05 décembre 2015

Participation de Fairywen

Sous le soleil de Râ

Le chat noir s’étira en bâillant, tourna sur lui-même puis se rallongea à l’ombre du surplomb rocheux. Ses prunelles d’or liquide observaient avec dédain l’agitation sur le chantier de fouilles. Ce que les humains étaient idiots à s’agiter comme ça alors que Râ écrasait la terre de ses rayons les plus brûlants… Dans les temps anciens, tout le monde aurait été en train de se reposer à l’abri du soleil de plomb qui accablait la Terre d’Égypte en ces mois d’été. Le travail n’aurait repris que lorsque l’astre du jour aurait doucement commencé son voyage vers la nuit.

Mais les humains modernes étaient fous. Et le plus fou de tous était sans doute ce jeune homme agenouillé dans son carré de fouilles, couvert de sable collé par la sueur sur son torse nu. Le chapeau censé le protéger du soleil avait glissé sur sa nuque, ce qui ne semblait guère le préoccuper. Immobile, il focalisait son attention sur le petit morceau de pierre qu’il avait exhumé plusieurs minutes auparavant et sur lequel deux cartouches se touchaient. Il avait l’air fasciné par ce qu’il voyait, et son regard brillait tandis qu’il suivait doucement du doigt les signes gravés des millénaires plus tôt, inconscient des yeux félins qui ne le quittaient plus.

 

L’ombre du chat grandit et se modifia avant de se dédoubler. Dans le sable se détachait à présent la silhouette d’une panthère noire à côté de laquelle se tenait celle d’une jeune femme aux longs cheveux porteuse d’un diadème en forme de cobra dressé…

Sous le soleil de Râ

 

 

 

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28 novembre 2015

Participation de Fairywen

Terrible addiction

 

Je ne sais plus trop quand j’ai commencé à développer cette terrible addiction. C’est loin, bien trop loin pour que je m’en souvienne. Depuis toujours, d’après mes parents. Ils doivent s’en rappeler mieux que moi !

 

Ce qui est sûr, c’est qu’elle s’est aggravée lorsque je suis entrée à l’école et que j’ai appris à lire. Très vite je n’ai plus eu besoin de personne pour dévorer toutes ces merveilleuses histoires contenues dans tous ces jolis livres à la couverture alléchante et au résumé tentateur. Déjà enfant, une préférence pour les romans policiers, les histoires fantastiques, les romans d’aventures – cape et épée, pirates… –, les histoires d’animaux et bien sûr les histoires d’amour qui finissent bien. L’un après l’autre, dévorés, rangés avec amour – interdiction de toucher à ma bibliothèque sous peine de foudres divines et mortelles ! –, parfois lus et relus, les records de relecture étant pour « Croc-Blanc » de Jack London et « Le Seigneur des Anneaux » de J.R.R. Tolkien.

 

Et puis un jour – quand ? Je l’ignore –, cela n’a plus suffi. Il y a avait toujours quelque chose qui n’allait pas, un détail de l’histoire que je voulais changer, un personnage que je voulais sauver de la mort, enfin bref, un truc. Alors j’ai commencé à réécrire les histoires, d’abord dans ma tête, puis sur le papier.

 

Jusqu’au jour où j’ai commencé à inventer les miennes, d’abord juste pour moi, et enfin un jour pour les autres.

 

 

 

Ma terrible addiction était devenue mon métier. À presque 50 ans, je réalisais enfin mon rêve de toujours : être écrivain.

 

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21 novembre 2015

Participation de Fairywen

Salles obscures

 

J’ai connu les places de cinéma à cinq francs (moins d’un euro pour donner une idée aux plus jeunes).

J’ai connu les cinémas avec parterre et balcon, le rideau rouge qui s’ouvrait devant l’écran de toile, les ouvreuses qui vous plaçaient à la lampe de poche si vous arriviez en retard, ces mêmes ouvreuses qui revenaient à l’entracte avec leurs paniers remplis d’esquimaux glacés pendant que le projectionniste changeait la bobine.

J’ai connu les strapontins durs comme de la pierre, mais quand on est jeune et en bande, on s’en fiche.

J’ai connu les soirées où avec cent francs (environ quinze euros), on se faisait ciné-pizza-glace.

J’ai connu les bobines de film qui faisaient des leurs et du coup les projections qui s’interrompaient. Personne ne râlait, tout le monde attendait patiemment.

J’ai connu ma ville avec une douzaine de cinémas là où à présent il y en a moins de cinq en comptant le cinéma X…

 

Maintenant, il y a les complexes géants, les films en 3D – bientôt en hologrammes ? –, les écrans courbes qui ne sont plus en toile.

Mais maintenant, je ne peux plus aller au cinéma toutes les semaines comme avant, lorsque j’étais une étudiante fauchée.

Maintenant le cinéma est un luxe.

Maintenant le cinéma joue sur les effets spéciaux là où avant il jouait sur les dialogues, les scénarios et le jeu des acteurs.

 

Alors oui, je préférais les petites salles obscures d’avant, avec leur parterre, leur balcon, leurs strapontins, leurs ouvreuses, et surtout, avec leur chaleur et leur convivialité.

Défi 377 du samedi 14 novembre 2015

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14 novembre 2015

Participation de Fairywen

Le retour du Chasseur

 

Les hommes étaient nerveux. Personne n’aimait venir dans un camp disciplinaire, même si ce n’était que pour venir y chercher un prisonnier. Une telle visite ne leur rappelait que trop ce qu’ils risquaient en cas de manquement. Et pour couronner le tout, ils ne venaient pas chercher n’importe qui.

 

Ils étaient là pour le Chasseur.

Le meilleur de toutes les unités, celui que personne n’aurait jamais pensé voir dans un endroit pareil.

 

Jusqu’à ce qu’il soit mis sur la piste de l’Ombre, la tueuse à gages, celle qui les ridiculisait tous.

Et qui l’avait ridiculisé lui aussi.

 

Le Chasseur avait craqué, le bar où il était en avait fait les frais, et lui s’était retrouvé devant la commission de discipline. À présent, sa peine purgée, ils étaient chargés de le ramener. Facile en théorie, sauf que…

Qui pouvait savoir de quelle humeur allait être le Chasseur après avoir dû courber l’échine pendant tous ces mois ?

— Le voilà, murmura l’un des hommes.

Il arrivait, en effet, le visage fermé. Ils virent tous qu’il était menotté, ce qui les conduisit à échanger des regards inquiets. On menottait rarement un prisonnier qui allait être libéré…

— Euh… il n’est pas censé être relâché ? s’enquit le chef du détachement.

— C’est la nouvelle procédure, répondit le commandant du camp en jetant un regard peu amène au captif impassible. Menottes jusqu’à ce que le prisonnier soit à bord du vaisseau de retour.

— Nouvelle depuis quand ?

— Depuis qu’il est là ! Je vous souhaite bien du plaisir, les gars !

Sans rien ajouter, l’homme fit demi-tour, abandonnant le petit groupe.

— Très bien, allons-y, se résigna le responsable de la mission. Plus vite on en aura fini, mieux ça vaudra. Ne déconne pas, toi, OK ?

Les derniers mots s’adressaient au Chasseur, qui se contenta de lui adresser un sourire glacial.

— Je sens que le retour va être long, long, vraiment très long… soupira l’homme en prenant la tête du détachement.

Le Chasseur quitta donc le camp sous bonne escorte. Dès qu’il fut à bord, on lui retira les menottes.

— Ne faites pas cette tête-là, je ne vais mordre personne.

La voix du Chasseur fit sursauter tout le monde. Il eut un rire moqueur.

— Je suis un représentant des forces de l’ordre, pas un criminel.

— Désolé de te dire ça, mon vieux, mais tes récents exploits ne plaident pas en ta faveur, et il paraît que tu n’as pas été un détenu modèle.

— Les on-dit…

Le Chasseur eut un rire sardonique.

— Ne vous en faites pas, je n’ai pas l’intention de faire d’esclandre. J’ai un compte à régler. Si ça peut vous rassurer, je resterai dans ma cabine en dehors des repas.

Le Chasseur suivit le commandant le long des coursives du vaisseau, indifférent aux rayures noires et blanches constituant l’étrange décor des parois, puis entra dans les quartiers qui lui avaient été dévolus et referma la porte. Une fois seul, il plongea la main dans sa poche et en sortit un papier froissé d’avoir été lu mille fois.

 

Tu es bientôt libre, Chasseur. Je t’attends avec impatience.

L’Ombre

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07 novembre 2015

Participation de Fairywen

Mais ce n’est qu’un animal !

 

La phrase que je ne supporte pas ? « Mais ce n’est qu’un animal ! » Oui, et alors ? Ça veut dire quoi ? Que parce que c’est un animal, il n’a pas de sentiments ? Qu’il ne souffre pas, n’aime pas, ne ressent pas la joie ou la tristesse ? Faut être particulièrement débile – je dirais même humain ! – pour penser ça ! Moi j’ai vu la tristesse dans les yeux d’une maman à quatre pattes qui avait perdu ses petits, j’ai vu la confiance dans les yeux du chaton perdu venu vers moi pour un peu d’amour et de tendresse – il n’est jamais reparti, ceci dit –, j’ai entendu la joie de mon cheval qui m’appelait un jour de grande balade où je l’avais laissé dans une écurie inconnue pour boire un café chez des amis cavaliers et où il a cru, cet idiot, que je l’abandonnais – il avait pourtant son copain avec lui ! –, j’ai entendu l’amour du chat qui vient ronronner sur mes genoux quand je m’installe pour lire.

Et toi, pauvre crétin, tu me dis « Mais pourquoi tu pleures ? Ce n’est qu’un animal ! ». Non, ce n’est pas qu’un animal ! C’est une partie de mon cœur qui est parti avec mon petit chat qui m’a quittée pour s’en aller au paradis, c’est mon cœur qui se déchire parce que je ne peux pas sauver tous les animaux qui souffrent alors que je lis la peine dans leurs yeux, c’est mon cœur qui saigne alors que l’hiver arrive et que je sais que beaucoup d’animaux abandonnés durant l’été par de gros connards dans ton genre vont souffrir, mourir, avec au cœur l’éternel espoir que l’ingrat qui les a abandonnés reviennent les chercher, eux qui ne demandent qu’à l’aimer, eux qui ne trahissent jamais.

 

Et puis si on y réfléchit, t’es quoi, toi ? Un primate pas très intelligent apparu une seconde avant minuit pour pourrir la vie du reste de la planète. Ouais, minuit, l’heure du crime, ça te va bien ! Parce que si on compte tous ceux que tu as commis… Oui, t’es un primate, et un primate c’est quoi ? Un primate, c’est un animal ! Alors tu vois, moi, si j’étais la planète, j’irais t’abandonner dans le premier trou noir venu !

 

Parce que tu sais quoi ? Si tu disparaissais de la surface de la Terre, en dix ans, toute trace de ton passage serait effacée, et ouais, mon pote ! Par contre si à force d’insecticides tu tues les petites abeilles, t’y survivras pas, bonhomme ! Ouais, moi, si j’étais la Terre, je te ferais ta fête…

 

Méfie-toi qu’un jour ça n’arrive pas, primate sans poils… La planète pourrait bien avoir un sursaut de conscience et décider de se débarrasser de toi avant que tu la fasses sauter avec tes inventions débiles. Si elle est de bonne humeur, elle pourrait décider de sauver ceux qui n’ont jamais dit « Mais ce n’est qu’un animal ! ». Dommage pour toi et tant mieux pour nous, les gens comme toi n’en feront pas partie…

Défi 375 du samedi 31 octobre 2015

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31 octobre 2015

Participation de Fairywen

L’oiseau bleu m’a dit...

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il m’a dit qu’il y avait du mouvement en Laponie !

 

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il a vu des lutins courir en Laponie !

 

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il m’a dit que depuis le ciel, on voit des lumières en Laponie !

 

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il a vu les rennes sur la toundra en Laponie !

 

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il m’a dit que des colis arrivent depuis le ciel en Laponie !

 

— Psst ! Psst !

— Quoi ?

— Tu ne sais pas ce que l’oiseau bleu m’a dit ?

— Non. Il t’a dit quoi ?

— Il a vu de la fumée sortir de la cheminée d’une maison oubliée en Laponie !

 

— Mais alors ça veut dire que… ?

— Oui, ça veut dire que… !

— LE PÈRE NOËL S’EST RÉVEILLÉ !!!!

 

OH OH OH…

Défi 374 du samedi 24 octobre 2015

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24 octobre 2015

Participation de Fairywen

La Bulle XP

 

Lundi matin. 7 h 45, j’arrive au collège. Pour l’instant, tout va bien. La grille est ouverte – normal, c’est l’heure d’arrivée des élèves. Je rentre dans le bâtiment principal et je monte les escaliers pour aller au premier. Jusque-là, tout va toujours bien. Je mets la clé dans la serrure de la porte du CDI, j’ouvre, et là, je rentre dans le Sas.

Le Sas, c’est le couloir qui mène au CDI proprement dit, un lieu de transition qui permet de se préparer à ce qui nous attend de l’autre côté des portes coupe-feu. Il est égayé par les dessins des élèves du club manga. Mon préféré : celui du chat qui regarde derrière la vitre. Tout va bien, je suis encore dans le monde réel.

Et puis je franchis la Dernière Porte, et là, comme chaque matin, tout bascule.

 

Je suis entrée dans la Bulle XP.

 

Première chose à faire : allumer l’ordinateur de Nina, ma collègue, sinon, je ne peux pas travailler sur le mien. Vu qu’il met toujours trois plombes à s’allumer, j’en profite pour aller fermer nos toilettes. Je m’arme donc de ma cuillère, et hop, en route !

Ah, là, je vois d’ici vos têtes ahuries « une cuillère pour fermer des toilettes ??? ». Ben oui, étant donné qu’on ne peut pas les fermer de l’extérieur et qu’il n’est pas question de les laisser ouvertes pour les élèves – ils ont les leurs à côté –, on les boucle depuis l’extérieur, en faisant tourner le loquet avec le manche de la cuillère. Système D !!

Quand je reviens, c’est bon, l’ordi de Nina est allumé, je peux mettre en route notre logiciel de travail – là aussi, si je ne le fais pas, je ne peux pas travailler depuis le mien. Ensuite, il s’agit de mettre en route le mien… Alors là, c’est plus compliqué, car ça ne marche pas forcément du premier coup – ça ne court pas non plus, ça aurait plutôt tendance à partir à reculons. Il faut un peu ruser avec la bête… Système D, encore… Je vous passe les détails, c’est fastidieux, mais c’est une lutte entre le Monstre de la Machine et moi. Ceci dit, il ne gagne jamais et doit remballer ses dents et ses tentacules quand je lui serre la laisse. Non mais !

 

Lorsque les élèves arrivent, là, ça devient un exercice de virtuose… Et oui, parce que leurs ordis à eux tendent des pièges à l’utilisateur innocent, qui doit pouvoir se dépêtrer pour choisir la bonne imprimante – car l’animal, retors, en propose plusieurs alors qu’une seule existe, puis il faut convaincre la bestiole d’imprimer au bon format. Et là encore, système D, car rien n’est installé sur la chose pour vérifier ledit format – et encore, je ne parle pas du moteur de recherche préhistorique… Je vous jure qu’il a un os dans le nez et un casse-tête, je les ai vus !

Quant aux recherches, avec XP, faut avoir envie de se perdre dans les méandres de la forêt primaire du net…

 

Y a des jours où on se sent l’âme de deux Mac Gyver, Nina et moi…

 

Pas étonnant qu’à force de se battre à coups de machette dans une jungle pareille, on se sente fatiguées, toutes les deux… Parfois on a aussi l’impression que la Vague du Dysfonctionnement Chronique nous noie. Elle surgit là où on ne l’attend pas, sans prévenir, et précède en général l’Avalanche de Problèmes Insolubles.

En vérité je vous le dis, travailler au CDI de notre collège, c’est une lutte de tous les instants, un sacerdoce – oui, oui, il faut avoir la Foi ! –, un défi à l’intelligence humaine et à sa capacité de débrouillardise.

 

Heureusement, on s’entend très bien, toutes les deux. Et chose très importante : notre Tassimo, elle, fonctionne à merveille !

 

À Nina, qui m’a accueillie avec tant de gentillesse dans sa Bulle XP, et aussi parce que c’est plus drôle de désespérer à deux.

Défi 373 du samedi 17 octobre 2015

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17 octobre 2015

Participation de Fairywen

Voyons voir...

Alors voyons voir, que me dit cet agenda… ? Ouch, il est chargé !! Que de tâches m’attendent !

D’abord, d’abord… Ah, ah, mon correcteur qui me dit qu’il va bientôt me renvoyer mon manuscrit ! Bienbienbien, ça veut dire corrections, modifications, fabrication de la couverture par mon illustratrice et ensuite… publication ! Si tout va bien, ce sera pour Noël 2015.

Ensuite… Ah oui, c’est vrai, j’ai un autre livre en cours. J’en suis à la partie amusante : écrire. Ben oui, je l’avoue, la partie corrections n’est pas ma préférée…

Ça, c’est pour 2015, en principe. Pour 2016… Il y aura donc la publication de cette nouvelle série, puis un autre livre à écrire, un autre à commencer, et un déjà écrit à publier après correction, bien sûr.

Et puis il y a aussi deux grands projets qui me tiennent à cœur que j’espère réaliser, mais comme tous les artistes, je préfère ne rien dire tant qu’ils ne seront pas sûrs.

 

N’empêche que ça fait un sacré agenda !

Défi 372 du samedi 10 octobre 2015

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10 octobre 2015

Participation de Fairywen

Le Passeur d’Ames

 

Un oiseau s’est posé

Au creux de ma main

Il m’a regardée

Et m’a dit « viens ».

J’ai fermé les yeux

Et je l’ai suivi

Dans un monde merveilleux

Qui de la douleur se rit.

 

Vous qui restez ne pleurez plus.

Enfin je ne souffre plus.

Mon corps blessé s’est tu.

Il n’en pouvait plus.

 

L’oiseau m’a redonné

Mes jeunes années

Et ma liberté.

Défi 371 du samedi 3 octobre 2015

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03 octobre 2015

Participation de Fairywen

Crac...

Le silence règne. Un silence total, absolu. Le silence qui précède les grandes catastrophes. Dans un ciel exempt de tout nuage, le soleil brille, indifférent à ce qui peut se passer sur cette minuscule boule d’eau et de roches qui tourne autour de lui, en troisième place. Que lui importe le silence ? Il n’y a pas de toute façon pas de bruit dans l’infini de l’espace qui l’entoure.

Sur la petite planète bleue, dans cette région où règne le silence, on entend soudain un craquement. Il n’est pas très fort, mais dans ce silence de mort, il ressemble à un coup de tonnerre. Ce n’est pourtant rien, juste quelques cristaux qui se heurtent, se chevauchent, se cassent, se séparent. Soudain l’équilibre de la délicate masse blanche est en péril. Les cristaux s’éloignent inexorablement les uns des autres. Le départ est donné.

Dans un bruit de tonnerre, l’avalanche se lance sur la pente, telle un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage. La neige si belle il y a quelques instants est devenue un piège mortel dont on ne s’échappe pas. Elle dévale la pente, pressée, affamée. Les grands sapins s’inclinent, cassent et se couchent sur son passage, vaincus par la force de l’avalanche. Elle continue sa route, royale, puissante, charriant avec elle les débris qu’elle a créés.

Enfin, le monstre s’arrête, apaisé et repu, abandonnant derrière lui un versant de montagne inconnu, dont toute la physionomie a changé. Un épais manteau blanc et uniforme recouvre les traces cruelles et sanglantes de son passage, la preuve que jamais la montagne ne se laissera apprivoiser par ces ridicules petits êtres à deux pattes qui croient pouvoir tout régenter sur la troisième planète après le soleil.

 

Une fois encore, la montagne a tué.

 

Là-haut dans le ciel, le soleil continue de briller, toujours aussi indifférent au sort de la petite boule d’eau et de roches qui lui tourne autour depuis des milliards d’années…

Défi 370 du samedi 26 septembre 2015

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