11 septembre 2010

Patrimoine (Captaine Lili)

- un nom italien qui n’en a pas l’air
- des yeux bleus grands-parents
- une bergère ottomane retapissée
- le manque de confiance
- l’amour des collections
- des livres d’enfants du temps ancien
- le plaisir d’imaginer
- une cavernomatose
- des coins d’ailleurs visités
- des nœuds familiaux
- la joie de rire
- le goût des gâteaux faits maison
Entre autres…

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28 août 2010

Déclaration sur l’honneur -défi #10- (Captaine Lili)

A mon amour, le samedi 28 août à Lyon

Si je t’offrais Venise, ce seraient les reflets des palais sur les canaux, l’ombre jouant avec la lumière, et ce mystère des cours cachées.

Si je t’offrais Vérone, ce serait ce glacier au coin d’une rue sans touristes.

Si je t’offrais  Milan, ce serait cette dentelle de pierre sur le toit de la cathédrale, et ce chemin des chapelles à proximité.

Si je t’offrais Paris, ce seraient les bouquinistes du quai de Seine.

Si je t’offrais un château dela Loire, ce serait Amboise, avec le Clos-Lucé. Si je t’offrais l’océan, ce seraient Fécamp, Etretat, Honfleur…

Si je t’offrais Toulouse, ce serait un jardin japonais dans un coin de la ville.

Si je t’offrais Bandol, ce serait un appartement face à la mer, en janvier.

Si je t’offrais Lyon, ce serait un banc au parc de la Tête d’or, et puis, et puis… Si je t’offrais un bout de montagne à vaches, ce serait un chalet de rien dans un village sans boulangerie, entre Ain et Jura.

Si je t’offrais l’aventure, ce seraient Montréal et Québec, Budapest, New-York, Amman, l’Iowa, etc.

Si je t’offrais mes lieux… je te donnerais mon cœur !

Captaine Lili.

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17 juillet 2010

« C’est ta chance », chante Goldman. (Captaine Lili)

Défi 16 – consigne soufflée par Teb.

La vie quotidienne s'enlise dans de petites habitudes.

Un œil neuf (lequel ?) ne nous permettrait-il pas d'y voir comme autant d'événements exceptionnels.

Serez-vous capables (c'est un défi, rappelons-le) de truffer votre texte de la répétition (choisissez la périodicité) d'une même phrase ?

Me réveiller.

La douleur est là.

Allumer l’ordi comme on ouvre une fenêtre.

Enfiler un vêtement. Descendre l’escalier.

Traverser la rue. Lever les yeux vers la colline et le ciel.

La douleur est là.

Le pain frais aussi.

Le tartiner de miel. Boire un thé.

La douleur est là.

Un tour dans la salle de bain. Après, c’est l’aventure.

La douleur est là. Cette phrase-là rythme mon quotidien.

C’est la douleur qui met les points sur les i que je dessine.

Je vais d’escales en ports : kiné deux fois dans la semaine, danse orientale une fois, l’amoureux au téléphone certains soirs.

Mais la douleur est là, peu importe ce que je brode, ce que je crée, ce que je chante.

C’est toujours la surprise. L’aventure au bout des neurones, au gré du cerveau qui dicte les signaux.

La douleur est là.

Alors j’invente. Je cherche. J’explore les possibles des impossibles.

Et je me frotte à l’impossible des possibles.

C’est selon. Selon les jours, selon les heures.

La douleur est là. Et m’offre un quotidien pas banal.

« C’est ta chance », chante Goldman.

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26 juin 2010

Voyage en Lyon sauvage (captaine Lili‏)

Au fond du grenier, dans une boite en carton fatigué, une petite fille trouva :

- Un prospectus.

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- Des photos, annotées au dos.

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ONI (volant ?) vu dans un square, en haut sur la colline.

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Centaure rose impérial. De la même famille que certains éléphants.

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Canards boueux filants.

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Girafe à deux têtes.

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Gargouille des maisons. Rare !

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Grand ours brun philosophico-mélancolique.

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Manchot géant argenté. De la région des Immeubles Rouges.

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Bobléponge aérien.

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Croc’odile de Queneau. Spécificité : rit en dormant.

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Oiseau blanc, surnommé vilain petit canard lorsqu’il est bébé.

La petite fille découvrait un monde inconnu. Elle se souvint que Grand-mère avait rencontré Grand-père à Lyon. Etait-ce lors de ce voyage ?

Note de l’auteur : les photos ont toutes été prises à Lyon, par moi.

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19 juin 2010

Je cabanimagirêve‏ (Captaine Lili)

On dirait que ça sentirait le bois. Et qu’il y aurait des coussins comme des nuages, colorés.

On ne pourrait que chuchoter ou rire aux éclats.

On mangerait du chocolat, des fruits exotiques…

On ? Ce ne serait pas une cabane bien grande, parfois on y serait plusieurs, mais pas nombreux non plus. Parfois j’y serais seule. Parfois, en duo amoureux. Ce serait toujours un privilège.

On entendrait le bruit des pages d’un livre, ou celui des mots qui s’écrivent. Peut-être un chant, une conversation feutrée, intime. On se laisserait surprendre.

Il y aurait du thé. Plein de choix de thés. Ou de cafés. Ou de chocolats.

Ce serait comme un nid, un cocon, avant l’envol, après le voyage. Une île, une escale.

Un coin de paradis. Pourquoi attendre d’être mort ?

Serait-ce en hauteur ?

Il y aurait un coin de ciel, quelque part, c’est sûr. Et du feuillage, des fleurs.

Ce serait doux, chaud, frais, vivant.

Ma cabane, elle s’inventerait au fil des saisons…

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05 juin 2010

Psychanalyse sauvage de la collectionnite aigüe (Captaine Lili)

« J’aurais pu vous parler des miniatures de ma mère, ce plus petit possible qui se montre en vitrine le long des murs. Ou de ses cartes anciennes qui montre l’ancien village, glissées dans un classeur. Je pourrais vous décrire les voitures de collection – Porsche, Ferrari, etc. – qui remplissent la bibliothèque de mon petit frère pendant qu’il rêve d’une grande, une vraie. Tiens, les BD aussi, c’est une collection, non ? Elle regroupe le père et les enfants, selon les choix de chacun.

- Le père… hum…

 Et puisqu’on en est au père, je pourrais vous confier qu’il voudrait un château, et une pièce pour chaque collection. Il faut dire qu’il y a ses maquettes d’avions militaires, ses timbres (mine de rien, ces petits bouts de papier, ça envahit l’espace !), et tout ce qu’il ne collectionne pas, faute d’argent et de rangement. Mais si je m’épanchais ainsi, vous en sauriez beaucoup sur ma famille…

- N’est-ce pas ?

Je pourrais aussi bien vous dire que je ne collectionne ni les amants, ni les amoureux, et même pas les chaussures… Oserais-je vous avouer que j’aimerais avoir dans mes bagages tous les Puck* et tous les bisounours ? Je pourrais rajouter que je suis fan des boites, et que j’ai abandonné dans la chambre de mon enfance un bel ensemble de petites poupées régionales. Mais tout ça ne vous dirait rien sur mes fleurs, mes fruits, mes arbres et mes champignons !

- ah, là, vous m’intriguez…

Cela a commencé quand j’étais petite. Mon père nous ramenait une série de timbres lorsqu’il allait au marché. J’ai choisi le végétal, c’est devenu ma thématique.

- Mathématiques ? Le marché ?

Ce sont quelques bonhommes dans le coin d’une grande place, sous des marronniers. La plupart ne posent même pas de tréteaux, ils vendent directement du coffre de la voiture. Ca parle fric, transactions, bénéfices, cotations, achat, vente et revente. Des mots gris qui n’ont rien à voir avec moi !

- Alors, vous ?

Moi je dénote. Une fille, une jeune ! Avec une thématique qui ne vaut pas grand-chose en dehors du plaisir… Mais je vais chez le marchand souriant qui propose aux détails des timbres à 0.10 cent. Ils sont en vrac dans des boites ou des albums : il faut fouiller, vérifier - ma mémoire ne suffit plus, j’ai deux catalogues pour m’aider.

- Et ensuite ?

Ensuite, il faut parfois passer les timbres au lavage-décollage mais ça, c’est le boulot de mon père. Moi, je les trie, je les classe, et chaque fois que je complète une série, je souris ! C’est une chasse aux trésors, sauf que mes trésors sont des bouts de papier fleuris, ou fruités, ou…

- Des bouts de papier…

Oui, j’aime le papier ! Il y a aussi les livres, et les cartes que je reçois. En somme, je garde tout.

- 

Monsieur ?

- Zzzzz…

Comment ? C’est tout ce que vous inspire ma collectionnite aigüe ? Freud en aurait dit plus… Surtout que je ne vous ai pas encore expliqué pour les vaches…

*Puck est un gamine futée dans un pensionnat danois, imaginée par l’auteure Lisbeth Werner, dans la collection Rouge et Or.

 

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29 mai 2010

Flamme de femme (Captaine Lili)

L’allumette a craqué. La bougie, trônant sur un tout petit pot de miel retourné, au fond plein de peinture sèche, s’est éclairée.

A l’orée de mon sommeil, flamme, tu ondoies comme un étendard.

Emmène-moi jusqu’à lui qui m’enchaleure !

Je l’aime, tu comprends ?

Est-ce mon ombre qui a tremblé ? Je t’ai entendue répondre « lui aussi ».

Tu dessinais une fleur sur le tapis.

J’ai regardé ta danse, elle calligraphiait mon amour. Silencieusement.

Tu ne t’es pas éternisée. Les bougies d’anniversaire, ça ne dure pas. Devenue langue bleue, tu es restée un peu ainsi, caressante, puis soudain il n’y avait plus qu’un tison rouge minuscule, qui s’est éteint aussi.

A l’orée de mon sommeil, flamme, j’écris ces quelques mots. Je rêve qu’il les entend. Et que dans sa nuit, mon marchand de sable chevauche avec cet étendard. Flamme de femme.

Une allumette a suffi. La bougie a poursuivi sa flamme au fond de mon cœur de miel, de verre et de poussières teintées.

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22 mai 2010

Dans le terreau des mots, ma terre (Captaine Lili)

Lorsque je creuse dans le terreau des mots, je cherche des morceaux.

Des morceaux de potier, de ciel, ou de bateaux.

Des graines d’arbrisseaux.

Lorsque je plonge mes mains dans l’argile des mots, je cherche le mystère.

Les arcanes du vent, de soi, ou des pluies.

Les secrets des échos.

Lorsque je perce la roche des mots, je cherche l’au-delà du silence.

L’au-delà du figé, des faux airs, ou des bouches cousues.

Le pot-aux-roses.

Lorsque je sonde les eaux des mots, je cherche des îles.

Des langues de taire, de glaise, ou de feu.

Des atolls de sensations.

Lorsque je froisse le son des mots, je cherche des fées.

Des ailes de phénix, de cœur, ou de papier.

Des légèretés corsaires.

Je fouille l’écriture, ligne après ligne,

Je bâtis le puzzle,

Je cherche ma terre, qui est un peu la vôtre, peut-être.

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24 avril 2010

L’envie est folle comme les herbes (Captaine Lili)

« On peut raconter l’amour sur un horaire des chemins de fer », Paola Calvetti in L’amour est à la lettre A.

Aller vers lui !

L’envie est folle comme les herbes.

Au fil des rails, les champs s’égrènent, les paysages se recouvrent.

Un seul terminus ? Ses bras, son cou, sa tendresse… La destination se décline.

Le nom du bourg a-t-il une importance ? Il s’appelle Gilles. Son homme.

Aller vers lui !

L’envie est folle comme les herbes.

Au fil des rails, l’impatience se déroule, l’amour s’éffrenne.

Le chemin est-il de fer, vraiment ? Le train écrase-t-il des coquelicots ?

Les paroles et l’image d’un livre d’enfant lui reviennent.

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« … et toutes les fleurs de toute la terre soudain se sont mises à pousser

pousser à tort et à travers sur la voie du chemin de fer qui ne voulait plus avancer de peur de les abîmer. »

Pour aller vers lui, elle irait à pied tout autour de la terre…

L’envie est folle comme les herbes.

La ligne s’étire, le temps se morcelle, arrêt après arrêt, elle va à lui.

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17 avril 2010

Merdouille (Captaine Lili)

« Mer d’eau pâle ? Mer du pote Iron ? Mer de quoi ?
C’est le merdier, cette carte, moussaillon ! »
Le capitaine tonne.
En sus, c’est mer d’huile. Et ça, ça lui donne toujours envie de frire des patates…
Il revient à la carte, déchiffre péniblement les pattes de mouche.
« Mer des monts thés, mer d’Euse, mer d’Al Or…  Ce parchemin merdoie ! La Mère De m’a eue… »
Le moussaillon ose d’une voix fluette : « et si nous allions en mer Dante ? Il parait que les îles sont divines… »
« Les filles aussi ! » crie le perroquet.
« Ah, soupire le capitaine Merdano,  être pirate des mers du monde, y a des jours où c’est vraiment un métier merdique. Mais pourquoi papa était-il écumeur ? »
« Ecumeur de merde, oui ! » crie le perroquet.

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