17 février 2018

Atrabilaire (Adrienne)

 

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Quand ses copains de comptoir lui demandent pourquoi il arpente la plage de si bon matin, jour après jour, avec son détecteur à métaux qui ne détecte jamais que quelques détritus rouillés, il répond que c'est l'humeur acariâtre de son épouse qui le chasse de chez lui. 

Eux, ça les fait bien rire. Pas lui. D'ailleurs son propre fils lui répète assez souvent qu'il ne pourrait dire, entre son père et sa mère, lequel est le plus grincheux. Il y a des gens comme ça, qui ne se sentent bien que quand ils peuvent bougonner. 

Ce ne sont d'ailleurs pas les causes d'acrimonie qui manquent, se dit-il ce matin-là au moment où son appareil se met à sérieusement disjoncter. 

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- Rogntudjû! s'écrie-t-il. Qui c'est qui est venu mettre ce bordel sur MA plage? 

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10 février 2018

H comme Himmel! mon zébu! (Adrienne) (42)

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Après la pagaille

 

Mon sniper, ce barjo au sourire si doux,
Suivi d'un seul clébard qu'il aimait entre tout
Pour sa queue en panache et pour sa couleur paille,
Parcourait à vélo, un beau soir de pagaille,
Le parking des limos sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
Un PDG victime de banqueroute
Ne sachant plus du tout comment gagner sa croûte,
Râlait, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
Et qui disait: "A l'aide! à l'aide par pitié!"
Mon barge, ému, arrêta son vélo fidèle.
Une gourde de rhum pendouillait à sa selle,
Après un coup bien placé, c'est sans renâcler
Que de la limo neuve on lui confia les clés.
Le pauvre PDG, sans moyen de transport,
Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
Voulut se suicider en criant: "Caramba! "
Il se rata mais une bagnole flamba.
Ce n'était certainement pas un bon début.
"Je te laisserai mon vélo", dit mon zébu. 

 

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28 janvier 2017

Participation d'Adrienne

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28 mai 2016

Participation d'Adrienne

10
Pour rafistoler un coeur en détresse
Il faut plus qu'une petite compresse

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9
Pour soutenir un coeur en charpie
Il ne suffit pas d'une béquille

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8
Pour soulager le coeur qui pleure
Il faut plus qu'un antidouleur

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7  
Si tu as le coeur brisé
Je te chante du Bizet

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6
Si tu as le coeur gros
Je le rends allegro

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5
Ton coeur en compote
Je le retricote

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4
Coeur qui soupire
Vois ton empire...

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3
Coeur en miettes
Ne t'inquiète

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Coeur d'or
J'adore

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1
Le jour n'est pas plus pur que le fond de ton coeur...

(alexandrin monosyllabique pris chez Racine, Phèdre, acte IV scène 2:
Hippolyte: Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur)

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05 avril 2014

Participation d' Adrienne perdue dans les méandres du Web (la participation, pas Adrienne)

1897105380[1]

 

Autrefois,
on mettait le képi dans la cage
et on sortait avec l’oiseau sur la tête.

Aujourd’hui
on tient les oiseaux enfermés
sous le chapeau.

 

Liberté
je crie ton nom.

***

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29 mars 2014

Chanson du vitrier (Adrienne)

Comme c’est beau
ce qu’on peut voir comme ça
à travers le sable à travers le verre
à travers les carreaux
tenez regardez par exemple
comme c’est beau
cette jeune femme
là en face
qui accueille un petit garçon
pour le mener en classe
pour lui apprendre à lire et à écrire
pour qu’il puisse un jour
aider sa maman
qui reçoit des tas de papiers
qu’elle ne comprend pas
qui doit faire très attention
en faisant ses courses
de ne pas rapporter
des rognons de porc au lieu d’agneau
parce qu’elle n’ose pas toujours demander
aux autres clients
alors voir son petit garçon
qui épelle ses premiers mots
ça la rend si fière
et heureuse pour le reste de la journée.

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15 février 2014

Participation d'Adrienne

Le prof de maths a 55 ans, des verres épais comme des fonds de bouteille et une réputation d’ours.

- Chaque fois qu’on a un test de maths, dit Stijn, le premier de la classe, je stresse comme un fou.
- Mais pourquoi donc ?

Ce n’est pas toujours rationnel, à quoi tient la réputation d’un prof, d’où elle lui vient et s’il la mérite vraiment. Dans le cas du collègue de maths, ses grands coups de gueule le font passer pour un rustre sans cœur – ce qu’il est loin d’être – mais le plus bizarre de tout, c’est qu’il a une réputation d’alcoolique, alors qu’il ne boit que des canettes de coca light.

Puis, tôt ou tard un sourire légèrement moqueur apparaît sur toutes les lèvres quand quelqu’un dit : « En zijn duivenkot ! »

Parce qu’il est colombophile. Donc ringard.

Jusqu’à ce quelqu’un lance :

- L’oncle de ma copine, il est aussi colombophile, et il vend les œufs de ses meilleurs pigeons à 1500 euros pièce !

Au  silence qui suit, on sent tout le respect dû à l’argent, parmi ces jeunes qui font des études d’économie.

- Bon, dit Madame, à moitié rassurée sur la vision qu’ils ont de son collègue. Il se fait tard. Si on allait manger ?

Le pigeonneau, se dit-elle en fermant à clé la porte de sa classe, c’est tout de même excellent. Avec des petits pois et du gratin dauphinois.

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09 novembre 2013

gare à la littérature de gare (Adrienne)

"Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages.

 

Ce soir là .........."

 

91106860[1]

 

Ce soir-là, le style était si lourd que le train dérailla.

Ce soir-là, les phrases étaient si creuses qu’il tomba dedans.

Ce soir-là, la psychologie des personnages était si mince qu’on aurait aisément pu s’en rouler une cigarette.

Ce soir-là, l’intrigue était si transparente que même le vent et la pluie passaient au travers de sa nudité.

Ce soir-là, les contresens étaient si nombreux qu’il aurait mieux valu lire le roman en commençant par la fin.

Ce soir-là , les ficelles étaient si grosses qu’elles auraient pu servir à remorquer le Costa Concordia jusqu’au port de Gênes.

Ce soir-là, le dénouement était tellement tiré par les cheveux qu’il était content d’avoir gardé son chapeau sur la tête.

C’est ainsi qu’un soir un train fut englouti par le néant de la littérature.

 

***

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11 mai 2013

Participation d'Adrienne

"La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.

Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre, criaient "bis", "encore", et refusaient de partir."

Extrait du livre d'Elise Fischer : "Les alliances de cristal"

***

Dans les coulisses, chacun la repoussait chaque fois sur la scène : Va, va, retournes-y, salue !

Les organisateurs du concert étaient là aussi, pressants : Tu n’as rien prévu pour un bis ? une petite pièce ? un mouvement, un seul ? un de ceux que tu as joués ?

La jeune fille était vidée, épuisée, livide. Mais il n’y avait personne pour le remarquer. Ni dans la foule, qui exigeait son petit supplément de plaisir musical, ni derrière les coulisses.

Celui qui s’était arrogé le rôle d’impresario était le plus acharné : Va donc ! ne te fais pas prier ainsi !

Cette petite si prometteuse n’allait tout de même pas commencer à faire des caprices de star ? Il espérait beaucoup de cette soirée et voyait déjà deux ou trois articulets élogieux dans la presse. Il y avait des journalistes dans la salle, qu’il avait invités, et qui étaient restés jusqu’à la fin. Bon signe !

Le lendemain, en effet, on pouvait lire ceci :

« Jeune virtuose morte sur scène »

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04 mai 2013

Peinture futuriste (Adrienne)

J'ai mis l’œuf de poule sur la table 
et j’ai peint un pigeon sur la toile 
Alors 
on ne fait plus l’œuf
a demandé le maître 
Non 
ni l’œuf ni la poule 
a répondu le pigeon 
Ah bon 
excusez-moi je croyais qu'on commençait par la poule 
a dit le maître 
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper 
a dit l'œuf

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