16 août 2014

Eva et le mystère s’épaissit! (KatyL)

Eva et le mystère s’épaissit!

Eva avait mal dormi, deux types étaient entrés chez elle par sa fenêtre l’un se jetait sur elle sur le lit, et la serrait avec son drap lui mettait sur la tête pour l’étouffer, l’autre tenait la lampe dirigée vers elle, celui qui était sur le lit lui enfonçait quelque chose de pointu dans le dos elle suffoquait, elle suppliait, il s’arrêta 2 secondes, le deuxième faisait un signe avec sa lampe de poursuivre, il l’étouffait en appuyant sur sa tête le drap elle allait mourir elle hurla !! Elle se réveilla dans sa chambre, il était 5h du matin !

Impossible de se rendormir ! Elle prit un roman de G. Laporte «  à l’encre violette » un si beau livre qui la plongea dans un grand bonheur, il écrivait si bien, les sentiments d’une époque révolue étaient si réalistes.

Elle lisait depuis 1h lorsqu’elle entendit nettement des bruits venant de l’extérieur, quelqu’un rôdait autour de sa maison, elle prit dans ses mains machinalement une canne de sa grand-mère qui était dans le porte-parapluie! C’en était trop, le cauchemar et les pas dehors ! Elle appela Joachim sur son portable :

-« Allo ! Jo c’est Eva, excuse-moi de te réveiller en pleine nuit, mais j’entends distinctement des pas autour de ma maison, je pense que ce sont des rôdeurs j’ai très peur »

-« Ecoutes il est presque 6h et je devais me lever à 6h30 je viens,  ne bouge pas et n’ouvre pas, on va rester en contact  je serai chez toi dans une demi-heure ok ! »

-« Oui merci beaucoup »

Elle tendit l’oreille et cette fois des gens murmuraient, ce n’était pas possible il y avait bien deux personnes comme dans son rêve, elle frissonna de la tête aux pieds, elle allait se trouver mal, sa maison était à deux cents mètres des voisins les plus proches M et Mme Rivard mais ils étaient âgés et elle ne voulut pas leur faire peur si tôt, elle se  promit d’acheter un chien mais en attendant elle perçut des bruits de coups du côté de son garage.

Elle éteignit la grosse lampe et se cacha dans la semi-obscurité car seule la veilleuse de sa chambre était allumée et son portable, elle téléphona à nouveau à Jo

-« Ecoute,  ils sont au moins deux il faudrait tél à la police sans doute ?  Tu es venu avec ton chien j’espère ? Ils sont à essayer d’ouvrir le garage, je les entends »

-«  Je suis bientôt là oui le chien est avec moi, j’aviserai en arrivant si police ou pas, imagine que ce soit un de tes voisins ou autre chose »

-« Je ne suis pas rassurée tu es là dans combien de temps ?»

-« Encore un petit quart d’heure ne bouge pas, éteint tout et reste près du téléphone ok ? »

Jo arriva dans le quart d’heure il avait dû conduire à toute vitesse, il sonna :

- « C’est moi tu peux ouvrir !» le chien et Joachim franchirent la porte en cœur et Eva se jeta dans ses bras ! Il la garda contre  lui et lui caressa doucement les cheveux.

-« Mon Dieu que j’ai eu peur, allons voir près du garage avec le chien je prends cette canne et toi prends celle-ci »

Elle alluma l’extérieur et ils marchèrent sur le côté ! Personne ! Mais en y regardant de plus près en effet des traces d’effraction sur la porte étaient visibles très nettement ! Ils décidèrent de rentrer de s’enfermer et d’aller porter plainte vers 8h30 à l’ouverture du bureau de la police.

Elle lui fit un café bien serré,  fit des tartines ils déjeunèrent en silence, le chien ravi d’être arrivé se coucha sur le moelleux tapis et ne demanda pas son reste.

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Eva se mit sur le canapé et Jo vint la rejoindre, elle se serra contre lui, il la prit tendrement mais ne profita pas de la situation malgré son envie de l’embrasser.

Au bout d’un moment elle alla se laver et s’habiller et ils partirent au commissariat de police déposer plainte.

-« Non ! Elle ne voyait qui pouvait faire cela, elle ne connaissait que peu de gens, oui sa voiture une petite C3 rouge était garée dedans, et son solex, et quelques caisses d’objets qu’elle n’avait pas encore rangé, des livres aussi»

Elle remplit et signa les papiers ils promirent de passer en journée voir les traces et relever des empreintes, il ne fallait rien toucher !

Joachim dû partir à son travail en lui recommandant de ne pas ouvrir sauf à la police il lui dit qu’il serait de retour vers 18h30/19h et qu’il apporterait de quoi faire un repas froid puisqu’elle ne pouvait pas bouger, il lui  laissa Bob le chien.

Eva fit des petits gâteaux pour le soirka02,

Deux policiers  arrivèrentka03en début d’après-midi, ils firent des relevés de traces des pas et de celles des doigts ils notèrent que les voleurs avaient été dérangés car ils étaient  presque arrivés à ouvrir la porte, celle-ci était très endommagée, Eva devait faire venir un expert de son assurance ! Quelle barbe ! Elle ne pouvait même plus sortir sa voiture. L’expert ne pourrait venir avant deux jours lui avait-il dit au tél et ensuite le serrurier, d’ici là pas de voiture !

Elle expliqua cela à Joachim par mail et attendit son arrivée en peignant un paysage d’hiver pris en photo lors de ses randonnées.

Elle leva la tête et vit une femme aux cheveux flamboyants et tee-shirt fluo, qui mettait une grande lettre marron avec des rayureska04 dans la boite aux lettres située à l’angle des rues en face de chez elle, mais son attitude l’intriguait, car elle regardait autour d’elle comme si elle avait peur que quelqu’un la voie ?? Aussi Eva resta derrière ses rideaux à l’observer, elle mit le courrier et partit en trombe en bas de la rue comme si une mouche l’avait piquée ???!!! Que cette femme lui avait semblé bizarre, cependant elle haussa les épaules et se remit à sa peinture.

A 19h00 Jo n’était toujours pas là, elle mit la une jolie nappe sur la table des assiettes assorties, des fleurs,ka05    …. Et fit du riz pour le chien. Elle attendit, son portable ne répondait pas il devait conduire ?

A 19h30 un coup de sonnette, pensant que c’était Jo elle alla ouvrir sans avoir regardé par la fenêtre, mais c’était Raphaël et le chien se mit à aboyer !

-« Bonjour Eva je tiens avant tout à m’excuser pour ma désinvolture de l’autre soir, je m’en veux, mais je suis venu car j’ai appris que tu avais eu une tentative de cambriolage et que ta voiture était coincée au garage (j’ai un pote à la police) puis-je enter ? »

Il entra et avança vers elle, la prit dans ses bras sans qu’elle ait eu le temps de réagir, la serra un peu fort contre lui et dit : «  bonjour ma chère voisine » c’est à ce moment précis où Eva était encore dans les bras de Raph, que Jo entra.

Il semblait furieux, les mains noires à cause d’un pneu crevé en montagne pas de relais portable à cet endroit, et comme il voulait aller vite, il répara sans retourner chez lui et sans possibilité de tél à Eva, mais il avait fait les courses, il déposa le sac dans la cuisine, se lava les mains. Le chien lui fit la fête !!

Joachim et Raphaël se tenaient maintenant face à face en se toisant, Eva sentit la tension monter d’un cran, elle détendit l’atmosphère en proposant un petit porto !

Raph vit la belle table mise au salon mais ne dit rien, un rictus de dépit déformait ses lèvres, pour se donner une contenance il parla du temps et fixa les yeux Eva :

-« tu sais que si tu n’as pas de véhicule j’en possède deux, je peux donc t’en prêter un le temps que ta voiture te soit rendue lorsque l’expert sera passé, c’est ce que j’étais venu te dire »

Content de son effet il s’enfonça dans le canapé tout  sourire, Joachim était bouche bée !

(Quoi ! ils se tutoient, il vient chez elle, la prend dans ses bras, lui prête sa voiture !! décidemment ce type ne me plait pas pensa –t-il !) Mais il se garda bien de faire le moindre commentaire, Eva était libre et il ne lui appartenait pas de lui dicter quoi que ce soit, il but son porto en silence.

Raphaël content de lui se leva

-« Tu sais où me trouver dit-il à Eva je suis là, j’écris un  nouveau roman, tu viens quand tu veux »

Elle ferma la porte soulagée de le voir partir.

Ils dinèrent de petites salades et charcuteries, de bons fromages, Eva avait sorti un vin de sa cave chambré depuis le matin, Jo la complimenta sur sa jolie table, il y était sensible et ne résista pas aux petits gâteaux, Bob mangeait son riz à la cuisine, il avait adopté la maison et Eva !

Une fois le repas terminé ils s’installèrent sur le canapé et Eva d’instinct se colla contre la fière épaule de Jo, il ouvrit son bras et se pencha pour l’embrasser, le chien soupira et ferma les yeux ! Eva ne résista pas et lui rendit son baiser avec fougue.

Ils s’embrassèrent longtemps comme deux jouvenceaux de 20 ans ! Jo lui disait des mots d’amour à l’oreille, lui caressait les cheveux, le cou, elle qui avait tant manqué d’amour depuis si longtemps fondait comme un glaçon au soleil.

-«  tu sais Eva je ne voulais pas tomber amoureux, j’ai connu trois histoires avant toi avec trois femmes bien différentes …. J’ai ensuite vécu en travaillant sans cesse pour développer mon activité j’ai 55 ans ! Je ne souhaitais pas retomber amoureux, et tu es là  dit-il en montrant son cœur. Je pensais que le fait que tu sois à des kilomètres de chez moi très active et indépendante m’aiderait à t’oublier, mais nous avons sculpté ensemble, fait du cheval, des sorties, j’ai appris à te connaitre, tu es merveilleuse, un cadeau dans ma vie, la plus belle chose qui me soit arrivée, je n’osais espérer que tu répondrais à cet amour que j’ai pour toi, car c’est de l’amour je fais bien la différence entre être amoureux vraiment et (s’amouracher )c’ est l’amour que j’ai pour toi, crois-moi. »

-« Ne dis plus rien ! Viens dit-elle »! Et elle l’entraina dans la chambre.

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Ils firent l’amour une grande partie de la nuit tous les deux chavirés par ce qui leur arrivait. Elle avait mis de la musique et son corps dansait avec lui au rythme de l’amour, il était très caressant, c’était un très  bon amant, attentif à Eva.

Le lendemain Joachim ne travaillant pas, ils eurent du mal à se lever, rien que de se toucher l’envie les reprenait, lorsqu’on sonna à la porte d’entrée !!! Eva enfila un peignoir en dentelle et courut pieds nus pour ouvrir ses cheveux longs en bataille, c’était le facteur ! Il lui tendit une enveloppe trop grande pour sa boite qu’il ne voulait pas plier, elle reconnut de suite la lettre à rayures l’enveloppe marron que la rousse avait mis la veille en face !ka04

Son sang ne fit qu’un tour ! dessus en grosses lettres "pour Eva IVAN….."

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09 août 2014

Les révélations de Joachim à Eva (KatyL)

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Eva était plongée dans la lecture du livre de Raphael depuis quelques jours, et semblait dubitative sur la connaissance qu’avait cet écrivain du monde artistique en peinture, ou bien il n’avait rencontré que des « m’as-tu-vu » ou des « snobs. » …..Elle savait que les humains avaient un ego assez  dimensionné, mais elle connaissait pour sa part de nombreux artistes qui eux peignaient juste pour le plaisir et la passion sans prétention particulière en sachant que le vaste monde n’offrait que peu de place en pleine lumière. Pour sa part, elle avait depuis longtemps transformé ce don qui lui avait été donné à la naissance par du travail sur la technique, et cette  passion dévorante était un immense plaisir personnel, cela lui suffisait amplement. Cependant elle avait acquis une petite notoriété bien régionale mais certaine au fil des ans et des expositions, et des nombreux articles de journaux. Dans le livre de Raphael  il n’était question que de gens qu’Eva fréquentait peu. Par contre il dépeignait les galeristes avec des traits tout à fait réalistes, des gens souvent sans scrupules avides et mercantiles qui avaient peu de sensibilité artistique mais une sensibilité opportuniste, avec la conviction pour la plupart que seul l’art abstrait avait sa place dans ce monde, comme si le figuratif n’existait plus, et comme si les acheteurs potentiels ne le regardaient même plus, or c’était faux puisque qu’Eva faisait du figuratif et qu’elle voyait sa côte monter gentiment et des clients chaque année nouveaux !

Elle en parlerait avec Raphael  le lendemain soir car elle était invitée par cet illustre voisin avec repas à la clé chez lui, il avait beaucoup insisté pour que ce fut un soir, Eva avait dit oui en lui précisant « visite de voisinage alors »

En attendant la journée serait consacrée à faire du cheval avec Joachim qui  l’attendait pour 14h à l’écurie. Elle s’habilla en amazone et partit ravie, après avoir fait un repas sommaire de légumes et de fruits.

Joachim l’accueillit avec un sourire radieux, lui sella Arabelle, femelle jeune et nerveuse, lui prit Arogun et ils partirent tous les deux en chemin forestier, l’air était doux, le soleil irradiait la forêt, les oiseaux chantaient sur leur passage, les violettes sauvages sentaient si bon, Eva était aux anges.

En cours de route le cheval d’Eva se cabra car il vit traverser un petit renard, elle ne s’attendait pas à une telle réaction de sa monture, il fallut à Joachim beaucoup d’expérience et de rapidité pour calmer la jument, Eva était restée tout ce temps accrochée sans tomber, mais elle eut très peur. Lui aussi, et lorsqu’ils furent à terre il la prit dans ses bras en murmurant :

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-«  Heureusement tu n’as rien ! Dieu que j’ai eu peur, cette jument est imprévisible mais celle que j’avais réservée a été malade et le vétérinaire m’a conseillé de la garder au chaud, j’ai dû seller Arabelle, pardonne-moi Eva » et il l’embrassa sur les lèvres en la serrant très fort avec beaucoup de tendresse, Eva en fut bouleversée, mais elle ne resta pas contre lui, se recula pour se donner une contenance tant elle était troublée et dit : 

-« Oui j’ai eu peur, je prendrai des cours avec toi de manière à maitriser mieux en cas de souci, tu penses que tu aurais du temps pour moi ? »

-« oui je me suis libéré deux après-midi lorsque je n’ai pas d’accompagnements et de chevaux à ferrer en urgence, le mardi et le jeudi deux heures ça ta va ? Tu me manquais et j’ai manipulé mon emploi du temps pour être avec toi. De plus le samedi soir je te garde cette soirée  pour aller avec toi au cinéma au restaurant ou autre sortie qui te ferait plaisir, et un dimanche de temps en temps, ce n’est qu’un début ! »

-« Mais je suis ravie je t’assure, c’est formidable, je retiens avec plaisir, je dois te dire cependant que j’ai fait la connaissance de mon charmant voisin l’écrivain Raphael Fontenoy, tu sais il demeure trois maisons plus haut, je suis d’ailleurs invitée chez lui demain soir à manger pour parler de son livre qui traite de la peinture, je t’avoue que la discussion risque d’être passionnante car si le livre est très bien écrit, je ne suis pas toujours d’accord  avec son contenu.

Joachim fit une  légère moue dépitée et sembla réfléchir avant de lui répondre :

-« Tu sais Eva je connais ce genre de type beau parleur, coureur de jupons, tu es belle et tu es une proie pour lui, je le connais de réputation, d’ailleurs son ex petite amie qui est une excellente cavalière demeure dans le village voisin rue de la Pierre Hardie, si tu veux et si tu as le temps va un peu parler avec elle de Raphael, mais je ne veux pas t’influencer, tu pourrais croire que je suis jaloux, d’ailleurs je le suis, il est libre et il évolue dans ton monde, lui, mais tu es assez intelligente pour te faire une opinion toi-même »

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Il baissa les yeux ne dit plus mot et semblait gêné par cette longue tirade qui ne lui ressemblait pas.

Eva le remercia de ces avertissements et lui promit d’être attentive, elle s’approcha de Joachim lui prit la main et le fixa de ses grands yeux verts :

-« cher Jo tu sais que je suis encore mal remise de ma rupture avec Max,  je ne veux plus être amoureuse ni être vulnérable, je veux rester libre et attendre le bon moment lorsque mes plaies seront refermées, et ensuite dans quelques temps sans doute,  je trouverai l’unique homme avec qui je désirerais finir ma vie si possible ?? Aussi je vais chez Raphael  en toute tranquillité d’esprit, mes chers voisins sont au courant ainsi que toi, que veux-tu qu’il m’arrive ? Je ne vais que pour parler de son bouquin, et faire un repas entre voisins »

-« Bon Bon ! Si tu le dis, mais tu peux me téléphoner à tout moment et tu le sais si tu as un souci. Je te laisse car j’ai un RDV avec le vétérinaire pour les chevaux malades, j’ai oublié de te dire, tu es ravissante en sauvageonne les cheveux au vent»

Il l’embrassa sur les joues et partit.

Elle rentra chez elle et se fit cuire des bons œufs au plat achetés le matin même à la ferme avec un bout de lard et quelques feuilles de salade, et elle se mit sur son canapé avec la tempête de Beethoven, puis elle se mit à réfléchir sur ce que lui avait Joachim et surtout elle repensa à son baiser qui avait créé en elle tant de remous, elle qui ne voulait pas le montrer, il avait dû s’en rendre compte !
Elle aimait beaucoup Joachim et ils se voyaient très souvent depuis 4 mois où elle s’était réfugiée chez lui en pleine tempête, cela ne lui ressemblait pas de médire sur quelqu’un, pourquoi lui disait-il cela ? Jaloux certes mais il était dépourvu de malhonnêteté, Eva se promit donc d’être vigilante.

Le lendemain Eva, fit des emplettes chez un antiquaire qu’elle aimait beaucoup, elle acheta entre autre une jolie coupelle en forme de plume pour offrir à Raphael le soir au diner, et dans l’après-midi elle fit du solex avec l’appareil photos en bandoulière en vue de se faire une réserve de modèles pour ses tableaux d’hiver. A 17h elle rentra se lava les cheveux, et se prépara pour aller chez l’écrivain, mais décida de mettre un jeans simple avec petits talons, un chemisier noir, et prit une veste simple pour le soir.

A 19h elle sonna.

Raph vient lui ouvrir tout sourire, elle entra, l’intérieur était luxueux et raffiné, cela sentait très bon chez lui, il avait sans doute fait du gigot d’agneau Eva en reconnu l’odeur, et une tarte aux pommes-cannelle ?

Il la fit asseoir sur un moelleux canapé et lui offrit un vieux Porto. La discussion se fit spontanément sur le livre et Eva débattit avec lui 1 h durant, il acquiesçait souvent et finit par avouer :

-« Dommage que je ne vous aie pas connu plus  tôt, je pense que j’aurais eu une vision plus positive des choses, mais si nous nous disions « tu » qu’en penses-tu dit-il en s’approchant d’elle sur le canapé »

-« Allons-y pour le « tu » mais je sens un peu le brûlé ne serait-ce pas la viande ? »

Il se leva d’un bond. Eva en fut soulagée.

Il est temps de passer à table dit-il !

Il avait fait les choses en GRAND porcelaine de Limoges, argenterie et cristal, bouquet au centre ! Eva trouvait cela remarquable et le lui dit. Elle lui offrit la porcelaine achetée le matin, il en fut ravi et touché.

Le repas se déroula en discussions diverses, autour d’un repas délicat, elle avait vu juste, coquilles ST jacques, gigot de pré-salé petites pommes nouvelles, salade et tarte aux pommes. Un excellent cuisinier ! Beaucoup de convergences de vues entre elle et lui le long des heures qui s’égrenaient.

Il lui proposa une liqueur digestive de sa grand-mère au salon. Elle prit soin cette fois de prendre un fauteuil individuel. Elle se  sentait bien.

Elle sentit que Raphael passait derrière elle entre le fauteuil et un petit meuble qui pensait-elle devait contenir les digestifs, elle avait fait un très joli chignon pour relever ses cheveux, et au moment où elle allait s’appuyer sur le dossier elle sentit dans sa nuque sa main qui l’effleurait.

ka04Elle sursauta, alors il insista et se pencha pour coller ses lèvres sur son cou, cette fois elle se leva d’un bond et le regarda avec colère.

-« Enfin nous ne nous connaissons encore pas, je viens en voisine et amie et vous tu t’empresses de » …. Elle ne finit pas sa phrase, aussitôt il revint se coller à elle, en la  serrant très fort, elle se dégagea.

-« Mais voyons dit-il je pensais que tu, que tu n’attendais que cela ! »

-« Quoi ? Mais non, je ne suis venue qu’en amie, depuis quand un homme civilisé se jette-t-il ainsi sur une femme au 1er repas amical, sans rien savoir d’elle, tu te méprends »

-« Je suis ainsi lorsqu’une femme me plait comme toi, je deviens un loup, et tu me plais Eva je ne pense qu’à toi depuis que je te vois de mes fenêtres, allez viens ! »

-« Non ! dit-elle je suis venue pour parler du livre et faire connaissance entre voisins, je ne m’attendais pas à un tel comportement ! Si un homme me plait je reste réservée, et j’attends de savoir ce qu’il a en tête et dans le cœur, je ne cherche pas l’aventure, tu te trompes de femme, je suis assez surprise par cette attitude, je vais rentrer chez moi, je suis fatiguée, le repas était excellent, merci beaucoup, mais ne cherche pas à me revoir si tu crois que je suis une femme facile, et que tu penses me collectionner avec tant d’autres  sans doute ?»

Elle prit sa veste et sortit sans même lui faire la bise d’usage, elle rentra chez elle furieuse et s’enferma à double tour ! –« Ce mec  est un sacré dragueur !! Pour qui me prend–t-il ? »

Elle se jeta sur son lit et repensa à Jo, à son avertissement,  à ce qu’il lui avait dit  de « l’ex » de la rue de la Pierre Hardie, si elle passait par ce village elle irait mine de rien, en prenant quelques photos parler à cette femme, sans en avoir l’air et finirait par savoir ce qui se cache derrière cet homme ! Elle s’endormit en pensant au baiser de Joachim qui pour elle avait la saveur des roses.

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Suite la semaine prochaine

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02 août 2014

EVA et la chaise rose (KatyL)

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Eva était rentrée chez elle avec ce bouquet de roses qui contenait une lettre sous enveloppe, elle se délassa, mit les roses magnifiques dans un vase en pâte de verre de l’école de Nancy et, entreprit de lire la lettre.

« Chère amie,

Vous êtes dans notre voisinage depuis quelques mois, je vous vois passer chaque jour depuis votre arrivée, je tente parfois de vous attirer du regard en sortant au jardin, ou en allant au courrier en même temps que vous,  mais rien n’y fait ... pas un regard vers vos voisins.

 Je suis écrivain, surtout ne pensez pas que je vous surveille, je ne me permettrais pas, mais un écrivain est un homme curieux et dès que je vous ai vue dans le voisinage, je n’ai pas pu m’en empêcher, mon bureau donnant sur votre jardin juste au-dessus, trois maisons plus haut.

Je vous ai vu partir cet hiver avec vos skis, ce printemps vous occuper de vos roses et du jardin, lire dans votre chaise longue, faire du solex cheveux au vent, je vous entends lorsque vous mettez votre musique à fond et que vous chantez avec !! Quel bonheur !

J’ai donc demandé discrètement à votre amie Madame Mappy quelle était la couleur de vos roses préférées en lui faisant promettre de ne rien vous dire.

Et je tenais par la présente à vous inviter à une soirée sur Epinal où je présenterai mon dernier roman, je pense que vous aimez lire.

La salle se nomme « salle rose » rue Magenta, vous avouerez que cela ne peut mieux tomber de vous offrir ces fleurs, les chaises sont roses aussi, mais la vôtre sera au premier rang avec un nœud sur l’arrière juste en face de moi, et là vous ne pourrez pas me louper cette fois !

ka02 Il va sans dire que j’espère beaucoup votre venue, je sais que vous aimez peindre, que c’est votre métier,  mon roman parle de peinture, alors !

Rendez-vous le samedi qui vient à 18h salle rose rue Magenta, cette présentation sera suivie d’un repas au restaurant d’en face, je vous y invite si vous en êtes d’accord ? Ne me dites rien avant la soirée je verrai bien si vous êtes assise sur cette chaise qui vous est réservée, c’est que vous acceptez toute la soirée ! Votre présence illuminera cette salle.

Raphael Fontenoy écrivain à plein temps!

Ça alors ! Eva n’en revenait pas, elle n’avait jamais aperçu ce voisin, elle était toujours la tête dans les nuages et en effet ne regardait pas beaucoup autour d’elle les gens, elle voyait les couleurs du ciel, les changements de saisons, les parfums des fleurs et leur épanouissement, elle voyait les sentiers des montagnes couverts de petits cailloux de pommes de pins, les oiseaux sur son passage, les insectes ...mais les voisins en effet, à part ses proches voisins un couple de retraités, les autres, jamais ! 

Elle prenait son temps pour humer les fleurs si belles, se mit dans son canapé et réfléchit à cette invitation, refuser elle pouvait en n’y allant du tout, mais pourquoi ? Une soirée littéraire qui parlait de peinture, connaitre un voisin sans idées préconçues, oui, elle irait samedi sur la chaise rose !

Samedi arriva

Elle entra la première dans la salle rose, trouva la chaise au 1er rang avec un nœud dans le dos ! Elle se sentit gênée car tour le monde allait voir ce ruban ! Puis la curiosité prit le dessus ! Enfin elle allait connaitre le visage de ce Raphael et surtout entendre ce qu’il avait à dire de son roman.

ka03 Elle s’assit, en tenant sa jolie robe blanche en dentelle sur ses jambes pour ne pas la froisser, Eva avait assorti la ceinture et les chaussures rouges et avait fait  (en couture) le sac à main, elle sentit dans son dos que les gens arrivaient, la salle fut remplie en un quart d’heure, il devait être connu car il y avait au moins 70 chaises.

Le brouhaha des : « bonjours comment vas –tu ? As-tu lu le dernier roman de Raphael ? »etc etc ../. n’en finissait pas, il était en retard de 5mn, puis une charmante dame l’annonça et IL arriva !

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Il s’installa juste en face d’elle avec un petit sourire énigmatique et la fixa du regard, la salua il semblait ravi de sa présence. Eva se sentit rougir jusque la racine des cheveux, la gorge nouée, elle se donna une contenance en tripotant son joli sac.

La présentatrice énonça la biographie de l’auteur, des études littéraires, un poste d’enseignant en fac, un temps journaliste globe-trotter, divorcé sans enfant, vivant dans le charmant village d’Autigny-la-Tour depuis 3 ans.

Sa bibliographie était dense : 15 livres écrits dont 10 romans,  un  sur le château du village à la période du XVIII siècle.

Son dernier livre pour lequel tout le monde était là ce soir, traitait de la peinture, des galeries d’art, des peintres et du snobisme en peinture, le peintre qui était le héros de son roman avait beaucoup de talent mais pas de relations.

Le  titre du livre «  Pour épater la galerie »

Il expliquait ainsi le monde des arts très bien décrit, Eva connaissait cela par cœur, elle se détendit au fur et à mesure que l’animatrice et Raphael parlaient, elle acquiesçait parfois, souriait à d’autres moments, se plongeait dans de mûres réflexions, il la regardait à la dérobée et guettait le moindre de ses mouvements.

Enfin le temps des questions pour le public.

Raphael se leva et dit :

-« Vous savez tous chers amis habitués de soirées que la personne qui a le privilège d’être sur la chaise au ruban rose est mon invitée d’honneur-surprise, ce soir nous avons la chance d’avoir Madame Eva IVAN qui est peintre de talent et qui désormais demeure dans mon village, je voulais donc vous la présenter. »

Eva se leva rouge de confusion sous les applaudissements qu’elle n’avait en rien mérité, mais remercia de l’accueil et se retournant vers l’auteur lui demanda :

-« Vous sembliez dire que sans relations mondaines il est difficile voire impossible de percer en peinture, oui vous avez raison, mais il y a des circuits en dehors du monde du snobisme, des lieux où il est possible d’exposer, des salles, des lieux culturels, certaines petites galeries aussi nous offrent nos chances, les reportages et les interviews des journaux locaux nous aident à nous faire connaitre, pour ma part cela me suffit bien. Avez-vous rencontré beaucoup de peintres pour écrire ce roman ? Peignez-vous, vous-même ? »

Elle se rassit et attendit la réponse.

-« Oui j’ai rencontré énormément de peintres, dommage que je ne vous ai pas rencontrée vous aussi, je parle de la difficulté pour les artistes de se faire reconnaitre, je parle de la passion qu’est la peinture qui dévore comme l’écriture, je suis allé dans maintes expositions et galeries pour traiter ce roman, mais moi je ne peins pas, du moins je peins avec les mots »

Elle remercia et ensuite chacun et chacune posa sa question, puis vint l’instant des dédicaces, aussitôt Eva acheta le livre auprès du libraire présent et se mit dans la file d’attente pour se faire dédicacer le roman qu’elle avait hâte de lire.

Son tour arriva, il lui adressa un sourire éclatant, la remercia de sa présence à cette soirée et lui annota ceci dans le livre:

«  A Eva ma charmante voisine, auprès de qui j’ai dû user de subterfuges pour enfin avoir son regard, j’espère que ce roman qui parle de son art saura lui plaire ? J’attendrai la réponse à cette question et  espère qu’une visite entre voisins s’imposera avec un chocolat chaud à la clé….ce livre écrit sans savoir qu’une artiste viendrait habiter tout près de moi »

Merci d’être venue

Raphael Fontenoy

Et il ajouta à voix haute :

-«  ne partez pas le restaurant nous attend en face, si vous voulez bien patienter jusqu'à la fin des dédicaces ? »

-«  je ne comptais pas partir, je suis ravie de cette soirée, je vous attends »

Elle tourna les talons en sentant le regard de l’auteur dans son dos, elle se mit à feuilleter les 1eres pages.

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Suite au prochain épisode

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26 juillet 2014

EVA et le vélo solex (KatyL)

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Eva n’était restée que 5 jours chez Joachim le maréchal–ferrant bloquée par la neige, elle avait résisté à la tentation qu’elle avait eue envers lui, il s’en était d’abord attristé, et s’était rendu à ses raisons, ils en avaient parlé beaucoup, mais son activité à lui du début du printemps à la fin de l’automne ne lui permettait presque aucun loisir, ni une vie amoureuse digne de ce nom, les randonnées, plus les soins aux chevaux, les fers à poser il n’avait pas beaucoup de temps libre, elle au contraire en avait, elle aimait beaucoup le cinéma, les restaurants, le théâtre et les expos diverses, tout ce qui était culturel , elle pouvait tour à tour aller sur Epinal, Gérardmer etc… pour se donner à ses plaisirs, se lancer dans une aventure avec Joachim aurait été inutile, leurs modes de vie ne coïncidaient pas, de plus sa rupture si douloureuse avec Max lui avait laissé des séquelles encore mal guéries, et du coup elle se méfiait de la passion qui emporte tout et qui n’est pas rationnelle… Finalement la raison l’avait emporté , ils étaient restés amis , avaient fait leurs sculptures tout l’hiver, et se voyaient régulièrement mais chacun chez soi ! Ils s’invitaient et préparaient une expo pour l’été prochain.

Le printemps magnifique et chaud était là, tout revivait autour d’elle, les oiseaux piaillaient gaiement, le climat avait de l’avance.

Eva décida de sortir son vélo solex du garage afin de pouvoir se balader avec dans les environs, et de découvrir de jolis villages, mais elle devait aller le faire réparer et changer la bougie, elle décida donc de demander à Joachim de venir le chercher avec sa remorque et de le déposer en ville où elle avait vu une enseigne, elle passerait le reprendre en  fin de semaine en roulant jusque chez elle avec le vélo solex remis en état, il lui rendit ce service, et il repartit bien vite à ses occupations.

Le samedi en fin d’après-midi juste un peu avant la fermeture des magasins,  elle décida d’aller rechercher son vélo solex à l’enseigne où Joachim l’avait déposé. La porte devant était fermée un panneau indiquait d’aller dans l’arrière-cour de l’établissement, bien que les jours commençaient à rallonger la tombée de la nuit arrivait doucement, cette ruelle était particulièrement sombre, Eva n’était pas tentée, mais elle prit son courage à deux mains et se lança dans la ruelle coupe-gorge !

ka02 Pas âme qui vive ! Pas un chat ne trainait par ici  et la porte de l’arrière-boutique était totalement déglinguée, mais elle la poussa du pied !

-« y-a-t-il quelqu’un ? »

Elle entendit un pas trainant arriver à sa rencontre, et elle le vit !!!!  Un homme hirsute, sale, la mine renfrognée, le regard sournois, un type mal dégrossi !! Elle eut un sursaut malgré elle.

-« bonjour dit-elle je suis EVA  IVAN, Joachim le maréchal ferrant  a déposé mon vélo solex chez vous mardi matin et je devais venir le rechercher et il devrait être prêt? »

-« oui dit la brute en la regardant de pied en cap avec un sourire peu amène, suivez-moi jusqu’au fond de ce couloir ! »

Elle regarda autour d’elle ! Personne ! Tout semblait bien sombre quelle idée elle avait eue de ne pas venir en premier visiter cette boutique et visualiser le proprio, mais elle n’avait pas eu le choix et apparemment c’était le seul réparateur des environs, elle le suivit donc malgré elle, se dit que de toutes façons il ne pouvait rien lui arriver de grave…Cependant chemin faisant elle vit sur les murs de cet individu des photos de pin-up qui en disaient long sur le genre du type ! Certaines femmes punaisées venaient sans doute de revues plus que douteuses et des poses très « spéciales et dénudées », les autres étaient des pin-up des années 50 celles-ci étaient jolies même si un peu coquines !

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Il se retourna vers elle avec un regard amusé, et s’approcha si près qu’elle sentit son haleine fétide ! Ce type avait bu !

-« vous êtes jolie ma petite dame, vous êtes nouvelle par ici sans doute, c’est vous qui allez chevaucher ce vélo solex dit-il en appuyant sur le mot chevaucher avec un sourire plein de sous-entendus, il fonctionne très bien, j’ai regonflé les pneus changé une l’ampoule avant et la bougie et j’ai remis du mélange deux–temps dedans ça vous va ? »

-« merci dit-elle -elle pressée d’en finir, puis je le prendre et vous régler de suite ? »

-« pas si vite jolie madame on a du temps pour parler un peu ma journée est finie »

-« non je n’ai pas le temps du tout moi, un ami m’attend et je lui ai dit que j’étais chez vous »

menti Eva qui n’en menait pas large avec ce type sournois et alcoolo, elle ne voulait pas traîner dans cette boutique. Elle paya la facture assez salée et elle sortit enfin de cette maudite boutique, en enfourchant son solex qui en effet démarra au quart de tour !

 

Comme d’un seul coup elle était heureuse de cette liberté,  enfin de l’air, du vent dans ses cheveux blonds, elle se sentit comme en état de grâce et eut le sentiment que le mensonge chez le réparateur lui avait évité quelque tracas, elle en parlerait à Joachim de ce type, en attendant elle roula une demi-heure épanouie et heureuse et arriva chez elle à 19h, l’église sonnait l’heure.

En arrivant à sa porte elle trouva un magnifique bouquet de roses-thé déposées au sol devant chez elle, ça alors !! Quelqu’un qui devait bien la connaitre car ces roses-thé étaient si délicates et si parfumées qu’elles étaient ses préférées.

 

La suite au prochain épisode……………………………………………..KatyLka04

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19 juillet 2014

Le chalet des 3 fers à cheval (KatyL)

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Eva était revenue des Bermudes décidée à changer de vie, après sa rupture sentimentale avec Max, où elle avait voulu se laisser engloutir par les eaux, heureusement elle s’était ravisée et endormie sur la plage, elle avait fait une rêve bien étrange « elle était avec un ramasseur de coquillages, dans des lieux improbables, avec des personnages très angoissants, elle était prisonnière et emportée par une brute épaisse et elle se nommait kaelia ???? »….ouf !! Elle s’était réveillée ! Elle avait fait un cauchemar !

Et elle était rentrée en France.

Elle avait vendu sa maison, et elle était partie s’installer  dans les Vosges sauvages.

Elle aimait les hivers rigoureux et la neige, elle connaissait bien certains sentiers balisés et ce jour-là, elle avait enfourché ses skis de fond pour profiter des rayons de soleil du matin et faire une grande randonnée en solitaire avec le sac à dos et du ravitaillement, sans oublier le portable en cas de besoin!

ka02 Elle partit le cœur léger, les premiers kilomètres furent un enchantement elle croisa des tétras qui ne semblaient pas gênés par elle plus que cela, un petit renard roux qui courait après quelque repas, et des oiseaux  au-dessus de sa tête comme pour l’accompagner…Elle trouva une souche et décida de s’installer pour se restaurer et boire un peu, faire quelques photos aussi dont de jolis perce-neige.

ka03 Le soleil  sur la neige faisait des rigoles d’eau fondue qui dévalaient la pente partout dans la montagne comme si l’hiver allait bientôt finir, mais en levant la tête pour regarder un oiseau qui poussait des cris semblables à ceux d’un aigle, Eva vit le ciel dans le lointain qui prenait une mauvaise tournure, oui en montagne il faut se méfier le temps change à une grande vitesse, elle ferma son sac à dos chaussa à nouveau ses skis et repartit résolue à rentrer assez vite, mais il lui restait quelques kms à faire !

En chemin le temps se gâta vite, la brume l’entourait désormais de manière totale, elle prit peur et accéléra, elle n’avait dit à personne sa position et son trajet, d’ailleurs personne ne l’attendait, du coup elle se rassura en pensant qu’elle ne pouvait inquiéter qui que ce soit !

A un carrefour elle ne distinguait plus son chemin la neige s’était mise à tomber drue accentuant le manque de visibilité totale, elle crut que le bon sentier était à gauche, oui à gauche et elle dévala la pente le plus vite possible, ses skis faisaient un bruit feutré, plus le moindre animal sur sa route,  ils avaient eu la belle idée de se mettre aux abris.

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Elle reprit une piste, et là elle eut le sentiment total d’être perdue.

Dans la montagne, elle prit son portable en main, mais téléphoner à qui pour dire quoi ? Elle ne savait même pas le nom des sentiers ni où elle était  et pas d’icône de réseau !!!!

-« Restons calme ! Réfléchissons ! J’ai à boire et à manger je suis bien vêtue, il fait encore un peu jour, même si je suis dans du coton, en avançant droit devant moi je dois bien revenir au sentier du village »

Elle avait déjà deux heures de trajet dans les mollets depuis sa pause casse-croûte et le temps ne faisait qu’empirer, elle était perdue !

Elle entendit un martèlement sourd venant de loin : «  quelqu’un vit par-là, j’y vais ! »

En effet au bout de 15 minutes de ski elle arriva devant un chalet éclairé et les bruits de marteau cette fois étaient nets. Elle comprit au décor qu’elle était arrivée chez le maréchal-ferrant des « trois fers à cheval » le seul pour tout ce côté des Vosges, il y avait plus loin un endroit avec des chevaux qui faisaient faire des randonnées aux  touristes en toutes saisons, sauf l’hiver! Le Maréchal Ferrant avait de quoi s’occuper car en plus il gardait des chevaux des gens qui avaient des résidences secondaires.

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Il était occupé avec un cheval car elle entendit les hennissements, Eva fut soulagée de trouver âme qui vive. Elle se déchaussa de ses skis et entra dans l’atelier de l’homme occupé sur la bête.

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-« Bonjour dit-elle, je me suis perdue, j’étais en randonnée à ski, ce matin il faisait si beau et je me suis trompée de chemin avec la tempête de neige qui s’est levée je suis si heureuse de vous trouver »

-«On voit bien que vous n’êtes pas d’ici vous, car le soleil c’est une chose mais il faut observer la forme des nuages et regarder le météo avant de s’engager en montagne, vous avez de la chance d’avoir pris ce sentier car en prenant l’autre versant vous seriez en Alsace ou vous auriez pu passer la nuit en montagne, femme  imprudente entrez au chalet c’est ouvert, j’arrive, je finis avec ce cheval »

Eva ne se le fit pas dire deux fois, cet homme lui donnait confiance, un être un peu bourru certes mais hospitalier, un peu ours mais en montagne, ça va avec le décor se dit-elle.

Elle se délesta des chaussures de ski dehors et mis son parka à sécher sur la rambarde, et entra en chaussettes plus avant  dans le chalet, il était très beau, impeccablement rangé ! Elle en fut agréablement étonnée sans doute Madame la Maréchal avait du goût c’est sûr !

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Elle attendit. Au bout d’une demi-heure il arriva

Elle vit tout d’abord son beau sourire, et ses yeux amusés qui la regardaient, des yeux marron comme les châtaignes  qu’elle ramassait dans ses nombreuses balades.

-« Vous allez être obligée de rester ici ce soir, j’aurai pu vous ramener chez vous sans cette tempête, mais là, même en moto neige ce ne serait pas prudent on ne voit plus les balises, et il est impossible de circuler sur cette neige molle, qui n’arrêtes pas de s’accumuler si vous voulez téléphoner à quelqu’un vous avez une ligne fixe car le portable ne passe pas ici il n’y a pas de réseau !

-« Non je n’ai personne à prévenir dit-elle je vis seule j’ai acheté un chalet il y a six mois à mon retour des Bermudes, je suis installée là définitivement, mais je vois que j’ai beaucoup à apprendre encore de la montagne »

Il la regarda d’un air navré !

-«Ne craignez rien, je suis connu ici, je suis né ici, vous allez passer la nuit dans la chambre d’amis et demain nous verrons quoi faire selon la météo, détendez-vous, voici la salle de bain si vous voulez, et ici vous trouverez serviettes et  tout ce dont vous avez besoin, je n’ai pas d’habits de femme  je vis seul, mais je vais vous passer un tee-shirt et un pull vous ferez avec ! »

Pendant qu’elle se séchait elle entendit de bruits d’assiettes et de casseroles. Mais oui il préparait à manger.

Lorsqu’elle revint à la salle commune avec ses vêtements, il s’esclaffa car la taille n’était pas du tout au gabarit d’Eva, mais il  lui dit

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-« Ce pull bleu vous va à ravir, nous allons manger, nous parlerons devant un bon feu de cheminée et demain il fera jour nous aviserons, ce programme vous convient. » ?

-« Parfait dit-elle mais je vous dédommagerai pour le dérangement dès que je serai de retour »

-« voyons! Il n’en est pas question vous ne savez pas que vous me faites offense le sens de l’hospitalité en montagne est primordial et nul ici ne renverrait un promeneur égaré, raison de plus lorsque c’est une si jolie femme que vous ! »

Ils parlèrent d’eux jusque 1h du matin, il avait un stock de fers à cheval et Eva qui était artiste savait déjà quoi en faire, il approuva….. Mais les yeux d’Eva se fermaient, alors il lui souhaita bonne nuit.

Elle se coucha rapidement et s’écroula sur le lit moelleux, les draps écossais étaient propres et sentaient bon, elle s’endormit de suite.

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Lorsqu’elle ouvrit un œil, ses longs cheveux blonds épars sur l’oreiller, elle se demanda où elle était ?  Et elle se souvint, elle regarda sa montre !10 h ! mince ! Elle avait dormi comme une souche avec les km à ski.  Son petit déjeuner l’attendait avec un petit mot de Joachim lui disant qu’il allait à son atelier et que dès qu’elle serait prête, qu’elle vienne le rejoindre .

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Elle déjeuna de bon cœur il avait pensé à tout, les confitures maison, le pain de campagne, le beurre de baratte !! Le bonheur ! Mais en mettant le nez au carreau Eva s’aperçut que la tempête non seulement n’était pas levée mais que les congères de neige recouvraient tout le chalet versant est, et que la visibilité était nulle, la neige tombait sans discontinuer.

Elle se gratta la tête et se demanda : «  quand vais-je repartir ? »

 

Une fois habillée elle alla le rejoindre à son atelier et le vit torse nu devant le feu des fers à cheval qu’il tordait avec une force incroyable et là elle le trouva magnifique de puissance et de virilité ! Son sang ne fit qu’un tour, il ne la vit pas trop occupé avec ses fers rougis, elle attendit un bon moment qu’il ait fini de frapper le fer pour se racler la gorge !

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-« Joachim Bonjour ! J’ai très bien dormi, merci, et merci pour le petit-déjeuner, désolée de ma lever si tard mais le ski et la fatigue ont eu raison de moi, pensez-vous que je puisse repartir aujourd’hui ? »

-«  je crains que non, j’ai téléphoné ce matin à des amis gendarmes ils ne conseillent aucun déplacement avant 5 jours au moins, j’ai signalé votre présence ici, et ils m’ont demandé votre identité je l’ai décliné, vous voilà prisonnière 5 jours !! Ne vous inquiétez pas, on va s’arranger, j’ai assez de provisions et de tout, du pain congelé, nous tiendrons ! Au fait je vous montre le stock de fers à cheval et si vous pouvez en faire quelque chose, le feu est rougi, je suis là et libre 5 jours Eva, rien que pour vous ! »

La suite de cette histoire, voilà ce qu’ils firent ensemble les 5 jours.

ka12 Des sculptures qu’elle vendit à une galerie

Et même un jeu pour les soirées d’hiver ! ka13

La suite au prochain défi (moi aussi j’ai mon feuilleton de l’été !!! (lol))

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12 juillet 2014

Le point culminant du jour (KatyL)

Le point culminant du jour

 

Cet été là j’étais en vacances en Ardèche, non pas dans cette partie très touristique et tant visitée, mais sur les hauts  plateaux où coulaient  des rivières sauvages, et des villages avec peu d’habitants.

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J’étais adepte de randonnées montagnardes et quelques jours auparavant avec le cousin Gilbert facteur à ALBON qui connaissait tous les sentiers ainsi que d’autres amis, nous avions décidé d’aller marcher du côté d’ANTRAIGUES-SUR-VOLANE, petit village perché et bien typique, ce qui nous faisait environ 32 km à pied en passant par des sentiers escarpés et bien pentus.

Nous devions arriver à bon port dans l’après-midi, et pour le retour l’oncle Emile reprendrait tout le monde en camionnette vers 18h devant la fontaine du village.

Nous étions partis tôt le matin à la fraîche sacs à dos avec ravitaillement pour le midi, bien chaussés.

 L’air sentait bon les herbes, des oiseaux s’envolaient à notre passage  dans un bruissement d’ailes, le soleil perçait les feuillages.

J’emportais toujours mes petits carnets car je dessinais pendant les haltes et je notais mes impressions tout le long des trajets, munie de mon appareil photo en bandoulière.

La marche fut assez longue et difficile, parfois périlleuse à cause des pentes à gravir, et la chaleur de l’été se faisait bien sentir au fur et à mesure de notre marche, heureusement je m’étais protégée du soleil par une bonne couche de crème et un bob sur la tête ! 

Les petits arrêts  le long du parcours permettaient de respirer et de profiter des paysages splendides dont je m’extasiais sans modération !

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En ces instants de répit, je notais tout ce que je voyais et je croquais vite fait une fleur, un ruisseau, un arbre, une charrette, au détour de mes découvertes ….Et, quelques phrases poétiques venaient ponctuer mes impressions.

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Arrivés à ANTRAIGUES vers 14h , les garçons prirent tout de suite la direction du bistrot pour s’en jeter une (bière) dirent-ils en chœur,  me laissant la seule femme du groupe aller sur un banc du village à l’ombre des platanes boire l’eau de ma gourde et prendre des notes.

Arrivée à la hauteur du banc je vis un Monsieur déjà assis bien tranquille qui me regardait, je le reconnus tout de suite c’était le chanteur tant aimé par moi J. F. mon sang ne fit qu’un tour ! Mince alors moi qui ne pensais même pas l’apercevoir, voilà que je m’asseyais à côté de lui en lui demandant :

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-« Bonjour puis-je m’asseoir ici, si je ne vous dérange pas ? Peut-être attendez-vous quelqu’un ?»

-« Oui j’attends un ami pour jouer aux boules mais il ne sera pas là avant 15h nous avons le temps de faire connaissance me dit-il avec son regard charmeur.  Vous êtes randonneuse à ce que je vois, vous venez d’où ? »

-« D’ALBON où je suis en vacances, mais suis Parisienne le reste du temps, vous pensez bien que ces balades dans vos montagnes me font le plus grand bien, et j’en profite pour noter dans des carnets, ce que je vois. »

« Ah c’est TRES  bien ça ! Quel est votre prénom ? »

-« Katy »

-«  Voudriez-vous me montrer ce que vous avez déjà fait ? »

Je sortis mes deux carnets contenant dessins, impressions et poésies et je les lui montrai comme s’il s’agissait d’un vieil ami.

Il fut très attentif et me complimenta pour les dessins, surtout ceux avec les charrettes de foin, de fleurs et autres que j’avais dessinées le long de mes périples.

ka04Il regarda les poèmes en souriant gentiment ou hochant de la tête, il semblait absorbé, je ne disais rien savourant cet IMMENSE privilège d’être à côté d’un tel Homme ne serait-ce qu’une heure de ma vie et de parler de moi avec lui ! Impensable le matin même.

- « Vous dessinez très bien, et vos poèmes sont très doux, emplis de contemplation, ils sont le fruit de vos observations, vous devriez continuer de faire cela, moi j’ai toujours écrit aussi pour moi, je ne me contente pas de chanter les textes de grands auteurs, mais dites-moi Katy que faites-vous dans la vie ? »

- «  Je suis secrétaire, mais je rêve de peindre et d’avoir un atelier de peinture, je suis allée aux Beaux-Arts et je pensais en faire mon métier mais hélas il faut travailler pour se nourrir, la vie d’artiste ne remplit pas les assiettes »

Il rit de bon cœur me regarda droit dans les yeux, fouilla mon âme, je me sentis frissonner jusqu’aux racines de mes ancêtres.

- «  Si vous avez vraiment envie de réaliser cela, faites-le !  La vie est très courte, il faut vivre ses passions le plus possible, dire et faire ce que vous sentez, je vous encourage à la vue de vos carnets à continuer, croyez-moi »

- «  Mais vous savez bien que dans ce monde sans « connaissances » nous restons des anonymes avec pour certains pourtant beaucoup de talent »

Il fit une pause avant de me répondre, les boulistes s’invectivaient avec grand bruit sur la place, mais il ne les voyait pas plongé dans une profonde réflexion.

Les gens me regardaient se demandant sans doute qui était cette jeune-femme en short et chaussures de rando un peu échevelée, avec ses deux grandes nattes blondes qui parlait avec «  LEUR J.F. ».

ka05Mais je n’en avais cure car je voulais vivre à fond cet instant sublime.

-« Oui vous avez raison, le monde est offert sur un plateau à certaines personnes, certains ont tout de même du talent, d’autres pas du tout et sont «reconnus et exposés»  à tort ! Le monde est ainsi fait, ne vous embarrassez pas de ces pensées qui vont vous empêcher de voler, allez de l’avant, vous trouverez le passage et les bonnes personnes, vous trouverez votre route, être connu n’est pas une fin en soi, ce qui compte c’est de remplir VOTRE vie avec ce qui vous tient le plus à cœur, ne serait-ce que pour vous, remplissez votre vie de beauté »

J’étais médusée, il me poussait à faire ce que personne dans ma propre famille et surtout pas mon père ne m’avait encouragée à faire bien au contraire ! Je voyais en cette rencontre inespérée un signe du destin,  les larmes me montèrent aux yeux tant j’étais émue, il le vit, posa sa main sur la mienne en signe bienveillant de réconfort.

- « Merci lui dis-je, je m’en souviendrai de cette rencontre croyez-moi, vous êtes si connu et vous prenez la peine de parler avec moi, puis-je vous embrasser dis-je spontanément ?»

- « Oui dit-il, bien que les gens du village vont cette fois-ci m’interroger ce soir sur qui vous étiez, et bien sûr me taquiner, mais oui sans souci »

Je l’embrassai donc sur la joue comme si j’allais en ce baiser y mettre toute la tendresse du monde et il me rendit mon baiser.

Son co-équipier pour la partie de boules arriva à cet instant précis et me sourit.

Je les regardai jouer aux boules  un bon quart d’heure lorsque mes copains de la marche arrivèrent dans mon dos !

- « Alors Katy tu ne t’es pas ennuyée sur ton banc, nous pas ! Nous avons bien ri avec les anciens du village, « une vraie » charrette ! » Et nous avons bu quelques bonnes bières, tu as tout raté ! »

- « Oh que non dis-je je viens de gravir des sommets inoubliables plus hauts que ceux que nous avons franchis cet été en haute Ardèche croyez-moi ! »

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05 juillet 2014

Point final (KatyL)

Point final

J’ai décidé de mettre un point final à une ambiguïté !

Je ne suis pas écrivaine du tout !

Je m’amuse juste à écrire, à scribouiller.

Parfois c’est bien, parfois c’est lamentable et pénible à lire !

Mais ce n’est pas pour autant que je vais m’arrêter, car en continuant d’écrire, je deviendrais sans doute meilleure ?

Et surtout j’ai des échanges avec des amis et amies !

Qui eux savent écrire.

Alors elle n’est pas belle la vie ?

 Pas de point final pour moi …….katyLka01

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21 juin 2014

Des JEUX dites vous ! (KatyL)

Des JEUX dites vous !

Pour moi ce seront des jeux de MOTS

MOT tard mais aussi mot tôt pourquoi pas ?

Mais je ne m’en fait pas, car vous n’avez aucun MOT bile pour me  déclencher une crise de foie !

Car ce soir j’ai très peu mangé de mots, c’était la MOT dé RATION alors !! 

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Heureusement, car sinon je serais un gros MOT si j’avais joué la gourmande.

Il Faut dire que le jardinier  avait oublié son outil, ce fut MOT dé rato pour les légumes .

On ne peut plus se fier au petit personnel, car il n’est pas très MOT dit « fiable » !

Parfois il m’arrive de faire court lorsque je fais des jeux de mots, mais là non ! Car le MOT est long

Vous dites comme les Normands, oui & non, du coup  le MOT ni tort,  ni raison

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De toute façon je ne prends jamais de note, car le MOT no bloc !

Enfin un mot ça ne pèse pas lourd, car le MOT no gramme !

Et puis un mot ça n’a pas d’habitudes, car le MOT no manie

Parfois le mot fait la manche ! Il est MOT quête …. Et tout le monde le regarde de travers !

Ça l’agace beaucoup ! Du coup le MOT râle !

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Il aime couper les cheveux en 4 c’est le MOT TIF  à discussions de MOTS !

Enfin il en a marre de jouer, il part c’est le MOT valise !

Ce sera le mot de la fin ! 

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14 juin 2014

La stagiaire (KatyL)

La stagiaire !!

 

Lorsqu’elle  prit son travail ce matin-là toute guillerette d’avoir à s’occuper d’une stagiaire qui entre autre devait l’aider à combler son retard de paperasses, Béatrice pensa qu’elle avait de la chance d’être enfin comprise par sa hiérarchie.

 

La DRH lui avait juste dit à Béa : « que cette personne était un peu ronde mais vu son envie de travailler, ses références et son sourire elle devait faire l’affaire » !, elle avait donc cette dame à accueillir ce matin.

 

Elle était à peine parvenue en haut de l’escalier de la mairie qu’elle entendit la porte s’ouvrir à nouveau, et comme elle était  en avance elle alla donc s’acheter son petit café du matin en vigueur chez  les fonctionnaires !

Un pas montait péniblement les escaliers et Béa sentait un souffle rauque l’accompagner.

En attendant de voir de qui il s’agissait elle sirotait ce café trop chaud à toutes petites lampées.

 

Quand tout à coup « elle » surgit en haut des marches, sa figure toute rouge, sa respiration saccadée, ses cheveux collés par deux semaines au moins sans lavage, et surtout son aspect faillirent créer un malaise total à Béa.

 Quoi cette femme avait un corsage long sans rien dessous !!! Et Elle était ENORME !

Elle  ne portait ni  jupe ni  pantalon !

Ses cuisses s’entrechoquaient roses et plissées, elle ne pouvait avancer sans les frotter l’une sur l’autre tant elles étaient grosses et elle était presque nue !!

 

Cette apparition à laquelle elle  n’était pas préparée avec une tasse de café brûlant le matin dans un lieu public lui fit l’effet d’une bombe ! Et elle lâcha sa tasse qui rebondit au sol sur sa chaussure et lui éclaboussa les jambes !! Merde de zut ! Ça commence bien cette journée, elle qui  voyait cette femme presque obscène s’avancer vers elle!

 

-«  bonjour lui dit-elle, je me nomme Clotilde Degarde en s’essuyant le visage déjà en sueur,  pouvez-vous me dire où est le bureau de Mme Duchmol car je suis la nouvelle stagiaire et je viens d’être embauchée en contrat d’essai »

 

Béa était médusée incapable de prononcer un mot, quoi la nouvelle stagiaire un peu forte et souriante était cette ENORME femme pas vêtue, sans doute folle ? un peu crade et transpirante !! Un cauchemar elle allait s’éveiller, elle  ne pouvait pas partager son bureau exigu deux mois ou presque avec cette personne et accueillir public et collègues toute la journée affublée ainsi, il y avait méprise.

Elle  s’entendit cependant répondre :

 

-«  mais c’est moi Madame Duchmol Béatrice, vous êtes au bon service, par contre Madame Degarde il doit y avoir une erreur quelque part, ici nous devons avoir une tenue disons….. « convenable pour un service public » or vous n’avez sans doute pas pris tout votre temps ce matin, ou vous étiez endormie encore en venant ici, ou vous n’allez pas bien, je ne sais pas ? Dites-moi pourquoi vous êtes juste vêtue de votre tunique sans  rien en dessous, ce n’est pas possible je vous assure »

 

-«  Mais dit Clotilde Degarde dans un râle pleurnichard et en s’essuyant les mains sur ses cheveux gras, je suis habillée, que vous faut-il de plus, j’ai une tunique et un caleçon couleur chair ! »

 

-«  ah vous avez un caleçon couleur chair, mais dites-moi c’est très bien imité cette couleur chair on dirait que vous êtes nue, sans rien…et un caleçon collant à ce point lorsque l’on est……….disons un peu forte ne me paraît pas adéquat dans un lieu comme une mairie !! Enfin rendez-vous compte ? »

 

Madame Degarde s’approcha en marchant dans le café renversé au sol et au fur et à mesure qu’elle arrivait à la hauteur de Béa elle fut envahie par une odeur de transpiration bien installée, et son nez ne fit qu’un tour ! C’en était trop !

 

«  Oh ! dit-elle (en reculant progressivement vers son bureau) venez nous serons plus à l’aise pour parler, entrez ! »

 

Béa ferma la porte rageusement ! Et dès que celle-ci  se fut refermée l’odeur envahit la minuscule pièce.

 

La femme  se colla presque à Béatrice pour lui  faire toucher « le fameux caleçon chair. »

 

-« tenez touchez si je suis nue, c’est bien un caleçon en synthétique lui  dit-elle en reniflant »

 

Oui elle avait un caleçon chair de chez chair !! Belle imitation ! Incroyable !!

On ne voyait rien puisqu’elle avait eu la belle idée de mettre des chaussures un peu montantes qui cachaient les élastiques du bas du caleçon.

 

Cette vision apocalyptique accompagnée de reniflements et de cette odeur à 8h30 du matin lui donna le sentiment à Béa qu’elle allait vomir et se réveiller, mais non elle ( Clotilde) était bien là dans SON bureau.

 

Béa ouvrit la fenêtre en grand et entreprit d’expliquer à cette Madame Degarde comment s’habiller lorsque l’on se présente au travail surtout en étant stagiaire,  afin d’éviter les cheveux gras, les caleçons collants elle lui expliqua gentiment  et avec calme et pondération que les déodorants existaient.

Mais comme elle ne  voulait pas l’accabler, elle lui suggéra de passer derrière son bureau pour la matinée de manière à ce que ses collègues ne la remarquent pas,  et si possible ce midi en rentrant chez elle de se vêtir différemment, sur ce,  Béatrice laissa sa fenêtre ouverte toute la matinée alors que le temps était assez frais »

 

Lorsque midi sonna il fallut que Clotilde Degarde s’extirpe de son siège et qu’elle sorte.

La tête de ceux et celles qui l’ont croisée !!!

Le mouvement des cuisses était une chose, mais l’arrière avec le caleçon chair qui rentrait dans  la paire de fesses de façon  magistrale, produisit un choc à un collègue masculin qui fumait dehors, il faillit en avaler sa cigarette !!

 

Ce fut une véritable vision que de la voir arriver pensa Béa, elle  s’en  souviendrait toute sa vie.

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07 juin 2014

La marchande de BONHEUR (KatyL)

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J’adore ma boutique arrangée avec goût, on y trouve de tout, du bonheur en paillettes pour en jeter plein les yeux de ceux qui ont perdu cette étincelle au fond du regard, du plaisir à donner pour des nuits sans fin à des gens qui passent des nuits blanches à ruminer leurs défaites, des délices pour papilles qui ont trop fumé et qui ne savent plus la douceur des choses, des fleurs odoriférantes qui répandent un parfum si exceptionnel pour  ceux dont le nez a perdu toute sensibilité , des crèmes de jouvence au bleuet, des poudres à rendre un homme (avachi par des années de football à la télé) fou de sa femme au point qu’elle croira avoir à faire à Apollon lui-même descendu de l’Olympe pour la combler d’amour.

J’ai mis toutes ces poudres dans des flacons anciens aux couleurs si belles.

Ah ! j’en étais là dans mes pensées caressant mon chat noir, lorsqu’elle a ouvert la porte de ma boutique.

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Mademoiselle Barbara Zemotte n’était pas petite (comme son nom ne l’indique pas) mais juste dans la moyenne, presque laide, car mal fagotée jogging et gros baskets !! et la coiffure !! Une passe partout ! Et c’était bien là son drame, pensez donc dans une société où la beauté est critère à tous les coins de rues !

Elle entra timidement et me dit de sa voix cassée.

-« Bonjour Madame Vénus, je suis venue dans votre boutique de magie car il parait que vous connaissez tous les secrets du bonheur et que pour chaque cas vous trouvez la solution. »

-«  quel est votre souci majeur Barbara vous permettez que je vous prénomme Barbara depuis le temps que je vous vois passer devant ma boutique sans jamais en ouvrir la porte, j’ai demandé à notre voisin Tartan Pion qui vous étiez et il m’a tout dit de vous, alors que désirez-vous Barbara ? »

-« voilà, je voudrais être jolie, être désirée et être aimée par un homme qui ne me regarde pas et que j’aime en secret, que pouvez-vous faire pour moi ? »

-« tout mon enfant je peux tout si vous suivez mes conseils à la lettre, ici c’est un magasin de magie

Je suis magicienne et j’offre du Bonheur mais il faut le chercher ce bonheur ça ne vient pas tout seul »

-«  je suivrai tout ce que vous me direz dit-elle en reniflant dans un mouchoir déjà bien froissé ! »

-« asseyez-vous là, déjà vos cheveux il faut faire quelque chose, cette coiffure à la brosse avec une couleur grisaille ! On va commencer par la tête, avalez cette poudre de blond vénitien recueillie sur les toits de Venise avec un grand verre d’eau ! »

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Elle but et au bout de 5 mn ses cheveux se mirent à pousser dans un reflet de champ de blés en été c’en était un enchantement, du coup tout son visage se détendit et elle rajeunit de 10 ans !

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Barbara lui dit merci avec ses grands yeux tout embués de reconnaissance.

Maintenant passons à vos habits , elle alla fouiller dans une grande malle à trésors où elle avait des robes à couper le souffle du plus mufle et du plus imbécile d’homme qui ne veut rien voir, et elle étala une robe rose de taffetas avec des petites fleurs en ruban cousues au bord de l’ourlet avec une délicatesse digne d’une petite main de chez « DOIR », des chaussures à talons assortis, un jupon en tulle pour ébouriffer la tenue, des rubans dans les cheveux, Barbara était transformée.

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Mais ce n’était pas tout il fallait s’attaquer à l’état d’esprit il fallait qu’elle se voit belle, qu’elle y croie et surtout qu’elle sache émoustiller ce godelureau dont elle était amoureuse, d’ailleurs Vénus s’occuperait de ce Monsieur plus tard !

Elle lui versa au creux de l’épaule là ou des saillies si féminines ne peuvent que toucher le cœur des plus irréductibles, une lotion d’eau de violette de sa composition qui devait rendre Barbara enfin sûre d’elle, et faire succomber le nigaud.

Aussitôt la lotion coulante entre les seins charnus de Barbara elle sentit un frisson inconnu lui parcourir le ventre, sa tête se mit à lui raconter des choses que les oreilles chastes ne peuvent entendre sans en rougir de plaisir.

Vénus s’approcha et vit que ses lotions et ingrédients faisaient leur effet, les yeux de Barbara étaient devenus des paillettes et ses joues devinrent roses comme une corolle qui s’étire au jardin des amours, et dont les lèvres gonflèrent dans un frémissement divin qui reçoit le baiser.

-« bon ce n’est pas tout ma petite Barbara il va falloir que votre Monsieur au fait comment se prénomme-t-il ? Il me faut son prénom pour faire agir mes potions sur lui, avez-vous une photo de lui ?

-« oui la voici il s’appelle Achille ! »

Vénus prit la photo entre ses mains elle le trouvait bien falot et entreprit de faire un travail assez poussé sur cette image, elle émit quelques sons aigus et chanta la barcarole à l’envers histoire de réveiller le terne personnage qu’elle avait sous les yeux, et comme par magie la photographie renvoya un Achille sûr de lui souriant et bellâtre.

Barbara en était toute émue comme une jeune jouvencelle qui se rend au bal un samedi soir.

Vénus lui dit de mettre cette photo dans son corsage tout près de son cœur et de réciter en rentrant chez elle une poésie de Ronsard, puis elle donna à Barbara des gélules de sa composition contenant gingembre et ginseng,  paprika et poivre vert, et autres plantes dont elle avait le secret et qui devaient redonner vigueur à ce piètre amoureux, elle recommanda à Barbara d’aller le voir ce soir prétextant de lui demander un livre de Stephen KING et tandis qu’il la ferait entrer et lui demanderait si elle veut  boire un verre, de lui verser ces poudres dans le sien sans qu’il s’en aperçoive.

Ce qui fut dit fut fait.

Barbara maintenant déambule aux bras de son Adonis d’Achille qui fait le paon tout fier d’avoir cette donzelle si chaude et voluptueuse à son bras, étonné de ses propres prouesses !

Et ils coulèrent des nuits heureuses à rendre jaloux cupidon, et tous les siens, grâce à Melle Vénus et sa boutique de magie.

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Moralité : si vous voyez une boutique de magie ! ENTREZ et demandez la marchande de bonheur!!!

 

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