31 janvier 2009

SMS (Fabeli)

à maman

au secours. suis coincée aux wc- verrou cassé- reviens maison

à érica

sois rassurée mon cœur- sommes en caisse- on arrive

à anna

suis coincée aux wc- mes vieux aux courses- ça m’écoeure- vais m’évanouir- écris moi ça ira mieux

à érica

 on rêve comme au cinéma- crime en série- un assassin va arriver

à anna

merci- comme amie on a mieux-

maman

arriiiiiiiiiive- vais avoir crise au cœur- sérieux- ça commence à me miner

à érica

souris- ce sera un sacré souvenir

à maman

non- ce sera un mauvais souvenir

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13 septembre 2008

Destination passion (Fabeli)


On m’a souvent demandé, de tous mes voyages, lequel j’ai préféré

.

De tous mes voyages, de tous mes sillages

Le seul qui ait compté est un voyage immobile, un voyage secret.

A l’appel du désir mon cœur s’en est allé

Sans apprêts, sans bagages, il a juste embarqué

.

Un geste, une parole, bouleversement des sens

Un rêve à tenir, une frontière à franchir

Un pas capital qui jusqu’à elle m’a conduit

.

Aux rives d’un amour interdit

J’ai mené la nef de mes envies.

Lumière inédite d’un regard sans limite

Géographie insolite sur une peau inscrite

.

Au pays de l’amour mon cœur s’en est allé

Sans regret, sans dommage, il a juste succombé
.

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23 août 2008

A la brocante - Fabeli

A la brocante,
Toujours partante
Je me ballade
En promenade

Trois vieux rideaux pour mon bateau
Six verres à vin pour le cousin

A la brocante,
Toujours contente
Je fais des tours
Et des détours
Un lampadaire pour ma grand-mère
Trois grands torchons lins et coton 

A la brocante,
Bien hésitante
Je réfléchis
C’est non, c’est oui

 Ce tapis vert ou ces couverts ?
Le grand panier ou le damier ?

 A la brocante
Toujours patiente
Dans les allées
Je viens, je vais

Un tel achat c’est du tracas
Drakkar Viking ou vase Ming ?

De la brocante
Jamais perdante
Je pars ravie
De mes acquis

Les bras chargés de beaux objets
A mon grenier vais les poser

A la brocante
Pour la revente
Dans quelques mois
J’irai, ma foi
Les bras chargés de beaux objets
Que du grenier j’ai retiré !

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12 juillet 2008

Miroir a venir (Fabeli)

J’ai rendez vous dans 10 minutes par liaison satellite avec le journaliste de « page à la une » pour présenter mon dernier roman : Jardins publics. Une commande du comité national de la culture. Les ordres sont les ordres ! Je me doutais bien que cette histoire de plantes carnivores  dévorant les nouveau-nés aurait du succès.

En 2018 les gens lisent n’importe quoi ! D’ailleurs ils ne lisent même plus. Ils payent des nègres lecteurs qui dévorent des centaines de livres numériques à leur place et leur préparent une analyse judicieuse. Avec ça ils peuvent épater la galerie dans les soirées mondaines virtuelles qui font fureur sur la méga toile.

En 1998, quand j’ai commencé à écrire il fallait faire attention à ne pas écrire n’importe quoi. Les gens allaient encore à l’école, ils avaient un minimum de connaissances et de sens critique.

En 2018, tout ça est terminé. On les élève comme des poulets, dans ces tours vertigineuses. Des milliers de personnes, nourries à heure fixe par des milliers de repas synthétiques, matérialisés au même instant dans chaque cuisine. Impossible de sortir à l’extérieur vu le niveau de pollution.

En 1998, on pouvait encore écouter le chant d’un oiseau, froisser une feuille dans sa main, sentir la mousse au pied d’un arbre. En 2018, les seuls arbres que l’on peut voir sont virtuels, images holographiques sagement alignées au bord des routes. Aucun risque d’accident, qu’ils disent !

Toute notre vie est devenue virtuelle, nourriture, travail, amour.

Mes livres sont virtuels, mes lecteurs sont virtuels, seuls les mots ont gardé pour moi leur réalité. Surtout lorsque je les pose en secret sur le papier.

En 2018, justement, le papier devient un problème. Au moment des grandes émeutes de la faim, quand les gens se jetaient sur n’importe quoi pour se nourrir, j’avais réussi à dissimulé un grand stock de papier. C’était en 2008. Aujourd’hui il ne reste plus que quelques feuilles. Une misère ! Je ne me suis pas rendu compte que le temps filait si vite. J’ai noirci, noirci, noirci tant et tant de feuilles ! Plus le monde devenait virtuel et plus il me fallait palper la réalité des mots. Ecrire vraiment, lettre après lettre, pour lutter contre ces pixels qui nous dévorent inexorablement.

Bientôt j’aurai noirci ma dernière feuille…


J’ai rendez vous dans dix minutes avec le journaliste de « Page à la une » par liaison satellite, ça évitera un déplacement inutile en avion. Je vais présenter mon nouveau roman : Jardins publics. Je savais bien que cette histoire de nouveau-nés sauvés par la fabrication d’un sérum issu de plantes carnivores aurait du succès.

En 2018 les gens ont besoin de lecture. Grâce aux nouveaux programmes d’éducation élaborés dans les années 2010, ils sont curieux et n’hésitent pas à s’équiper de livres numériques, légers et maniables. On peut au choix les utiliser en vidéo ou en audio.

En 1998, quand j’ai commencé à écrire, les gens se détournaient des livres pour s’intéresser aux loisirs virtuels. Heureusement ils ont vite compris les dangers de ces activités abrutissantes. Surtout quand le nombre de suicides a fortement augmenté. Les gouvernements se sont mobilisés pour lutter contre ce fléau, ils ont compris qu’il fallait offrir à toutes les populations des conditions de vie décentes, de la nourriture saine et des loisirs épanouissants. Le programme « un jardin pour tous » a été en particulier un grand succès.

En 2008, il devenait difficile de trouver des coins de nature sauvage et non pollués.

De façon inexplicable les oiseaux cessaient de chanter et les feuilles des arbres se décoloraient. Heureusement les associations écologiques ont réussi à se faire entendre et le processus de destruction des ressources naturelles a été enrayé.

En 2018, toutes les forêts sont protégées et chaque activité industrielle est réglementée pour favoriser la protection de l’environnement. De plus le recyclage est devenu une activité à part entière et je participe au mouvement international d’économie du papier en publiant mes romans sur papier recyclé. Mes lecteurs sont très attentifs à ce genre de détail, et nous échangeons souvent des astuces écologiques lors des séances de signatures dans les salons littéraires.

Bientôt je vais commencer un nouveau roman…

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28 juin 2008

Départ (Fabeli)

Je suis venue te dire que je m’en vais.

Pour les chaussettes sales que tu laisses traîner ?

Pour le balai que tu n’as jamais voulu passer ?

Pour les mégots en vrac dans les cendriers ?

Non.

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour bousculer les habitudes et brouiller les années

Pour les 2 sucres dans le café et les géraniums sur la même fenêtre

Pour l’amour du samedi soir et le poulet du dimanche midi

Pour toutes ces vacances à l’île de Ré et tous ces repas de quartier

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour donner à mon cœur de nouvelles lois

Je suis venue te dire que je m’en vais

Pour ouvrir les yeux sur d’autres premières fois.

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21 juin 2008

Les crayons (Fabeli)

12 crayons sagement alignés dans une pochette bleue. Il est 23 heures, dans la pénombre grise, la maison est endormie. Toute la maison ? Non, dans le tiroir du bureau en chêne clair….

Il sera bien difficile, plus tard, de dénouer le fil de cette histoire, mais tout porte à croire que c’est le blanc qui a commencé. D’après le rose, qui tardait à s’endormir, quelqu’un aurait éternué. Les différents témoignages, recueillis par l’inspecteur Lapalette, s’accordent pour dire qu’il s’agissait du orange. Un instant, les soupçons se sont portés sur le bleu glacier, mais il fût prouvé que, en habitué de la haute montagne, le bleu glacier ne s’enrhumait jamais. Le marron confirma alors le témoignage du rose, bien qu’il se montrât très attaché à l’orange et qu’il lui répugnât de le dénoncer. Le orange, soutenu par le magenta, finit donc par avouer que, oui, c’était bien lui qui avait éternué. C’est à ce moment là que le blanc, réveillé par le orange, avait bousculé le violet, très susceptible comme chacun sait. Le violet entra dans une colère noire, criant et gesticulant en tout sens. Il bouscula le gris et l’ocre et leur en fit voir de toutes les couleurs. Il s’agita tant et si bien qu’il finit par réveiller toute la pochette et la bagarre fut générale, jusqu’au jaune, pourtant peu disposé à la mauvaise humeur, qui s’en mêla. Il se planta devant le noir, le regarda dans le blanc des yeux et lui déclara tout net : « Tout ça c’est de ta faute, tu sèmes la discorde partout où tu passes, barre toi vite fait ! »

Le noir, bien sûr, tomba des nues devant cette accusation, et il finit par voir rouge devant tant d’injustice. Il remit le blanc à sa place d’un  bon coup de mine mais fut alors pris à partie par l’ensemble du groupe. Seul contre tous, écœuré par la méchanceté du blanc, il commença à réunir ses maigres affaires dans un baluchon gris, souleva le rabat de la pochette, et s’enfonça dans la nuit, sans que personne ne fasse un geste pour le retenir.

Voilà pourquoi, ce matin, à six heures, Anaïs ne trouva que onze crayons dans la pochette bleue.

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