04 octobre 2014

Balade culturelle (Fairywen)

 

Balade culturelle.

 

« Journées du Patrimoine culturel »… Mmmm, intéressant programme… j’aime beaucoup visiter des lieux anciens, imaginer ce qui a pu s’y passer… Et durant ces journées-ci, des lieux fermés au public sont ouverts ? De quoi satisfaire ma curiosité !

Sauf que… Tout le monde a la même idée, et c’est des heures et des heures d’attente… Et je n’aime pas attendre ! Alors je me suis rappelé que ce sont aussi les journées du Patrimoine Naturel…

 

Donc j’ai sellé mon cheval, et je suis partie en balade… Au bord de la rivière, pour y voir les canards et les poules d’eau, et passer sous les saules pas encore complètement défeuillés, et voir les roseaux se balancer doucement dans le vent léger… Voir aussi les colchiques dans les prés, puisque c’est l’automne. Puis nous avons longé la forêt parée des couleurs de l’automne, vu les écureuils courir sur le tronc des arbres, croisé des chevreuils en vadrouille. Entendu le geai qui criaillait, vu les hirondelles rassemblées pour partir vers d’autres cieux, en Afrique, où elles verront peut-être mon amie Isabelle.

Et enfin nous sommes rentrés, sans hâte. Nous n’avons croisé personne. Ils étaient tous au Patrimoine culturel, et nous ont laissé le plus beau : le Patrimoine naturel.

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27 septembre 2014

les promeneurs (Fairywen)

 

 

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Les promeneurs.

 

Ils marchent dans les allées du parc, main dans la main. Ils ne vont pas bien vite, mais leurs pas s’accordent comme seuls peuvent s’accorder des pas qui se connaissent depuis longtemps. Sans se concerter, ils s’assoient sur le banc situé en face de la rivière où s’ébattent cygnes et canards. Elle sourit en voyant les canetons nager comiquement derrière leur mère, et il sourit à son tour. Malgré les années écoulées, elle s’émerveille toujours comme une enfant des petites choses de la vie, et lui éprouve toujours autant de bonheur à la voir rire.

Ils se remettent en route au bout de quelques instants et reprennent leur promenade quotidienne, toujours main dans la main. Ils n’ont pas besoin de parler pour se comprendre, ils s’aiment depuis si longtemps, maintenant. Il la trouve aussi belle que lorsqu’il l’a rencontrée, près d’un demi-siècle plus tôt, elle voit toujours le fringuant jeune homme venu lui faire la cour tant de décennies auparavant. Ils ne voient ni les rides, ni les corps qui se voûtent, se fatiguent plus vite et s’usent lentement.

 Car dans la fontaine de jouvence de leurs yeux dansent toujours un garçon et une fille de vingt ans, éternels amoureux qui tourbillonnent sur la musique de l’amour…

 

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20 septembre 2014

Tom (Fairywen)

 

 

Tom.

 

J’ai le sang froid. Enfin, en principe. Si on ne vient pas me chauffer les oreilles, j’ai le sang froid. Ce n’est pas si désagréable que ça. S’énerver et courir dans tous les sens n’est pas recommandé pour jouir d’une longue vie et d’une santé florissante. Donc j’ai de la chance. Enfin, en général, parce que parfois mon manque de réaction me joue des tours et me vaut d’être croqué tout cru par plus vif que moi.

Mais parfois aussi, c’est moi qui croque tout cru moins vif que moi. Car si j’ai le sang froid, comme je l’ai déjà dit, il m’arrive de le perdre. Quand ça chauffe autour de moi, par exemple. Là, je sens mon sang bouillir dans mes veines, je me mets à courir dans tous les sens, et gare à qui croise mon chemin !

Mais pour ça, bien sûr, il faut qu’il fasse beau. Aujourd’hui, il fait gris et frais, le soleil a décidé de partir sous d’autres cieux, alors je vais rester tranquillement sur mon coin de rocher et bouger un minimum.

 

Oh pardon, je ne me suis pas présenté : je suis Tom le lézard…

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13 septembre 2014

une histoire d’autrefois (Fairywen)

 

Une histoire d’autrefois.

 

Cette histoire s’est passée il y a longtemps, dans un temps ancien où les hommes ne vivaient pas dans des cités de verre et de béton et connaissaient encore les rythmes de la nature. Pourtant, même pour cette époque pétrie de croyances et de superstitions, même dans ce village perdu au cœur de la montagne, la petite fille avait un comportement étrange. Personne ne savait qui elle était, ni d’où elle venait. Un soir, alors qu’une nuit d’été s’apprêtait à recouvrir les chaumières et que tous songeaient à aller se coucher après un agréable moment passé à discuter sous le vieux chêne de la place principale,  elle était apparue. Comme ça, toute seule, venue de nulle part. Et elle avait souri, un sourire joyeux, lumineux, un sourire qui donnait l’impression que les étoiles du ciel étaient descendues dans ses yeux.

Depuis ce jour elle était restée, dormant chez les uns et les autres, sans jamais parler, toujours souriante. Souvent, elle disparaissait dans les bois munies de menus offrandes qu’elle disposait ça et là, selon un plan qu’elle était seule à connaître. Les animaux l’adoraient, et il y en avait toujours qui tournoyaient autour d’elle.

Au fil des années, elle avait grandi et était devenue une jolie jeune femme. Son comportement, lui, était resté le même : elle s’invitait dans une maison au gré des envies, restait un peu, puis repartait pour mieux revenir un jour. Elle ne faisait de mal à personne et tout le monde l’aimait malgré ses coutumes étranges. Ou peut-être bien à cause d’elles, qui sait…

D’autres années s’écoulèrent encore et elle devint une vieille femme, qui se déplaçait plus difficilement, mais qui continuait à parcourir les bois et à investir une demeure ou une autre selon sa fantaisie. On lui réservait toujours la meilleure place, celle où ses vieux os pouvaient le mieux se réchauffer en hiver et se rafraîchir en été, et à table, on lui servait les morceaux les plus tendres. Car malgré son âge avancé, elle apportait toujours la joie avec elle lorsqu’elle arrivait quelque part, et pour ça, tous lui en étaient reconnaissants.

Mais ce soir-là la tristesse serrait le cœur des habitants du village. Celle qu’ils avaient connue petite fille, puis jeune fille, jeune femme et enfin vieille dame arrivait au crépuscule de sa vie. Voilà déjà deux jours qu’elle ne s’était pas levée, et ce soir, tout le village, inquiet, était réuni autour d’elle. Lorsqu’elle les vit tous se presser dans la pièce, elle sourit, d’un sourire très doux, très tendre, et pour la première fois, elle parla, d’une voix qui tintinnabulait comme un carillon enchanteur :

« Ne soyez pas tristes, mes amis. Vous tous qui avez accueilli et choyé l’enfant perdu arrivée il y a de si nombreuses années, vous qui ne m’avez jamais rejetée malgré mes habitudes étranges, ne soyez pas tristes. Si ma forme actuelle va disparaître, je ne vous quitterai pas pour autant. Je suis née de l’amour des fées, j’ai trouvé refuge ici lorsque ma famille a été tuée par des hommes qui n’acceptaient pas la différence. Je n’y ai trouvé que de l’amour et de la compréhension, et à présent que ma vie terrestre arrive à son terme, il est temps pour moi de rendre ce que j’ai reçu. Je vais rejoindre mes petits amis des bois, ceux que j’allais nourrir tous les jours, avec l’aide complice des enfants et parfois des plus âgés. Nous tous, nous vous protégerons des maladies, des attaques et des accidents. »

Les villageois n’étaient pas encore remis de leur surprise que la vieille femme disparut dans une pluie d’étoiles, qui s’éparpillèrent dans la pièce pour se poser sur le cœur de chacun des habitants. Sans doute naturellement plus disposés que les adultes à croire au merveilleux, les enfants jurèrent avoir vu une petite fée aux ailes scintillantes disparaître par la fenêtre avec un rire argentin.

 

La fée tint sa promesse, et depuis ce jour, le village est sous la protection des petits êtres de la forêt. Aux voyageurs de passage qui s’étonnent de voir des offrandes de nourriture et de petits vêtements disposés ça et là dans les bois, les villageois prétendent qu’il s’agit d’une coutume locale qui amuse les enfants. Et lorsque ces voyageurs arrivés par hasard s’en vont, au bout de quelques kilomètres à peine, ils oublient l’existence de cet endroit hors du temps, où les créatures magiques cohabitent paisiblement avec les humains.

 

Ne le cherchez pas, il n’est sur aucune carte. L’enfant des fées tient sa promesse et veille sur lui. Il n’en reste que des légendes qui se murmurent dans la montagne et voyagent au gré des vents…

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06 septembre 2014

maladie d’amour (Fairywen)

 

 

Maladie d’été.

 

On ramène toujours un tas de choses, des vacances… Des babioles achetées dans des boutiques de souvenirs, sur des coups de cœur qu’on a parfois du mal à comprendre quelques mois plus tard. Des coquillages, des tonnes et des tonnes de coquillages –bon, ça, c’est ma grande marotte, j’avoue…- du bord de mer. Des maladies, aussi parfois.

Moi, un jour, il y a longtemps, j’ai ramené un drôle de souvenir… Une maladie dont je n’ai jamais guéri, et dont je n’ai aucune envie de guérir.

 

Ça s’appelle la maladie d’amour. Je l’ai attrapée sur une plage, un soir d’été torride en Espagne. Elle ne m’a jamais quittée depuis, et je n’ai aucune envie qu’elle le fasse.

 

Cet été-là, dans mes bagages, j’ai ramené l’homme de ma vie, et depuis, on ne s’est plus jamais quitté.

 

Défi 314 du samedi 30 août 2014

 

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30 août 2014

la fin de la nuit (Fairywen)

La fin de la nuit…

 

Sous l’œil complice du château endormi,

Deux couples dans un pré,

Deux frères enfin réunis

Ont rebâti le pont de l’amitié.

 

Hier ils se sont mariés,

Dans le château ensoleillé,

Mettant fin à la nuit

Qui avait terni leur vie.

 

Et aujourd’hui,

Leurs belles à leurs côtés,

Ils peuvent oublier

Le sang sur les pavés,

La Rue de la Pierre Hardie

Sous la lanterne au coin qui luit…

 

Défi 313 du samedi 23 août 2014

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23 août 2014

une rue dans la nuit (Fairywen)

 

Une rue dans la nuit.

 

Il va mourir au coin de la rue,

Il le sait, il a vécu.
Son seul regret ?
L’amour qu’il n’a point trouvé.
La belle de son frère il a désirée

Mais jamais ne l’a aimée.
Jalousie,

Envie,

Furent les mots-clés.

 

Mais ce soir tout est fini.
Seul contre trois, le requiem est dit.

Jusqu’au bout il se battra,

Seul il ne partira pas.
Dans sa chair s’enfonce l’acier,

Il s’effondre blessé,

Prêt à s’en aller.

 

Mais tout à coup un éclair dans la nuit,

Une épée qui surgit

Des cris,

La peur qui change de camp,

Une silhouette campée devant lui

Qui le défend.

 

Et puis trois corps sur les pavés,

Et soudain près de lui,

Son frère qui lui sourit :

« Nous t’avons cherché

Depuis que tu es parti. »

 

Sa belle est toujours à ses côtés,

Toujours aussi jolie,

Mais il ne la voit plus,

Car avec eux un ange est venu,

Un ange penché sur lui,

Qui lui sourit,

Panse ses blessures

Et son cœur capture

 

Dans une rue de la Pierre Hardie,

Sous une lanterne au coin qui luit…

 

(à suivre…)

 

Défi 312 du samedi 16 août 2014

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16 août 2014

la lettre (Fairywen)

 

La lettre.

 

Une dernière fois la main a hésité,

Puis la lettre est tombée

Dans la boîte au coin de la rue

Et s’en est allé vers l’inconnu.

 

Est-ce une lettre d’amour

Toute de mots de velours ?

Une lettre de tristesse

Qui provoquera la détresse ?

Une lettre d’amitié qui va des liens resserrer ?

Ou une lettre de souvenirs

Qui va faire naître des rires ?

 

Non, c’est une lettre d’adieu,

La lettre d’un frère blessé

Qui s’en va vers d’autres cieux

Pour oublier

Cette nuit

Rue de la Pierre Hardie

Où sous la lanterne qui luit

Il a perdu le duel

Pour les beaux yeux d’une belle.

 

Il part refaire sa vie,

Trouver son coin de paradis,

Oublier la belle

Que son frère lui a ravi,

Oublier le duel

Qui a fait basculer sa vie.

 

Un jour il rencontrera sa mie,

Oubliera celle qui n’était pas pour lui,

Et reviendra,

Sa belle à son bras,

Pour se réconcilier

Avec le complice de ses jeunes années.

 

Défi 311 du samedi 9 août 2014

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09 août 2014

Duel (Fairywen)

 

Duel.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Epées qui virevoltent dans le vent

Qui va verser le premier sang ?

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Duel

Pour les beaux yeux d’une belle.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

L’un d’eux le genou a plié,

Son arme a lâché

Et son sang a coulé

Sur les pavés.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Avec la belle le vainqueur est parti

Laissant le vaincu derrière lui

Se relever lentement

La main sur le flanc.

 

Rue de la Pierre Hardie

Lanterne au coin qui luit

Dans la chaleur de la nuit

Et l’ivresse de l’alcool englouti

Deux frères, devenues ennemis

Rue de la Pierre Hardie

Sous une lanterne au coin qui luit.

 

Défi 310 du samedi 2 août 2014

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02 août 2014

le fauteuil (Fairywen)

 

Le fauteuil.

 

Il n’y avait encore personne lorsque je suis entré dans la salle du bal. Tant mieux. J’allais pouvoir choisir tranquillement ma place, et celui qui chercherait à m’en déloger n’était pas encore né, c’est moi qui vous le dis…

Un petit tour rapide des lieux, pour commencer… Du plancher en chêne brillant sur le sol… Quel luxe… C’est chaud, vivant… J’apprécie. Oui, bon, d’accord, j’habite dans cette maison –enfin, ce château-, je connais bien les lieux, mais qui me dit que rien n’a changé depuis ma dernière visite ? Hein, qui ? Moi, je ne crois que ce que je vois…

Va pour le plancher, donc. Ensuite, les sièges… Très jolis, il n’y a pas à dire. Blancs, avec un dossier ouvert parsemé de délicates torsades de bois, parfaites pour moi. Pas un grain de poussière dessus, un joli coussin moelleux pour l’assise… Oui, ça aurait été parfait, n’était-ce la couleur du coussin… Ce fuchsia ne va pas du tout, du tout à mon teint délicat… Enfin, s’il le faut, on s’en contentera… Mais ça ne m’empêchera pas de protester en bonne et due forme auprès des maîtres de maison ! Ils vont m’entendre, c’est moi qui vous le dis !

Enfin, mon exploration n’est pas finie, laissons-leur encore une petite chance d’échapper à ma juste colère… Tiens, justement, que vois-je là-bas, en bonne place près de la cheminée… ? Un fauteuil… Un merveilleux fauteuil, situé juste à bonne distance du feu, un fauteuil tout bleu, tout doux… Ah, ils ont pensé à moi, finalement !! Aussitôt, je me précipite et accapare cette merveille. Frissonnant d’aise, je m’installe et ferme les yeux. Oui, c’est exactement ce qu’il me fallait, ce fauteuil bleu…

 

Les premiers invités arrivent, et c’est un festival de robes de bals et d’habits de soirée dans la grande salle. Moi, je suis un peu à l’écart, tranquille, réchauffé par les douces flammes du feu. C’est que j’aime la chaleur, vous savez… Je ne pense à rien de particulier, je profite de l’instant présent lorsque soudain je sens une présence devant moi. J’ouvre à demi les yeux, et là, je le vois. Il est grand, bien plus grand que moi, bien plus costaud, très beau garçon, mais il en faut plus que ça pour m’impressionner. Je le toise calmement, sans ciller, sans bouger, de mes yeux verts au pouvoir hypnotique. C’est MON fauteuil, et personne ne m’en délogera. Il me regarde un instant, interdit, puis il sourit, s’incline en une révérence admirative et fait demi-tour. Satisfait, je bâille, tourne sur moi-même, me réinstalle et reprend ma sieste. Tout grand costaud qu’il soit, il a compris qui est le maître.

 

Je suis le chat, et tout le monde le sait, on ne dérange pas un chat qui dort…

 

A Mystic, mon chaton qui aimait tant mon fauteuil bleu.

 

Défi 309 du samedi 26 juillet 2014

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