28 janvier 2017

Participation d'Adrienne

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28 mai 2016

Participation d'Adrienne

10
Pour rafistoler un coeur en détresse
Il faut plus qu'une petite compresse

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9
Pour soutenir un coeur en charpie
Il ne suffit pas d'une béquille

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8
Pour soulager le coeur qui pleure
Il faut plus qu'un antidouleur

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7  
Si tu as le coeur brisé
Je te chante du Bizet

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6
Si tu as le coeur gros
Je le rends allegro

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5
Ton coeur en compote
Je le retricote

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4
Coeur qui soupire
Vois ton empire...

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3
Coeur en miettes
Ne t'inquiète

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Coeur d'or
J'adore

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1
Le jour n'est pas plus pur que le fond de ton coeur...

(alexandrin monosyllabique pris chez Racine, Phèdre, acte IV scène 2:
Hippolyte: Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur)

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05 avril 2014

Participation d' Adrienne perdue dans les méandres du Web (la participation, pas Adrienne)

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Autrefois,
on mettait le képi dans la cage
et on sortait avec l’oiseau sur la tête.

Aujourd’hui
on tient les oiseaux enfermés
sous le chapeau.

 

Liberté
je crie ton nom.

***

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29 mars 2014

Chanson du vitrier (Adrienne)

Comme c’est beau
ce qu’on peut voir comme ça
à travers le sable à travers le verre
à travers les carreaux
tenez regardez par exemple
comme c’est beau
cette jeune femme
là en face
qui accueille un petit garçon
pour le mener en classe
pour lui apprendre à lire et à écrire
pour qu’il puisse un jour
aider sa maman
qui reçoit des tas de papiers
qu’elle ne comprend pas
qui doit faire très attention
en faisant ses courses
de ne pas rapporter
des rognons de porc au lieu d’agneau
parce qu’elle n’ose pas toujours demander
aux autres clients
alors voir son petit garçon
qui épelle ses premiers mots
ça la rend si fière
et heureuse pour le reste de la journée.

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15 février 2014

Participation d'Adrienne

Le prof de maths a 55 ans, des verres épais comme des fonds de bouteille et une réputation d’ours.

- Chaque fois qu’on a un test de maths, dit Stijn, le premier de la classe, je stresse comme un fou.
- Mais pourquoi donc ?

Ce n’est pas toujours rationnel, à quoi tient la réputation d’un prof, d’où elle lui vient et s’il la mérite vraiment. Dans le cas du collègue de maths, ses grands coups de gueule le font passer pour un rustre sans cœur – ce qu’il est loin d’être – mais le plus bizarre de tout, c’est qu’il a une réputation d’alcoolique, alors qu’il ne boit que des canettes de coca light.

Puis, tôt ou tard un sourire légèrement moqueur apparaît sur toutes les lèvres quand quelqu’un dit : « En zijn duivenkot ! »

Parce qu’il est colombophile. Donc ringard.

Jusqu’à ce quelqu’un lance :

- L’oncle de ma copine, il est aussi colombophile, et il vend les œufs de ses meilleurs pigeons à 1500 euros pièce !

Au  silence qui suit, on sent tout le respect dû à l’argent, parmi ces jeunes qui font des études d’économie.

- Bon, dit Madame, à moitié rassurée sur la vision qu’ils ont de son collègue. Il se fait tard. Si on allait manger ?

Le pigeonneau, se dit-elle en fermant à clé la porte de sa classe, c’est tout de même excellent. Avec des petits pois et du gratin dauphinois.

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09 novembre 2013

gare à la littérature de gare (Adrienne)

"Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l'abandonna à cause d'affaires urgentes et l'ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l'intrigue et le caractère des personnages.

 

Ce soir là .........."

 

91106860[1]

 

Ce soir-là, le style était si lourd que le train dérailla.

Ce soir-là, les phrases étaient si creuses qu’il tomba dedans.

Ce soir-là, la psychologie des personnages était si mince qu’on aurait aisément pu s’en rouler une cigarette.

Ce soir-là, l’intrigue était si transparente que même le vent et la pluie passaient au travers de sa nudité.

Ce soir-là, les contresens étaient si nombreux qu’il aurait mieux valu lire le roman en commençant par la fin.

Ce soir-là , les ficelles étaient si grosses qu’elles auraient pu servir à remorquer le Costa Concordia jusqu’au port de Gênes.

Ce soir-là, le dénouement était tellement tiré par les cheveux qu’il était content d’avoir gardé son chapeau sur la tête.

C’est ainsi qu’un soir un train fut englouti par le néant de la littérature.

 

***

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11 mai 2013

Participation d'Adrienne

"La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.

Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre, criaient "bis", "encore", et refusaient de partir."

Extrait du livre d'Elise Fischer : "Les alliances de cristal"

***

Dans les coulisses, chacun la repoussait chaque fois sur la scène : Va, va, retournes-y, salue !

Les organisateurs du concert étaient là aussi, pressants : Tu n’as rien prévu pour un bis ? une petite pièce ? un mouvement, un seul ? un de ceux que tu as joués ?

La jeune fille était vidée, épuisée, livide. Mais il n’y avait personne pour le remarquer. Ni dans la foule, qui exigeait son petit supplément de plaisir musical, ni derrière les coulisses.

Celui qui s’était arrogé le rôle d’impresario était le plus acharné : Va donc ! ne te fais pas prier ainsi !

Cette petite si prometteuse n’allait tout de même pas commencer à faire des caprices de star ? Il espérait beaucoup de cette soirée et voyait déjà deux ou trois articulets élogieux dans la presse. Il y avait des journalistes dans la salle, qu’il avait invités, et qui étaient restés jusqu’à la fin. Bon signe !

Le lendemain, en effet, on pouvait lire ceci :

« Jeune virtuose morte sur scène »

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04 mai 2013

Peinture futuriste (Adrienne)

J'ai mis l’œuf de poule sur la table 
et j’ai peint un pigeon sur la toile 
Alors 
on ne fait plus l’œuf
a demandé le maître 
Non 
ni l’œuf ni la poule 
a répondu le pigeon 
Ah bon 
excusez-moi je croyais qu'on commençait par la poule 
a dit le maître 
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper 
a dit l'œuf

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13 avril 2013

Les silencieux bavards (Adrienne)

 

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30 mars 2013

Mécréante (Adrienne)

On avait bien expliqué à la petite que dans la nuit du cinq au six décembre, il caracolait sur les toits, suivi de son fidèle Zwarte Piet chargé du sac plein de jouets pour les enfants sages.

- Tous les enfants du monde entier ? avait voulu savoir la petite.
- Oui, lui avait-on dit, en précisant une nouvelle fois : tous les enfants sages !

A six ans, la petite fille n’avait qu’une très vague idée de l’ampleur du monde et du nombre d’enfants qui l’habitaient – sages ou pas sages – mais elle se disait qu’une telle chose était impossible.

- Tous les enfants du monde en une seule nuit ? C’est impossible ! dit-elle.
- Mais si, c’est possible ! N’oublie pas que c’est un saint !

Les saints savent faire des miracles. C’est son institutrice qui le lui a dit.

- Près de la cheminée, a dit la maîtresse, vous mettrez une petite douceur pour saint Nicolas et une carotte pour son cheval.
- Chez moi, dit Bernadette, dont les parents étaient fermiers, on met une betterave pour le cheval!
- Chez moi, dit Catherine, fille de commerçants, on met une bière pour saint Nicolas et du sucre pour le cheval!

C’était sans doute pour ça que chez Catherine le saint homme venait déjà des jours à l’avance : chaque matin du mois de décembre, elle trouvait des friandises et des cadeaux à côté de la cheminée. En échange d’une trappiste brune.
Chez la petite, on ne mettait rien du tout, ni pour le cheval, ni pour le saint.

- Et pourquoi nous on ne met pas une bière pour saint Nicolas ?
- Mais réfléchis ! dit la mère. Il serait saoul, si tout le monde lui donnait une bière !

C’était vrai, bien sûr. Et alors il tomberait du toit ou se tromperait de cheminée.

- Et il passe vraiment par la cheminée ? demandait encore la petite.
- Mais oui, évidemment ! lui disait-on. Par où veux-tu qu’il entre ?
- Ben… par la porte !
- Mais la porte est fermée à clé, tu sais bien.

Oui, mais on a bien dit que c’était un grand saint ? et qu’il faisait des miracles ?
La petite réfléchit si fort que ça fait des plis au-dessus de son nez.

- Mais la cheminée, c’est sale !
- …
- Et le feu brûle !
- …

La petite s’étonne que les grandes personnes n’aient pas pensé à tout ça avant elle. Devant la cheminée, il y a le poêle au charbon. On y fait du feu en continu, jour et nuit. Ne faudrait-il pas l’éteindre pour la nuit du cinq au six décembre ?

- Je t’ai déjà dit que c’est un saint, répète la mère avec de l’impatience dans la voix, alors va dormir et ne pense plus à rien !

Couchée dans son petit lit, l’œil rivé à la fenêtre par où elle voit les toits et les cheminées du pâté de maisons d’en face, la petite ne dort pas. Elle veut voir de ses propres yeux le grand saint, son cheval blanc, Zwarte Piet et le gros sac de jouets.

Elle veut bien croire qu’il existe, puisque effectivement le matin du six décembre il y a une poupée pour elle et des jouets pour le petit frère, mais cette histoire de toits et de cheminées, non vraiment, elle n’y croit pas !

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