Brusquement, j’allume le lampadaire près de mon fauteuil une fois mes yeux adaptés à la lumière vive je sors sur le palier et me penche dans l’escalier.

Il arrive, c’est lui à n’en pas douter il me suivrait au bout du monde. Zut c’est pas lui pourtant cette silhouette me paraissait familière.

D’une certaine façon cette découverte est un grand soulagement. Une fois de plus je suis partagée entre deux émotions paradoxales.

Joie / déception, colère/ préoccupation.

 C’est qui alors qui n’en finit pas de monter ces escaliers ? Le téléphone sonne de l’autre côté du palier je n’ai aucune hésitation c’est sans doute lui . je me jette sur l‘appareil comme une truite sur une mouche.

Ah ma puce tu es chez toi j’appelais juste pour te laisser un message avant de partir.

Ma voix s’éteint , le ton que j’emploie est suffisamment lointain distancié pour aiguiser sa curiosité.  Je ne t’entends plus dit il attend dis je il ya quelqu’un qui monte les escaliers je te rappelle.

Tiens me dis je il s’est arrêté au huitième pour reprendre son souffle je peux voir sa main.

 Ce n’est pas que je suis pressée mais j’aimerai voir son visage.

Sur un coup de tête je décide de dévaler l’escalier pour provoquer une rencontre fortuite avec cet étranger .je rougis devant la connotation sexuelle de l’intention. Je suis tellement nerveuse que je sens le bout de mes seins vibrer .Mais j’ai parfaitement le droit de savoir quel est cet inconnu qui n’en finit pas de monter les escaliers .me voilà nez à nez avec lui la cage d’escalier est suffisamment étroite pour que je scrute son visage. Il a l’air anéanti c’est probablement un professeur d’astronomie qui a perdu son emploi à cause de la crise.

Vous venez observer le ciel c’est ça ?

Oui c’est la seule cage d’escalier qui donne sur la voie lactée.

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