07 mars 2009

Quatrain (Caro)

Thème: La bouteille avait du culot
Genre : Quatrain

A plus B, la bouteille avait du culot,
Le vin se mêlait à ma thèse spinozienne.
Je laissais la philo pour une théorie dionysienne
B plus A. Que la serveuse avait le cul haut!


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Evasion de l'ïle de la tentation (Carito)

Thème : addictions amoureuses
Genre : Abécadaire

"Amour butine", chantait délicieusement Emmanuelle. Fringuant, Gigolo hésitait: "Idylliquement jalouse, Katia lascive? Mélodieuse nymphomane onirique? Pertinente question? " Rattrapant sa tentatrice ultime, voyage Wagner, xénophile,  Yeoman  zutiste.

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Mauvaise graine (Caro Carito)

Genre: haïku

Thème: Cicéron c'est pas carré


Cicéron pensif

Six sont ronces en carré

Racines ôtées.


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Nouvelle (Caro_carito)

Thème : Il y a de l'eau de la cave
Genre : Nouvelle

"Il y a de l'eau dans la cave!" gémissait une Marie-Madeleine échevelée.
Son mari posa sa main sur l'épaule tremblante.
Il se dirigea vers l'escalier non s'en s'être saisi auparavant d'une cruche.
Il ôta ses sandales et marcha sur la surface brillante.
Il se pencha et lui dit " Avant de m'y mettre, pour ce midi, un Gigondas 2005, ça te va comme miracle?"


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Proverbe (Caro)

Thème : Femme avec poil sur le ventre
Genre : Proverbe

 

Femme avec poil sur le ventre, tous feux éteints

Récolterez cheveu sur la langue, au petit matin


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Commère Quelle, Maître Quil et Auxquels (s’ajoute) Salamandra maculosa - Caro_carito

Thème: Quelle est la femelle du crapaud
Type: sonnet régulier

Quelle est la femelle du crapaud, de Maître crapaud,

Laquelle s’enticha d’une salamandre plus âgée.

Cette coquine dans les hautes herbes la rejoignait

Tandis que son époux marronnait comme un sot.

 

Cette Quelle ! Toute bestiole lui tire son chapeau.

A la barbe de sa boueuse moitié,

En Phrynosoma cornutum le transformait

Et pourtant l’ingénu baveux se réjouissait de son lot…

 

C’est que commère Quelle avait ramené avec elle,

De ses amours clandestines, une ribambelle

A la robe tachetée de jais et d’or mythique.

 

Le paternel, fier comme Artaban, oubliant

Son ventre mollasson, ses cornes et les regards obliques

Clamait que jamais jardin ne vit plus belle lignée d’enfants


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Chez le coiffeur Guillotin - Caro_carito

Thème: Tout ce qui dépasse sera raccourci

Genre: alexandrins (2)



Tout ce qui dépasse sera raccourci pense Louis

Rentre tes épaules. Ta tête. Ta perruque! Trop tard...

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21 février 2009

LES COULISSES DU PALAIS (Caro Carito)

 

Les coulisses du Palais - version audio

 

Partie 1: avertissement aux lecteurs - La salle

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Partie 2: la plaidoirie

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Partie 3: les couloirs du Palais

couloirs

 

 

Texte version écrite

http://lesheuresdecoton.canalblog.com/archives/2009/02/21/12647455.html#comments

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24 janvier 2009

Défi 44 (Caro_Carito)

 

 

A Lisab@block.com.fr / RV Garnier. 18h45. 21/03.

A Fredv@intern.com.fr / OK.

 

18h45. Marches de l’Opéra, attendre. Une multitude de silhouettes stationnent, souriantes, ennuyées ou absentes. Je les questionne, ses voisines anonymes, histoire de temporiser... Il doit venir, longiligne et cheveux aux quatre vents tandis qu’une masse humaine, confuse, progresse sur le large passage clouté.

18h58. J’ai achevé le journal du jour. Rien. Il n’est toujours pas là. Je connais ses retards sans excuses, au gré du temps. Je ne m’inquiète pas. Pas encore. Enfin, j’essaye. Je regarde autour de moi. La place de l’Opéra est un endroit étrange, peuplée de voitures et de bus à perte de vue. Sur les marches devant le Garnier, les touristes étrangers s’agglutinent, vont et viennent, désorientés. Il doit y avoir une représentation ce soir. Seule témoin de leur désœuvrement, je suis au spectacle. Et il s’en faut de peu pour que ces visages hagards ne m’alarment : si j’étais si anonyme qu’il ne me retrouvait pas ?

19h. J’use le cadran de ma montre à force de vérifier la place des aiguilles. Toutes les minutes. Je lutte contre la confortable sensation de désespoir et d’abandon, la tentation de ne pas le voir ce soir, de simplement passer une soirée tranquille entre mon chat Violet et un plateau repas à picorer.

19h03. L’étape de l’angoisse est passée. Je pèse le pour et le contre. Je retrouve pour un temps les statistiques de mon enfance, les comptines qui prédisaient l’avenir, am stram gram. Comptons les nuages. Impair. Il ne viendra pas. Mon rythme cardiaque s’apaise. Je repère la cabine téléphonique où j’irai tout à l’heure consulter mon répondeur. Je n’ai pas de portable, inutile, je l’égarerai par mégarde parfois, par déni d’attache souvent.

19h05. Les minutes s’étirent paresseusement. Béatement, je regarde le ciel rose, sirupeux. Je suis assise sur les marches crasseuses, en compagnie d’un couple de Japonais bardés d’appareils photo et d’une jeune fille mélancolique plongée dans un livre. Je me demande si elle respire entre deux pages tant elle semble absorbée. Je respire lentement, avant de prononcer pour ma conscience filante une résolution : dix minutes. Pour la forme. Dix minutes d’attente pour pouvoir dire : « Je t’ai attendu une demi-heure et tu n’étais pas là ». Une demi-heure de guet pour rien. J’hésite sur la conduite à suivre: préparer une scène froide comme une tête de veau, raisonnée, avec une once de cynisme, ou accepter le pardon d’un air détaché ou blessée, pourquoi pas avec une moue mutine voire sensuelle. Me montrer magnanime ou exhaler une bouffée de colère. Mon cœur oscille à chaque éventualité. Envie de décider : « Allons-nous continuer ? » De laisser libre cours à toutes me s peurs, mes frustrations, mes silences. Ce jeune homme frêle ne résisterait sans doute pas à cette charge explosive. Et moi non plus.

19h08. La lecture du journal du jour m’a profondément ennuyée, après avoir lu chaque article au moins trois fois, j’en retire une profonde sensation de vide, identique à celle qui vous étreint au petit matin. Et puis j’ai horreur de l’attente, ça m’énerve, je me sens ridicule. Et légèrement paranoïaque : est-ce que tous ne remarque pas cette jeune femme esseulée ? On lui a posé un lapin sans doute. Pauvre looseuse. Et celui-là qui n’arrive pas. Les pas hasardeux des touristes et des badauds m’exaspèrent. Quelle idée de se donner un rendez-vous dans un endroit pareil. Et puis pourquoi est-il si en retard? Il ne l’est jamais autant. Jamais plus de vingt minutes. Brusquement, une pointe d’inquiétude transperce mon cœur. Et s’il lui était arrivé quelque chose ?

19h10. Et s’il nous arrivait quelque chose ?

19h13. Je l’aime bien ce type. En farfouillant dans un passé pas si immédiat, dans les premiers sans conteste au hit-parade. Sois honnête, c’est le nec plus ultra. Il ne m’ennuie pas, il ne râle pas, il est gai. Et il n’a pas ces sales manies communes à la gent masculine. J’énumère : laisser traîner ses chaussettes ou, selon les variantes, les slips, les mégots, les amendes... Si au moins ils s’agissaient de billets tout neufs ou de petits mots sympas. Revenons à lui.  Ce qui ne gâte rien, côté physique, il est pas mal. Conversation et sexe, mettons huit sur dix, on peut toujours progresser. N’empêche, ce beau mâle est en train de me poser un lapin et, si ça continue, je vais louper mon Bergman.

19h19. J’ai faim.

19h21. J’ai très faim.

19h22. Tant pis pour ma culotte chevaline naissante. J’entame une délicieuse barre chocolatée saturée en sucre, graisses et autres monstruosités. Je sais, plus dure sera la chute mais…

19h25. Ça m’énerve. Pour ce mec, je viens d’enfreindre lune de mes règles de base : attendre plus d’une demi-heure. Très mauvais. Je louvoie, je vieillis. Je me ramollis. Pouah…

19h30. Je papillonne, je regarde à droite à gauche. Ouf, le groupe de Japonais est parti finalement. Les gens entrent et sortent. Tenue de soirée de rigueur. La Traviata à l’affiche d’après le guide spectacle que je viens d’ouvrir ; hautement saluée par le Tout-Paris. Magnifique spectacle auquel on pourra se vanter d’avoir pu assister dans des dîners rasoirs.

19h31. Foule bigarrée et bruyante mais j’ai l’œil, je remarque un jeune homme, non plutôt un  bel homme. Il me sourit, je lui rends son sourire. Un instant se dire, peut-être une autre histoire. Qui sait ?

19h34. Je lui jette à nouveau un coup d’œil. Il me regarde avec insistance. J’entends mon greffier, mon noiraud, mon ange gardien comme s’il était à mes côtés. Allez ça ne fait pas mal de changer de crèche pour un temps ; t’as pas fait vœu de célibat ma cocotte. Et puis ton mec, c’est pas à cause de moi qu’il ne saute pas le pas ? Et un gars qui n’aime pas ton chat, tu peux le noyer dans le népéta*, il ne vaut pas plus cher…

19h38. Une jolie rousse, auburn, très « in », l’a rejoint. Le type brun s’en va avec elle et, en s’éloignant, me fait un petit signe. Je le regarde s’éloigne, dommage il est aussi bien de face que de dos.

19h42. Tu devrais avoir honte ma fille, ton Fred tu l’aimes bien. J’ai l’impression d’être une coureuse, une vulgaire fille des rues. Huit mois qu’on sort ensemble, cela compte. Et je ne peux pas toujours... fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Mon ange-gardien aux longues moustaches me susurrerait, tu n’es pas un peu cruche, toi dans le genre, avec tout ses mecs qui t’ont fait miroiter la lune… Normalement tu devrais connaître le dicton, chat échaudé

19h45. Je sens des larmes poindre au coin de mes paupières. Une heure et il n’est toujours pas là. Mon cœur saigne. Comme le ciel.

19h48. Heureusement, mon mascara est waterproof. Je me lève, mon chat m’attend. Je dois bien avoir une tablette de chocolat qui traîne dans mon sac, sinon je me ruerai sur l’épicerie du coin. Il est toujours ouvert et 5 euros de bonbons en vrac ne peuvent pas faire de mal à une personne au bord de la rupture.

Je sens une main sur mes yeux et son visage dans le creux de mon cou. Je sens l’odeur du bouquet de roses qu’il glisse dans ma main. Je me retourne et aucun mot ne me vient à l’esprit. Il est là et j’ai déjà oublié où je me trouvais. J’entends sa voix qui murmure dans mon oreille : « Je te regarde depuis une heure de la terrasse du café là-bas, tu es belle ». Et puis plus doucement encore : « Ça te dirait de vivre à deux, juste pour voir »

Je glisse mon nez au creux de sa nuque… et ferme les yeux.  J’entends alors une petit voix me souffler « à trois plutôt, non ? Il n’oublierait pas ton greffier ? »

* népéta ou herbe à chats

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27 décembre 2008

L'heure walrus (Caro_Carito)

horloge


L’horloge sommeille dans la pénombre glacée. Cliquetis de métal dans la solitude des vieilles pierres. Les Parques glissent entre leurs doigts flutés les fils de nos vies, défaisant l’écheveau emmêlé de nos destins. Une ombre passe dans le square abandonné. Un courant glacé effleure le manteau de la cheminée. Telle une sentinelle muette aux abords d’une salle à manger vêtue de rires et de lumière.

Minuit au loin. Les Parques suspendent leurs gestes. Un rayon de lune se pose sur le mécanisme à peine vieilli par les siècles. La grande aiguille de métal recouvre la petite. Douze coups et une brèche béante. Quelques minutes glissées là par les facéties d’un calendrier. Chaque année voit se nicher quelques minutes dérobées jusqu’à ce 31 décembre ; là le décalage se fait fracture. Le grand Horloger suspend le ballet des secondes et lance les dés. Les ombres se font plus pressantes. Le silence enveloppe chaque geste. Le Maître va-t-il, au gré d’une face blanche de jeu de hasard, envoyer le monde ad patres ? Faille béante, invisible à nos yeux, dans laquelle notre monde peut, en un battement de cil, basculer.

debronze


La course du dé se fait plus hésitante, oscille encore quand une main s’en saisit. Les parques retournent à leurs métiers, les ombres se font à nouveau discrètes et quelques dieux toussent. Dans l’ombre, le grand Horloger sourit, il est inutile de forcer le destin. Ebrécher le temps, vanité des vanités...

Le rayon de lune s’estompe, la roue dentée reprend sa course. Il est minuit passé.

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