05 juillet 2014

L'entrepreneur (Epamine)

point ironie

Monsieur Abel PONCTU, à Sion (54), est entrepreneur.

Et comme il est entrepreneur, dès le point du jour, voyez-vous, il entreprend...!

C'est que depuis toujours, l'Abel met un point d'honneur à faire de la belle ouvrage.

Chaque jour, ce sont des p'tites mises au point par-ci, une p'tite vérification de l'appoint des machines par-là, la validation vite-fait, bien-fait des points de repère...

Chez l'Abel, tout doit être au point !

Exigeant et pointilleux sur l'essentiel, il mène les réunions du conseil d'administration sans jamais atteindre le point d'ébullition et ce, grâce à ses pointes d'humour et à son usage coutumier du point d'ironie. Cependant, quand il sent que le point de non retour est imminent, lorsque les points de l'ordre du jour sont bien loin des points diplomatiques, Abel sait mettre les points sur les i ou taper du point poing sur la table.

C'est qu'au sein de son entreprise, lorsqu'Abel entrevoit de belles perspectives, il cherche immédiatement le point de fuite au bout de l'horizon et il le trouve. Il contrecarre alors les éventuels points faibles et prend en compte tous les points de vue de ses associés pour présenter, point par point, son projet.

Homme d'affaires émérite, point de mire de nombre de ses concurrents, il crée régulièrement de nouveaux points de vente aux quatre points cardinaux et ces quelques points de chute supplémentaires arrivent à point nommé.

Il n'a pas vraiment l'impression d'avoir atteint le point culminant de sa carrière, et pourtant, dernièrement, il a accepté l'interview demandé par un magazine (non, pas "Le Point") pour présenter quelques points clés de son parcours.

Il s'est donc rendu au point de rendez-vous avec sa voiture, hélas, aux heures de pointe. A un rond-point, alors qu'il était au point mort, le véhicule qui le suivait l'a percuté. Sa Titine était bien mal en point et elle a eu besoin de quelques points de suture soudure. Par contre, aucun point de côté ni point de compression pour l'Abel.

Avec un peu de retard mais tout à fait au point, il honora son rendez-vous et put présenter sa collection de points: point S (sans stress), point P (vive les BTP), point A (pour alterner), point G (aucune coordonnée GPS), points x et y (pour enquiquiner les lycéens!), un point C tout, point E (pour emballer), point I (pour s'informer), point d'interrogation, point d'exclamation, deux points, points de suspension...

L'Abel PONCTU à Sion est au point!

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28 juin 2014

Participation d'Epamine

Nessie soliloque

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21 juin 2014

Le jeu du Téou (Epamine)

 

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Tout le monde connaît ce magnifique tableau de David mais tout le monde se trompe lamentablement sur le sujet représenté et ce, depuis des lustres (pour sûr, c'est encore une idée des Lumières !)

Et dire que tout est arrivé à cause d'un pauvre accent oublié sur une lettre ! Fâcheuse méprise aux conséquences douloureuses...

Le serment du jeu de paume... tu parles! On a fabulé, on a extrapolé, on a brodé la Grande Histoire sur une  banale histoire de jeu car ce que le talentueux peintre a représenté ici n'est rien d'autre que le jeu du Téou. Très en vogue sous l'Ancien Régime et surtout pratiqué durant la période révolutionnaire, ce jeu nécessitait un vaste espace. Aussi jouait-on souvent au Téou dans la salle du jeu de paume à Versailles d'où le nom dérivé de "jeu du paumé".

Voici les règles du jeu du Téou, qui se jouait toujours à huis clos :

  • Le meneur de jeu, appelé le bailli (ou Bailly) montait sur une table avec une liste à la main.
  • Sur cette liste, on avait écrit, au fur et à mesure de leur arrivée, le nom de tous les participants.
  • Un nom choisi au hasard avait été secrètement retiré de la liste avant le début de la partie.
  • Trois candidats, volontaires ou désignés, se plaçaient devant la table (ce sont les trois que l'on voit devant parmi lesquels A.B. Grégoire).
  • Le bailli énonçait, l'un après l'autre, tous les noms inscrits sur la liste en demandant à chaque fois: "T'es où ?"
  • Les participants levaient ou non la main lorsqu'ils entendaient un nom et ce, quelque soit le nom entendu, qu'il s'agisse ou non du leur.
  • Lorsque toute la liste était lue, ce qui prenait des heures, les trois candidats qui en général connaissaient tout le monde, devaient retouver le nom du paumé, le nom de celui qui n'avait pas été appelé et dont le nom avait été retiré de la liste.
  • Ils ne gagnaient rien s'ils retrouvaient le paumé mais ils avaient réussi à ne perdre ni la face, ni la tête. S'ils perdaient la tête et par là-même, la partie, ils devaient verser un louis symbolique.
  • Le paumé, s'il était reconnu, devait lui aussi laisser tomber la tête d'un Louis dans un petit panier.

Beaucoup de joueurs présents dans cette scène ont perdu la tête et en furent fort décapités !

 

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14 juin 2014

V'là l'Neugène! (Epamine)

HAAAAAA!...

Tu t'émerveilles ici ou là (ou même ailleurs!) de mots bien rimés, de vers bien rythmés, de phrases bien tournées, d'histoires bien contées, de personnages bien campés, de lieux bien dessinés, de mystères bien celés, d'images bien présentées, de sentiments bien exprimés, de chutes bien amenées... C'est hallucinant ce qu'on trouve comme chouettes trucs par ici...

Tiens, une première petite question: on se retrouve ici chaque fin de semaine mais...

saurais-tu dire lequel des pseudos d'habitués vient en premier par ordre alphabétique ?

Et on ne triche pas, siteplé!

 

...LU...

Pas de dégustation de petit beurre nantais ici, mais moult défis déjà lus et savourés, présentant pour certains d'excellentes propriétés hallucinogènes, si, si, disons-le ! Alors, si tu songes à tous les défis du samedi qu'il te reste à lire, tu as la certitude d'être encore heureux un certain nombre de fois et d'avoir un nombre certain de semaines de lecture devant toi...

Oui, je sais, cette longue maxime te fait penser à quelqu'un mais... à qui justement..?

Hein, je te le demande...

 

...SI...

Première et dernière lettres de SamedI.

Si j'ai le temps, si le défi m'inspire, si j'ai une idée géniale (ou presque), si j'ai envie de causer avec les copains-copines, si j'ai envie de me faire plaisir (et aussi à toi!), si j'ai envie d'inventer, si j'ai envie de clavarder et de bavarder, si j'ai envie de dire des trucs amusants ou tristes, enthousiasmants ou inquiétants, hallucinants ou évidents... j'enverrai peut-être ma petite bafouille à Walrus... Bien sûr que SI!

Au fait, SI, c'est Zaz qui l'a chanté dernièrement; avant il y a eu France Gall qui causait avec sa môman mais bien avant elles deux, c'est Rudyard Kipling qui a écrit un superbe poème ainSI intitulé... A qui adressait-il son SI long poème ?

 

...NATION

Eh, oui, mine de rien (ben c'est vrai, on n'a pas de crayon!), nous méritons bien de la nation. Semaine après semaine, nous offrons à notre délicieuse, malicieuse et hallucinante langue française de jolis écrins-écrits pour qu'elle se sente à l'aise et reste bien vivante, de belles histoires où nous jouons sans vergogne avec ses mots, de sympathiques commentaires où nous ne nous privons d'aucun idiotisme...

Allez, juste pour rire, trouve une première expression imagée avec une partie du corps, une seconde avec un nombre, une troisième avec un végétal, une quatrième avec une couleur... et pour la route, une cinquième avec un vêtement (obligatoire si tu ne veux pas rentrer à poils ou à plumes!).

Pas le droit de copier sur tes voisins du dessus...

 

 sans oublier

...NOGÈNE

Si y'a Nogène (mais non, pas un Neugène!), y'a du plaisir (ben oui, d'habitude on dit le contraire!) et c'est pour ça que toi et moi, nous revenons tous les samedis, sans doute, sans gêne, sans complexe, sans jalousie aucune, sans mauvais dessein, sans sombre ressentiment avec juste cette petite pointe de plaisir hallucinant que l'on ressent intensément quand on est satisfait d'un travail bien fait... Pas vrai ?

Juste avant de partir, serais-tu capable, là, tout de suite, sans rien demander à Mme Wikipède, d'identifier ces 5 célèbres Neugène ?

 

Je parie que tu sais qui c'est!de Xavier MaîtreLui par lui-même...
Mélange de bleu et rouge
par Jean Rousselot

 

HALLUCINATION ?

Non, non, sois tranquille, l'ami ! Tu n'es victime d'aucune hallucination!  Je ne suis pas MAP (Suis-je bien Ep', au fait?) et mes cinq petites questions ne sont nullement le défi #303. Les textes que tu peux lire ici sont réellement virtuels. Les commentaires qui s'échangent sur ce sujet hallucinatoire sont rédigés par de vraies personnes, confortablement installées de ce côté de l'ordi. Les cinq Neugène ici présents ne sont pas mes amis, pas même sur Facebook (a pas FB, l'Ep', d'abord!) d'autant qu'ils n'ont plus mal aux dents depuis longtemps... et aujourd'hui, j'avais envie d'écrire n'importe quoi! Comment ça, comme d'habitude ?

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07 juin 2014

L'Enchanteur Malin (Epamine)

Devant le magasin, elle s'arrête une fois encore. Dans la vitrine, il y a des hauts chapeaux, des boîtes de magie, des foulards multicolores, des accessoires pour faire des tours spectaculaires... Donc, c'est sûr, elle trouvera ici ce qu'elle cherche!

Avec courage, la frêle fillette pousse des deux mains la lourde porte vitrée sur laquelle il y a des inscriptions qu'elle parvient à peine à lire. Elle est toute petite et ne sait pas encore grand chose des écrits des grands.

En entrant, elle fait tinter le carillon qui pend juste au-dessus de la porte. Il n'y a personne dans le magasin. Elle plonge sa menotte dans sa poche pour vérifier de nouveau que ses économies sont bien là. De tout coeur, elle espère qu'elle aura assez d'argent.

Quelques instants plus tard arrive... un magicien ! Enfin, le marchand, déguisé en enchanteur, avec toute la panoplie nécessaire pour se donner des airs de Gandalf, de Merlin et de Panoramix réunis...

Impressionnée par le personnage, la fillette réussit cependant à demander:

"Bonjour Monsieur le Magicien! Je voudrais une baguette de fée, s'il vous plaît!

- Bonjour Mademoiselle! Excellente idée ! Je vais vous montrer ce que j'ai en magasin."

Quelques minutes plus tard, l'Enchanteur revient avec tout un bouquet de jolies baguettes de fée, petites merveilles du "kitch style" : du rose, du bleu pâle, du mauve, des petits coeurs scintillants, des rubans, des perles, des paillettes, des papillons phosphorescents, des strass, de la poudre dorée ou argentée, des dentelles, du velours, du satin, des étoiles qui clignotent...

"Laquelle préfères-tu? demande Gandalf en présentant sa collection à la fillette, comme on présenterait des friandises.

- Aucune. Je ne vous ai pas demandé une fausse baguette pour les petites filles qui jouent à la fée. Moi, je veux une "vraie" baguette de fée.

- Aaaah! Une baguette magique, tu veux dire. Une "vraie" baguette magique! Je n'avais pas compris... Tu as raison, ce n'est pas du tout pareil... Ne bouge pas, je reviens!"

A son retour, il porte une haute pile de jolis coffrets de bois sculpté, de cuir repoussé, de papier gaufré ou embossé, de verre poli...

"Je pense que tu trouveras ce que tu veux là-dedans! Tu vas pouvoir choisir!"

Et sur le comptoir, avec des gestes lents, il ouvre tous les coffrets, dégage précieusement chaque baguette de son écrin de velours, de soie, d'indienne ou de satin et les dépose délicatement une à une, en travers, sur les bords des boîtes.

Au fil de l'inventaire, les yeux de la fillette se remplissent d'étoiles, de paillettes, de papillons, de poudre dorée et argentée... mais aucune de celles qu'elle voit ne lui convient vraiment. Elle est désenchantée, désespérée et désappointée car il ne reste plus qu'une seule boîte à ouvrir.

"Et celle-là? demande l'Enchanteur Malin en ouvrant le dernier coffret.675710 - Copie

Et la magie de la baguette opère alors...

En un instant, la fillette est conquise.

"Oui, Monsieur, c'est celle-là que je veux!

- Tu veux l'essayer?

- Oh! Non, pas du tout! Je ne suis pas une fée, moi! Elle est pour ma maîtresse. Elle nous a dit un jour qu'elle était une fée (je crois qu'elle s'appelle la Fée Esperluette!) et qu'on lui avait volé sa baguette. Alors comme cadeau de fin d'année, je vais lui offrir celle-ci... Elle coûte combien? J'espère que j'aurai assez de sous car elle est très belle et elle doit coûter cher!

- Les fées et les magiciens doivent payer leur baguette mais quand c'est pour en faire cadeau, elles sont gratuites. Je vais te faire un joli paquet."

Le fillette remercie poliment l'Enchanteur, prend délicatement le sachet dans lequel est enfermé le cadeau puis sort du magasin de magie toute impatiente d'être au dernier jour de classe pour offrir à sa fée préférée la plus belle des baguettes magiques.

esperluetteCliquez sur l'illustration et vous verrez l'artiste au travail...

Cette histoire est inspirée d'un fait réel: une de mes très anciennes petites élèves était persuadée que j'étais une fée. Une des plantes de la classe était quasi morte un soir. Le lendemain, elle était splendide: je l'avais juste arrosée mais j'ai eu la  malice de dire que j'étais une fée et que je parlais aux plantes pour les soigner. La petite en a été convaincue longtemps d'autant plus que quelques anecdotes propres au monde de l'école sont survenues et ont renforcé son idée ...  malgré mes démentis!

 

 

 

 

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31 mai 2014

Poétique virée départementale (Epamine)

 10 - Extrait de "La nuit d'Aube" (Luc Bérimont)

Une rose a percé la pierre de la neige
Une rose a percé la pierre de l'hiver
Galopez dans le ciel, chevaux blancs des cortèges
Une rose a percé la pierre de la neige.

11 - Extrait de "La nuit d'Aude"

Et sa main caressait le visage endormi
Et sa main caressait le visage de l'enfant
Emportez loin d'ici le mal de mon petit
Et sa main caressait le visage endormi.

30 - Extrait de "La nuit en Gard"

Le vieux train se reflète dans l'eau claire du ruisseau
Le vieux train se reflète dans l'eau claire du Gardon
Contemplez dans ces pierres la maîtrise de l'eau
Le vieux train se reflète dans l'eau claire du ruisseau

34 - Extrait de "La nuit du Hérault"

Une flèche a percé le coeur du grand sonneur
Une flèche a percé le coeur du combattant
Entendez dans la nuit cette triste clameur
Une flèche a percé le coeur du grand sonneur.

27 - Extrait de "La nuit de l'Eure"

Les aiguilles sans arrêt entourent le temps qui court
Les aiguilles sans arrêt entourent le temps qui passe
Savourez les instants de bonheur et d'amour
Les aiguilles sans arrêt entourent le temps qui court.

 67 - Extrait de "La nuit du Bas-Rhin"

La vie et ses mystères vous a fait bourlinguer
La vie et ses mystères vous a fait voyager
Asseyez donc ici vos fesses fatiguées
La vie et ses mystères vous a fait bourlinguer.

33 - Extrait de "La nuit de la Gironde"

Le regard a frôlé les rondeurs de la belle
Le regard a frôlé les formes généreuses
Devinez sous la lune la couleur des dentelles
Le regard a frôlé les rondeurs de la belle.

  89 - Extrait de "La nuit de l'Yonne"

La féline a percé un tonneau de Chablis
La féline a percé un tonneau de Bourgogne
Goûtez ce doux breuvage et vous serez ravis
La féline a percé un tonneau de Chablis.

86 - Extrait de "La nuit de la Vienne"

Les violons font tourner les belles crinolines
Les violons font tourner les têtes et les regards
Valsez sous les étoiles, mocassins et bottines
Les violons font tourner les belles crinolines.

40 - Extrait de "La nuit sur les Landes"

Le petit peuple a dansé dans les ajoncs
Le petit peuple a dansé dans les bruyères
Fredonnez avec moi les mots de leurs chansons
Le petit peuple a dansé dans les ajoncs.

 

 

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24 mai 2014

Le cœur sur la main (Epamine)

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"Au fait! Je sais lire les lignes de la main... Tiens, donne-moi ta main, tu vas voir!... Wouaouh! Génial ton tatouage dans ta paume. C'est bizarre, je ne l'avais pas encore remarqué.

- Tu le vois?

- Evidemment! 

- Et celui-là? demande-t-il en lui tendant son autre paume.

- Magnifique, également! C'est Maori ?

- Aucune idée! Alors tu vois les dessins dans mes deux mains, vraiment ?

- Ben oui ! ...C'est vrai? Tu ne sais pas ce que tu t'es fait tatouer!

- Je n'ai rien fait tatouer...

- C'est donc toi qui dessines dans tes mains tous ces splendides tortillons, ces palmettes de cachemire, ces pointillés, ces courbes et ces arabesques? Au henné noir?

- Je ne dessine rien. Personne ne dessine rien. Pas plus au henné noir qu'à l'encre de Chine ou au feutre.

- Ben voyons! Tes paumes se remplissent toutes seules d'un fantastique méli-mélo de volutes, de spirales et de lignes et tu n'y es pour rien.

- Je sais, ça paraît bizarre mais c'est ça et je n'ai aucune explication. Et ce qui me bouleverse, c'est que tu les vois! Tu es la toute première à part moi à voir ces dessins.

- Tu te moques, là ?

- Non! "

Leurs regards se croisent et elle sait alors qu'il dit vrai. Simplement, elle demande:

"Tes parents?

 - Aucun souvenir! Disparus en mer au large de la Birmanie quand j'étais tout petit ! Mon grand-père s'est occupé de moi mais à sa mort, direction l'orphelinat.

- Ces dessins sont arrivés quand et comment ?

- C'est apparu à la mort de mon grand-père mais avant toi, personne ne m'en a jamais parlé car personne ne les a jamais vus!

- Tu as cherché à savoir ce que ça représente...

- Difficile, ça évolue en permanence!

- Quoi?  Les dessins changent tout le temps ?...

- Oui, rien ne disparaît jamais brusquement mais des lignes, des formes, des cercles, des vagues, des points apparaissent et ce qui existe déjà se tranforme, s'étend, s'allonge, rétrécit, se remplit, se vide...

- Ton grand-père avait des tatouages ?

- Un peu partout sur le corps, sur les épaules, sur les cuisses, sur le torse, dans le dos... Quand je lui en parlais, il disait systématiquement: "C'est ma vie et un jour, tu comprendras!"

Elle regarde de nouveau les deux larges paumes si joliment enluminées qu'elle tient dans ses deux petites mains, les observe avec attention et s'écrie: "Regarde, là! Dans ta main gauche!  Un joli petit coeur !"

Il regarde sa main puis lève les yeux vers elle et dit dans un large sourire:

"Ce matin, il n'y était pas! J'ai compris! C'est ma vie qui se dessine ici et ce petit coeur, c'est toi!"

 

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Dessin trouvé ici 

Histoire inspirée de ça

 

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17 mai 2014

C.Q.F.D. (Epamine)

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Pfff! 

Coquecigrues et billevesées que ces récits sur les dangers de la triangularité bermudesque... -dienne?... -dane ?...  -deuse?...

Le Triangle des Bermudes, c'est juste trois points de grammaire, trois petites notions de vocabulaire, trois lignes de géographie et trois tracés de géométrie. Rien de plus! Ah, si! Un peu de musique!

Posons-nous d'abord trois questions de grammaire:

  1. QUOI ?  pour trouver le complément d'objet direct du verbe éviter
  2. ? pour trouver le complément circonstanciel de lieu du groupe verbal  avoir la trouille
  3. COMMENT ? pour trouver le complément circonstanciel de manière du verbe identifier

Et là, passons au vocabulaire.

Il faut éviter QUOI ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt panique à bord, angoisse, pipi culotte et mains qui bloblotent . Ne jamais évoquer la source du stress!

Le COD du verbe éviter peut être:

  1. "les crottes de chien"
  2. "les gens qui puent"
  3. "les heures de pointe".... Vous avez compris l'astuce?

Avoir la trouille OÙ ?

Si on répond "Le triangle des Bermudes", c'est aussitôt pâleur de la face, moiteur des mimines et sueurs froides. Ne jamais parler de ce qui hante!

Le CCL du groupe verbal avoir la trouille peut être:

  1. "dans l'ascenseur"
  2. "au milieu de la foule"
  3. "chez le dentiste"... Si ces phobies sont rédhibitoires pour votre interlocuteur, vous avez toujours la possibilité d'évoquer le Triangle des Bermudas... Il fait toujours sourire, celui-là!

Identifier COMMENT ?

Si on répond "en traçant un triangle", vlan! par association d'idées, les Bermudes arrivent à grands flots. Et on a, en prime, le carré de l'hypothénuse et ce bon vieux Pythagore avec ses tables et son théorème qui viennent plomber l'ambiance sans oublier le petit pi et la quadrature du cercle. Ne jamais parler de ce qui fâche.

Le CCM du verbe identifier peut être:

  1. " en dessinant des arcs-en ciel"
  2. " en faisant un joli cercle avec un compas"
  3. "en traçant les  30° et 40° parallèles de longitude nord

Après la grammaire, le vocabulaire et la géométrie, on peut nuancer le propos géographique en situant négligemment la zone susdite dans les Steppes de l'Asie Centrale (avec écoute musicale de l'oeuvre de Borodine: la musique adoucit les moeurs et celle-là endort!) ou au large de la Laponie (le pays du Père Noël fait toujours rêver!).

 

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Quod erat demonstrandum...

CQFD: si vous avez bien écouté en classe les leçons de géométrie, de géographie et de musique et si vous maîtrisez les COD, COI, COS, CCL, CCM et CCT, le Triangle des Bermudes, ce n'est pas plus effrayant que le bac à sable de la cour de récré et beaucoup moins angoissant à expliquer que le triangle de Sierpiński!

 

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10 mai 2014

Nos Feuillantines (Epamine)

Nos Feuillantines

 

Cousins, sœurette et moi, nous étions tout enfants.
Grand-maman disait: "Jouez, mais je défends
Qu'on arrache les feuilles de mon beau chèvrefeuille!"


J'étais l'aînée et je veillais sur les petits
Sous le feuillage du verger, l'après-midi,
Quand les abeilles fouillaient les trèfles à quatre feuilles.


Le matin, Mamie étalait la pâte feuilletée

Pour les tartes du déjeuner et du goûter

Ou sortait une recette de son grand portefeuille.


Le repas fini, elle prenait sa feuille de chou,

Cherchait feuilleton et funérailles de chez nous

Et nous lisait tout haut comment la vie s'effeuille.


Dans la vieille salle de classe qui fut salle de jeux,
Nous feuilletions les livres couverts de papier bleu

Et dessinions le monde sur rames et mains de feuilles.


Sous l'appentis-cabane, du matin jusqu'au soir,

Comme feuilles d'automne, s'envolaient nos histoires

Et nous jouions des heures à ciseaux-pierre-feuille!

 

Vrais héros des feuillets d'un nouveau "Clan des Sept",

Nous imaginions de savantes recettes

De soupe de terre fine, de cailloux et de feuilles.


A Noël, quand les froids flocons tombaient sans bruit,

On tremblait comme des feuilles en attendant minuit,

En faisant la fête autour de l'arbre sans feuilles.


Pour Hugo, le bonheur fut aux Feuillantines.

Pour nous, ce fut sous les feuillus de la colline.

Dites-le bien à ceux qui sont durs de la feuille!

 

Ep'

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03 mai 2014

C'era una volta il West (Epamine)

1972.

Le beau moustachu barbu porte son pantalon pattes d'eph et ses mocassins à gros talons. La belle aux yeux verts a enfilé sa jolie petite robe courte et ses sandalettes à semelles épaisses et talons vertigineux.

Ce soir, tout beaux, ils vont au cinéma, tous les deux. Les filles sont grandettes et elles feront dînette - elles aiment bien ça les deux p'tiotes, quand les parents s'offrent une soirée: elles peuvent regarder la télé et le samedi, y'a Maritie et Gilbert Carpentier! Stromae n'est même pas né!

...

Comme si c'était hier, je revois mes parents le lendemain de cette sortie : ils étaient heureux!  Ce matin-là, dans leurs yeux, j'ai vu des étoiles de Noël, des paillettes d'anniversaire, des arcs-en-ciel de lumière et des perles de pluie sucrée... Et ce furent des Oh!, des Aaaah!, des notes sifflotées, des passages racontés, des émotions partagées...

Quelques jours plus tard, sur notre tourne-disque moderne (Si, si, il était moderne: il possédait la petite manette qui permettait de relever le bras sans risquer de rayer le disque!!!), tournait inlassablement cette musique qui donne le frisson (enfin, à moi, c'est ce qu'elle fait!) 

Soeurette et moi avons enregistré chacune des notes de cette mélodie (comme de tant d'autres, d'ailleurs!) car tous les moments passés en famille (à quatre, donc!) dans notre petit appartement, en voiture ou ailleurs, furent forcément vécus en musique. Nous avons grandi sous la baguette des plus grands et nous avons été bercées par les plus belles voix... En trente-trois ou en quarante-cinq tours, chefs d'orchestre et divas n'ont cessé de tourbillonner, de tournicoter et de sillonner dans le salon...

P1070657Mais nos hits du Top 50, c'est quand on lui demande, encore aujourd'hui, d'aller chercher son bel étui... Sans parler de liturgie, il y a comme un petit cérémonial dès qu'apparaît la jolie boîte. Il l'ouvre avec solennité, en sort le brillant Hohner 64 Chromonica "Professional" Wood Case qu'il réchauffe toujours du même geste caressant, l'enveloppe instantanément de ses deux mains expertes et commence à jouer...

 

Mon homme à l'harmonica, ce n'est pas Charles Bronson. Mon maestro à moi, c'est mon papa... Dans une prochaine vie, il le faut, mais dans très très longtemps j'espère, il deviendra le grand chef d'orchestre, le maestro qu'il a toujours voulu être...

 

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