07 mars 2009

Ah non ! Pas Madame Goémillo ! (Joe Krapov)

Thème : Elle écrit tôt
Genre : Proverbe inventé rimé

Celle qui écrit tôt ses critiques de tartes
Ne devra pas tiquer
De se voir écartée – c’est la flèche des Parthes ! –
Du banquet des toqués.

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Les rigueurs de l’ère Obama (Joe Krapov)

Thème : Les tripotages dans la politique
Genre : deux alexandrins

On s’amusait jadis dans le bureau ovale !
Hélas, Bill est parti, Monica en cavale !

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La question du Fludex ou du Modurétic (Joe Krapov)

Thème : Arrêter la pilule
Genre : Haïku

Stopper la pilule
Rendra-t-il notre écriture
Moins hypertendue ?

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L’animal que Dieu oublia (Joe Krapov)

Thème : Quelle est la femelle du crapaud ?
Genre : quatrain

Vous pouvez l’appeler crapaudine ou coucourde,
Crapoteuse aussi bien même que krapovienne :
Pour peu qu’elle ait liché la vodka varsovienne
L’amie du batracien à tout appel est sourde.

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28 février 2009

Léo part en vrille (Joe Krapov)

- Et tu dis que c’est notre gamin qui a fait ça ?

- Oui. Chez la psychologue.

- Je ne te demande pas combien tu as payé la consultation ! Cher ?

- Cher. Mais ce n’est pas la peine de croupionner, Léo. Il faut bien issir de cette situation, non ? C’est toi qui as dit que ça urgeait de faire quelque chose !

Le père n’arrive pas à détacher son regard de la partie blanche au milieu de la feuille.

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- Cet enfant dessine très bien les artichauts. On dirait qu’il a godronné toute sa vie ! On pourrait peut-être en faire un jardinier, après tout ? Il dragonnerait, il paloterait…

- Cesse de dire des cochonneries devant le petit, Léo !

- Il n’est pas là pour l’instant et puis paloter, ce n’est pas peloter ou palucher. De toute façon, côté cochonneries, il en remontrerait à un régiment de bachi-bouzouks en goguette, le rejeton ! L’autre jour, quand il t’a répondu, à propos du champ de fleurs jaunes « colza mon cul, ma tête est malade ! »… A cinq ans ! Mais où a-t-il oringué tout ce vocabulaire de marin alcoolisée ? Qu’est-ce qu’elle en dit, la psy ?

- Rien. Que notre fils est un surdoué.

- Un surdoué ? Cet animal qui écrit à sa cousine qu’il aimerait sorguer avec elle, qu’il rêve de la tarmacadamiser, de lui béliner le joyau, de lui couvrir le rigondonne voire de la houssiner ? Un surdoué du vocabulaire égrillard, oui, voilà ce qu’il est, ce cochon !

- Elle a dit qu’il fallait juste le canaliser.

- Le psychanalyser ? Autant le bolchéviser ! Le vocabulaire des psys, ce sont toujours des mots qui n’existent même pas ! Ca ne veut rien dire, canaliser !

- Notre enfant déborde d’énergie mais il n’a pas encore trouvé le chemin de la sublimation.

- Ce qui est sublime, c’est qu’il ne fait que vétiller et folichonner ! Je te rappelle qu’on a dû le retirer de l’école parce qu’il avait commencer à ébousiner la petite voisine et qu’il avait appris à toute la classe les mots « caca » et « boudin » !

- Il est quand même surprenant que, de nos jours, ce deuxième crime soit jugé plus grave que le premier !

- Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire ?  Un rudenteur de colonnes Morris ? Un japonneur de poupées de salon ? Il serait capable de leur faire leur affaire, ce simili-zoophile !

Il retourne le dessin, mais ne semble pas convaincu du résultat non plus. Quoique…

- On ne peut pas le ramener à la maternité ? Est-ce qu’on nous l’a warranté, au moins ? On pourrait se faire rembourser du prix qu’il valait à la naissance ?

- Léo, tu dis n’importe quoi. Et puis tu devrais arrêter de licher autant de schnaps. Tu es encore plus moiti d’alcool que cette feuille de papier ne l’est d’encre. D’ailleurs, tu interprètes mal. Ce qu’il faut regarder, ce n’est pas le blanc, c’est la partie violette. Le petit y a vu deux dames de la société qui se font des révérences.

- La partie violette ? La partie violette ? Des révérences ? Ah ben zut, alors, c’est vrai ! J’ai été bien zibé, dis donc ! J’avais pas vu !

Du coup, le père est pris d’un doute.

- Où est-ce qu’il est, d’ailleurs ? On n’entend plus rien ! Il est pas encore en train de faire une connerie, au moins ? Gottlieb ! Gottlieb !

- Je suis là, papa !

- Mais qu’est-ce que tu fais là, malheureux, avec ta bouteille d’encre et cette plume d’oie ? Mon Dieu, Anna Maria ! Viens voir la catastrophe ! Cet enfant a complètement salopé ma partition de la Symphonie des jouets avec sa putain d’encre violette ! Il m’a foutu des pattes de mouches partout !

- Des pattes de mouche avec une plume d’oie ? » s’étonne la mère.

- Je ne l’ai pas salopée, Papounet chéri. J’ai juste chiadé un peu le changement de tonalité vers le si mineur du deuxième mouvement et ajouté un contrepoint de flûte avec des septièmes sur le passage avec crécelles.

- Petit crétin ! Je vais te donner du martinet pour t’apprendre à respecter le bien d’autrui. Viens-là, Schweinhund, sors des toilettes !

- Arrête, Léopold, veux-tu ? s’interpose la mère. C’est peut-être là un signe insigne du destin. Dis-moi Wolfie, est-ce que ça te plaîrait plus tard de devenir musicien comme papa ?

- Oh oui Maman ! J’adore chier des pizzicati et dégueler des ornementations pour des soprani à gros seins !

- Eh bien moi vivant, proteste le père, cela n’arrivera jamais ! Mon fils intermittent du spectacle ? Musicien à la solde de tous ces rois et archevêques emperruqués ? Non ! Ca suffit d’un, dans la famille. Il n’y a pas d’avenir dans ce job, crois-moi et tu feras autre chose comme boulot, mon fils, je te le garantis. Aussi vrai que je m’appelle Leopold Mozart !

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21 février 2009

Propriété intellectuelle ® ? (Joe Krapov ®)


- La parole est à maître Sankoz ®, avocat de la défense.

- Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les jurés, jusques à quand enfin le ridicule en grève refusera-t-il de tuer ceux qui viennent ici à l’instar de M. Nicolas Broutille ®, chef d’entreprise et ci-devant partie civile, encombrer les tribunaux de leurs peccadilles ? Ce procès est une farce italienne, une pantalonnade et je me fais fort, sans même faire dans la dentelle, de transformer l’argumentation de la partie adverse en hachis de Parme entier. Car que reproche-t-on à Monsieur Lamoule ®, mon client, et que ne lui a-t-on pas reproché ?

Cet humble commerçant en sex-toys, boules de geishas, pilules bleutées, accessoires et revues de la plus basse pornographie n’est qu’une pauvre victime de la crise économique mondiale qui sévit actuellement partout. M. Roger Lamoule ® a été contraint d’abandonner son emploi de gérant des Portes du Paradis ®, un sex-shop situé rue d’Echange à Rennes ®. Il s’est reconverti dans l’aide informatisée aux candidats potentiels de la Staraque ® et autres pousseurs-pousseuses de chansonnettes. M. Lamoule ® est devenu maître-chanteur d’un genre particulier certes puisqu’il n’a pas craint d’exercer par correspondance sa nouvelle activité de vendeur de corps beaux et de merlettes chanteuses. »

(Rires dans la salle).

- M. et Mme Broutille ® me font bien rigoler. Excusez-moi, Monsieur le Président, mais consécutivement à leur lune de miel récente, ils ont de la marmelade dans les yeux ! Comment ne pas voir en effet que les poupées chantantes envoyées par M. Lamoule ® à ses nouveaux clients n’étaient rien d’autre en effet que des poupées gonflables à l’effigie de Mme Carla Broutille ®  au sein desquelles un dispositif de lecture de fichiers MP3 ® se déclenchait lorsqu’on appuyait sur le téton gauche, faisant entendre le voix de la Callas ®, de Céline Dion ®, de dame Félicity Lott ® ou celles de Caruso ®, Jean Ferrat ®, Serge Lama ®, ce en vue d’inciter les jeunes talents à forcer un peu plus sur les cordes vocales que sur la cigarette avant d’envisager une carrière musicale. »

- Mais, maître… ». Roger Lamoule ®, entre deux de ses bâillements, essaie d’interrompre l’avocat qui a visiblement la frite, bien lancé qu’il est dans sa plaidoirie.

- Mon client est-il accusé d’atteinte au droit à l’image ? Pas du tout ! Il n’est pas responsable non plus du détournement d’usage qu’a subi l’objet du délit. La poupée Carla ®, puisqu’il faut l’appeler ainsi, s’est vendue comme des petits pains le mois dernier lorsque les employés de l’usine Broutille ® se sont mis en grève contre leur patron. Tout le monde garde encore en mémoire l’image de ces syndicalistes brandissant la poupée, scandant « Carla ® avec nous ! » et lui faisant chanter à pleins poumons « L’Internationale ® ». Mais sommes-nous ici pour une accusation de complicité de grève illicite, injure ou diffamation ? Pas plus ! Encore moins pour des faits de sorcellerie. Les quelques farceurs situationnistes qui croient que le veau d’or est toujours debout et que le vaudou est toujours Debord ® se trompent. Planter des aiguilles dans la poupée Carla ® n’aboutit à rien qu’à un grand « Pffff… ». Même pas une petite « clique » ou un grand « claque ». Autant marabouter des bouts de ficelle, envoûter des plafonds de cave, magnétiser des aimants à Vérone ®. »

- Abrégez, maître Sankoz ® », demande le Président, sinon on va encore devoir couper en deux votre contribution au « Défi du samedi juridique » ! »

- Mon client, Mesdames et Messieurs, a commis le crime abominable d’écrire sur l’emballage et les prospectus publicitaires vantant les mérites de sa Galatée ® à la voix dilatée cette accroche : « la poupée qui fait nom ».

Or monsieur Broutille ®, suite à une affaire juteuse réalisée par un de ses adjoints, commercialise en Chine des mannequins d’un genre un peu particulier. Comment appelez-vous, M. Broutille ® votre top-modèle pour l’export ? »

- La poupée qui fait nain ®. »

(Manifestations d’étonnement dans la salle).

- On peut voir ici, Messieurs dames, reprend l’avocat en brandissant une photo, ce que produit désormais M. Broutille ® dans son usine de vêtements : un modèle de pin-up qui sert de nain de jardin sur les balcons des HLM ® en Chine ® ! Cela fait quatre pages que vous vous esquintez les yeux pour une vulgaire affaire de simili plagiat de slogan, pour une querelle de voisinage entre mercantis concernant la propriété intellectuelle des mots « la poupée qui fait » ! Avons-nous réellement du temps à perdre avec les appétits mesquins de ces marchands du temple ? Surtout, qui, de nos jours, à part un Ch’ti d’Arleux, de Dourges ou de Wahagnies peut se montrer incapable de faire la différence entre la poupée qui fait non et « cheul  poupée qui fait nin » ? »

(Rumeurs de stupéfaction dans la salle)

- Pour terminer et vous prouver qu’il n’est pas très difficile d’enfreindre la folie de telles lois et de telles moeurs, qu’il me soit permis de questionner le plaignant. Monsieur Broutille ®, quand votre épouse Carla ® se rend au supermarché pour faire ses courses, comment appelez-vous le chariot dans lequel elle entrepose les victuailles de la semaine ? »

- Un… Un caddie ® ? »

- Parfait ! Et quel est le nom de la danse nouvelle à laquelle s’adonnent des adolescents gominés sur les places publiques de nos cités ? »

- Le rockabilly ®? »

- Vos références culturelles datent un peu, M. Broutille ® ! Vous êtes carrément à côté de la plaque. Et en disant ça, je vous aide ! »

- La Tecktonik ® ? »

- Voilà, Mesdames et Messieurs ! La démonstration est faite. Le plaignant n’hésite pas lui-même à utiliser des termes qui sont des marques déposées dûment enregistrées auprès de l’INPI ®. Il vient de faire la preuve que nul ne peut survivre dans un monde où l’on privatise tout, y compris les noms et les mots. Je vous remercie de réfléchir à cela avant de délibérer. »

- Mais maître… » hasarde encore M. Lamoule ®.

- Ta gueule, Roger ®, répond l’avocat à voix basse. T’inquiète pas, c’est gagné. »

- C’est que… On ne risque pas d’avoir des ennuis avec Michel Polnareff ® ? »

***

Effectivement, à l’issue des délibérations, le diffuseur de la poupée qui fait nain ® a été débouté de sa plainte contre le fabriquant de la poupée qui fait nom. Le tribunal a condamné le couple Broutille ® à payer les frais de justice de Roger Lamoule ®. Madame Broutille ® ne décolère pas :

- Mais enfin, Nicolas ® ? Pourquoi as-tu répondu « Caddie ® » à cette question sur ces endroits où je ne vais jamais ? Tu sais très bien que je fais tout livrer par Fauchon ® directement à la maison ! ».

M. Broutille ® ne dit rien. Il sort piteusement du tribunal et s’enfuit rapidement, la queue entre les talonnettes ®.

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14 février 2009

Ca ne fait pas un pli (Joe Krapov)

« Cher monsieur Shiva

Votre réputation de touche-à-tout ne laisse personne de marbre et votre divine beauté ne peut inspirer que de l’amour à tout individu normalement constitué. Je suis un peu gonflée d’écrire « normalement constitué » si je considère le nombre de vos bras. Et moi-même qui suis une pauvre victime des vertiges de l’amour, je suis aussi un cas très particulier : l’Amour m’a rendue aveugle, il m’a fait perdre la tête mais il est aussi celui qui m’a donné des ailes et de l’audace.

C’est pourquoi je profite de la large ouverture d’esprit du site de rencontres désormais meethique « Le deep fix du samedi » où d’autres amoureux-amoureuses de partout et d’ailleurs viennent évoquer leurs nuits d’amour, parler des effets secondaires plus ou moins priapiques des médicaments antihypertenseurs ou narrer les joies très particulières de l’épreuve orale de « promotion canapé » pour vous déclarer ma flamme, vous proposer la botte et même plus si affinités et j’espère que cette phrase beaucoup trop longue ne vous aura pas rebuté. C’est que voyez-vous, je suis folle de vous l’avouer, mais je rêve déjà chaque nuit de vos six mains parcourant mon corps lascivement offert, je frémis par avance de vos avances et avancées en mes contrées, de vos explorations de mes replis. Je sais que vous me volerez comme il faut dans les plumes et que ma conquête amoureuse sera votre plus belle victoire.

Athéna Niké, de Samothrace, en résidence temporaire dans un musée parisien. »

***

Le facteur du Louvre est un plaisantin. C’est un petit amour du XVIIIe siècle, un Cupidon joufflu qui distribue le courrier soit en soufflant sur les lettres, soit en attachant les missives à l’empennage de ses flèches. Et c’est un paresseux de surcroît. Il n’a pas voulu, bien qu’il connaisse Shiva car il est cultivé, pousser jusqu’aux Indes galantes l’indexation Rameau de cette drôle d’épître. Il a déposé le courrier aux pieds de… la Vénus de Milo ! Celle-ci a répondu ceci :

« Ma chère amie

J’ai lu votre déclaration et découvert avec stupeur votre façon bien directe de draguer. Les bras m’en sont tombés, positivement. Vous n’avez donc aucune retenue, aucune pudeur ? Vous avez réellement perdu la tête, mon amie, et vos ailes de géante vous empêchent de marcher droit ! Sachez d’abord que je ne suis plus celle que vous croyez . Les dames dans mon genre ont de l’éducation et on ne propose pas la botte, même aux Italiennes, sans leur avoir au préalable baisé la main.

Je vous répondrais bien d’aller vous faire voir chez les Grecs mais vous en venez comme moi. Je vous appelle donc, ma chère Athéna Niké, a un peu plus de décence dans vos propos. Soyez plus marmoréenne face au flot de vos émotions. Il y va de la réputation de notre pays et de notre musée.

Bien à vous

Vénus »

***

Le facteur, bien évidemment, ne retourne pas cette réponse à la Victoire de Samothrace. Il dépose l’enveloppe entre les mains d’Aline pour qu’elle revienne et d’Adèle pour qu’elle fasse pleurer son amoureux à la fin de la chanson (car elle est morte, Adèle). Aline et Adèle crèchent dans un tableau où leur frère préféré, le célèbre peintre Théodore Chassériau, les a représentées un peu comme des jumelles mais sans la courroie ni l’étui.

- Voici, dit Aline, qui amuserait beaucoup notre cousine Isaure !

- Elle en ferait peut-être une chronique pour son journal internautique !

- Je crois qu’elle fait plutôt des interviews truffées, en ce moment !

- Et toi, truffé quoi, ce soir ? On va la voir ?

- Si tu veux. Je lui envoie un SMS pour la prévenir.

***

Pas facile de joindre Isaure Chassériau en ce moment. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes est en réfection et les toiles du 1er étage ne sont pas visibles. Peu importe à vrai dire puisque Isaure a quitté son tableau le 1er avril 1999 afin de vivre sa énième vie en nos deux siècles à nous. Le SMS est donc bien arrivé chez M. Krapov où elle a sa résidence rennaise, le rendez-vous avec les cousines a eu lieu. Il fut fort arrosé, si bien que toute l’équipe du « Défi du samedi », au sortir du restaurant, s’est rendue complice du hold-up nocturne des trois malhonnêtes.

Tout le monde a bien ri en imaginant la tête effarée du conservateur du Musée du Louvre quand il recevrait ce cadeau un peu spécial. Et cela fit scandale à Rennes quand on découvrit le lendemain la fontaine de Parmiggiani, place de Coëtquen, dépourvue de son ornement central, une très jolie tête d’Athéna qui trônait jusque là au milieu d’une flaque d’eau circulaire. La joyeuse équipe l’avait adressée à « Dame Victoire qui a perdu la tête par amour du dieu Bachi-Bouzouk, Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli 75001 Paris ».

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Evidemment c’était sans compter sur le facteur joufflu qui déposa cette fois-ci l’objet aux pieds de la Joconde. Celle-ci ne fit aucun commentaire, ne jeta même pas un œil à la tête qu’elle avait aux pieds. Mona Lisa, sortir du cadre étroit de son travail, esquisser un sourire autre que professionnel, c’est trop lui demander. Elle est là pour faire le job, elle fait le job. Mais ceci n’est pas la moralité, que vous avez déjà devinée, bien entendu car vous êtes comme moi des Brassensophiles avisé(e)s : qu’on trouve chaussure à notre pied, que la marmite rencontre son couvercle, que les creux épousent les bosses ou les bons les rosses, que l’on regarde ensemble dans la même direction ou pas, Cupidon s’en fout !

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07 février 2009

Le Bachi-bouzouk et l’Oryctérope (Joe Krapov)


Le Bachi-bouzouk et l’Oryctérope (Joe Krapov)

Maître Bachi-bouzouk, sur un arbre à coloquintes perché,
Tenait en sa clysopompe un ravachol.


Maître Oryctérope, par l'anacoluthe alléché,
Lui baderna à peu près ce logarithme :
"Hé ! bonjour, sacré traîne-potence de Bachi-bouzouk !
Que vous êtes sapajou ! Que vous me semblez sinapisme !
Sans mentir, si votre tchouk tchouk nougat

Se rapporte à votre saleté d’appareil à sous
Vous êtes le Wisigoth des zouaves de ces zapotèques. "

A ces mots le Bachi-bouzouk ne se sent plus de jus de réglisse ;
Et pour montrer sa belle jocrisse,
Il ouvre un large moule à gaufres, laisse tomber sa cloche à fromage.
L’oryctérope s'en saisit, et dit : "Mon bon emplâtré à la graisse de hérisson,
Apprenez que tout mitrailleur à bavette

Vit aux dépens du bougre d’extrait de cornichon qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un ravachol, sans doute. "

Le Bachi-bouzouk, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard : « Que le grrrand crrric me crrroque

Le prochain ravachol, je m’le goinfre en cachette au p’haddock ! »   
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31 janvier 2009

xamernimomesse ! (Joe Krapov)

mes amies, mes amis

on va s’énerver voire se courroucer 2 mes ruses 2 sioux mais… ici commence un énoncé sain & sincère : « rien à cirer ! ».

car nous sommes vernis avec ce ramassis 2 minusseries ! où irons-nous avec ce meunier cocu, ce camionneur corse, ce ramoneur insensé & ce menuisier racorni ? oserons-nous, avec ces souveraines russes, ces carnassières roumaines & ces vicieuses varsoviennes énoncer « sea, sex & sun », « caresser », « minou », « morsure », « sein » ?

ainsi écroués, à cran, saurons-nous nous escrimer avec aisance vis-à-vis 2 ce sévice & sauver « nuée », « insoumis » & « rosée » 2 7 voie sans issue ?

si un messie (+ ou - iowanien ?) nous envoie ses vœux, vomirons-nous au ravin nos macramés envenimeurs, nos mauvaises manières & nos seaux 2 vin noir ? suivrons-nous en ces rues, avenues & arcanes un meneur à cor & à cri, à voix 2 cuivre & 2 cromorne ?

maso à ce niveau, ça n’a ni raison ni sens !

non. nions ces 2 raies où on nous a comme enserrés ! nous aimons mieux rimer, même en mineur & nous remémorer amours anciennes, saisons ornées 2 cuivre & or, rires carmin & roses 2 soie en nos carrés (erre-messe ?).

nous rêverons 2 soirées suaves, 2 courses océanes ou 2 nous unir aux oiseaux ces soirs 2 cerises sonores ou 2 cassis à savourer.

versons en nos cuisines sucre roux, cumin, curcuma & musc !

& si nous ne créons aucun camée, aucune rivière ni émaux variés 2 7 insomnie, si aucune causerie-miroir ne nous renvoie 2 réminiscences 2 saveurs, nous minimiserons. nous incriminerons un énoncé sournois, vicié, marron ! oui, un marronnier, même !

néanmoins, aux rameaux, nous nous excuserons 2 ces ruines & revers & nous nommerons ceci, avec ironie : « sciures 2 mousses » !

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24 janvier 2009

Ecriture automatique (Joe Krapov)

Ecriture automatique n° 98583878281078011 (Joe Krapov)

 

 

9

Un jour j’ai rencontré la tricherie. Depuis je mens.

Mais attention, sachez-le : je mens sana in corpore sano !

On m’avait condamné à es phrases de dix mots.

Pour qui souffre de logorrhée verbale, c’est très cruel.

Je lisais alors « Le livre du désir » de Léonard Cohen ;

Mon autre livre de chevet était « Madame Bovary » de Flaubert.

Le monastère était très dur et la Normandie peu plaisante.

Alors j’ai triché : « Roll another number for the road » !

 

8

- Il est comme ça. Je ne le maîtrise pas. Il faut toujours qu’il en rajoute !

 

5

C’est au collège un beau matin

Qu’on découvre l’alexandrin :

Hugo, Rimbaud et Baudelaire

Et les comédies de Molière,

Les mignarderies de Ronsard

- Des poètes le plus tricard ! –

Et toutes sortes de sonnets.

C’est pourquoi je suis étonné :

Cet hommage à l’alexandrin

Que ma plume de malandrin

Vient de jeter sur le papier

Est écrit en vers de huit pieds !

 

8

- Il est comme ça, paradoxal !

 

3

- Papageno joue de la khéna

Papagena joue du pipeau.

Et vous ?

Etonnez-moi, Benoît ! »

 

Et Benoît XVI, avec une paille, fait des bulles :

« Tout ce qui précède est mensonge »

« Et pourtant, si la vérité vient à manquer, tout s’écroule »

« Car mon histoire tient debout l’homme qui raconte à dormir »

 

8

- Il est comme ça. Sa rébellion se traduit en folie.

 

7

Amis amateurs de vin islandais, le Björkjolais nouveau est arrivé.

Précipitez-vous sur E-bay pour le racheter en même temps que la totalité de l’Islande !

 

8

- Cela est véridique. Mais… Elle n’est pas supprimée, finalement, la pub, sur le service public ?

 

2

Un jour, derrière un pilier de l’église Notre-Dame, Dieu m’apparut. C’était une belle fille aux yeux bleus, au torse revêtu d’un tee-shirt rouge et jaune à la gloire des Iowa State Cyclones et du Racing Club de Lens réunis. Dessous, je le sus très peu de temps après, pas de soutien-gorge en dentelle rouge car « au bout d’un moment ça finit par des gratouillis. Concluons tout de suite », dit-Elle après les chatouillis en faisant disparaître sa chasuble baskettofootophile. Je n’en crus pas mes yeux de ce que je vis alors. Et depuis j’ai perdu de vue la raison pour laquelle je vis et celle pour laquelle j’écris que le cri est déraison.

 

Iowa_State_Cyclones

8

- En attendant, ce serait bien qu’il arrête ses blasphèmes. T’as pas bientôt fini, oui ? (à part : ) Qui dira l’angoisse de l’ange gardien de buts au moment du pénalty ? Qui sait si je ne lui sers pas en fait de démon libérateur et si ce n’est pas moi qui provoque sa mondedélibération ou son délire débilafondateur ? Que serait sans moi ce mortel sans ailes ?

 

10

- J’irais garer mon camping-car sur le parking et j’irais faire du shopping. Je dirais aux pin-ups du sex-shop : « Haut les mains, haut les cœurs, ceci est un hold-up ! ». Elles auraient l’air moqueur des secrétaires de docteurs qui savent que vous venez pour le check-up of tea du type qui vient de virer sa cuti !

 

7

Dubo Dubon Dubonnet

Ripo Ripol Ripolin

Pataud Patauge Pataugas

Nico Nicol Nicolas

Dubo Dubon Dubonnet

Sark…

 

8

- Et puis, à un moment donné, je l’ai largué. Chacun sa vie ! On ne peut pas être derrière leur dos tout le temps non plus !

 

0

La porte a coulissé. J’étais pourtant bien à l’intérieur. On a poussé, on a poussé, on m’a poussé. Je suis tombé du ciel. Et je suis né.

 

Que tous les chemins mènent à Nulle part, je n’en suis pas encore revenu.

 

Rencontré hier

Mon ami Lee Haïku.

Bu trois verres ensemble

 

C’est Brigou sur la plage

Qui fait rouler les bouteilles


 

bouteille_brigou

 

On ne peut pas dire de moi

Que je suis sans queue ni tête

Mais il m’arrive quelquefois

De penser cela du monde.

 

Un jour j’ai rencontré la roulette russe

Mais ça n’a pas duré longtemps :

J’ai gagné du premier coup !

 

11

- Allô ? C’est Dieu. Dis donc, Gabrielle, c’est comme ça que tu protèges les citoyens qu’on te confie ?

- Celui-là ne me revenait pas. Et puis j’ai voulu goûter moi aussi aux plaisirs de l’interdit !

- ???

- Ca n’est pas mal non plus, ange exterminateur !

- Gabrielle ! Gabrielle ! Tu brûles mon esprit, ton amour étrangle ma vie !

 

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