01 juin 2013

Barque légère, pas de flots bleus (Anémone)

Ils sont partis sur la barque légère....
(Légende des Flots bleus)


Ceux qui ont fui la guerre
Ceux qu'on y a envoyés
Ceux qui ont fui la pauvreté
Refusant la misère.
Ceux qui sont partis désarmés
Pour la mort ou la vie
Les enfants démunis
Jetés sans égards
Au tréfonds de la terre
Au creux des tempêtes
Ceux qu'on lance dans l'existence
Sans qu'ils y soient préparés

Ils sont partis sur la barque légère...
Sont-ils arrivés?

 

An
Boat People S China Sea
Jim Williams

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25 mai 2013

Message manqué (Anémone)

        Elle guettait, anxieuse,
      Un message sur l'ordi,
      Et ne vit pas le merle chantant
      Sur le lilas fleuri.

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18 mai 2013

Attention: pétage de tête! (Anémone)

Quand pensées et infos
Encombrent la caboche,
Faire bien attention
Qu'en prenant tout de front
On ne se la pète.
Décollage immédiat
Pour une approche du monde
Un peu plus discrète.
      

      

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11 mai 2013

La solitude du virtuose (Anémone)

C'est à ce moment précis que la jeune fille se brisa définitivement comme un vase de cristal.
Personne n'avait vu sa panique soudaine, comme personne n'avait remarqué sa pâleur extrême.
Elle joua le morceau prévu pour la reprise.
A la perfection, comme on l'attendait d'elle. Suscitant de nouveaux vivats.
La dernière note éteinte, elle s'affaissa cependant sur le sol, exposant à tous son intime solitude.
Un filet de sang coulait, noir et épais, le long de ses lèvres.

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04 mai 2013

Peintre ou philosophe (Anémone)

L'oeuf contient l'envol
Et l'envol contient l'oeuf.

Le tableau n'est pas que peinture.
Le peintre n'a que l'apparence du peintre.
Il est créateur de pensée.
Concepteur de rêve.

D'abord la plume ou l'oeuf?
Tous deux sont immobilisme et mouvement.
Départ et arrivée.
Peu importe l'origine.

Qui se demande si le fruit,
Dont la graine est portée par le vent,
Procède ou non de la racine?

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27 avril 2013

Participation d'Anémone

Marcher, aller au-delà de ce qui n'est pas nécessaire.
Comme le dit Nicolas Bouvier: se défaire.
Pour mieux se retrouver, perdre ses repères.
Le mystère au coin de la rue.
L'aventure au bout du chemin.
Se dépouiller pour s'enrichir.
La découverte de soi au travers d'un parfum.
Le monde révélé dans un brin d'herbe, une poignée de sable fin.
Chaque sentier comme microcosme
D'un réseau capillaire.
Apprendre l'humilité, la lenteur.
La saveur du vent, la musique des pierres.
Faire converger l'esprit avec la chair.
Se relier au ciel en même temps qu'à la terre.
Aller bien au-delà des mots.
Etre marché, comme quand on danse on est dansé.
Marcher, bien au-delà du faire.
Et s'élever au-delà
De la marche elle-même.

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20 avril 2013

Le défaut de la cuirasse (Anémone)

Une peau épaisse
Pour se protéger
Des duretés.
Le cuir du dur à cuire.
Carapace qui garde éloignée la douleur,
Mais tient aussi à distance
De l'amour et de la confiance.
L'épiderme de l'éléphant
Fait deux centimètres.
Mais ses plissements le rendent délicat,
Accueillant divers hôtes indésirables.
La cuirasse de l'homme
Qui semble le préserver
Peut se lézarder.
Formation de fissures non observables.
Et voilà que l'armure se crevasse,
Laissant plus à nu que jamais
Le manque d'équilibre et l'état instable.
Le plus dangereux étant cependant
Que trop bien étanche
Elle tienne prisonnières
Des humeurs morbides.
Implosion un jour inévitable.
Une telle protection
N'est pas toujours flagrante.
Tout au plus une allure rigide,
Quelque chose qui semble en souffrance.
Ce qui est naturel pour un éléphant,
Symbole toujours favorable
De fécondité, de force, d'abondance,
N'est pour notre espèce pas applicable.
Quand je regarde avec tristesse
Ceux qu'on appelle hommes-éléphants,
Je me demande quel mal extrême
Les a faits ainsi naître.
Et j'en appelle à une guérison suprême
Pour l'humanité entière.

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13 avril 2013

Chat parle, chat parle (Anémone)

Ma compagne a un problème.
Je dis ma compagne, 
Car je vis sans ni dieu ni maître
Et ne m'en trouve pas plus mal.
Le souci est dans sa tête.
Sous son crâne ça parle, ça parle.
Flux ininterrompu de pensées.
Elle médite,
Enjoint aux idées de passer.
Mais à regarder son front plissé,
Je vois une tâche colossale.
Ses lèvres et tout son être s'agitent,
Autant que les mots dont elle est encombrée.
Alors son remède, c'est moi.
Je lèche, me frotte, ronronne.
Ou je reste immobile, contre elle serré.
Je crois que sans me vanter,
Je peux être fier de ma réussite.
En tout cas, quand elle est avec moi,
Son babillage interne s'arrête,
Moment suspendu de grâce.
Elle le sait et me nomme parfois
Son petit champion toutes catégories
De communication non-verbale.

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06 avril 2013

Valise que tu m'apportes en rêve (Anémone)


Dans la valise que tu m'apportes en rêve
Se cachent des arômes d'orange,
Des mots d'amour.
Des senteurs de lilas.
Dans la valise que tu m'apportes en rêve,
Je vois des étoffes brillantes,
Du velours, de la soie.
Des épices aux noms enivrants
Des baisers au goût délicat.
De la valise que tu m'apportes en rêve,
S'échappent des odeurs d'herbe fraîche,
De jardin couvert de rosée.
Des parfums de flambée.

La valise que tu m'apportes en rêve
A beaucoup voyagé.
Et tu arrives enfin chez moi pour la poser.
Mais quand je me réveille, ce qui est à mes pieds,
C'est le sac à dos noir et vide un peu troué
Que dans un geste d'abandon,
Seul souvenir de ton passage
Tu m'as laissé.

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30 mars 2013

Alchimie (Anémone)


Quand monte la température
Du feu intérieur,
Prévoir une cheminée
Qui laisse sortir la fumée.
Le trop plein d'humeurs.
La vapeur.
Voilà qui est impératif
Pour la réussite
De l'oeuvre

Garder un oeil régulier
Sur la tenue générale.
La mollesse ne sied,
Pas plus que la dureté.
L'équilibre en toute chose
Est affaire subtile.
Surveillez les bouillonnements.
Laissez enfler, puis taire
Inspirez. Expirez.
Il n'y a rien à faire
Qu'à laisser s'accomplir
Le travail des éléments
Et du temps.

Quand le prodige est prêt,
Respirer avec satisfaction
Et ravissement.
C'est le moment de l'extase.
Sortir délicatement le résultat.
Puis, élargir un peu la cheminée,
Afin de pouvoir sans être démasqué
Savourer, ô plaisir suprême,
La pâte onctueuse
Et moelleuse à souhait:
C'est de l'or qui ruisselle
Dans le palais.

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