15 mai 2010

Une boulette qui peut se payer cher (Jaqlin)

C’était chaque fois la même histoire : Boulette d’Avesnes, le fils de la famille fromage du Nord ne pouvait voir passer un Maroilles sans lui asséner un bon coup de pied.

 

Son père, traditionnaliste pur et dur avait beaucoup de mal à accepter de tels écarts de conduite. Il était même allé jusqu’à le menacer de bannissement.

 

Mais voilà, Boulette d’ Avesnes se mettait trop facilement en colère- en boule, quoi !- et, dans ces moments là, il maîtrisait très mal ses pulsions. Donc, hier soir, après quelques libations qui n’avaient rien à  envier à son cousin Langres, il n’avait su résister à la démangeaison soudaine qui avait agité le bas de ses jambes en voyant passer cette colonne de Maroilles défilant au pas de l’oie. Il avait, cependant, fait attention à l’angle de tir et pensait bien que son méfait passerait inaperçu.

 

Et voilà qu’il se trouvait confronté une fois de plus- une fois de trop ?- à la colère de son père, Maroilles 1er, qui, preuve à l’appui, venait le sommer de s’expliquer.

 

Oui, il avait juré qu’il ne se livrerait plus à ce genre d’exaction, oui, il s’était engagé à respecter le blason familial (et royal).

 

" Hélas, Père ! La nature caséinique est faible ! "

 

Il n’avait pas de bonne raison pour justifier son acte et c’était bien la trace de son pied qui figurait là, défigurant cette pièce unique.

 

Boulette d’Avesnes baissa le front, honteux et confus. Son père lui pardonnerait-il jamais ?

 

 

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01 mai 2010

l- - - - e à Elise‏ (Jaqlin)

C’est de la prison que j’t’écris
Ma chère Élise,
La main dans l’sac, hier y m’ont pris
Faut que j’te l’ dise
C’était un f - - c-f - - c  assuré
Qui d’sait l’ Mité
Me v’là en fait c - - - - - - - - é
A la Santé

Pendant c’ temps là, toi, mon Élise,
Qui qu’ tu vas faire ?
J’sais ben qu’ tu vas mouiller ta ch’mise
Pour les affaires
Fais quand même attention à toi
Protège ben ta m- - - - - -é
Car j’y suis sûr, pour p’us d’un mois
A la Santé.

Si  tout’fois, tu y penses un jour
Vins don’ me voir
Just’ en passant, un p’tit bonjour
Un peu d’e - - - - - r
Ça me redonnera du courage
De  te zieuter
Avant  de r- - - - - - - r en cage
A la Santé.

Et pis, enfin quand j’sortirai
Ma chère Élise,
J’espère  qu’tu t’s’ras  pas tirée
Avec  Anchise
On reprendra not’ vie popote
Toi, place Dauphine
Moi au bistro, avec les potes
Et la c - - - - - e…

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24 avril 2010

Souvenirs, souvenirs (Jaqlin)

Il y a quelques années déjà, j’ai emprunté un train qui circule sur une seule voie ferrée…

A l’époque, nous étions résidents à Djibouti et nous n’avons pas résisté à l’attrait de ce voyage- mythique dit-on- jusqu’à Addis-Abeba, capitale éthiopienne dont le climat est bien plus clément que celui de cette corne d’Afrique, réputée pour être la plus chaude au monde.

Je ne fus pas déçue du tout par ce périple, digne d’un autre temps ; imaginez la foule bigarrée des marchands locaux, qui, avec une ou deux paires de poulets qu’on va échanger au prochain arrêt contre des articles moins comestibles, qui avec bébé dans le dos, solidement coincé dans le boubou coloré, qui encore avec l’instrument de musique qui permettra de jouer quelques accords à la pause de Dire- Dawa pour ramasser quelques piécettes.

Tout au long du voyage ; comptez plus de dix- huit  heures pour arriver au terminus ; à chaque arrêt, vous pourrez assister aux tractations des vendeurs de khat,- feuille euphorisante (abrutissante ?) strictement prohibée mais toujours largement consommée- sous le regard bovin et tolérant des askaris de service !

A peu près à mi – parcours, arrêt obligatoire à la gare de Diré Dawa, en pleine brousse, avec possibilité de se restaurer au « buffet » de la gare : le menu, local, n’est pas mauvais, pour peu qu’on veuille bien fermer les yeux sur les conditions d’hygiène !

Notez au passage que des fenêtres de ce train, sans vitres évidemment, on peut admirer gazelles et autres grands koudous ou impalas qui défient – je crois d’ailleurs qu’ils gagnent – le tortillard à la course. Les zèbres eux, vont jusqu’à s’approcher lors des ralentissements et acceptent volontiers bouts de pain ou restes de fruits… C’est, assurément, la partie du voyage la plus intéressante.

Las ! Je crains de parler au présent d’un voyage qui, selon mes renseignements, n’est plus possible et qui plus est, fortement déconseillé, on peut lire ceci dans des nouvelles relativement récentes :

Réseau ferroviaire 
Une seule ligne à voie unique relie Djibouti à Addis Abeba. Le trafic est majoritairement consacré au transport de marchandises, avec seulement un ou deux wagons voyageurs par convoi. Le taux d’accident est relativement élevé. Il est arrivé que les convois soient attaqués et pillés, et les passagers rançonnés dans la région éthiopienne de Dirre-Daoua. Le trajet Djibouti - ADDIS Abeba (environ
738 km) peut demander de 4 à 7 jours.

J’ai donc bien fait de suivre cette voie quand il en était encore temps ; elle reste , dans mes souvenirs, un des plus marquants.

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02 avril 2010

Cent mots sans mau (Jaqlin)

Cent mots sans mau-dire, mais pas sans mots dire, ni sans maux dire, car c’est bien connu, pour dire ces maux, il n’y a rien de meilleur que les mots : les mots murmurés, les mots soupirés, les mots braillés, peu importe pourvu qu’ils sortent de là où ils sont retenus prisonniers occasionnant tous ces vilains maux qui vous font maudire tous les soucis de l’existence.

Eh, me direz-vous quand les mots deviennent la cause des maux, quels remèdes préconisez-vous ? docteur Motus ? Motus mais pas bouche cousue, il n’y a rien de pire que le silence…

Posté par Walrus à 23:55 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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10 mots LF (Jaqlin)

Bon, il va falloir arrêter de m’escagasser avec vos défis qui sont de véritables remue-méninges.
En fait de variante, chaque semaine, c’est une gageure. Mais que diable suis-je venue faire dans ce « défi du samedi » ? Je trouve qu’au fil du temps, la problématique va crescendo et je me demande à chaque fois comment je vais m’en tirer !

Je crois que je vais finir par zapper, me coller le baladeur sur les oreilles, éteindre mon mobile pour être tranquille et me trouver un mentor qui me procurera le cheval de Troie pour me sortir de cette galère.


** les dix mots en italique sont ceux proposés pour animer la semaine de la francophonie qui avait lieu du 20 au 27 mars. (  j’ai un peu de retard !!)

Posté par Walrus à 07:54 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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30 mars 2010

Sans i (lipogramme) (Jaqlin)

Rencontré en d’autres temps,

Ce jeu de lettres, tordu

Me percute. Je me décarcasse…

J’élude le terme défendu.

Je m’exerce à mélanger les sons

En long, en large, en tous sens

Je bouleverse l’ordre et les façons

De parler. J’en perds le bon sens

Quel challenge, ma chère,

J’ose m’amuser, peuchère !

Allons, mesdames les lettres

Acceptez de vous soumettre

Rangez-vous comme je l’ordonne

Pour répondre au commandement,

Je crée, je me déboutonne

J’arrange, je brode abondamment,

J’échafaude, j’accommode

Et ça ne l’est pas, commode.

J’ahane, je m’époumone

Je suffoque sous la lettre félonne.

 Ah ! Pétard, quel traquenard !

 

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28 mars 2010

Les joies de l’écriture (Jaqlin)

D’abord bien préparer tous les ingrédients :
Des mots bien réfléchis,  un soupçon de logique,
Sans trop avoir recours aux faux expédients.

Nourrissez votre plume à l’encre sympathique,
De votre humeur du jour,  passion ou désamour
Sans oublier quand même une note technique.

Liez l’ensemble à chaud, d’un peu de fol amour
Et relevez le tout d’une once originale
De tendre fantaisie ou d’un mordant humour.

Avant de terminer, dans la touche finale
N’omettez surtout pas pour la joie du lecteur
De faire figurer une aura peu banale.

Vous n’aurez d’autre bien que d’en être l’auteur.

Posté par Old_Papistache à 21:02 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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27 mars 2010

Trésor (Jaqlin)

Défi du samedi, est-ce que ça me dit ?

Aujourd’hui, ça m’dit pas plus que ça, mais essayons quand même ; voyons…

Vous présenter un objet auquel je tiens :

· L’abécédaire de mon grand-père ? Il n’en est pas question, je suis bien trop égoïste pour le partager !

· Mon vieux Teppaz que je viens de ressortir pour l’opération «  Chanson réaliste ? » Qui peut bien encore s’intéresser à ce genre d’objet hormis quelques «  piqués du casque » tels que mes compères et moi-même ?

· Mes vieilles diapos de Djibouti  et d’Ethiopie ? Elles n’ont de valeur que pour moi … et le vieux complice  qui partage ma vie (et qui la partageait déjà à l’époque..)

· Une de mes aquarelles ? Voyons, ce ne sont pas des trésors, ces tableautins qui font parfois la joie des copains ? Je suis certaine que ça ne vous dirait rien !

Alors ?  Peut-être mon dernier cadeau d’anniversaire ?

jaqlin99

Ça vous dit ? Moi, ça m’dit bien !

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20 mars 2010

La montre (Jaqlin)

J’ai une montre en métal
Telle que nulle n’en possède,
Elle se presse et languit
Comme un cœur persévérant.
Ses aiguilles et le temps
Sont en conflit permanent.
Elle marche, et moi, je me traîne ;
Peu me chaut qu’elle s’arrête.
Je la vois sans m’irriter
Avancer puis retarder.
Mais je la porte puisqu’elle
Me trompe ainsi sur le temps.

Permettez -moi d’utiliser ce que dit , dans ce petit poème Ahmad Chawqi (1868-1932)
surnommé «  le Prince des poètes ».
Il exprime tout à fait mon ressenti ; il est vrai que suivant les âges de la vie, le temps change de sens, l’avez-vous remarqué ? Je me souviens qu’étant enfant, mon père me disait souvent : " Je voudrais savoir ce que je sais et avoir ton âge ! ". Je pensais alors, sans le formuler,  qu’il ne comprenait rien à rien. Le temps a passé et j’ai depuis longtemps mesuré la teneur de cette assertion ! J’étais pressée à ce moment là, je m’ennuyais souvent, je me souviens de mon refrain préféré : " J’sais pas quoi faire ! " et de l’air exaspéré que prenaient les adultes en entendant ces propos. Après quelques ( !) décennies, j’en mesure d’autant mieux tout le sens. Je le mesure à la ride supplémentaire qui sourit au coin de mon œil, à la taille de l’aîné de mes petits- enfants qui me dépasse très largement, à mon anniversaire qui revient trop souvent…
Tempus fugit ! J’ai déjà rêvé d’arrêter la pendule…, j’espère avoir encore quelques tours d’horloge à mon actif ; pour profiter de mes petits-enfants, justement. En même temps (eh, oui), je redoute ces heures à venir, porteuses de peines et de douleurs, d’angoisses et de soucis. Je me plais, cependant, à croire que, à l’image des heures déjà écoulées, je ne garderai dans mes souvenirs, que les meilleures.

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