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Autrefois, il y avait que de l’encre pour écrire les contes.
Il n’y avait que le vent pour transporter les images du monde et nos rêves pour les mettre à l’abri .
Puis vint l’image, et son cortège d’illusions.
Mes yeux d’encre pouvaient encore discerner le mirage qu’elles portaient en elle jusqu’ à cette rencontre.
Il était le bourgeon de presque rien , le souffle sur un désir éteint , une vaguelette à marais haute.
Mon cœur s’est enflammé, son besoin d’aimer était aussi grand que le besoin d’un boxeur de frapper dans le vide.
Rien ne voulait s’éveiller en moi, toute joie violente naissait au cœur de mes illusions chéries. Les autres vivants embourbés dans le réel passaient avec leur costume de marbre quand moi ma vie était aussi belle que ce chemin qui mène dans cette forêt où je veux me perdre.
Quand j’ai vu mon troubadour je lui ai dit ne m’enlevez pas la poésie, c’est elle qui écrit la moitié du monde .je vous laisse l’autre moitie l’argent mesurant l’amour aux centimes près, ses excréments d’âme qui implorent le paradis.
Comme une gitane j’avance dans ce siècle d’or finissant, je prends la main à blanche neige, je croque la pomme, elle m’a sauvé du désespoir d’entendre toujours parler d’argent.