31 décembre 2016

MALADIE D’AMOUR (Alain André)


Nous sommes en 2047.
 

« Rien à faire, ça ne guérit pas ! »

Le docteur BOND releva ses fines lunettes en soufflant : « Je n’y comprends rien ! C’est la première fois que je vois un cas pareil : d’habitude, six à…bon, à tout casser, huit jours de traitement suffisent, mais là, rien n’y fait. MONNEYPENNY ! Apportez-moi les analyses de ce pauvre homme ! »
 

L’information d’un cas grave de neurasthénie paranoïaque délirante incurable, avait fait le tour de l’hôpital, et les internes, les infirmières, les aides soignantes, enfin, tout le personnel médical se tassait dans la chambre d’Allan ANDREW, ceux qui n’avaient pas eu la place pour entrer tendaient le cou depuis le couloir, une cohorte de journalistes affamés comme peuvent l’être ces minables pseudo- intellectuels, qui se targuent du droit sacré à l’information, de la sacro-sainte liberté de la presse, de la saine et légitime curiosité du peuple, tout ce beau monde était entassé dans l’espace aseptisé et exigu de L’hôpital .
 

« Les analyses sont enfin arrivées » dit miss MONNEYPENNY ; Le docteur s’en empara et fila comme un voleur par une porte dérobée ( par son prédécesseur… ), monta dans l’ascenseur à propulsion ionique qui l’amena directement au cent vingt huitième étage de l’immeuble du HHS. Les doctes mestres les plus éminents du super consistoire du ministère mondial de la santé l’attendaient impatiemment, il prit place dans un canapé doté d’une console  à affichage virtuel. Le président du centre, le docteur KNOW,  prit les clichés holographiques contenus dans la clef électro-syncrétique que lui tendait humblement le Dr BOND.

 - Voyons ces analyses, mon cher confrère, voilà bien longtemps que nous n’avons pas vu de malade que vous n’ayez pas réussi à  soigner !
 - Bon…. Tension inter-synaptique : Ok !….Tension libidinale : Ok !.....
Prise de sang : Heu !….Taux d’adrénaline, testostérone, phéromones : Ok !....Conneries tout ça ! Donnez moi le relevé de l’encéphalogramme de ce……Hum  !.....Hum….Il semble souffrir d’obsession récurrente, cet homme…De dépression….Perte d’appétit….Tendances suicidaires !…. Non, je ne vois pas : Qu’est-ce qui peut bien lui avoir abîmé l’esprit  de cette façon ?
 

Sur tous les visages, on pouvait lire une intense concentration,  le conclave se retira pour délibérer ; Longtemps plus tard, les membres du congrès réapparurent, le visage grave, leurs yeux lançaient des éclairs, les bajoues tremblotaient tristement sur les cous ridés, les mains jointes, le verbe las, la consternation dans toute son ampleur animait cette docte assemblée.

 - Il n’y a plus de doute possible : Il s’agit d’un cas très grave de….Chagrin d’amour !
 - Nom de Dieu, de l’amour ! Ce n’est pas possible ! L’O.M.S a déclaré cette épidémie complètement éradiquée, voici, heu….Dix ans, au moins ! » Dit le docteur BOND
 - En 2035, très exactement, mon cher confrère ; Aucun cas constaté depuis 2029 ! Le dernier  que nous ayons connu, c’était… voyons, un certain Laurent VOULZY, un chanteur, français, je crois : Il s’est pendu avec une corde de sa guitare ! Il était devenu fou, il déclarait avoir le cœur grenadine et des sornettes de ce genre!
 - Qu’allons nous faire !.... ce syndrome est probablement le plus contagieux de tous ! Si nous  laissons partir ce patient dans cet état, toute la planète se trouvera en danger : Nous devons, soit le soigner, soit l’euthanasier !
 - Mon cher ami, vous savez bien que nous n’avons plus de vaccin depuis que ces imbéciles de politiciens, sous la pression des plus couards d’entre nous, ont exigés la destruction de la protéine « amoroso », découverte par le service du professeur Harry COVER ; Vous savez, aussi, je pense, que la ligue libertine des droits humains s’est formellement opposée à toute reprise des recherches sur ce fléau mondial, de peur que ce prion, cultivé dans des labos secrets puisse être réintroduit dans la nature et soit  utilisé par d’éventuels révolutionnaires  néoromantiques  pour abolir la liberté sexuelle universelle que nous avons eu tant de mal à imposer pour le bien-être de l’humanité ?
 

-Messieurs, l’heure est grave ! Nous devons éliminer ce malade ! Je propose de mettre cette décision au vote, d’urgence ! »

 Le docteur BOND retourna dans son service où les nervis de la sécurité, avaient constitué un cordon sanitaire infranchissable pour toute personne non vaccinée contre le « prion amoroso ». La curiosité avait fait place à la panique et de toute part, des visages inquiets se tournaient vers la façade de l’hôpital du Dr know. Arrivé dans son bureau, il se prit la tête dans les mains, et il pleura : En trente ans de carrière, jamais il n’avait été confronté à une telle décision, jamais il n’avait eu à supprimer un être humain !
 

Soudain, miss MONNEYPENNY, fit irruption :
 - Docteur, c’est terrible, le patient s’est enfui avec Mylène, l’infirmière stagiaire, ils ont sauté le cordon de sécurité. Ils sont partis dans son auto, et ont formaté le système de pistage électro-télépathique de leur engin ; Mais, vous pleurez, docteur ? dit elle en s’enroulant autour de lui avec tendresse : Ne pleurez pas, je vous en prie ! Je suis amoureuse de vous, ne pleurez plus ! Je vous aime comme une folle, je ne supporterai pas de vous voir malheureux ! »
 - Mon dieu ! Vous êtes contaminée, vous aussi !.... Qu’allons-nous devenir ? Moi aussi je sens que je commence à vous aimer, c’est pour cela que je pleure ! Nous sommes fichus, il faut faire quelque chose, avez-vous une idée ?
 - Nous pouvons rejoindre les fugitifs, votre patient et Mylène, ils m’ont confiés où ils allaient : Dans l’île des rebelles : Elle s’appelle l’île des gauchers (°) , au large de la Nouvelle Calédonie. Là bas, nous serons hors de portée de l’inquisition !
 - Prenons mon Aston Martin à réaction, Nous serons arrivés dans quelques heures !
 -Oh ! Oui, Docteur !
 - Appelez-moi James,  !
 

 (°) Roman d’Alexandre Jardin.

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19 novembre 2016

RAZ LE BOL ! (Alain André)

 

Je ne supporte plus les propos des « gens biens » sur nos semblables genre  :

« Oui! y’en a marre de tous ces immigrés! tous  des terroristes en puissance », « ces arabes  qui viennent nous pomper notre fric ! » « Et nous, quand on a besoin d’aide, y a plus rien pour nous, c’est tout pour eux ! » « Il faut fermer nos frontières » Expulser, Etc. Etc. 

Quel rapport y a-t-il entre les injustices (réelles, je peux en témoigner !) que subissent certains de nos compatriotes et l’aide que nous apportons à des être humains qui fuient l’horreur ?

Faut-il les laisser croupir dans des « jungles » indignes comme à Calais et ailleurs? Peut-on les laisser sans soins médicaux sous prétexte qu’ils sont… illégaux, ou demandeurs d’asile ? Qui peut penser que ces migrants  viennent ici pour le plaisir ? Et « ON » croit vraiment que l’aide légitime qu’on apporte à ces malheureux prend la place d’éventuelles prestations que nous n’aurions pas, à cause d’eux : Ils le croient ça ?

Chiffres de l’insee :  La France compte en moyenne 10% d’étrangers ( en gros 6millions 500 000 dont 50% sont d’origine européenne !) Le RSA n’est accordé  à un immigrant qu’au bout de 5 ans de résidence en France (les étrangers ne représentent  que 13% des bénéficiaires du RSA). L’immigré ne perçoit pas d’allocation, contrairement à ce que l'ON dit, seuls les demandeurs d’asile (en conformité avec la convention de Genève et les lois européennes) perçoivent une aide, uniquement pendant l’instruction de leur dossier : 330 euros/mois pour un couple, un hébergement, et les soins gratuits. On est donc très loin des affirmations de certains, il est simplement normal de traiter dignement les êtres humains qui se trouvent sur notre territoire. On est très loin d’une vague de submersion, ni d’un risque de faillite de nos finances publiques. Il est parfaitement possible de mieux prendre en charge nos ressortissants sans jeter l’opprobre sur les étrangers. Beaucoup d’entre nous sommes des descendants d’immigrés (j’ai une grand-mère polonaise, par exemple), dois-je citer des noms d’immigrés français ? ( Sarkosi, Morano, Dati, Valau-Belcacem, El Komhry,  Hidalgo, Vals, et bien d’autres encore)  Nos parents ont fuit leurs pays pourchassés et/ou l’Algérie pour nos amis, frères et cousins, pieds noirs ou « harkis » ( comme je déteste ce mot, harkis, au lieu de français… parce qu’ils étaient et se voulaient français !) l’Espagne de Franco pour nos amis espagnols, l’Italie…Contre le fascisme ! Et qu’en est-il des combattants des 2 guerres, marocains, algériens, sénégalais, camerounais et maliens ?

Comment peut-on affirmer sans vergogne que tous les musulmans sont des délinquants ou des terroristes en puissance ? Parce que, par hasard, on aurait oublié que les terroristes d’un passé récent qui ont empoisonnés notre société, étaient des « français de souche » ? Les Jean Marc Rouillant et tous ces connards des brigades rouges et autres mouvements soi-disant d’extrême gauche dans tous les pays d'Europe ; Les fous furieux du Heisel? Et, plus récemment,  un certain Anton BREVIC, un superbe facho norvégien bien blanc ?  Et tous ces malades, qui, aux USA,  tirent sur leurs congénères étudiants, tous sont des bons chrétiens. Et que dire des extrémistes de tous bords : Parce que, des extrémistes il y en a chez les chrétiens et les nombreuses sectes d’obédience plus ou moins bibliques, les sectes Moon, Témoins de Jehova, du temple solaire, qui ont assassinées des dizaines d’adeptes ; chez les musulmans il y a bien sûr, aussi, des sectes : salafistes, wahhabites, chiites plus ou moins intégristes qui représentent un nombre important de membres, certes, mais qui ne sont pas, loin s’en faut, tous, des terroristes. Reconnaitre que certaines organisations prônent des idées inacceptables, lutter contre et combattre les idées liberticides ne pourra pas se faire en stigmatisant et en condamnant tous les membres d’une religion, mais au contraire, en intégrant et en aidant celles et ceux qui veulent lutter contre l’obscurantisme !

C’est vrai que beaucoup de psychopathes se réfèrent à des courants religieux, mais pas que : Tiens ! les curés et les instits pédophiles, et les violeurs tueurs en série comme les  Dutroux ou Fourniret !   Et nos glorieux soldats qui violent des enfants au Centrafrique ! : Si ce ne sont pas des enfoirés bien de chez nous, c’est quoi ?

Ce qui est vrai, c’est qu’il faut lutter contre tous les intégrismes sur le territoire européen et interdire les pratiques liberticides comme le port du voile, les mariages forcés, les mutilations diverses (excision), l’abattage rituel hallal qui est contraire à nos mœurs et amène une souffrance intolérable aux animaux : Oui, totalement ! De manière ferme, courageuse et efficace. Enseigner nos valeurs, imposer les droits de l’homme partout, oui, mais en intégrant plutôt qu’en excluant, sinon, je vous l’affirme, nous ne ferons qu’amplifier le problème.

Ne vous laissez pas contaminer, pour notre bien, pour celui de nos enfants, apprenons à vivre ensemble, apprenons l’humanité.

 

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12 novembre 2016

Participation d'Alain André

 

DES PETITS RIENS :

RIEN ! Ou presque ! Je n’ai rien écrit depuis un mois ! Enfin, rien de bien, rien qui puisse mériter d’être publié ! Moins que rien même ;  Si tant est que l’on puisse faire moins que nul, des petits riens du tout, mal ficelés, jetés dans la corbeille de mon ordinatort. Trois fois rien, citait Raymond Devos, permettent déjà d’acheter quelque chose ;  Mais trois fois rien d’inspiration, moins que rien d’imagination, des idées nulles, un peu de déprime en prime et une lombalgie…Cela ne mène à rien !

Je reviens ! Mais je n’ai toujours rien à dire, rien à vous faire partager, rien !

Moi qui suis un fainéant, je fais néant, rien, nada, nothing…D’utile.

Pourtant, c’est vrai que faire ne serait-ce que des petits riens me ferait surement du bien :

Tiens ! Une petite Chanson ( écrite et composée par moi-même, c’est pas extraordinaire mais c’est mieux que rien !)

UN PETIT RIEN

Refrain :           Un petit rien, ça fait du bien

                          Des petits riens, c’est mieux que rien.

                          Un petit rien, avec amour

                          Un petit tiens, ça plait toujours

 

Ne crois pas que les plus beaux cadeaux de la terre

Feront soudain de toi un fabuleux amant

Parfois juste un baiser, donné avec tendresse,

Et un bouquet de  fleurs auront  plus de valeur.

(Refrain)

 

Oublie donc tes idées de luxe et de grandeur

Parfois juste un « je t’aime » dans le creux de l’oreille

Un mot doux susurré avec tout ton amour

Trois fois rien, quelquefois, allumera le feu

(Refrain)

 

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24 septembre 2016

L’audace et la lune (Alain André)

 

Jacques SEGALA lors d’une interview : « Si t’as pas ta Rolex à 40 ans, t’as raté ta vie ! » » J’ai une Seiko et une Festina et j’ai 70 balais ! Ça marche pas, M’sieur Ségala ? »  Non ? j’suis sans doute pas assez audacieux ! Je suis con comme la lune ?
Parce que j’ai peut-être raté ma vie, mais je ne  suis pas aussi méprisant envers les ceusses qui n’ont pas pu se payer un costard à 1200 euros comme le jeune Macron ! Ben, pas assez audacieux, c’est sûr ! Tiens, il y en a qui ont vendu leurs potes, voire même père et mère pour bouffer dans la gamelle, ils te marchent sur les arpions et ils te disent même pas pardon : « Qu’est-ce que tu branles sur mon parcours, toi le sans dents ? »  Ben, c’est sûr que si t’es ambitieux vaut mieux avoir de l’audace, hein ? Pour faire fortune, c’est déjà pas facile, et puis, faut pas hésiter à leur écraser la tronche, aux pauvres !
Ce qui m’a inspiré ce petit texte que j’ai mis vite fait en musique :
  

Je n’ai pas de Rolex, je suis con comme la lune
Je n’ai pas su trouver,  les chemins d’la fortune
J’ai pourtant bourlingué ! Mais je suis dans la lune !
Parce qu’en vérité, moi je viens de la lune

Pas de mars ou Vénus ou  d’la cuisse à Jupiter
J’n’ai pas su résister aux appels des belles brunes

Elles m’ont tout pompé, je retourne sur la lune
Je n’ai pas eu d’audace,  pour gagner de la thune

J’ai pourtant bien aimé, vivre sans une thune
Je n’aurais pas troqué tout cela pour une fortune


Bah, ce n’est pas tout à fait vrai, il y avait aussi des blondes dans le lot !

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17 septembre 2016

Solution sans problème ? (Alain André)

 

Parfois, les réponses posent plus de questions qu’elles n’en solutionnent ! Du coup, je ne suis pas certain qu’il soit utile de s’en poser, des questions ! Enfin,  pour certains, bien sûr : Moi, par exemple ; C’est une question que je me pose : « je ne suis pas certain ! », et non pas : « Je suis sûr ! » Parce que, pouvons nous être sûrs de quoi que ce soit ? Par extension, puisqu’on n’est sûr de rien, il semble hasardeux d’apporter des réponses aux questions posées, par exemple : « Qui suis-je ? D’où viens-je ? Ou vais-je ? »(1)  

Il ne sert à rien de s’interroger sur des choses inexplicables ! Mais alors, ne faut-il se poser que des questions auxquelles  nous aurions des réponses ? Mais à quoi bon ? Parce que si tu connais la réponse, tu n’as pas besoin de te poser la question…Si ? Et si on ne trouve pas de solution, c’est peut-être qu’il n’y a pas de problème ? 

Dans tous les cas, n’est-ce pas parler ou écrire pour ne rien dire ? Du coup,  ce que je dis ne servirait à rien et serait  inepte ? Et si tout cela ne sert à rien, pourquoi  est-ce que je me creuse la tête à m’interroger ? Comment se fait-ce ?  A quoi sers-je ? Où suis-je, où cours-je ? Vous voyez dans quel état j’erre !   Pourquoi j’écris ces inepties ? Pourquoi êtes-vous en train de les lire ? »

Soyons sérieux un instant…Non…, sois sérieux, là : C’est peut-être pour cela qu’on est en vie. Si tout était clair et parfaitement compris, est-ce que ça vaudrait encore la peine de vivre ?…Enfin, je dis cela, mais je n’en suis pas certain !

 

(1)  Le regretté Pierre DAC avait répondu à ces questions : «  Je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne »

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27 août 2016

LE CARTOPHILLE (Alain André)

Cartes

 

-Ah, vraiment ?… tu fais la collection de cartes de vœux ? Anciennes ? Et tartes ? Des cartes tartes ?

 -Ah ? …-Plus elles sont tartes et plus elles ont de la valeur ! Heu… commerciale ?...

 -Non, à tes yeux, pour toi ? Ah, ouais ! Bon ! Et bien ! Tous les gouts sont dans la nature, hein ?

-Moi… C’est les femmes que je collectionne! Enfin,…c’était… parce que maintenant… : MMS !... Tu ne connais pas le principe MMS ? -Au début, c’est : Matin, Midi et Soir  ; Après, c’est Mardi,  Mercredi et Samedi ; …  Vers soixante ans : Mars, Mai et Septembre ;  Et enfin…Mes Meilleurs Souvenirs !

-Oui, ben, on fait c’qu’on peut, hein ?...  enfin, plus  beaucoup, c’est mécanique, c’est dans les gênes ( et quand  y a gène, y’a pas d’plaisir !)

-Et puis, quand je parle de collection, ce n’est  pas tout à fait vrai ! Parce-que les meufs, je ne les gardais pas ! Non, en fait, je collectionne juste le souvenir  de l’aventure, comme des madeleines, tu vois ?... De Proust !... Non ? Tu vois pas ? Bon, ça ne fait rien !

-Revenons-en à tes cartes postales : Tu collectionnes aussi les timbres qu’il y a dessus ?

– Non ? -Mais faut qu’il y en ait, des timbres, dessus… Parce-que si elles n’ont pas circulé, c’est pas bon, si ? …

-Ah, tu t’intéresses surtout aux textes écrits au dos !... Oui, je vois, tu vis par procuration : « Mon gros loup que j’adore ! », tu le prends pour toi, c’est ça ? Mais sur celle-ci : « Je rêve de tes seins merveilleux, ma douce amante » ! Ah ! Oui, tu te mets à la place du galant !- Ben, c’est bien joli, mais tu ne sais pas c’qu’elle a répondu, la minette ! Enfin, si c’était une minette !  Et puis, t’as belle mine avec tous ces mots qui n’étaient pas pour toi !

-Et moi avec ma collection de souvenirs ? J’ai belle mine aussi ?... Ouais, si tu veux, mais moi, c’est mes souvenirs à moi… les miens, tu vois ? Et moi, quand la mémoire m’aura quittée… Et bien, tu vois, je mourrai…  Parce que la vie, c’est le souvenir qui en assure la continuité !

Si j’ai jamais été fidèle ? Si, si, tout le temps : Une seule à la fois ! Un seul souvenir à garder par période, mais foin du mariage, avec ses déclarations dégoulinantes de mièvrerie, d’hypocrisie, de doucereuses inepties, de serments murmurés ou déclamés fièrement devant un pitre enrubanné !

Il m’a toujours semblé bizarre,  ce serment d’unicité, rien ne me semble aussi incompatible avec notre animalité que la monogamie : Combien d’animaux sont-ils  monogames sur terre ? A part les curés et les bonnes sœurs ( et encore, faut voir !)

Ou alors, on est monogame par paresse !

C’est tellement fatigant, la drague ( excitant, mais très fatigant ! ) Alors, certains se lovent dans le creux de bras tendres et langoureux, enveloppants, protecteurs mais trompeurs d’une déesse multifonction, d’une robote pratique et reposante, un ersatz de l’amour, le contraire de la passion !

L’amour, c’est parfait au début, puis ça devient vite douloureux : On ne supporte pas l’éloignement de l’autre…Et puis, les femmes  veulent toutes un enfant, très vite ! Non ! Pas de descendance pour moi ! trop de responsabilités ! Trop de tracas, de soucis, d’inquiétudes ! Célibataire et heureux ! Sans attaches et sans chaînes ! Alors, oui, j’ai collectionné les bonnes fortunes (les mauvaises aussi)

 Le mariage est une chose tellement sérieuse que nos anciens ne  laissaient pas la décision aux amoureux, mais aux froides exigences de la pérennité de l’espèce et de la  comptabilité familiale : « Not champ plus le champ du René, cha fait deux champs, vain dieu ! » : On ne demandait pas à la fiancé d’être jolie, mais on supputait  ce qu’il y avait sous l’matelas du papé !

Mais c’est pareil pour les collections, la fidélité du collectionneur pour un seul type d’objet me trouble beaucoup. Pourquoi, uniquement des cartes postales ? Et des vœux ? Parce que, encore, avec des photos de villes, de monuments, ça peut avoir un certain intérêt, voir par exemple un bâtiment qui a disparu, comme le palais du Trocadéro, par exemple, ou le champ de Mars sans tour Effel…

-Il y a des mecs qui collectionnent n’importe quoi : Tu savais qu’il y a des collectionneurs de pots de chambre ?

https://www.francebleu.fr/infos/insolite/sa-passion-le-pot-de-chambre-1445697063

 D’autres  exemples incongrus :

https://andrela107.wordpress.com/2010/11/06/le-plus-etrange-collection-10-photos-texte/

 

(Il va sans dire que le personnage qui interview le collectionneur n’a aucun rapport avec moi)

 

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20 août 2016

UN BOUQUET DE MOTS (Alain André)

 

Plutôt qu’un bouquet de fleurs, je voulais t’offrir un bouquet de mots. Des mots savants, des mots forts, des mots intéressants, des bons mots, enfin, un grand beau bouquet de mots divers.

Mais je n’ai pas su trouver ces mots dans les méandres de mon cerveau invalide.

C’est en flânant, aux puces, que je suis tombé en arrêt devant ce jeu de chiffres et lettres des années quarante : L’idée me vint aussitôt que tu saurais mieux que moi agencer ces lettres et former les mots que je voudrais t’écrire :

 

Source: Externe

 

Qui, mieux que toi, pourrait  trouver les mots qui te feront plaisir ? Qui saura écrire ce que tu as envie de lire ?

Tu disposes donc de vingt cinq cubes de six lettres et de dix fois six chiffres.

Il te faut, si tu aimes mon idée, écrire en commentaire ce qu’il t’aurait plu que je t’écrive.

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13 août 2016

LA MAISON DE L’UNIVERS (Alain André)

 

J’ étais bien peinard dans les lignes d’un roman dont  j’étais le narrateur omnipotent ( tant qu’a faire ! )  ; Un double blouck sur mon ordi me signale l’arrivée d’un nouveau défi : Aussitôt, j’enfourche ma souris galactique pour aller visualiser la photo du défi 415, et me voilà dans un autre univers !

Ou suis-je ? Me dis-je ! Je ne sais pas, mais tu le sais peut-être, cher lecteur ?

 

Il y a parfois ces drôles de constructions en Bretagne (ou ailleurs, ne soyons pas absurdement chauvins : Nous autres bretons avons tendance à nous croire issus du nombril de la terre… Ce qui est vrai !  Mais nous ne devons pas le dire car c’est peu charitable pour ceux et celles, qui, nombreuses, ne sont malheureusement pas bretons ! ) ;  Or, il n’y a pas de doute sur leur origine : Ces constructions ne sont pas, comme on pourrait le croire, d’anciennes maisons de korrigans, ( bien que je me sois laissé dire que des korrigans en ont habité certaines! ) La stricte vérité de ces édifices est qu’ils constituent des passages vers des univers parallèles ! Je le sais, j’y fus hier encore ; Mais pour y passer, il faut avoir quelques savoirs ancestraux que seuls quelques initiés peuvent connaitre :

Tout d’abord, il faut être d’origine bretonne ! Ca n’est pas donné à tout le monde !

(Etre Breton, c’est, comment dire, plus qu’une simple appartenance à un peuple d’exception, c’est un état de grâce sublime que vous autres, vulgum pecus, ne pourrez jamais approcher, même en rêve !) 

  Mais ça n’est pas suffisant ! Il vous faut au moins un ancêtre druide ( deux, c’est mieux, un druide et une druidesse, par exemple, c’est bien !)

Bon, tu as ces deux conditions derrière toi, alors, c’est simple ! Tu entres dans la maison, Il faut, lorsque tu passes  la porte, dire en chantant :

Tud an Argoad ha tud an Arvor 
Tud diwar ar maezh ha tud ar c'hêrioù bras 
Tud Breizh izel ha tud an Naoned 

Diwallit' ta mar plij, diwallit' ta…    ( 1 )

(Gens des terres et gens des côtes,
Gens des campagnes et gens des grandes cités,
Gens de basse Bretagne et gens du Pays Nantais,
Prenez garde, je vous avertis, prenez garde!)

 

Bon, là,  en principe, le vent du large se met à souffler, la bruine se dissipe, ( oui, en Bretagne, en général, quand il ne pleut pas, il bruine !) un soleil noir se lève derrière la maison, et tu es happé dans le courant d’air.

Alors, c’est la découverte absolue ! A aucune autre semblable, les flots déchainés, la vive violence de l’infini te saisit le corps, et même nous, fétus de paille que nous sommes, nous ne pouvons pas résister.

Une si petite maison sans toit, ( ni toi non plus d’ailleurs ) un si grand Univers ! Rien, jamais ne peut remplacer cet immense bohneur qui t’étreint le cœur à ce moment là… Rien !

 

( 1 )   BREZHONEG RAOK, Alan Stivell

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06 août 2016

Participation d'Alain André

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J’avais abordé cet homme statue, un soir alors qu’il venait de ramasser sa sébile et s’en allait tranquillement vers son logis :
- Bonsoir !  Me permettez-vous quelques questions ?
- Bonsoir, et bien, oui, que voulez vous savoir ?
-Comment tenez-vous immobile aussi longtemps ? Avez-vous un exosquelette sous votre costume ?
-Mais non ! Quelle idée ? Il faut de la concentration mentale, ne penser à rien, et travailler sa respiration, c’est très important, la respiration ;  et puis je bouge de temps en temps, je change de position chaque demi-heure, et je cligne des yeux rapidement quand quelqu’un met une pièce dans ma sébile ! Et puis, j’ai de l’expérience, je fais cela depuis vingt ans.
-Vingt ans !!! Je ne vous avais jamais vu ici !
- j’ai beaucoup voyagé : Londres, Rome, Madrid, Barcelone puis ici ;  j’aime bien les gens d’ici, ils sont cool, et généreux.
-Vous faites toujours cette statue de pierre ?
-Non, je campe différents personnages, selon les saisons, mes tableaux expriment chacun une histoire différente, un poème, par exemple en ce moment,  mon personnage exprime la beauté éphémère, c’est une allégorie du poème de Ronsard : « Mignonne allons voir si la rose… » ! Quatre tableaux par tranche de deux heures, dans le premier je cueille la rose, le deuxième me montre la flairant, le troisième, je l’offre aux passantes, et Le soir, la rose que je tiens est fanée : Je rentre chez moi !
-En effet, on peut y penser, à vous voir avec cette rose, mais, le corps même du texte ne m’était pas apparu clairement ! D’autant que le poème ne parle pas du tout du parfum ni de l’offrande d’une rose mais d’aller voir si elle n’a pas perdu, cette vêprée, les plis de sa robe pourprée !
-En fait, chacun y voit ce qu’il veut, c’est toute la beauté de cette discipline théâtrale : Laisser le spectateur mettre des mots sur la performance de l’artiste. Parce qu’exprimer ce que chacun veut y trouver sans rien faire du tout,  c’est une  véritable performance !
En d’autres temps, je me serais gaussé de cette fatuité, mais désormais, ayant acquis une étonnante faculté d’indulgence envers mes concitoyens, je ne fis que pouffer !
Je pouffai donc, et lui assénais cette sentencieuse question :
-Tout de même, on peut penser que vous ne vous fatiguez pas beaucoup ?
-N’en croyez rien ! C’est très fatigant de ne pas bouger, c’est épuisant de ne rien faire, très dur : ne rien penser, ne pas parler demande une force de caractère hors du commun !
Je regardai l’homme attentivement : Ainsi grimé, il est vrai qu’il me semblait très… beau…enfin, tout dépend de votre conception de la beauté, n’est-ce pas ? Il me sembla soudain exceptionnel de porter à ce niveau l’art du farniente ( En italien far=faire, niente=rien ), une expression artistique au final assez sublime : cette beauté immobile serait peut—être, me dis-je, une forme d’art en soi ? On a bien eu la toile non peinte, la sculpture non sculptée, nous avons la pièce de théâtre non jouée !
Et puis, il me dit :
-Voir s’allumer les yeux d’une petite fille quand elle me regarde…Ca n’a pas de prix !

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30 juillet 2016

Le vieux village (Alain André)



Il est des lieux abandonnés qui pleurent la vie du passé

Il faut les voir et les aimer. Il faut aussi les respecter.

Ici, la maison du papé

A bien besoin d’un vitrier !

 

Les vieilles pierres ont pris des rides. La vigne vierge a tout rongé

Les vitres sont toutes cassées, Mais la maison a résisté.

Si tu veux la faire revivre,

Ne pars pas sans la visiter.

 

On trouve encore les vieux outils de sa princesse tant aimée.

Celle qui a tout partagé, sans jamais rien lui demander.

Elle a toujours filé la laine

Au rythme lent de son rouet.

 

Dans ce village abandonné, comment peut-on imaginer

Que la vie ait  pu exister, et nos ancêtres y habiter

La fontaine est pleine de larmes

Des âmes qu’on a oubliées.

 

 

Il faut les voir et les aimer.

 

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