24 novembre 2012

Les feuilles mortes (EVP)

C’était une faible feuille, si chétive à son début.
D’un vert si pâle et la sève montait si ténue.
Autour d’elle, les autres, au contraire, allaient dru.
Empêchant le soleil, pauvrette, de lui donner son dû.

Son printemps fut fragile, elle faillit même mourir.
Les grandes vernissées, solides, se moquaient à plaisir :
Quand donc vas-tu pousser ? Un peu mieux te verdir ?
Vous m’ôtez le soleil, mais je verrais la neige m’éblouir.

La neige petite idiote ! Onc de notre espèce ne l’a connu !
Le tronc, lui, la connaît, il m’a dit qu’il l’a vu,
Qu’elle était froide et belle comme un amour perdu.
Quel idiot, ne sait-il pas que notre automne illumine son fût !

En octobre, elles chatoyaient de tous les ors de leur beauté,
Tâche grise, puis sépia, brunes, à la fin racornies, sont tombées.
Les rayons de miel caressaient enfin la petite attardée,
Et l’arbre, son ami, gentiment lui donnait sève et santé.

En novembre, elle ne tenait qu’à peine et se recroquevillait,
Contre la bise furieuse et le grésil mauvais.
Un matin, elle sentit une plume de pluie qui la couvrait,
Puis un édredon bien trop lourd au sol la précipitait…

Elle avait réussi, on peut dire youpi, et s’arrêter ici.
Mais elle est morte quand même !
Les histoires à deux sous, c’est bien joli :
Mais à la fin, on crève tout de même !

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17 novembre 2012

Comment réussir une rencontre mythique (EVP)

Il est préférable voire nécessaire d’avoir un partenaire qui vous convienne parfaitement.
Arthur je l’ai rencontré la semaine dernière au speed-dating de la porte de St Cloud. Ouais bof, allez ça ira.

Il serait judicieux de connaître ce qu’il/elle aime.
Ben, pas fastoche, il me disait j’adore tes yeux, en regardant mes seins, alors…

Prévoir assez longtemps à l’avance ce que vous allez lui offrir.
J’avais fait confiance l’année dernière à « Cadeaux marrants.Com » et sans vérifier, je lui avais offert un magnifique slip à trompe d’éléphant…C’était d’un goût ! Remarque j’ai aussi eu droit à un lot de 26 boîtes de «Vit’ mince » !

La veille il est tout à fait indispensable :
Pour elle : Coiffeur, manucure, esthéticienne, masseur, pédicure…

Et les économies de Bill Gates aussi !

Pour Lui : Une douche et un rasage soigné suffisent.
Ben voyons, faudrait préciser : Laver aussi derrière les oreilles et se couper les ongles, les poils du nez et des oreilles, ça peut éviter de loucher toute la soirée.

Choisissez avec soin votre tenue.
Madame : Dessous sophistiqués, bas, robe décolletée sont des valeurs sûres.

Je précise que même s’il vous a susurré qu’il adore les dessous un peu coquins, vous aurez très vite l’air d’une vitrine du quartier rouge à Amsterdam !

Monsieur : Costume sombre, chemise blanche, rien de mieux.Ah oui ! Mais là je précise : Non, non, non, pas la chemise d’avant-hier, ni le slip récupéré dans le fond du bac à linge, et les chaussettes, oui, oui, oui, ça se change aussi !

Soit Monsieur vient chercher Madame chez elle, en ce cas un bouquet est indispensable.
D’accord, mais pas l’immense gerbe de Glaïeuls colorés, qui sera parfaite pour Tata Jacqueline qui vient de faire changer sa rotule à la clinique Saint-Charles. SI, je vous assure j’ai déjà vu ça, j’ai eu aussi le bouquet de 6 anémones violette un peu décaties !

La fleuriste vous conseillera utilement.
Certainement, qu’elle va te dire que 48 roses rouges à 10€ pièces est un minimum…

Madame, vous accueillerez Monsieur avec le sourire, une coupe de champagne, lui permettra de patienter :
Mais n’oubliez pas de cacher le reste, j’en ai retrouvé un en train de ronfler sur mon canapé après avoir fini la bouteille. Pourtant j’avais été rapide, je ne l’avais fait attendre qu’une petite heure.

Si vous vous donnez rendez-vous au restaurant :
Monsieur, vous attendrez Madame à l’extérieur :

Si c’est en hiver, Mesdames soyez à l’heure, on a vu des cas de congélation. En été, des insolations !!

Madame, vous pourrez attendre Monsieur à l’intérieur :
Trop bonne Madame la notice !

Enfin vous entrez dans le restaurant :
Là s’il hurle : M… j’ai oublié de réserver ! Attendez-vous au Mc DO du coin.

Les menus préétablis vous évitent généralement les mauvais choix :
Aïoli, parmesan, époisses et autre munster sont assez évident à proscrire. Mais on oublie de se méfier de la choucroute, du cassoulet, des fricassées d’oignons ou de champignons qui peuvent occasionner des petites fausses notes dans la symphonie de sensualité.

De même, éviter d’abuser de la boisson :
Le menu de la dernière fois était accompagné d’un apéritif, une bouteille de blanc, une de rouge, une demi champagne, café et pousse café…Il m’a vu le nez dans la cuvette une bonne partie de la nuit…C’est drôle, je ne l’ai plus revu !

Lorsqu’enfin, vous vous coucherez sur l’aire des plaisirs…Laissez parler votre cœur :
Ah ça j’ai laissé parler mon cœur : Non, chéri, j’suis crevée, ça fait deux jours que je prépare cette mythique rencontre !!

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10 novembre 2012

Des trucs et des bricoles (EVP)

Moi que j’suis pas allé aux écoles
Bin j’ai des trucs, des bricoles.
Pour sortir le pays du caca,
Pas besoin d’avoir fait l’ENA.

Pour en finir avec la guerre,
Pour en finir avec la misère,
T’envoie les généraux sur l’pot,
Et les banquiers à l’échafaud.

Tu dépenses pas plus que tu gagnes,
Et si tu peux, un peu d’épargne.
Tu te manges un bon fricot,
Avec une chopine de Meursault.

En arme de destruction massive,
Des calembours pour toute ogive.
Quelques bons mots en rigolade,
Et d’l’amitié en régalade.

Tu peux toujours couver ton trésor,
Et serrer fort tes lingots d’or,
Tu connaîtras jamais la ficelle,
Qui te tire de la mort pas belle.

Moi que j’suis pas allé aux écoles,
Bin, j’ai des trucs, des bricoles
Pour avoir une belle vie ici-bas :
Pas vouloir c’qu’on a pas, juste aimer c’qu’on a !!

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03 novembre 2012

Silence !! (EVP)

« Silence  on tourne !! …Et…Moteur !! »

Bruno Cuistre, le fameux réalisateur, braque la caméra sur Marcellin et Marcelline, mes deux poissons rouges dans leur bocal tout ce qu’il y a d’ordinaire avec quelques graviers rouges et bleus et un petit palmier en plastique vert.
Je suis relégué derrière la vingtaine de personnes qui s’agitent silencieusement, des kilomètres de câble serpentent un peu partout, des projecteurs, il y a même des perches pour le son !! ??
C’est un souk pas possible depuis deux jours mais maman ne râle pas du tout, elle minaude au contraire : «  Voulez-vous un autre café Monsieur Cuistre ? Un whisky ? Une écharpe ?... »
Moi, je suis un peu inquiet quand même, l’autre andouille a exigé que je ne leur donne aucune nourriture…Ça pour tourner, ils tournent mes poissons, ils sont morts de faim oui !!

Le soir, au dîner, maman a mis les petits plats dans les grands, elle est toute émoustillée par la logorrhée insupportable du Bruno si bien nommé.
« Oui, oui, un seul plan de douze minutes sur les poissons…Dans un ensemble totalement silencieux…Un arbre qui pousse…Un cinéma vide…Le silence sublimé…Oui, oui, le minimalisme du décor, c’est cela, l’incommunicabilité, l’aliénation à notre environnement, la misère relationnelle du couple…Bien sûr c’est un art exigeant, il faut transcender l’image…Ce n’est pas accessible aux crétins…Je veux les faire… »
« Dormir ? »  Coupe mon père. Ma mère est cramoisie :
« Il plaisante, il plaisante, bien sûr, parlez-nous de votre prochain projet »

«  Oui, oui, la grégarisation des criquets…Voilà…Un grand projet vraiment, cela va révolutionner le cinéma de création, uniquement le bruit naturel…Oui, oui, j’ai besoin de silence pour m’écouter penser… deux heures trente pour… »
« Se suicider ? » coupe encore innocemment mon père.

Bruno Cuistre le regarde comme une mangouste regarderait un cobra…
Je ne peux pas m’empêcher de pouffer. Alors c’est moi qui prends :
« Paul, file dans ta chambre !! Tout de suite !! »

Je suis bien content, je vais pouvoir regarder le dernier James Bond !!

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27 octobre 2012

Une histoire de champignons (EVP)

  

Dans la forêt de Rambouillet

Peinait un tout petit mousseron,

Sur la mousse près d’un châtaignier,

A se hausser vers les rayons pâlichons,

D’un doux soleil, merveille.

 

A quelques feuilles de cet endroit,

Orgueilleusement se dressait

Un cèpe de bon aloi mais fier-à-bras,

Qui du petit mousseron, se gaussait,

Se moquait, ironisait.

 

La mousse te chatouille le chapeau,

Ridicule petit comestible,

Tu ne monteras pas plus haut,

Pour te voir il faudrait des lentilles,

Ou des lunettes, coquettes.

 

Regarde, moi je vis sur un grand pied,

Et mon chapeau : Une capeline !

Je suis un met fort recherché,

Mon goût est tout à fait sublime !

Magique, gastronomique.

 

Un froissement, deux grandes pattes

Qui s’approchent, un panier qui se pose,

Un couteau qui coupe le grand fat,

Dans le panier gît la belle chose.

Avec ses copains, dans le pétrin.

 

Petit mousseron ne veut plus se presser,

Pour devenir grand, il a bien le temps,

Un rayon d’or qui caresse le châtaignier,

C’est beau, et la mousse est si douce à présent,

Où il se tapit, tout petit.

 

Prenez garde à trop vous vanter,

Vous les grands, les puissants,

On vous coupera le pied,

Ou la tête, ça c’est vu, c’est courant

Craignez la révolution des moucherons !!

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20 octobre 2012

Ventriloquie (EVP)

Papoti, c’est ainsi, c’est ainsi
Papoti c’est ton nom : Oui

Il m’enfile par derrière
Comme un gant de Pécari
Il m’assoit en grenouillère
Sur sa cuisse de colibri

Il me fait dire des horreurs
Et des mots pas très polis
Y’a des fois, il me fait peur
Un schizo ce malappris

Papoti, c’est ainsi, c’est ainsi
Papoti c’est ton nom : Oui

Même s’il bouge pas les lèvres
C’est de moi que l’on se rit
J’finirai par m’mettre en grève
S’il continue ses folies.

Le soir il s’raconte des histoires
Il me met près de son lit
Il attend de moi, bonne poire
Que j’approuve ses théories

Papoti, c’est ainsi, c’est ainsi
Papoti c’est ton nom : Oui

Peut dans l’œil, se mettre le doigt
Et en faire des litanies
Je suis muet, je reste coi
Mais j’en sais beaucoup sur lui…

P’tit zizi, c’est ainsi, c’est ainsi
P’tit zizi c’est son nom : Oui

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13 octobre 2012

La comptine du boucher (EVP)


De chaque côté de ma tête
Des oreilles pour mieux t’entendre
A droite, à gauche,
Symétrique, bien pratique

De chaque côté de mon nez
Des yeux pour mieux te regarder
A droite à gauche
Symétrique, bien pratique

De chaque côté de mon pif
Des narines pour bien te sentir
A droite, à gauche
Symétrique, bien pratique

De chaque côté de mes épaules
Deux bras pour pouvoir t’attacher
A droite, à gauche
Symétrique, bien pratique

De chaque côté de mes hanches
Deux jambes pour courir très vite
De droite, de gauche
Symétrique, bien pratique

Pour bien marquer les pointillés
Nez, bouche, nombril sont uniques,
Et quelque chose un peu plus bas caché,
C’est pour pouvoir mieux découper


Sur la ligne de la moitié !!

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06 octobre 2012

« Dans le brouillard » (EVP)

Ouvrant la fenêtre au petit matin,
Je m’émerveille de ce brouillard
Qui, comme une écharpe de satin,
Couvre les formes d’une ouate bizarre.

Comme il est beau, ce voile opalescent
Tel le sfumato du grand peintre toscan.
Même la dernière rose un peu flétrie,
Prend sur sa tige un ton d’or terni.

Chez moi aussi, les contours sont adoucis,
Et je me vois dans la glace presque jolie.
Devant mon bol et mes tartines,
Je souris dru dans ma cuisine.

Quand mon chéri descend à ton tour :
N’aurais-tu point minci mon amour ?
Il me fait tomber de mon rêve escarpolette,
Tiens, nigaude, t’as encore oublié tes lunettes !!

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29 septembre 2012

Participation d'EVP

 

Où se trouve le bout du monde ?

 

Ma mère, ma mère, il est où le bout du monde ?

Il est partout, ici, plus loin, ou bien ailleurs,

Pour toi, il est au bout du jardin et des fleurs.

 

Mon père, mon père, il est où le bout du monde ?

Il est dans tes livres et puis dans tes cahiers,

Pour toi, il est une leçon de plus au bout de la journée.

 

Mon ami, mon ami, il est où le bout du monde ?

Il est dans notre jeunesse et dans nos appétits,

Pour toi, il est l’ivresse dans les mots que tu écris.

 

Mon amour, mon amour, il est où le bout du monde ?

Il est au creux de mes bras, le désir assouvi,

Pour toi, il était dans ta peur quand nous avons dit oui.

 

Papa, papa, il est où le bout du monde ?

Quand il me l’a demandé à son tour, lui aussi,

Je ne le savais toujours pas, alors je lui ai dit :

 

Mon tout petit, tu sais bien que la terre est ronde,

Si tu marches très loin et très longtemps

Tu reviendras vers moi, vas-y vite, je t’attends.

 

J’ai voyagé longtemps jusqu’aux confins du monde,

Il était toujours là mais juste au bord de l’ombre,

Il avait trouvé, sagement, le bout du monde.

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22 septembre 2012

La fille de Mme S. (EVP)

-          Mme S., Vraiment vous ne vous souvenez pas ? On dit pourtant que je lui ressemble trait pour trait.

-          Non…Je ne crois pas…Mais j’ai oublié tant de chose…Je suis très âgée vous savez.

-          Je sais : Vous avez 92 ans Madame Rougier.

La vieille femme semble interloquée :

-          Comment le savez-vous ?

-          C’est ma mère, elle m’a souvent parlé de vous et de cette maison.

-          Elle connaissait aussi la maison ??!

-          Oui, puisque c’était la sienne avant.

Elle respire un peu mieux :

-          Oh ça ! Ça ne peut pas être possible, nous avons toujours vécu là avec mon mari.

-          Non, pas toujours, Madame Rougier, vous avez emménagé ici en 1943.

-          Alors vous voyez, ça fait si longtemps, on s’est marié en 42 et mon mari est mort en 82, c’est comme si on avait toujours habité ici.

-          Pourtant elle était à mes grands-parents cette maison et ma mère est née ici.

Son visage se crispe à nouveau, son ton se fait coupant quand elle demande :

-          Mais qu’est-ce que vous voulez à la fin ?

-          Rien, je voulais voir le visage de celle qui les avait dénoncés et qui s’était approprié leur maison avant qu’il ne soit trop tard. Vous n’avez jamais eu de remords ? Elle vous aimait bien ma mère avant, lorsque vous habitiez la chambre de bonne en face. Elle n’avait que 16 ans à l’époque, heureusement que ce jour-là, elle était chez des cousins qui l’on fait partir aux Etats-Unis. Mais mes grands-parents ne sont jamais revenus eux.

J’ai parlé vite et d’une seule traite, elle recule déjà derrière la porte.

-          Vous devez faire erreur, de toute façon je ne connais pas de Samuelson.

-          Elle s’appelait Judith. Judith Stein à l’époque.

 

La femme, pâle et tremblante, a déjà claqué la lourde porte.

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