Oublier (Célestine)
Il lui fallait oublier sa bouche, surtout sa bouche. Une bouche grenade qui lui explosait la langue en étincelles. Un salmigondis de papilles fruitées et agaçantes comme une limette cueillie sur l’arbre un matin d’été, torrent de framboise et de menthe et d’anis.
Il lui fallait oublier sa peau, ses courbures de velours, un velours mat et fluide, et étourdissant et enivrant de la douceur salée dorée d’un coquillage. Oublier la suave langueur de ses bras blancs, naturellement refermés sur lui en berceau, ses mains virevoltantes qui se jouent de sa nuque, petit animal fou accroché à son cou.
Il lui fallait oublier ses cuisses ombrées de lune effarées de plaisir, son petit cul potelé, la palpitation sauvage de ses seins de crème et de satin, sa fleur de lys immaculée aux feulements de tigresse engloutie. Sa voix passion de cascade fraîche, sa voix désir de colombe frémissante, sa voix tourment de fontaine et de soleil. Et puis ses yeux de jade intemporelle, tour à tour glace et feu, citron et miel.
Et tous les délicieux supplices de son cœur.
Elle avait ri, d’un sourire de perle vénéneux , l’éclair vert de sa prunelle laissant venir la tempête. Il lui faudrait oublier aussi son parfum flou de myrte et de cardamome, lui crevant les narines quand l’image même de sa folie disparaissait dans un éclat de rire cruel.
Elle lui avait balancé son bouquet à la tête en criant « c’est fini ».
Il regarda les pauvres pétales dispersés au vent gris de novembre, et y vit clairement les morceaux de son cœur égosillé de désespoir.
ORAISON FUNEBRE (Célestine)
ACTE I, scène 2
Des jeunes femmes se trouvent réunies au chevet d’un homme qui vient de mourir.
Chacune découvre avec stupéfaction qu’il était un Don Juan invétéré et qu’il les a toutes trompées.
DOLORES, (éplorée)
Caramba ! yé souis désespérée ! Ma…il était l’hombre de ma vida ! Comment a-t-il pou mé faire oune sose pareille ? Loui qué y’aimais tant ! Hijo de puta !
FRIDA, ( ironique)
Ach, fous plaissantez, che zuppose ! C’était moi, bien zür, la fraulein dé za fie ! Il m’avait temantée en mariache !
MATHILDE, (éclatant de rire)
Alleï ! Mais Albert était belge, une fois, savez-vous ! Je n’sais pas vous dire comment je l’aimais, ce grand nigaud, j’en ai encore les kiekebiche !
CERELISE MILLEBOIS
Taésez-vous danc, tabarnak à deux étages ! c’t’homme-lo, vous dzites ? c’tait l’miein ! Aussi vrai qu’man paère a tzué l’plus gros caribou d’l’ proveince !
J’suis en calvaère, ça vous pouvez m’croère !
NABOUNDA
Ouuuuh !!!La la la la la dis donc mais qu’est ce que c’est que ces manières ? Qu’est ce que vous faites là, présentement, à côté de mon bien-aimé ? Ouuuuh ! Mais ça ne va pas se passer comme ça, là, dis donc ! Vous allez me faire le plaisir d’aller planter votre manioc hors de ma vue, ou je vous embroche !
MARGARET, flegmatique
Je cwains que nous ayons été jouées paw cet affweux manipioulateur, miladies ! Je pwopose à vous
d’aller bwoiwe oune tasse de tea et de le planter là ! Il ne méwite pas que nous nous déchiwions !
Ce n’est qu’un howwible macho ! A mort le tywan !
TOUTES, ensemble
Mais il EST mort !
MARGARET
Ah oui, tiens, c’est vwai …pff, même pas mal !
Ce soir-là (Célestine)
Il monte les marches qui le séparent de la tribune. La rumeur, en bas, s’amplifie, le monde est comme enrubanné d’une douce folie. La joie enfle, libérant enfin l’égrégore si longtemps contenu, de toutes ces volontés individuelles qui l’ont porté, transporté, amené peu à peu à ce jour tant attendu. Le jour de sa victoire. Un immense soupir de soulagement s’exhale de sa poitrine.
Il sait pourtant que ce ne sera pas une sinécure, la réalisation de ce rêve. Il sait qu’il lui faudra compter avec la circonspection de toute une frange révoltée ou désabusée de ceux qui ont pourtant contribué à son triomphe. Il sait aussi que ses ennemis ne connaîtront aucune trêve. Il s’apprête à devenir seul, terriblement seul, bien que constamment entouré. Le paradoxe de la fonction.
Il apparaît aux yeux de la foule en liesse, et jette un coup d’œil furtif à la feuille de papier, qu’il tient dans ses mains. La stupeur lui porte comme un coup de poing au cœur. Quel est ce sortilège ? Un effet du surmenage des dernières semaines ? la feuille est vierge ! Plus aucune trace du discours qu’il a soigneusement préparé, dans la secrète espérance de ne pas être obligé de le jeter au feu le moment venu…
Et voilà que ses phrases toutes prêtes, soigneusement orchestrées par son conseiller en communication, elles aussi, s’effacent une à une de sa mémoire. Voilà que devant le peuple qui l’a choisi, il se retrouve nu comme un enfant au premier matin du monde. Un instant, le vertige le saisit.
Puis il surmonte le tremblement qui parcourt ses membres, et, laissant tomber, comme feuille au vent, ce papier où son texte prêt-à-lire a été tracé à l’encre sympathique par une facétie du destin, il entrouvre les bras dans un geste magnanime et protecteur. Contre toute attente, il se sent envahi d’un étrange calme. Le peuple l’écoute.
Privé de ses notes, il doit absolument dire quelque chose. Alors, une petite voix se fait entendre tout au fond de lui, avec des mots vrais, loin des compromissions, des manigances politiciennes. Il va la chercher, cette petite voix. Il se met à parler. Il parle de sa joie, de son émotion, de son espoir, il parle d’humanité, de progrès social, d’entraide, de solidarité de créativité, d’échange mutuel.
Il se sent énergie, dynamisme, optimisme. Il va les soulever, ces montagnes.
Il parle de culture, de différences, de chaleur, d’enthousiasme, de couleurs, de partage. Sa voix vibre. Comme jamais.
Il parle de Liberté, d’Egalité, de Fraternité. Pour la première fois, il mesure l’émouvante dimension de ces mots, gravés en lui à jamais par l’écrasante grandeur de sa fonction, et un désir de ne pas décevoir tous ces gens venus l’acclamer. Il se jure de n’être pas comme les autres avant lui, de ne pas céder à la facilité, aux menaces des puissants. Et après la fantastique ovation que déclenchent ses paroles, comme une tempête balayant les incertitudes, il entend les mots tant attendus, tant redoutés aussi.
« Bonne chance, Monsieur le Président ».
Avec des si... (Célestine)
Dans la forêt de Brocéliande,
En écrasant d’un pied léger
De belles bogues de châtaignes
Avec un craquement exquis
Je me suis dit :
« Si j’étais sourde,
Je n’entendrais pas ce silence
Qui fait crépiter la forêt.»
Sur la dune de l’Espiguette,
En étourdissant mes poumons
D’un air fulgurant et salé,
Je me suis dit :
« Si je n’avais
Plus d’odorat, je pleurerais,
Je pleurerais sur cette plage
L'odeur des algues oubliées. »
A la table de tante Agathe,
En laissant fondre dans ma bouche
Des noix de Saint Jacques grillées,
Emmêlant leur sublime arôme
À celui d’un vin de Gamay,
Je me suis dit :
« Si tout à coup,
J’étais affligée d’agueusie,
Je ne saurais plus le plaisir
De ces alliances de gourmet,
Et tout aurait pour moi le goût
D’un vieux bout de carton poché. »
En regardant deux écureuils
S’épousseter de leurs panaches
À l’ombre, flammes sur le vert,
Le vert brillant d’un haut sapin,
Je me suis dit :
« Si mes yeux morts
Ne reflétaient plus que le fond
D’un sombre puits d’obscurité,
Je ne verrais plus les couleurs,
La lumière de ton regard,
Toutes les fenêtres du monde
Et le sourire des bébés. »
En caressant le fin velours
Des oreilles de mon doux chat,
Et le froissement de guipure
De la robe choisie pour toi,
Je me suis dit :
« Si je n’avais,
Au bout des doigts, ce frôlement,
Cette vibration de mon être
Faite d’antennes érectiles
Me rendant avide et tremblante,
Ma peau serait comme un carcan,
Comme un carcan d’argile sèche
Et mes mains de marbre gelé
Ne sauraient même plus le vent. »
Alors j’ai déplié mon corps
Comme une corolle qui s’ouvre,
Et j’ai dit merci au soleil,
A la pluie, à la mer,au vent,
Et à l’univers tout entier
De me dispenser sans compter
Tant de somptueuses merveilles.
L'Amoureuse (Célestine)
Mesdames, messieurs, venez vivre
Une aventure extraordinaire,
Venez vous métamorphoser,
Vous transmuter en quelque objet !
Un objet mythique ou précieux
Ce sont des sensations uniques,
Une expérience inoubliable
Que choisirez-vous, messieurs dames
Dans ce vaste choix fabuleux ?
Laissez-vous aller, choisissez
La plume de Tennessee Williams ?
Les lunettes de John Lennon ?
Le livre rouge de Mao ?
La culotte de Madonna ?
Mais oui, messieurs
Mais oui, mesdames
La pomme de Guillaume Tell !
Ou la rose du Petit Prince…
La pipe de Sherlock Holmes,
La casquette du Père Bugeaud,
L’épée d’Arthur ou de Gauvain,
Et la barbe de Charlemagne !
Choisissez, messieurs et mesdames
En quel objet vous transformer !
Le bonimenteur peut crier
Moi je ne souhaite qu’une chose
Devenir ce crayon à papier
Que tu mordilles tendrement
En écrivant…
Quoi de neuf ? (Célestine)
Quoi de neuf ? Une dentelle de petites choses .
Chaque matin, sur le rebord de la fenêtre, le parfum du chèvrefeuille
qui monte dans l'air vif et chatouille les narines, enivrant comme une absinthe.
Chaque jour, se voir dans le miroir comme si c'était la première fois.
Les étoiles au levant pâles et fatiguées après une nuit de fièvre.
Une étincelle dans son regard, là, en buvant son café,
la mèche qui tombe sur son front, so sexy...
et ce battement bizarre de mon cœur que je ne connaissais pas.
Quoi de neuf ? Beaucoup de choses, vraiment, quoi qu'en disent les grincheux.
Des robes qui virevoltent, des jupes en vichy rose sur l'asphalte bruni par la pluie.
Cette odeur de printemps aux terrasses de bar, chargée de phéromones.
Les coques des bateaux fraîchement repeintes. Varech et goudron. La marée apportant chaque jour des effluves étranges, des saveurs inconnues, des idées de partir.
Quoi de neuf ? Ah mais...oui ! des électriciens qui rétablissent le courant entre les gens,
des opticiens qui changent leur regard, des peintres qui leur dessinent des sourires.
Tout regarder autrement, tout entendre, tout goûter, tout sentir, avec ce sentiment exaltant et pénétrant que les molécules d'air que l'on respire n'ont jamais encore
traversé nos poumons. Se sentir neuf après la lecture d'un poème, devant un bébé qui sourit.
Quoi de neuf ? Mais tout, mon ami, vraiment tout quand on sait regarder la vie avec une audace d'enfant.
C'est rare (Célestine)
Tu sais, Véronique, c'est RARE une telle boule d'énergie avec le cœur sur la main
Tu sais, Guy, c'est rare un homme qui écrive aux femmes de si beaux poèmes et qui leur rende si bien hommage
Tu sais, Marie-Claire, c'est rare une telle délicatesse de sentiments et un sourire si délicieux
Tu sais, Brigitte, c'est rare un regard aussi vrai sur les choses et un tel modèle pour moi
Tu sais, Michel, c'est rare un savoir aussi encyclopédique et un homme qui aime tant parler
Tu sais, Véro, c'est rare une telle passion pour le beau langage et un tel engagement passionné
Tu sais, Afid, c'est rare une conscience politique aussi lumineuse et une si grande force de conviction
Tu sais, Anne-Sophie, c'est rare une telle générosité et tellement de candeur dans les yeux
Tu sais, Radouane, c'est rare d'être si doué pour le théâtre, et de savoir faire rire et pleurer tour à tour
Tu sais, Béatrice, c'est rare de se sentir tellement en phase avec quelqu'un, même lorsqu'on ne se voit pas souvent
Tu sais, Andrée, c'est rare une telle joie de vivre et une telle philosophie malgré les épreuves
Tu sais, Mireille, c'est rare une si grande fidélité depuis nos dix-sept ans
Tu sais, Catherine, c'est rare de savoir écouter avec une telle empathie comme tu le fais
Tu sais , Yannik, c'est rare un cousin qui soit aussi un ami ...
Vous savez, mes amis, c'est vraiment rare des amis tels que vous ...
Voilà pourquoi vous m'êtes si CHERS!
Styles (Célestine)
Un homme s'assoit sur une chaise en s'épongeant le front. Derrière le paravent, il entend un couple qui fait l'amour. Il reconnaît la voix de sa propre femme. Il porte la main à sa poitrine et s'écroule. Son mouvement de chute en arrière déclenche le phonographe qui se met à jouer la Cinquième de Beethoven. La femme crie : « Ciel ! C'est le morceau préféré de mon mari ! » - « C'était ! » dit son amant en constatant que le pauvre homme est mort…
***
Policier
A quinze heures dix-sept, ce jeudi 12 décembre, la victime était assise exactement là, sur ce siège. Pas d'empreintes digitales. La prévenue se tenait derrière ce paravent. Au moment du crime, elle avait des relations sexuelles adultérines avec son amant. Celui-ci n'a pu que constater le décès. Après autopsie, le médecin légiste a conclu à une mort par absorption d'une dose létale de digitaline. Le phonographe sera retenu comme pièce à conviction.
***
SMS
-ptin c relou, chuis tro deg
-koi ?
-ma rem elle a 1 amant é elle é en tol
-mdr
-et mon padre il écoutera plus sa zik tro chelou, il é mor
-Lol
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Médical
Un individu de sexe masculin atteint de cardiopathie chronique doit s'asseoir, car la station debout lui donne des troubles de l'équilibre, provoqués par un dérèglement de l'oreille interne, ainsi qu'une sudation exagérée. Il perçoit derrière un paravent les signes d'un coïtus ininterruptus entre deux individus de sexe opposé procédant à la fusion de leurs ovules et de leurs spermatozoïdes, Cela entraîne chez le sujet une réaction épidermique et un malaise cardiaque, avec essoufflement et nausées qui, combinées à sa pathologie sous-jacente engagent malheureusement le pronostic vital. La mort instantanée prive le sujet d'une dernière écoute de sa symphonie favorite.
***
Puéril
Il fait quoi le monsieur ?
Et pourquoi il est tout rouge ?
Pourquoi il s'assoit ? Et c'est qui l' aut' monsieur ?
Et pourquoi il est tout nu ? Et la dame, c'est qui ? C'est sa maman ?
Il dort le monsieur, hein ?
Comment elle fait pour jouer toute seule la musique ?
Hein ? Hein ? Dis !
Et pourquoi il se met pas dans son lit pour dormir le monsieur, hein ?
***
Méridional
Oh, Fougasse ! Tu sais pas la nouvelle ? Escartefigue est mort !
-Mort ! Ô Bonne mère ! Tu galèges ! Mais comment ?
-Il paraîtrait que ce serait sa dame qui l'aurait envoyé de l'autre côté...
-Oh la salope ! Une brave garce, celle-là ! Ca lui suffisait pas de le tromper avec tout le village, qu'avec ce qu'il avait sur la tête, il passait plus la porte du bistrot, pardi !
-Et voueï galinette! Sans compter qu'il avait le cœur fragile, peuchère ! Qué cagade ! Il écoutera plus sa musique de sauvage...
-Qué musique ?
-Mais voui, tu sais bien le compositeur célèbre, té...Comment c'est son nom déjà ?
- Attends voir...C'est pas « Bite au vent » ?
-Tout juste ! O pauvre ! Rien que d'y penser, ça me fend le cœur !
Hommage à Raymond Queneau (Exercices de style, un de mes livres préférés !)
Petit matin (Célestine)
L'escalier en cerisier grince et craque à chaque pas. J'ai l'impression que je vais réveiller tout le village! Il est très tôt. Tout dort encore. L'air sent l'aube, ce mélange de terre mouillée de rosée, et de vent dévalant des sommets, embarquant avec lui le froid des névés.Je suis la première debout, ce matin.
De la fenêtre de la cuisine, le panorama s'offre, grandiose, à couper le souffle. Le Massif du Mercantour, de l'Argentera à la Cime du Diable, érige ses pics et ses hautaines splendeurs . Le spectacle du soleil investissant lentement chaque creux de roche est simplement indicible. Chaque matin, ici, l'on naît comme au premier matin du monde.
Ça sent le café chaud et le pain grillé, leur odeur me grise doucement. Je laisse les pensées m'effleurer et repartir. Je flotte dans une plénitude encore endormie. Le chat se toilette méthodiquement, il a sa place à l'angle du fourneau, toujours sur la même tomette ébréchée. Il aime cette tomette, qu'il a faite sienne. Une tomette marginale, reconnaissable entre toutes.
Dehors, les premiers perce-neige pointent un museau hasardeux sous les plaques de verglas encore accrochées au sol. Il faudra que je dise à ma mère de faire attention, elle ne sent pas du tout ses quatre-vingts balais et gambade toujours comme une imprudente à la recherche d'un bouquet. La dernière fois, elle s'est pété le poignet pour aller cueillir des violettes...Cette pensée me fait sourire tendrement.
Pas de radio. Surtout, pas de radio. Juste les battements de mon coeur à mon tympan.
Le café coule dans mes veines comme un nectar. Bon sang, qui dira le goût puissant du café, glissant dans le gosier à 7 heures du matin, dans la solitude de la montagne?
Bon sang, ce que j'aime la vie!
Il fait un temps soyeux d'yeux mi-clos aux premiers rayons, un temps de confiture léchée du bout du doigt, un temps paisible et frais de longues inspirations d'oxygène et de mots à voix basse. Il fait un temps de tourterelle...
Le figuier porte ses bourgeons, le jour porte ses promesses.
Mon père vient me rejoindre sans parler. Je le trouve beau. Je pose son bol sur la table et je fais tinter la cuillère dedans, geste qu'il m'a transmis comme un rite secret de reconnaissance. Un des gestes que je garderai de lui. Mon père...
Tout est parfaitement ordonné dans ce petit matin de fin d'hiver .
Tout est beau et lumineux et baudelairien.
Je suis chemin.
Je suis nuit et je suis soleil.
Je suis racine, et je suis ciel.
La fée (Célestine)
Le seul déguisement
Que j'aimerais porter
Qui m'aille comme un gant
C'est celui d'une fée
Une petite fée
Aux ailes transparentes
Une petite fée
Espiègle, évanescente
Effleurant chaque chose
De sa baguette d'or
De son parfum de rose
Du Couchant à l'Aurore
Et de l'Aube au Couchant
Toujours en mouvement
Jetant sur la laideur
Un voile d' ineffable
Tirant sur le malheur
Un trait irrévocable
Le seul déguisement
Que je voudrais porter
Dans ce monde dément
C'est celui d'une fée
Pour inonder d'amour
Et vos nuits, et vos jours.



