24 janvier 2009

La rencontre (Cacoune)

J'avais décidé d'y aller à pied, histoire de respirer. Même sous la pluie. Et puis, de toute façon, c'était à côté.

Je suis partie juste et pourtant je ne suis pas pressée. Je prends tout mon temps, limite prête à flâner.
« Pourquoi y vas-tu ? N'est-ce pas toi qui, il y a une semaine à peine, disais que c'était terminé ?  ».
C'est tellement compliqué...

Et d'un coup, je les sens gigoter. Mes neurones s'agitent, en ébullition. Ça mouline sec, entre déni et désillusions...
« Pourquoi as-tu accepté ? »
L'être humain est si compliqué...

Voilà des mois que nous ne nous sommes pas revus. Il me fuyait. Annulant au dernier moment ou oubliant tout simplement. Je ne pensais vraiment plus le revoir. Parce qu'il ne semblait plus le vouloir. Et parce que je ne pensais plus le devoir...

Le besoin est une chose bizarre. Surtout quand il enfile son masque, l'envie.

Quelques jours plus tôt, il m'avait recontacté. Au détour d'une raison pour renouer, il s'était manifesté et m'avait proposé de déjeuner. Et j'avais accepté.
Et maintenant, je m'y rendais. Les jambes de plus en plus lourdes et la gorge de plus en plus serrée.
« Vas-tu y arriver ? »

Le point de rendez-vous était en vue. Je commençais déjà à le chercher des yeux. Il fallait que je le trouve avant qu'il ne me voie, pour pouvoir faire mine de ne pas l'avoir vu quand il m'aurait aperçu.
Compliqué, l'être humain, j'ai dit...

Le contact visuel fut établit. Puis rompu. Puis établit... Nous nous rapprochions l'un de l'autre, l'air de rien. Plus près... plus près...

Salut, toi. Et il m'embrassa sur la joue.

Ce parfum...Et tout me revint.

Je fourrai mes mains dans mes poches pour ne plus les sentir trembler. Je ne le regardais pas, peut être allait-t-il disparaître.

« Tu ne sauras donc jamais ce que tu veux lorsqu'il s'agit de lui, n'est-ce pas ? »
Quand t'as aimé, comment fais-tu pour oublier, toi ?

***

En l'espace d'un déjeuner, j'ai retrouvé la caresse de son regard sur ma peau quand je me détournais. La douceur de sa voix qui me donne une identité. L'impression d'être seule avec lui, au milieu de nulle part, et pourtant protégée. Et la boule dans mon estomac est revenue.

Mais elle repartirait. Je n'ai pas mis neuf mois pour accoucher d'une indifférence, même de surface, pour me laisser de nouveau submerger... Je finirais bien par le détester de me faire savoir ainsi désirer.

Mon corps saura t'oublier...

Posté par Old_Papistache à 19:07 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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