Adam

Offrant généreux son aire de repos

A tous les oiseaux fatigués

contemple la mer et fait le guet

A trois cent soixante degrés 

Il aperçoit  là-bas, face à  la mer ?

Deux tours qui s’élèvent telles des amers

Pour avertir les marins d’un danger

Avec leurs clochers agressifs et torturés

battus par les orages

qui ont résisté à tous âges

Alors que la nef s’en est allée

Avec le cloître et les cloîtrés

Ne laissant qu’une façade bien conservée

Avec des ouvertures ! Oh ! des ouvertures ?

Mais c’est là que je vais nicher

Là que je serai protégé

Dans ce campanile inespéré

Jonathan pousse un cri de parade

Un éclat de rire démoniaque

Et à toutes ailes il s’en va nicher

Dans cet abri improvisé

Où nul ne viendra le déranger

Où il entendra les cloches sonner

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

13 août 2022

Smoutebolles ou karikolles (Lecrilibriste)

 

Si tu as du bol

T’auras droit aux smoutebolles

Si tu es desperado

T’auras droit aux bigorneaux

Ou plutôt aux karikolles

 

Pour gagner des smoutebolles

Il faut avoir des guiboles

Lestes pour les cabrioles

Comme on joue à la marelle

Faut sauter à cloche pieds

sur les chevrons bien lustrés

sans poser le pied levé

jusqu’à la fête foraine

Là, c’est pas d’la gaudriole

Tu te goinfres de smoutebolles

En faisant la farandole

Oh yé !

 

Si tu es desperado

Tu vas droit aux karikolles

Ou plutôt aux bigorneaux

Non pas pour te régaler

Plutôt pour te bigorner

Avec quelque grand nigaud

Et son prêche déplacé

Pour tuer l’ moral  zéro

Faudra bien que tu lui colles

Quelques gnons bien appliqués

Sur son gros nez trop beurré

Oh yé !

 

Si par hasard tu sautais

L’ mitant de la rue pavée

pour choisir les smoutebolles

à la place des karikolles

Alors, toi tout contento

Tu f’rais bien la farandole

Avec tous les rigolos

En t’goinfrant de smoutebolles

Oh yé !

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,


06 août 2022

Le prisonnier (Lecrilibriste)

 

Dans la façade d’ocre rose

L’ajour aux barreaux ouvragés

Projette des ombres qui dansent

Dans un rectangle de lumière

Centré dans la cellule close

 

Et le captif emprisonné

Attend ce ray ensoleillé

Cet allumeur de réverbère

Qui chaque matin le salue

Avec son cadeau de lumière

 

Il voudrait tant se faire la belle

Courir vers les blés de l’été

Bruler sa vie pas les deux bouts

Régner sur sa petite gare

Et s’enivrer de liberté

 

Pourtant qu’a-t-il donc fait de pire

Parti, laissant en plan sa vie

Avec un fusil de misère

Pour combattre les fous de guerre

Qui envahissaient le pays

 

Jour après jour, temps s’éternise

Il rêve au vent dans ses cheveux

Et à l’amour de son épouse

A ses enfants qui poussent, poussent

Et qu’il ne connait presque plus

 

Mais un jour viendra, il le sait

Où le printemps reverdira

Peut-être au temps des cerises

Que goulument il croquera

De concert en croquant la vie

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

09 juillet 2022

L’escalier (Lecrilibriste)

 

Il est bien loin le temps

Où j’escaladais l’escalier

En riant pour être le premier

et enjambais la rampe

pour descendre en glissant

Jusqu’au rez-de-chaussée

Aujourd’hui

Cette volée d’escaliers

me donne le tournis.

Il me faut à tout prix

relever le défi

et monter tout là haut

 je vais y arriver 

à grimper jusqu’au toit

M’arrêter aux paliers

M’accrocher à la rampe

Pour me laisser souffler

Me hisser, me pousser

Jusqu’au dernier péage

Là-haut est le passage

Vers l’éternel étage

Prendre la file de l’air

Contempler le soleil

de cette tour de Babel

et de ce coin de ciel

Ouvert sur l’infini

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

02 juillet 2022

La manif à Papa ! (Lecrilibriste)


Il a chaussé ses souliers qui font pas mal au pieds
Car il va marcher, marcher, marcher
Des Brotteaux jusqu’aux Terreaux
Joindre ses pas à des milliers de pas
Pour râler contre ce qui ne va pas
Il a mis 2 journaux pliés dans son béret
Pour amortir la matraque des CRS
La dernière fois il l’a sentie passer
Il était devant, tenait la banderole
« Dernière sommation avant l’insurrection »
Pourtant il ne faisait que scander
Des slogans bien tortillés
Qu’un camarade avait trouvés
Ça d’vait un peu les énerver !
Il a dans la tête un petit air de fête
De voir tout ce monde enfin bouger
Car le grand Manitou va peut-être flipper
Parfois, il faut savoir hurler avec les loups
Quand ceux qu’i ont les commandes deviennent fous
Il faut bien renverser la vapeur
Refuser la concurrence, défendre les emplois
Combattre le libéralisme qui gagne le secteur
Et les pancartes se balancent et dansent
Au-dessus de la foule qui se déploie, immense
Y’en a une qui l’a fait marrer
De nous la révéler il ne peut s’empêcher
« En haut des couilles en or, en bas des nouilles encore »
Ce soir, les yeux perdus au fond de l’horizon
Il vivra sa journée en hochant le menton
Mais nous ne saurons rien, car il n’explique rien
Alors nous déduirons !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

18 juin 2022

Le knock-out du Dr Knock ? (Lecrilibriste)

 

Le Docteur Knock fut un médecin

Avec la fibre d’un sacré comédien

Pour remplir son cabinet à souhait

De patients qui le désertaient

Il avait élaboré la stratégie

De faire peur de la maladie

A tous les gens de Saint Maurice

Que le bon docteur Parpalaid

S’efforçait de les rassurer

Et les assurer de leur bonne santé

Le Docteur Knock tambour battant

Fit annoncer aux habitants

Que la visite était gratuite

Tout le monde se risqua à consulter

Et le Dr Knock alarmant et menaçant

Avec son visage sinistre

Ses questions folles et redoutables

Et ses sous-entendus impérieux, les affolait

« ça vous gratouille ou ça vous chatouille »

Il disait ça avec sérieux, authentique

Avec l’austérité d’un préposé aux pompes funèbres

Tous ils sortaient KO debout et revenaient,

Bien trop inquiets, se prêter à son diagnostic

Et se laisser manipuler, sans résister

C’est ainsi que le  Docteur Knock a triomphé

 

Jules Romains a campé ce personnage haut en couleurs. L’incomparable Louis Jouvet  est resté dans ma mémoire « Le » Docteur Knock  inoubliable.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

11 juin 2022

Ma Jachère insolite (Lecrilibriste)

 

Dans l’angle de ma cervelle en jachère

Des mots se sont posés résignés

Tout Tristes de ne servir à rien

Mais cette jachère insolite

Colorée comme les maisons

De St Pierre et Miquelon

N’attend que le défi du samedi

Pour surgir tout à fait indocile

Prompte à rêver, Difficile à dompter

Pour couvrir des pages encore inexplorées

De coquelicots et de calicot

De centaurées et de censuré

De cosmos et d’éros

De gypsophiles et chlorophylle

De fleurs de lin et de fifrelins

D’aneth et de clarinettes

Et après avoir explosé

Comme une grenade dégoupillée

En mille couleurs

En mille rimes

En mille odeurs

Tous s’en retournent rêver

Dans l’angle de ma cervelle en jachère

En attendant de ressurgir

Et de rosir de plaisir

D’ encore s’entendre interpeller

Dans cet incroyable glossaire

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,