13 février 2016

Participation de Fairywen

 

Rêve bleu

Elle aimait lorsque venait la nuit et qu’elle pouvait enfin s’allonger dans son lit et fermer les yeux. Lorsque venait le sommeil, la souffrance s’en allait avec lui. Libre, elle pouvait parcourir le monde enchanté des songes, ce monde où tout était permis, ce monde où ses jambes n’étaient pas deux poids morts qui ne savaient que lui envoyer des aiguilles de feu dans le corps.

Cette nuit-là commença par un rêve bleu, un bleu changeant et chatoyant dans lequel errait un croissant de lune argenté. Tout doucement, elle se posa sur le sommet du croissant et se laissa glisser en riant dans la douce et tendre courbure de la lune. Elle était à peu près au milieu de son trajet lorsqu’un vent d’étincelles la souleva et la fit glisser dans l’azur, jusqu’à un bateau aux voiles blanches qui naviguait sur une terre d’eau et de nuages. Les étincelles la déposèrent délicatement sur le pont et elle s’installa gracieusement sur le banc de bois qui courait tout le long du bastingage. Peu lui importait où elle allait, du moment que la douleur ne la suivait pas.

Fugitivement, elle repensa à ce soir où sa vie avait basculé. La route mouillée. La nuit. La voiture en face qui roulait trop vite. Le hurlement des freins, le bruit de la tôle froissée, puis l’affreuse, l’atroce souffrance avant que le néant ne l’emporte. Elle s’était réveillée sur un lit d’hôpital, avec des jambes inutiles, une vie brisée, et la douleur… Toujours là, jour et nuit, heure après heure… Elle n’avait la paix que dans la nuit, dans ses rêves, lorsqu’elle s’évadait dans ce monde magique qui chaque nuit s’ouvrait dans son esprit.

D’un geste de la main, elle chassa la tristesse et sourit. Le bateau filait loin, loin, loin autour de la terre d’eau et de nuages, dans un voyage qui peut-être n’aurait pas de retour.

 

Les rêves bleus ont le pouvoir d’emporter avec eux les âmes qui souffrent trop pour continuer à vivre…

Défi 389 du samedi 6 février 2016

 

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06 février 2016

Participation de Fairywen

Amoureux

 

Pourquoi tout était-il devenu si difficile ? Avant, il n’avait aucun souci pour séduire un partenaire. Son charme naturel attirait les regards, son bagout faisait le reste. Il ne s’était jamais posé de questions, papillonnant d’un amant à l’autre sans se préoccuper des cœurs qu’il pouvait briser sur son passage.

Et puis il y avait eu la rencontre. Celle où il s’était totalement ridiculisé en s’étalant dans le train, troublé par cette rencontre imprévue sur un quai de gare. Heureusement, il n’avait rien vu de son humiliation. D’ailleurs, il n’était pas sûr qu’il se soit seulement aperçu de sa présence… Mais lui n’avait pas oublié ce regard qui l’avait transpercé jusqu’au fond de son âme. Depuis, il ne pensait qu’à lui, ne désirait que lui.

Malheureusement, l’attirance ne semblait pas réciproque. Pour la première fois de sa vie, il ne savait même pas comment briser la glace avec celui qui faisait battre son cœur. Sa réputation de Don Juan le desservait plus qu’autre chose, et pour la première fois, il aurait aimé qu’elle ne colle pas autant à la peau.

Car pour la première fois de sa vie, il était profondément, irrémédiablement amoureux…

 

Bien que ça ne soit pas vraiment le sujet de cette histoire, puisque les deux héros sont gays, j’avoue que durant tout le temps où j’écrivais, j’ai eu en tête la chanson de Calogero « J’ai le droit aussi »…

 

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30 janvier 2016

Participation de Fairywen

Le temps de la renaissance

 

Si j’avais été autre chose qu’un livre, on aurait pu dire que ce jour-là je m’éveillais en sursaut, mais n’étant qu’un livre, je ne peux que dire que, sans savoir pourquoi, je sus que ce jour-là serait différent des autres. Comme un frémissement dans l’air, ou plutôt sous terre, puisque j’étais toujours enterré et protégé par le charme de la dernière magicienne à m’avoir tenu entre ses mains. Le sortilège s’était subtilement modifié autour de moi et je le sentais appeler. Appeler qui, ça, par contre, je n’en avais pas la moindre idée...

 

Là-haut, en surface, un jeune couple explorait la demeure qu’il venait d’acheter. Une demeure ancienne, avec bien des réparations à faire, mais qui les avait conquis dès le premier regard. Ils avaient déjà exploré le rez-de-chaussée et l’étage, constatant que, moyennant un peu de camping, la maison était habitable de suite, et définissant un ordre dans les travaux. Ils admirèrent longuement la spacieuse chambre de maître, s’extasièrent devant la cuisine et son immense cheminée, puis, comme attirés par un aimant, descendirent dans la cave fraîche. Ils ne parlaient plus. Sans s’en rendre compte, ils avançaient tous les deux dans la même direction, sans prêter attention à ce qu’ils voyaient, vers la plus profonde des caves. Sans un mot, ils se mirent à creuser. Ni l’un ni l’autre ne se rappelaient avoir pris une pelle, et pourtant, tour à tour, ils enfonçaient leur outil dans le sol étrangement meuble. Le charme de la magicienne glissait autour d’eux, complice et protecteur.

 

Non, je ne rêvais pas, c’était bien des coups de pelle qui retentissaient au-dessus de moi. Par réflexe, je me concentrais sur le sortilège de protection, et je m’aperçus qu’il se modifiait peu à peu. Dans un premier temps, il s’attacha à rendre la terre plus facile à creuser, puis il me protégea du coup de pelle qui faillit me couper en deux. Enfin, pour la première fois depuis des siècles, j’entendis des voix humaines, et des mains me saisirent pour me sortir de ma cache de terre.

— Ça alors ! s’exclama une voix masculine, un livre ?!

— Mais comment peut-il être en aussi bon état alors qu’il était dans la terre ?

— Il a l’air très ancien...

— Il est très beau... On le remonte pour mieux le voir ?

— Dis, tu n’as pas une drôle d’impression ?

— Comment ça ?

— Comme si on n’était pas seul ici.

— Si... Mais c’est une présence rassurante, complice.

— Comme si on nous disait merci ?

— Oui, comme si on nous disait merci... Merci de l’avoir trouvé.

— Nous en prendrons bien soin, c’est promis. 

Ni l’un ni l’autre ne semblaient trouver la situation étrange, comme s’ils trouvaient tous les jours des livres anciens parfaitement préservés enterrés dans une cave. En tout cas je me sentais bien avec eux. Ils dégageaient la même aura que ceux qui m’avaient confié leurs secrets au cours des temps.

 

Nos ennemis avaient échoué. La lignée de ceux qui savaient avait survécu, et aujourd’hui, j’étais à nouveau entre leurs mains.

 

Ils s’installèrent dans la chambre, côte à côte sur le vieux lit à baldaquin et commencèrent à me feuilleter. Le fait de n’avoir aucune difficulté pour lire ce qui était écrit sur mes pages ne les surprit pas, trop occupés qu’ils étaient à s’extasier sur ce qu’ils découvraient. Les heures passaient sans qu’ils s’en aperçoivent. Ils ne remarquèrent pas non plus que la magie dissimulée dans les pages, les ayant reconnus comme dignes héritiers de ceux qui les avaient noircies au fil du temps, les imprégnait peu à peu et leur rendait ce savoir perdu depuis si longtemps.

 

Lorsqu’ils atteignirent la dernière page, bien longtemps après la tombée de la nuit, ce fut comme si le fantôme de la jeune fille qui avait sacrifié sa vie pour moi sortait des pages pour leur parler directement et leur expliquer que maintenant, c’était à eux de prendre la suite et de continuer l’œuvre pour laquelle j’avais été créé.

 

— Tant de savoirs..., soupira-t-elle en caressant tendrement ma couverture.

— Oui, approuva-t-il, des potions, des sortilèges... C’est fascinant...

— Comment allons-nous faire ? Je veux dire... Pour continuer le livre.

— Nous trouverons. Il nous aidera. 

 

Oui, j’allais les aider, et bientôt, d’autres les rejoindraient, et recommenceraient à écrire sur mes pages encore vierges, et à nouveau les connaissances s’accumuleraient, pour le plus grand bien de qui en auraient besoin.

 

Le temps de la renaissance était arrivé...

Le début de l'histoire est ici

Défi 387 du samedi 23 janvier 2016

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23 janvier 2016

Participation de Fairywen

Rêves de vie

J’aurais aimé être

Une aventurière

Une guerrière

Une policière

Une voleuse

Une guérisseuse

Une chercheuse

Une princesse

Une prêtresse

Une déesse

Une fée

Une détective privée

Une créature enchantée

Une championne

Une espionne

Et tant d’autres aussi

De quoi remplir plusieurs vies

Alors pour remplir mon contrat,

J’ai fait ce choix :

Écrire des récits

Pour vivre toutes ces vies

Et faire partager

Avec qui veut rêver.

Les mondes d'une écrivain

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16 janvier 2016

Participation de Fairywen

Le canyon

 

— Je vous jure qu’elle était là, monsieur, je vous le jure… insistait le malheureux agent. Et puis tout d’un coup, hop, elle a disparu !

— On la tenait presque, monsieur… Regardez, il n’y a que le ravin derrière ! Ce n’est pas possible qu’elle se soit échappée !

— Elle doit encore être là, ce n’est pas possible autrement… gémit un troisième policier en regardant frénétiquement autour de lui.

Le Chasseur ne répondit pas. Seul le tic nerveux qui agitait un muscle de sa mâchoire trahissait son agacement et sa frustration. Elle s’était échappée encore une fois, chacune des cellules de son corps le savait aussi clairement que s’il avait assisté à la scène. Pourtant, à priori, c’était du tout cuit… Pour une fois, elle n’avait pas eu de chance. Les forces de l’ordre l’avaient repéré, et s’étaient lancées à sa poursuite alors qu’elle sortait de la taverne où elle venait de dîner. Elle était rapide, mais le chemin qu’elle avait choisi menait vers les falaises, où elle allait inévitablement se retrouver face au large et profond canyon qui les coupait. Même elle ne pouvait espérer franchir une telle distance en sautant.

Et pourtant, alors qu’elle s’était retrouvée acculée au vide, elle avait disparu. Comme ça. D’un seul coup, sans que les agents lancés à sa poursuite ne comprennent comment.

Mais lui, lui, il savait. Oh oui, il savait…

 

Indifférent aux excuses que continuaient à lui bredouiller ses subordonnés terrifiés – il était connu pour son intransigeance et ses colères dévastatrices, le Chasseur s’avança au bord du vide et plongea ses yeux dans les profondeurs obscures du canyon.

Et il la vit qui sautait souplement d’un rocher à l’autre, descendant par bonds réguliers vers le fond du ravin. Les coussinets feutrés de ses pattes ne faisaient aucun bruit et ne dérangeaient pas le moindre petit caillou tandis qu’elle leur échappait une fois de plus. Comme si elle était consciente de sa présence, elle se retourna brièvement pour plonger son regard félin dans le sien, et il fut presque sûr de la voir rire. Puis la panthère noire se détourna à nouveau et sa silhouette devenue ombre parmi les ombres s’évanouit dans l’obscurité du canyon.

Bien sûr, il aurait pu parler, mais à quoi bon ? Bien qu’il soit le Chasseur, personne ne l’aurait cru s’il avait dit que l’Ombre était à la fois femme et panthère…

Illustration ici

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09 janvier 2016

Participation de Fairywen

Liberté

Chad eut juste le temps de s’écarter lorsque la lourde porte s’ouvrit. Ou plus exactement, claqua violemment contre le mur et se brisa en deux. Le jeune homme aperçut vaguement une silhouette masculine de haute taille passer devant lui avant que des éclairs rouges et or ne se mettent à fuser sur un rythme infernal. Instinctivement, il se plaça devant Taanit pour la protéger de l’espèce de démon qui détruisait tout autour de lui et qui se tourna vers eux dès qu’il ne resta plus un seul être vivant autre qu’eux trois et la panthère. Les muscles tendus, prêt à défendre sa compagne au péril de sa vie, il n’entendit que vaguement les paroles de la jeune fille.

— Nous n’avons rien à craindre, c’est mon frère.

Chad ne bougea pas, fixant toujours celui qui s’approchait d’eux. À présent qu’il ne déchaînait plus ses sortilèges, il reconnut en lui un être humain et non un démon. Ils avaient sensiblement le même âge, et sa ressemblance avec Taanit était indéniable. Pourtant, s’il se détendit légèrement, Chad ne se décidait pas pour autant à s’écarter, ce qui parut beaucoup amuser l’arrivant.

— Je vois que ma sœur s’est trouvé un chevalier servant digne de ce nom. Mais rassure-toi, je n’ai pas l’intention de vous faire du mal, ni à toi ni surtout à elle.

— Tu m’excuseras, mais ta démonstration d’il y a cinq minutes ne plaide pas en ta faveur.

— Disons que j’étais un rien en colère.

Chad remarqua alors que la captivité avait laissé des traces sur le corps de son interlocuteur, qui avait plus que visiblement souffert de sa détention. Il finit par céder à l’injonction de Taanit et s’écarta, laissant enfin la jeune fille sauter dans les bras de son frère, qui la serra tendrement contre lui.

— Merci, petite sœur. Je savais que tu réussirais.

— Jamais je ne t’aurais abandonné. Tu vas pouvoir retrouver ta place, maintenant.

— Oui, et j’ai dans l’idée que des têtes vont tomber très bientôt. Mais avant…

Il refit face à Chad.

— Si j’ai bien compris, je te dois des remerciements à toi aussi.

— Ravi d’avoir rendu service.

— À moi ou à ma sœur ?

Une lueur malicieuse brillait dans les yeux de l’ancien captif. Chad eut une grimace faussement contrite.

— Disons que Taanit n’est pas quelqu’un à qui on peut dire non.

— Oh, crois-moi, ça, je le sais…

— Ce qui veut dire, grand frère… ? intervint une voix dangereusement calme.

— Mais rien du tout, petite sœur, rien du tout…

Le roi se tourna brusquement vers Chad.

— Que penserais-tu de rester dans notre monde ? Comme conseiller royal, par exemple ?

— Moi, un conseiller royal ?

— Peut-être que si vous êtes deux, on arrivera à faire quelque chose de ce royaume… les coupa la voix devenue moqueuse.

— Tu comprends mon problème ? soupira ostensiblement le roi, entrant dans le jeu de la fausse dispute mille fois répétée.

— Oui, je comprends, sourit Chad, pas dupe pour deux ronds.

Il se perdit dans les prunelles émeraude qui le regardaient avec amusement avant d’ajouter.

— Je comprends et je suis tout disposé à te soutenir…

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02 janvier 2016

Participation de Fairywen

La course aux étoiles

 

Chad eut la sensation de parcourir un tunnel formé de branches entrecroisées dans lequel brillaient des étoiles. Comprenant confusément qu’il ne devait pas lâcher la main de Taanit s’il ne voulait pas se perdre dans ce monde étrange, il entrelaça ses doigts à ceux de la jeune femme, qui lui rendit son étreinte sans la moindre hésitation. Il ne sut jamais combien de temps dura cet étrange trajet, mais soudain, il se retrouva derrière un rocher recouvert d’étoiles gravées dans la pierre. L’archéologue en lui s’éveilla aussitôt et il passa la main sur celles qui se trouvaient à sa portée.

— On dirait une porte, murmura-t-il.

— Presque. C’est l’une des bornes du chemin d’étoiles. Le nombre et la disposition des étoiles indiquent au voyageur où il se trouve. J’ai installé celle-ci pour indiquer l’endroit où est emprisonné mon frère.

Le regard de Chad suivit celui de Taanit, fixé sur une ouverture béante dans la falaise située en face d’eux.

— Tu es prêt ? murmura Taanit.

— Quel est le plan ?

— J’espère que tu cours vite… Mon frère est le seul à pouvoir vaincre ses geôliers. Il va falloir que tu poses le cartouche sur la serrure de sa prison pour le libérer, et pour cela, il va falloir arriver au bout du tunnel avant qu’on ne nous arrête. Ma magie peut les ralentir, mais c’est tout. L’échec signifie la mort.

— Alors nous n’échouerons pas.

Ils s’élancèrent au coude à coude, précédés par la panthère bondissante. Un tourbillon d’étoiles scintillantes les entourait, qui déstabilisa les gardes affectés à la surveillance de la prison. Taanit et Chad couraient plus vite qu’ils ne l’avaient jamais fait de toute leur vie, la première utilisant toute son énergie pour embrouiller l’esprit et les actes de leurs assaillants, Chad se concentrait sur son but tout en distribuant force coups de poing pour protéger le précieux cartouche. La panthère bondissait à leurs côtés, sauvage, mortelle, et ses crocs acérés étaient rouges de sang.

Ils finirent par arriver au bout du tunnel, devant une porte noire comme la nuit.

— Je ne vois pas d’encoche pour le cartouche ! s’exclama Chad.

— Laisse-le te guider.

— Au point où j’en suis dans l’étrange, pourquoi pas me laisser guider par un morceau de pierre… marmonna le jeune homme.

Il sortit le cartouche de sous sa chemise, et, à sa grande surprise, celui-ci se mit à briller, faisant un écho lumineux à la porte qui révélait soudain une succession de hiéroglyphes. Chad repéra tout de suite le trou parmi eux. Sans hésiter, il y inséra le cartouche.

 

La lourde porte de pierre commença à glisser sur ses gonds dans un fracas de tonnerre…

La course aux étoiles

 

 

 

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26 décembre 2015

Participation de Fairywen

Rêve ou réalité ?

 

Elle sourit en prenant le diadème, qu’elle posa sur la masse luxuriante de ses cheveux.

— Merci d’être venu.

— Tout le plaisir est pour moi. Je…

Les mots que s’apprêtait à prononcer Chad s’étranglèrent dans sa gorge lorsqu’il vit le chat. Enfin, le chat… Le petit félin avait grandi, et à sa place se tenait une panthère au noir pelage et aux yeux d’or.

— Je sais. Je me suis endormi, je suis dans le monde des rêves et mon subconscient invente des chats qui deviennent des panthères… murmura-t-il.

— Tu sais bien que non.

Chad ne répondit pas. Ses yeux erraient autour de lui, détaillant un décor qu’il trouvait étrangement familier. Il finit par regarder à nouveau la jeune femme.

— Alors pourquoi ai-je l’impression de me retrouver en terrain familier ?

— Le cartouche t’a envoyé des images de mon monde.

— Alors tous ces rêves que j’ai faits lorsque je me suis endormi, en début d’après-midi…

—… n’étaient pas vraiment des rêves.

— Et donc la porte au bout du souterrain…

—… est celle derrière laquelle est enfermé mon frère.

— Comment allons-nous y entrer ? Dans mon… rêve, il était plutôt bien défendu, ce souterrain.

— Il faudra se battre. Cela t’effraie ?

— Non !

Un éclair amusé pétilla dans les prunelles de Taanit devant la visible indignation manifestée par Chad.

— On y va, alors ?

— On y va.

Chad prit la main que lui tendait la princesse et à nouveau son environnement disparut…

Rêve ou réalité ?

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19 décembre 2015

Participation de Fairywen

Le temps d’un battement de cœur...

 

Le cartouche que tu as découvert est la pièce manquante de la porte de la prison où est enfermé mon frère. La malédiction qui a été jetée sur sa geôle implique que seule la personne qui trouve ce morceau de pierre peut le remettre à sa place pour faire jouer la serrure et ouvrir la porte.

Incrédule, Chad se pinça afin d’être sûr de ne pas rêver. Un rire cristallin retentit autour de lui.

Je t’assure que tu ne rêves pas.

— D’accord, mais qui me dit que je peux te faire confiance ?

Rien du tout.

La réponse lapidaire surprit le jeune homme, qui s’attendait à de véhémentes protestations assorties d’un long discours. Il ne chercha pas à retenir le sourire qui lui vint aux lèvres.

— Voilà qui est clair, au moins.

J’ai l’habitude d’aller droit au but.

— Tout à l’heure, tu as dit « ton monde »…

Je viens d’un autre univers que le tien.

— Et comment suis-je censé le rejoindre ?

Prends le diadème. Il t’amènera à moi.

Chad hésita le temps d’un battement de cœur, mais il avait trop envie de savoir. Sa main se posa sur le cobra dressé et soudain, sa tente si familière disparut, pour être remplacée par une autre tente, plus grande, plus exotique. Ce fut à peine s’il sentit le félin noir s’enrouler en ronronnant autour de ses chevilles. Il n’avait d’yeux que pour la silhouette qui lui faisait face. Sans comprendre comment, il savait que c’était celle de la jeune fille dont l’ombre avait remplacé celle du chat. Ses longs cheveux noirs cascadaient dans son dos, et ses yeux verts le fixaient avec amusement. Sa peau hâlée par le soleil du désert luisait doucement à la lueur des lampes à huile, faisant ressortir le blanc éclatant de sa tunique en lin, serrée à la taille par une ceinture de fils d’or tressés.

— Je crois que ceci t’appartient, articula Chad en lui tendant le diadème.

 

Moins d’une demi-heure s’était écoulée depuis qu’il avait quitté le chantier de fouille, et il savait déjà que sa vie ne serait plus jamais la même…

Le temps d'un battement de coeur

 

 

 

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12 décembre 2015

Participation de Fairywen

Les secrets d’un regard d’or

 

La nuit était tombée depuis longtemps, mais de la lumière brillait toujours sous la tente du jeune archéologue. Fasciné par le cartouche qu’il avait trouvé, il ne pouvait se décider à reposer le fragment de pierres. Il ne vit pas la toile se soulever légèrement, livrant passage à une petite silhouette noire, qui sauta souplement sur son lit avant de s’y allonger.

De longues minutes s’écoulèrent dans le plus grand silence, puis le jeune homme s’étira pour détendre ses muscles fatigués.

— Je ferais mieux d’aller me coucher et de dormir un peu, soupira-t-il. La journée de demain sera longue.

Ce fut en se levant qu’il aperçut le chat couché sur le lit de camp.

— D’où sors-tu, toi ? fit-il en s’approchant.

Le félin se contenta de bâiller pour toute réponse.

— Tu sais, il va falloir que tu me fasses une place, quand même. J’ai eu une dure journée et j’aimerais bien me…

La voix du jeune homme mourut sur ses lèvres lorsqu’il aperçut le diadème orné d’un cobra dressé qui se trouvait sur son oreiller.

— D’où est-ce que ça sort, ça ?

Précautionneusement, il saisit le bijou pour l’examiner de plus près. L’objet était aussi beau que s’il venait juste d’être fabriqué. Il brillait doucement et il eut la surprise de constater qu’il était chaud au toucher.

— Ça alors… On dirait de l’or, et pourtant…

Aide-moi…

Le jeune homme sursauta.

— Qu’est-ce que… ?

Aide-moi…

Un mouvement sur le lit attira le regard de l’archéologue. Le chat s’était assis et le fixait sans ciller de ses yeux d’or aux innombrables secrets, tandis que son ombre grandissait pour devenir celle d’une jeune fille – ou d’une jeune femme, c’était difficile à dire. Le regard incrédule de Chad passait du félin à la silhouette féminine qui se dessinait devant lui. Il ne pouvait pas, ne voulait pas accepter qu’il existât un rapport entre les deux, et pourtant…

Je dois rêver, songea-t-il, j’ai dû m’endormir et je suis en train de rêver… L’ombre d’un chat ne peut pas être celle d’une jeune fille !

Pourtant, tout au fond de lui-même, il savait bien qu’il ne dormait pas et que ce qu’il voyait était bel et bien réel.

— Comment est-ce possible ? s’étonna-t-il à haute voix.

C’est possible parce que je le veux.

— Qui es-tu ?

Mon nom est Taanit. Je suis princesse au sein de mon peuple.

— Et comment un simple petit étudiant en archéologie pourrait aider une princesse ?

En acceptant de venir dans mon monde pour libérer mon frère et l’aider à retrouver son trône.

Les secrets d'un regard d'or

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