16 novembre 2019

X pour embrasser l'inconnu (Adrienne)

a

"Dikke zoen terug", gros bisou à toi aussi!
X

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09 novembre 2019

G comme Grand nettoyage (Adrienne)

 

2019-11-02 (25)

Depuis qu'on avait enlevé tous les tapis, Brenda était obligée de trouver une autre solution...

***

Photo prise à l'expo Banksy, espace Lafayette.

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26 octobre 2019

Vivent les utopistes (Adrienne)

Probablement qu'aujourd'hui, Henri a une opinion plus nuancée, mais entre ses seize et dix-huit ans il croyait que l'éducation était la meilleure réponse à tous les problèmes de société.

Il avait l'optimisme d'un Condorcet au bord de l'échafaud, rédigeant son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain juste avant d'avoir la tête coupée:

N’est-il pas vraisemblable que l’éducation, en perfectionnant ces qualités, influe sur cette même organisation, la modifie et la perfectionne ?

Comme les Encyclopédistes et leurs amis, Henri était convaincu que par l'éducation on pouvait lutter efficacement contre les préjugés et leur cortège d'excès en -isme

Deux ou trois ans plus tard, il écrivait à Madame:

"Ik ben er heilig van overtuigd, dat kennis een eerste stap is om Utopia te bereiken, dat de wereld beter wordt met meer kennis" (Je suis intimement persuadé que la connaissance est un premier pas nécessaire pour atteindre l'Utopie, qu'elle rend le monde meilleur.)

Madame espère de tout cœur que ces belles dispositions ne seront pas broyées par la réalité.

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19 octobre 2019

Question musicale (Adrienne)

De samedi matin à vendredi soir, ça fait sept jours pleins que l'Adrienne se demande ce qu'elle pourrait bien raconter sur les troubadours sans faire un cours d'histoire littéraire.  

Alors il s'est passé exactement la même chose que dans la conversation qu'elle a eue, l'autre jeudi, avec son prof d'accompagnement musical:

- Qu'est-ce que tu aimes, comme chansons? demande-t-il, dans le but de trouver des musiques sur lesquelles s'exercer à faire des arrangements.

- Euh..., fait l'Adrienne, qui se met à réfléchir à toute vitesse sans réussir à rien sortir.

La ci darem la mano, est-ce que ça compte comme chanson?
Ou Voi che sapete che cosa è l'amor?
Non, bien sûr, ce n'était pas la question.

- Brel, peut-être? propose le prof, qui a visiblement fait l'effort de trouver un nom adapté au grand âge de l'Adrienne ;-)

- Ah oui! fait-elle, soulagée, Brel, Brassens...

Là, c'est au tour du prof de sécher. On ne peut pas lui en vouloir. D'abord parce qu'il est jeune et ensuite parce que pour connaître Brassens, il faut avoir baigné dans la culture française. Ce n'est pas son cas.

- Vous savez, dit l'Adrienne pour s'excuser, déjà à seize ans je n'étais pas normale, je préférais Mozart aux vedettes du moment. Je ne connaissais aucun des groupes que mes copines aimaient...

Il n'a plus rien trouvé à dire, le pauvre.

 

 

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12 octobre 2019

Je me souviens (Adrienne)

 

La mère de l'Adrienne a deux casseroles à pression. C'est ainsi qu'on les appelle en Belgique. Et oui, vous avez bien lu :
1° qu'on peut en parler au présent parce que ces machins, malgré l'emploi intensif qui en a été fait, sont indestructibles
2° qu'il y en a deux, une énorme pour la soupe de la semaine et une de taille 'normale' utilisée quotidiennement pour les pommes de terre, le stoemp ou les viandes qui nécessitent une cuisson longue, comme le pot-au-feu.

Ce qui avait convaincu la mère de l'Adrienne, c'était le double argument de vente de ses deux 'Miss Mary': un temps de cuisson nettement plus court et des vitamines ou sels minéraux mieux conservés.

Win-win, comme on dit aujourd'hui.

Mais sur le goût de ces patates sorties de la Miss Mary, on ne disait rien...

Mini-Adrienne détestait les 'Miss Mary', non seulement parce que tout ce qui en sortait avait à peu près la même qualité gustative, mais surtout pour leur côté bruyant et effrayant.

Leurs "pschitt pschitt' remplissaient la cuisine de bruit et de vapeur et au moment du 'jaillissement' final, le père était prié d'aller au plus vite porter la chose dehors, pour que le plus gros jet de vapeur s'éparpille dans la nature au lieu de remplir la cuisine.
Qui pourtant faisait quatre mètres sur quatre et avait une hotte aspirante.

Enfin, la touche finale: mini-Adrienne, qui devait essuyer la vaisselle, a failli mille fois se démettre l'épaule ou se casser le dos à soulever un de ces engins.
Qui en plus n'étaient pas faciles à essuyer parce qu'à cause du rebord, l'eau ne s'en égouttait pas.

Aujourd'hui, la mère de l'Adrienne n'utilise plus ses Miss Mary: elle a découvert le micro-ondes, c'est encore plus rapide :-)

Mais elles sont toujours en état de nuire: elles dorment à la cave.

 

 

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05 octobre 2019

R comme rupin (Adrienne)

Rupin? Rupin! se dit l'Adrienne en découvrant le mot imposé par Walrus pour le Défi du Samedi. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir inventer avec un mot pareil? Ça ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire et je ne vois pas dans quel contexte je pourrais le placer... 

Vendredi midi, quelques heures avant l'échéance, c'est toujours le vide dans sa tête. Elle a bien tenté quelques pistes - à commencer par celle d'Arsène Lupin/Rupin, vite abandonnée - et quelques rimes en -pain/-pin, mais rien de bien valable ne lui est venu.

- Je crois que je vais abandonner, dit-elle à Walrus.

Et au moment même où elle le lui écrit, elle sait que l'abandon n'est pas son genre ;-)

Finalement l'idée lui est venue des publicités pour la loterie Euro millions. Voilà de nombreuses années que sur les chaînes flamandes on brode sur le même thème, avec le même acteur et sa tête de benêt ahuri, qui répond chaque fois à la même question: "Is mijn leven veranderd nadat ik Euromillions gewonnen heb?" (1) de la même façon: "Goh! eigenlijk niet!" (2)

Mais tout le clip contredit chaque fois cette affirmation, comme dans la vidéo ci-dessus où il explique que, tout comme 'avant', il participe encore à des brocantes pour faire de la place chez lui.

Ou comme dans la pub ci-dessous, où il raconte que 'comme avant', il va au foot avec son père et que sa mère lui fait ses tartines quand il part en excursion.

'Word schandalig rijk', dit le slogan, 'Deviens scandaleusement riche'.

Pour l'Adrienne, le mystère de la loterie reste entier: que peut-on bien faire de 190 millions d'euro, la cagnotte de cette semaine? 

***

(1) Est-ce que ma vie a changé depuis que j'ai gagné à Euro millions?

(2) Bin non en fait!

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28 septembre 2019

Q comme quidam (Adrienne)

 

Assise derrière sa table, avec son ordi et ses trois gros classeurs, portant le badge avec son nom, Madame reçoit des parents d'élèves.

Elle aime beaucoup ces entretiens qui lui font souvent voir l'élève sous un jour nouveau, et mieux le comprendre.

Parfois, le 'parent' est un grand frère, une grande sœur, une voisine.
Parfois c'est un beau-père, une belle-mère, un grand-père.

Et parfois c'est un type qui se met à vous draguer… 

 

Il faut alors se métamorphoser en Reine des neiges et lui dire du ton le plus réfrigérant possible:

 

- On se connaît?

 

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21 septembre 2019

P comme pétanque (participation d'Adrienne)


Mini-Adrienne et son petit frère ne connaissaient pas ce jeu quand ils ont reçu un set de boules en plastique aux couleurs fluo avec leur cochonnet de bois rose foncé.

C'était prévu comme jeu de plage. Si on l'essayait sur le sable sec, la boule ne roulait pas fort bien et sur le sable mouillé elle partait loin, loin, loin. Petit frère s'énervait et se lassait.

C'est plus tard, en découvrant le Midi (moins le quart) et des gens qui parlaient comme Fernandel, qu'ils ont conclu que leur jeu était bidon: les vraies boules sont en métal, on les polit longuement avec un chiffon qui pend de la poche ou de la ceinture, on tire ou on pointe avec des finesses de stratège et le sérieux des grandes causes. On discute, on mesure, on lisse le parcours - une brindille, une feuille, un caillou peuvent causer des catastrophes - on exige le silence, on se concentre.

Les boules s'entrechoquent et on ne sait comment vont se coller au cochonnet.

Mais quoi qu'on fasse autour du boulodrome, lisser, feinter, se concentrer, tirer, pointer, le gagnant est toujours le même.

C'est Loulou, le patron du Bar des Sports, sur la place Ollier.

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14 septembre 2019

O comme obsédé! (Adrienne)

 

"Obsédé sexuel" disait le petit frère, qui avait le chic de rapporter de la cour de l'école - ou des réunions de louveteaux, dans ce cas-ci - les termes les plus choisis.

Parfois le père essayait mollement un "Tu sais au moins ce que ça veut dire?"

Parfois la mère s'insurgeait: "Arrête avec ça! C'est vulgaire!"

Peine perdue: il allait falloir d'autres tactiques.

Par exemple, s'attaquer au nerf de la guerre:

"Dorénavant, tu mettras un franc dans cette tirelire chaque fois que tu diras un vilain mot", dit la mère, qui avait dû trouver ce conseil dans son magazine féminin.

Mais au bout de quelques jours, quand il disait une grossièreté, la mère faisait la sourde oreille et le père continuait de lire son journal.

Peut-être que si on ne réagit plus, ça s'arrêtera tout seul? ont-ils dû penser.

 

 

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07 septembre 2019

Sept exemples (Adrienne)

 

Ça fait bien une cinquantaine d'années que dans la petite ville de l'Adrienne il est question de construire une route qui permettrait à la circulation - surtout celle des poids lourds - d'éviter le centre ville. Depuis cinquante ans, tout le monde est bien d'accord que c'est absolument nécessaire - aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain - mais le tracé suscite chaque fois mille polémiques: chacun veut ce contournement mais personne ne veut qu'une route vienne gâcher sa jolie vue sur les collines boisées.

La même chose se passe pour les éoliennes prévues par le conseil communal: dès que les plans ont été connus, un comité s'est formé contre leur installation.

Idem pour un autre projet écologique, pour les traitements des déchets ménagers. Avant de savoir exactement de quoi il retournait, un groupe d'action était déjà constitué.

Une des plus grandes usines textiles - une des rares à être restées actives après la crise de la fin des années soixante et les délocalisations - a eu toutes les peines du monde à recevoir le permis de bâtir, au moment où elle avait besoin de plus d'espace pour ses activités. Etre propriétaire des terrains depuis le 19e siècle n'était pas un argument. Etre un des principaux employeurs de la ville non plus.

Par bonheur, une maison d'accueil pour des malades du SIDA, qui se retrouvent sans appui et sans logement, fonctionne paisiblement depuis 1998, aidée uniquement par des dons privés. Il a juste fallu, au début, bien informer les gens. La maladie faisait très peur.

Par bonheur, les jardins d'enfants et terrains de jeux se multiplient: aucun voisinage ne se plaint du bruit que cela entraîne. C'est déjà arrivé ailleurs…

Par bonheur, une ancienne carrière de sable qui allait être utilisée pour y enfouir des déchets un peu louches a également vu naître un comité pour sa défense. La ministre pas très verte a dû retirer le permis aux exploitants.

 

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