25 mars 2017

« Aux Nouilles Fraiches » (JAK)


Pantéleon, dit Pâton  mettait souvent la main à la pâte pour aider son  épatante épouse nommée Patsy . On le disait bonne pâte, certain murmurait qu’il était une vraie nouille vis-à-vis de sa bourgeoise , lui laissant porter le pa- talon


Tous deux tenaient l’unique  bistrot-casse croute, d’un  patelin  situé près  de l’accès routier d’un grand port maritime. Ils   avaient obtenu  du maire, un habitué, la patente de boisson. Ce qui leur amenait une épatante clientèle de bois sans soif.

« Aux Nouilles Fraiches »  avait-il mit en  bannière ce brave Pâton.

Il avait une réputation pour le rapport qualité-prix,  et chez lui  régnait une  ambiance qui sentait  bon le terroir et la bonne franquette

Pour confectionner  ses spaghettis aux patelles, la spécialité qui  appâtait des gourmands à 20 lieux alentours,  il utilisait une patelle* en terre qu’il tenait de son patriarche de grand père dénommé   Romulus.

Patelles dans patelle c’était là l’idée originale,  peut être plus attractive que le succulent de la recette.

De cette recette il en avait la paternité entière, il l’avait   élaborée personnellement.

Il  l’agrémentait à sa manière d’une sauce maison qui vous laissait cependant  la bouche un peu pâteuse, car il y rajoutait des patate douces un peu collantes..

La vie s’écoulait ainsi entre cuisine et dortoir pour ce couple pathétique .

Mais, patatras, voici qu’un jour de grand vent, un marin au long cours, capitaine de patache, aux gros bras et à l’appétit pa-tagruélique  , monté sur deux macaroni *  franchi la porte pour vérifier la véracité  de la réputation des spaghetti aux patelles,.

Il les aima... un peu beaucoup. Mais surtout, hélas  aussi, il aima la femme de Pâton qui avait des formes girondes lui plaisant par sa manière de belle  patagonne* aux seins généreux.

Et patapouf, elle tomba dans les  bras de ce  pataud  qui s’exprimait dans  un drôle de pataquès, mais avait patentement  un charme caché sous ses spirales Rotini *

Le lendemain elle se carapata, avec  lui, abandonnant dans le pétrin, sans  remord, son trop bonne pâte   de Pâton. .

Celui-ci n’avait pas de chatte pour la sermonner.

Il n’avait aucune envie de patafioler* les deux coquins.

Et seul il pleurait  sur ses spaghettis aux patelles.

 

lexicos

*Plat en terre ou métal servant à toutes sortes d'usages`` (

*Habitante de Patagonie

Macaroni tubes minces

*Rotini pates en formes de spirales bien enroulées

*benir

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,


18 mars 2017

Participation de JAK

j

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

04 mars 2017

Le retour du vieux père (JAK)

444 faut que ca saute BAT

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

25 février 2017

Non Mais ! (JAK)

jobastre

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

11 février 2017

Participation de JAK

j


Partout dans la campagne on voit des hobereaux hautains, des roitelets déchus, d’incontournables volatiles énarques, et autres faucons-élus, des rapaces,  parlant toujours le langage de bois.
 Ils    enfument  à longueur d’assemblée,  plument  leurs adversaires   les picotant avec  mille maux pour bien mieux  les disqualifier, les faire chuter  de leur piédestal.  
Ils  magouillent à tous les étages… spéculent sur la crédulité des électeurs,   proclament leur victoire en sonnant l’hallali des    voteurs ilotes  qui sont  bien eux-aussi,  mêmement  dans  la discorde.
Rien d’étonnant que  ces ingrats  aient la voie libre  et laissent moisir dans leur délabrement, ceux   qui les ont  si bien encouragés de leur voix en se rendant aux urnes.


Choisir un candidat candide ?
C’est bien aléatoire !
Voter d’une voix blanche ?
Cela est dangereux !


Assis entre deux chaises il  nous faudra portant bien   choisir.


Suivant l’adage en Mai fait ce que veut.
Pour beaucoup ce sera  fait ce que peut
Sans parler des sauve- qui -peut abstentionnistes.


Non je ne suis pas amère, mais un peu beaucoup pessimiste dans cette matière-là… qui est  inéluctable, cependant  je médite sans fin sur la curée qui mène   au  divin perchoir. Mais en mai, je garde espoir de  voir s’envoler certaine crécerelle

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,


04 février 2017

G’dit……..Grrr,… Groarrr,… Greu (JAK)

G’dit……..Grrr… Groarrr … Greu…

 

Gonflélo Mime est un  grotesque  gaillard gesticulant.

Il est loin d’être glabre, garni d’une grande guiche généreuse  en accroche cœur,  aux reflets gorge de pigeon guignant le jaune

Glosant,  gigotant,  il a plus d’un tour dans sa gibecière

Gueulard on le voit  galvanisant les gueux, les gens-foutres, et autres  guenilleux  gnomes

Dans son galimatias, il leur  garanti la galette  gouleyante,

ce qui les fait glapir au génie, plébiscitant ce graveleux gugusse

Généralement il galantise avec la gente gonzesse, glanant des grâces  en gloutonnant autour d’elles.

Aidé  par ses  gardes ginguets il gauchi tous  les gnons, sait gruger la gentry, galvaniser les  groupes

Il guigne la grandeur,  et se grise de gloire, mais gare  à la girandole portée à  l’estocade.

De goinfre  granguignolesque il pourrait  être giflé,  gommé, geignard , restant seul dans sa tour,  devenu tout de go   guindé, une sorte de   galopin godiche

 

- Grrr,… Groarrr,… Greu…

                          

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,

28 janvier 2017

Des murmures oiseleurs (JAK)

 

Il y a bien longtemps, obsédée  de danse aérienne, l’Alouette pispolette avait convaincu  son amie d’enfance,  une Bécasse des bois de  s'envoler  ensemble  afin de  se faire enrôler dans les ballets,   du Bolchënvol de Moscou

Leurs mères deux cousines, une Barge rousse, et une Barge à queue noire n’étaient pas d’accord, et poussaient des Râles géants.

Elles firent usage du Martinet des maisons pour amener à la raison  leurs filles,  mais  rien n’y fit.

Elles allèrent  quérir les conseils d’une Avocette élégante spécialiste aux  affaires familiales, issue d’une grande famille, c’était une Faisane noble ancrée dans des mœurs très conservatrices, tout à fait opposée aux migrations, surtout vers ces terres inconnues.

Je vais de ce pas demander conseil à Labbe à longue queue ayant un cousin spécialisé le Tarier de Siberie leur dit-elle.

J’aurais tôt fait, de traverser la forêt avec mon Echenilleur frangé, m’ouvrant la route, et  qui me sert de Phaéton à bec jaune ;   grâce à ses rémiges hautes et légères,   les kilomètres sont vite avalés.

En route elle rencontra une Barge chauve, apparentée à ses clientes,  une vraie Bécassine sourde, curieuse de surcroit,  qui lui barrait  le chemin pour savoir où elle se rendait. Oh Bécasseau minuscule mêle toi de tes affaires, sinon je t’envoie la Buse féroce. Consacres toi plutôt à cuisiner du Colin de Californie à tes petiots qui réclament la becquée.

Elle poursuivit  son chemin, saluât le Chevalier aboyeur avec déférence car c’était  le substitut général de la contrée avec qui  elle avait  souvent recours pour débrouiller des affaires Torda-grande.

Arrivée à destination, elle fut  déçue d’apprendre que  Labbe à longue queue  n’était pas là ; mais  son secrétaire, un Capucin marron fit l’affaire.

Il lui  donna de précieux conseils.

 

L’Avocette élégante, fut de retour rapidement dans la soirée  du lendemain de la veille.

Elle se rendit chez le procureur, un Barbu à collier, à la Huppe fasciée, les mains garnies de Diamants azuvert,  affublé d’un Tarin des aulnes que n’aurait pas dédaigné Monsieur de Bergerac, Cela le rendait risible, malgré les atours précieux qu’il arborait.

Elle lui exposa l’affaire et s’enquerra des sanctions qui pourraient être administrées aux  jeunes rebelles, car à cette époque les enfants n’avaient pas la loi,  SOS enfants maltraités n’avait pas encore vu le jour. Ils devaient obéissance entière.

Ce vieux procureur, qui était loin d’être un Vanneau sociable, condamna les jeunes oisillonnes à tourner en rond dans le ciel en une sorte de nuée, puisque tel  était leur désidérata de paraitre en spectacle. Ainsi  elles donneraient aux humains une représentation  impressionnante à la tombée de la nuit.

Cela dura des siècles, elles virevoltaient comme les enfants punis qui  tournent dans la cour d’école.

Un Bruant à sourcils roux leur accorda la grâce.

Soumises elles se marièrent et eurent des Etourneaux d’enfants, de vraies têtes de linotte,  et  à leur tour, elles ne purent les  faire obéir…

C’est en souvenir de leurs lointaines aïeules, que l’on peut voir ces envols, des murmures,  qui envahissent le ciel et captent  nos  regards certains soirs nous envoutant de leur charme  ...

 

http://www.oiseaux.net/ 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 janvier 2017

Tempera ou Tempura à chacun sa cuisine (JAK)

 
Ils sont isolés dans la campagne. La mère et l’adolescent  habitent la Toscane., au  décor idyllique pour les  peintres par la grâce de ses paysages. Le père les a abandonné il y a belle lurette pour la ville et une jeunette..

 Une réelle Mama, aux formes généreuses. La cuisine est sa passion et sa consolation.

 Chaque jour elle   cuisine  avec amour  pour son fils mille mets qu’il apprécie. Particulièrement   des bombolinis, sorte de beignets,  une  gourmandise  aux lipides avantageux.

Par cet état de fait, même si il ne fréquente  pas les fast-foods,  il n’y en a heureusement pas  d’ailleurs dans ce paysage de rêve toscan-,  il grossit, grossit, se gonfle, s’enfle, comme la grenouille de la fable.

Il ne peut  presque plus marcher, et reste vautré sur son lit,  à lire à infiniment

Il a parcouru  presque tous les livres de Gilbert Sinoué, car régulièrement  son père  lui envoie de nouveaux titres.

En effet d’origine égyptienne, ce père volage  a un vague cousinage  avec l’écrivain, dont il  reçoit,  à chaque parution un exemplaire du dernier  roman.

Esprit de famille oblige.


 Ce matin lors de  sa lecture en cours, « L’enfant de Bruges », un passage attire particulièrement l’attention de l’ado,  il le relit plusieurs fois :


"... il avait aperçu l'étonnante composition :
Une miniature exécutée à la tempera sur un panneau de pin"


Qu’il  traduit dans sa tête de linotte, aux neurones encombrés de graisse,  obnubilé par la bouffe,


Il avait aperçu l'étonnante composition :
Une mignardise exécutée à Tempura sur un morceau de Pain "



 En enfant gâté qu’il est, il enjoint  rondement sa mère, avec des hauts cris,  de lui préparer  ces tempuras. Il en bave d’avance.

Celle-ci, un peu plus érudite que son fils le traite d’idiot ne sachant pas lire.

 Elle lui apprend  que à la tempéra c'est une méthode moyenâgeuse pour  créer de la peinture et que  les tempuras  qu'il lui réclame sont  des beignets japonais, et pour rien au monde elle ne ferait de cuisine nipponne. Elle a encore en tête un épisode qui l’a marqué durant la seconde guerre mondiale : Zampieri * son cousin issu de germain,  et d’autres  camarades,   avaient dérivés durant plusieurs  jours dans un canot de sauvetage avant d être   capturés par les Japonais, connus pour leur traitement inhumain des prisonniers de guerre, sans parler de la faim qu’ils endurèrent.

Et ce qu’il lui avait raconté en revenant, maigre comme un beignet sans gras, était resté  dans sa mémoire.  Il ne fallait surtout pas lui parler du pays du soleil levant et bien moins de ses habitants.

Mais ce qu’ignore la signorina,  c’est que tout comme Monsieur Jourdain  pour la prose,  les beignets qu’elle mitonne  sont des fritures  d’origine japonaise, les fameuses temperas.

 Néanmoins, pour  faire plaisir à son fils vénéré, elle concocte  alors une recette, s’inspirant de la méthode moyenâgeuse de peinture, c’est une artiste !

 Elle   se met à ses pinceaux de cuisine , prend de la farine de mouture ancienne fuyante et plâtreuse, rajoute un jaune d’œuf , un peu de graisse, quelques pigments de safran pour donner un ton jaune, du chlorure de sodium ,  un peu de gélatine faisant fonction de collagène , étale le tout sur sa planche à découper  et  badigeonne avec rage   les pochons qu’elle manufacturés avec ses mains noueuses.


Elle les appellera  les  TOSCANABRUGES


Pour une réussite, c’est une réussite … son fils se gave et  prend  à la suite quelques kilos de plus.

Ainsi elle pourra le garder pour elle seule, les belles toscanes n'auront nulle envie d'un    tel beignet lipeux.




Nota  l’épisode guerre est inspirée  du film invincible des  frères Cohen
*pseudo pour garder l’anonymat

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

14 janvier 2017

Participation de JAK

j

 


Notre maison était nichée sur les hauteurs d’un mamelon.  L’école située juste en bas de la côte.
Pour éviter  un détour -risqué pour nos âmes tendres-,  chaque matin, nous empruntions  avec ma sœur  un escalier qui traversait  le  jardin pentu,  il accédait par une porte dérobée directement face  à notre école.
Ce jardin, tout  en degrés,  était bordé d’un mur vieillot  à l’apparence détériorée,  qui intriguait  fort l’enfant de 8 ans que j’étais.
Un  Tamaris rassurant,  qui donnait de l'œil par-dessus, semblait  cependant nous souhaiter  chaque jour une joyeuse journée d’écolières.
Je ne pouvais pas voir ce qui se passait   derrière, mais je m’imaginais un jardin féerique. À coup sûr des fées devaient y régner. Je me représentais parfois,  des petits lutins joyeux voulant jouer avec nous.
D’autres jours selon les lectures j’envisageais au dessus de ce  jardin enchanté  Mary Poppins qui indubitablement allait apparaitre avec son parapluie,   flottant et nous faisant coucou
Un jeudi, où nous étions  inoccupées, les leçons apprises par cœur, les calculs effectués avec justesse,   nous avons décidé d'emprunter l'échelle qui était cachée dans la remise de notre père.
Moi… la plus courageuse,  je tenais l'échelle… tandis que ma sœur, sous mon injonction,  sans peur ni reproche, tel le chevalier Bayard,  s’aventurait sur les barreaux plus ou moins branlants et  pas très sûrs.
Soudain un cri de surprise : elle avait découvert Le Paradis de l'autre côté!
 Bravant mon courage,  devenue  alors impatiente de grimper,  je la sommais  de descendre pour  éventer  à  mon tour ce mystère.
 Elle ne voulait pas obtempérer, semblait émerveillée du spectacle, aussi j’impliquais un petit mouvement à l'échelle pour lui ficher la trouille et l'inciter à revenir sur terre prestement.
  C'est là ce qu'elle fit, of course, ses mains la guidant  pour une descente rapide hors de barreaux.
 Elle tomba à mes pieds,  mais les siens n'avaient pas résisté et  c'est une cheville foulée qui interrompit cette escapade au pays du merveilleux.
Cela  lui valut un long mois d’isolation et j ai dû moi aussi patienter. En  téméraire velléitaire   que j'étais, je  n'ai pas tenté de reprendre seule,  l'échelle pour la suite de la découverte.
 Il a fallu que le vieux  mur un jour s'écroule en partie,  pour qu'enfin je sache ce qu'il y avait de l'autre côté.
Mis à part le tamaris qui étalait  ses grandes branches poudrées de  rose je ne vis rien d’extraordinaire. Seulement un  jardin aux allées   bien alignées remplies de choux, de carottes et de salades et un vieux jardinier qui le dos courbé  demeurait pour entretenir son jardin.
En fait de lutin ce vieux  maraîcher avait une grande barbe et un bonnet tricolore, et pour  Mary Poppins, restait  seul un vieux parapluie qui servait d’ombrage au persil
 Je fus  bien déçue. J’ai alors soupçonné ma sœur d’avoir joué la surprise pour se venger de l’avoir envoyée en éclaireur, mais longtemps j'ai gardé le remords de l’avoir handicapée par ma couardise.
 
 Ce souvenir est très lointain,  mais pour les  grands échevelés tamaris mon affection perdure.  
 
Et l’affection  immensément plus  grande,  celle  pour ma sœur, octogénaire tout comme moi ; malgré la distance nous nous voyons tous les jours,  car  nous skypons journellement à qui mieux mieux.

Il suffit d'une échelle pour aller voir ce qu'il y a derrière un  mur…..

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

07 janvier 2017

L‘ancrage indélébile (JAK)

 

Hamelia est écrivaine, poète à ses heures.

 Elle trempe journellement sa plume d’oie dans l’encrier maniant la parodie et la satire pour enchanter ses lecteurs, les porter à la réflexion au-delà de l’intrigue qu’elle développe dans ses Bestsellers.

La passion qui l’anime alors active son hémisphère sud. C’est ainsi qu’en riant elle désigne la partie cognitive de son cerveau. Le sud par analogie à l’allègre chaleur qui l’envahit dans ce moment-là.

Ce matin, le givre, tétanise ses pas dans le jardin. La rue n’est pas épargnée. Elle craint une escarmouche avec le sol, alors prudente pour ses os fragiles, elle se cantonnera dans son nid protecteur, hérité de son aïeule, où désormais elle coule des jours d’écrivaine, loin des mondanités

Présentement, La couleur du temps ne l'incite pas au travail, ce ciel chargé lui fait voir la vie en bleu ardoise, ceci, ajouté au scandale relatif à sa vie privée qui s’est étalée hier dans les médias, font que sa mélancolie s’accentue.

Elle est mal dans sa peau.

Pour tromper cette morosité, et pratiquer quelque peu d’exercice, elle emprunte les marches qui mènent au grenier des anges, ainsi nommé par son aïeule,  collectionneuse de figurines d’angelots sculptés, d’archanges et autres chérubins. Certains anges sont impressionnants, grandeur nature si tant est que l’on puisse connaitre la taille exacte des anges

 

Ignorant ces sculptures qui pour l’heure ne l’intéressent guère, elle se dirige vers la tour, curieux arrangement de cette construction pseudo moyenâgeuse dont les fenêtrons offrent une vue élargie sur le paysage.

Le nez collé au carreau elle s'engouffre dans ses rêveries habituelles propices à sa créativité.

Des nuages palpables planent au-dessus du paysage tout blanc de dentelle.

Elle découvre au loin une maison poudrée à frimas.

j

Il lui semble à ce moment, revoir la belle maison bleue entourée d’arbres majestueux de sa Provence natale.

Autour de la maisonnée, elle distingue les plaqueminiers; leurs  fruits, sous le givre, ont pris l’apparence des oranges de sa jeunesse.

 

Trop d’émotions la submergent, ses yeux se voilent, des larmes coulent comme pour chasser cette sombre nostalgie qui s’est incrustée en elle. Il lui revient trop de souvenirs…

Exaspérée,  à l’instant même  elle prend une décision, ferme et définitive, -lui semble-t-il -: dorénavant elle fera fi   des perceptions destructrices du passé qui l’habite. Ne plus s’appesantir sur son égo,  c’est la solution pour ne plus souffrir…

Mais hélas cette souffrance est justement la moelle qui l’irrigue, substance oh combien nécessaire à sa créativité, sa sensibilité en est imprégnée

Alors, elle descend de ses nuages et de son grenier  retombe dans sa dépression, sorte de bipolarité  qui lui permet d’exacerber son inventivité débordante d’idées.

Elle va exorciser cette souffrance.

Elle trempe sa plume dans l’encrier et ardemment,  ébauche un nouveau roman sur son enfance, dont le titre   est révélateur:

L’ANCRAGE INDELEBILE

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,