26 février 2022

Défi #705

 

Vous y croyez, vous ?

 

Vampire

 

7051

 

 

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Retouches uchroniques (joye)

retouches Nicolas Vinceneux

C’était Nicolas à la porte.  Je lui avais confié la clé deux ou trois semaines avant. Avant le Pire.

Quelques minutes plus tard, je me retrouvai en bas avec lui. 

Mon vieux manteau crasseux ne m’allait plus, il était plein de trous, mais j’étais quand même reconnaissante de ne pas l’avoir vendu avec tous mes autres vêtements. Puisque les tissus devinrent introuvables après cette dernière Catastrophe, cela faisait au moins six jours que la garde-robe me servait d’une sorte de banque et me permit de manger encore. 

Je fus chanceuse, et je le savais. La voisine d’en face me raconta comment on l’avait menacée d’un ersatz de matraque avant de lui voler toutes les fringues qui lui restaient et son chien. Je lui avais vite refermé la porte au nez. Je ne savais pas si c’était vrai ou si elle voulait tout simplement que je partage avec elle mes derniers vivres, quelques pommes qui brunissaient d’âge et une boîte cabossée de sardines. C’était sans doute vrai ce qu’elle me racontait. Je ne la revis plus depuis.

- Claire, viens ! Vite ! appela Nicolas d’un ton urgent. 

Je le suivais au trot dans la rue. Le plip-plap de mes vieilles pantoufles faisaient un drôle d’écho dans la crépuscule abandonnée.

Il n’y avait plus de voitures. Rien d’électronique ne marchait depuis le Second Désastre. Il n’y avait rien de vivant non plus. Tous les animaux du voisinage furent déjà mangés, et cela depuis un moment. Le chat de madame Clouet fut parmi les premiers chouchous sacrifiés. La vieille dame dut mourir de chagrin quelques semaines après, et le festin qui résulta dura au moins une bonne heure.  Morte pour la patrie , grimaça finement une des convives, dont les yeux noirs brillaient d’une gourmandise obscène, un vautour graisseux assis sur une carcasse. Affamés tous par cette série interminable de traumas globaux, on grignotait furtivement, comme des chacals, la peu de viande qui nous restait.

- Nous voici, Claire, m’annonça Nicolas.

Nous étions devant une sorte de boutique. Sur le panneau, je lisais RETOUCHES. Mes yeux me piquaient. C’était bizarre. J’avais oublié comment pleurer. J’avais oublié aussi le simple plaisir d’entrer dans une commerce. Rien du passé n’exista. Plus rien. Rien du tout.

Nicolas vit ma panique et me regarda droit dans les yeux.

- C'est ici. Je te laisse, Claire. Ça ira. Tu verras.

- Dans un magasin de retouches ?  Qu’est-ce que cela veut dire ?  Qu'on va raccommoder l’humanité ?

Mais Nicolas avait déjà disparu dans la nuit, et j'hésitai seule devant l’entrée. Et puis, je poussai la porte et y pénétrai.

- Messieurs, dames, sanglotai-je, aveuglée par les larmes et la lumière.

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Participation de JAK

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Uchronie (petitmoulin)

 

Lâché par son précieux soutien, lui même en proie à la colère d'un peuple
qui pleure ses enfants, là-bas morts à la guerre,
lâché, le Général Pi s'exila, abandonnant son armée en déroute.

 

Vous étiez des milliers
Promis à la torture
Promis à la mort
Dans cette prison
À ciel ouvert

 

Les militaires déposèrent les armes, fuyant vers leurs tanières de ronces.

 

Ton chant se lève
Comme une étoile
Dans votre nuit noire
La voix déverrouillée
De tes compagnons
Jaillit
Triomphale

 

Tant d’années que ton chant
Nous caresse
Nous griffe
Nous prend par la main

 

Ta voix est plus fragile
Tes doigts moins habiles
À pincer la guitare

 

Ce matin tu pleures
Sur le monde
Ton chant voudrait poser
Une étoile
Dans la nuit noire

 

Demain, quelle uchronie s'écrira sur le bruit des armes d'aujourd'hui ?

 

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Victor Jara

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99 dragons : exercices de style. 69, Jupitérien (Joe Krapov)

Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps, rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin qui s’échappe des cailloux, des sables et du ventre qui gargouille.

Aussi quand le dragon Antivax pénètre dans cette riante contrée, la Libye, le 2 février de l’an 303 de notre ère, il s’en donne à coeur joie et à estomac bonheur en bouffant des brebis qui ne lui appartiennent pas.

***

Voici l’enchaînement des faits consécutifs à cette invasion inopinée, tels qu’ils ont été rapportés par l’Agence Lybienne de Presse dans ses dépêches pieusement conservées à la bibliothèque apostolique du Vatican à Rome.

3 février

16 h Communiqué de la FLSEA (Fédération libyenne des syndicats d'exploitants agricoles) :

Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression. La Libye est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. La quasi-totalité des gens, plus de 90 %, ont adhéré au contrat social et c’est une toute petite minorité qui est réfractaire. L’immense faute morale d’Antivax est de saper ce qu’est la solidité d’une nation.

Nous attendons du roi et de sa police qu’ils nous débarrassent de cette calamité imprévue.

4 février

10 h Communiqué du grand chambellan, son excellence Passibeth Keuça :

Il n’y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l’histoire. Et la Libye a tous les atouts pour l’être. Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux. J’en ai la conviction. Prenez soin de vous, prenez soin les uns des autres, et nous tiendrons. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. Soyez en assuré·e·s.

1234567304038_111 h Communiqué de l’ALP

Les paysans sont venus brandir leurs fourches sous les fenêtres du palais en lançant des slogans revendicatifs.

- C’est du blabla tout ça ! On n'est quand même pas venus pour beurrer les sandwichs ! Qu’il envoie sa soldatesque filer un coup de seringue au boulotteur ! C’est qu’il a de l’appétit, le dragon réfractaire !


15 h 
Communiqué de l’ASPTT (Association des Soldats Pacifistes Tendance Tranquillou)

Notre monde est, si nous le voulons, à l'aube d'une époque nouvelle, d'une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l'homme. Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à juste titre, porter la responsabilité historique. Que notre majesté ait très envie ou pas « d’emmerder » l’Antivax nous chaut peu. Nous restons quant à nous opposés à l’exécution des êtres vivants. L'abolition de la peine de mort est un progrès des droits de la personne qui s'est incorporé à la tradition nationale. Notre responsabilité est de le protéger et de le transmettre. C'est un combat de conquête aussi : il y a un trop grand nombre, certainement sous-évalué, d'exécutions perpétrées dans le monde par des régimes politiques qui ont, pour la plupart, un goût partagé pour le despotisme et le rejet de l'universalité des droits de l'homme. Si le roi désire trouver un liquidateur, qu’il traverse la rue et il en trouvera.

5 février 

Verbatim de la conversation entre Padh-Man Umilhitari, roi de Libye, et son grand chambellan Passibeth Keusah.

P.M.U. - Un royaume, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage.

PK - Il faut osciller entre humilité et arrogance. Si vous tombez d'un côté, vous devenez soit inefficace soit dangereux.

P.M.U. - J'ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s'ancrer dans de l'immanence complète, de la matérialité. Je pense qu'il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. Les valeurs que porte la foi chrétienne sont, j'en suis convaincu, celles qui permettent de relever nos défis contemporains. Oui je crois en une nouvelle alliance entre l'Afrique et l'Europe.

PK – Vous n’allez quand même pas faire appel à une agence de mercenaires ? Laquelle du reste ? Pfizer ? Moderna ? Ces gens-là, c'est l'amicale des boulistes. Mais sans l'amitié et sans les boules.

P.M.U. - Quelle autre solution avons-nous ? Avec les religions, je le sais bien, dans les prochaines semaines, le port du masque, du voile, du tchador, de la jupe plissée avec collier de perles sera obligatoire dans tous les lieux publics ! Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Mais la femme étant l’avenir de l’homme, dans le futur elles évolueront et porteront une certaine idée de l’Homme, militeront pour la liberté de chacun. Leur cause sera l'universalisme, l’unité du genre humain. L’égalité de tous avant l’identité de chacun. Et ce jour-là mon cher Passibeth, ni vous ni moi, nous ne vaudrons plus une peseta.

P.K. - Forcément, on sera passés à l’euro !

P.M.U. - Nous devons aujourd’hui éviter deux écueils. D’une part, le repli nationaliste. Ce dragon il n’a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La coordination européenne est essentielle et j’y veillerai.

PK - Et le deuxième écueil ?

P.M.U. - La débandade générale. La reine Birgit ne le supporterait pas.


6 février 

9 h Revendication émise par Antivax, dragon « qu’en a rien à taper du hashtag #balanceton » :

C'est dur d'avoir 20 ans en 303 parce que ce sont ceux qui vivent un sacrifice terrible. Quand on est jeune, on fait la fête, on a des amis. Je ne culpabiliserai personne mais j’ai la dalle et y’a plus de côtelettes d’agneau pour mon breakfeast. Alors désormais on change le menu ! Ce sera une jolie poulette chaque matin ! Et vite, j’ai la dalle !


10 février

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L’ex-légionnaire romain devenu mercenaire, Georges de Lydda, qui a lancé récemment sa start-up baptisée « ARN messenger », est arrivé dans nos murs. Il a fait ses premières déclarations à nos confrères de Radio Tripoli :

- Je crois que ce qui constitue, d'ailleurs, l'esprit religieux, c'est une aspiration constante à l'universel, c'est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d'identité, qui est cette ipséité stricte, et l'aspiration à un universel, c'est-à-dire à ce qui nous échappe. Ce que révèle cette arrivée de dragon, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer votre alimentation, votre protection, votre capacité à soigner, votre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie.

- Ce qui signifie, en clair ?

- Ça va vous coûter bonbon. Nous devons convertir le plus rapidement possible. Nous sommes une nation de sciences, de lumières. Quand la science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. Nous devons viser la conversion de tous les Libyens. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent, mais retenons ça. Le jour d'après, quand nous aurons gagné, nous ne reviendrons pas au jour d'avant.

 

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11 février

Georges de Lydda a affronté le dragon.

- Il y en a beaucoup qui ont essayé de m'intimider, a déclaré Antivax . Comme dirait Michel Audiard, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, .

- Je ne suis pas là pour verser le sang ou pour castagner, a répondu Saint-Georges. Faire pousser des roses, ce n’est pas mon truc et puis « thaumaturge », c’était le défi de la semaine dernière, on n’y revient pas. La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je vous signale juste que, sur mes conseils, la roi a fait empoisonner le dernier troupeau de jeunes filles dont vous vous êtes nourri ces derniers jours. Une fois que la viande est ingérée, des puces dites « 5G » pour « Gag : Gérard Gavé = Gogol Gaga» se diffusent dans le corps de l’avaleur sans attendre des années et s’en vont lui détruire les cellules du cerveau.

- C’est des craques ! Je ne sens rien ! a répondu le dragon. Et puis d’abord, comment tu sais que je me prénomme Gérard ?

- Même si vous n'avez aucun symptôme, vous êtes peut-être contaminé et vous pouvez contaminer les autres.

- C’est pas de jeu ! C’est de la triche ! Qu’est-ce que je dois faire ?

- Retournez au désert médical. Voici l’adresse d’un excellent guérisseur qui habite bien loin à l’Est. Il vous faudra marcher longtemps, longtemps, mais vous verrez, ce sont aussi des pays qui valent le déplacement. Allez zou ! En marche !

Le dragon s’est mis en route. Peut-être est-il encore en train de chercher ce fameux Docteur Raspoutine, là-bas, très loin au-delà de l’Hourraloural.

Off the record :

En attendant, la vie a repris comme avant ici. Enfin presque. D’abord il y a ces maudites cloches qui nous rappellent toutes les heures que la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler.

Au palais le grand chambellan les maudit lui aussi, les nouvelles mœurs de la très sainte Eglise, en jurant à travers les couloirs qu’un roi qui ne fait rien n'obtient rien, que « le kwassa-kwassa pêche peu. Il amène du Comorien ». C’est un proverbe ancien qui se moque de Saint-Georges le Romain qui nous a tenu des discours du type « We all share the same responsibility : make our planet great again ! » et qui n’a pas été foutu de rester plus de six mois en vie après son bel exploit sur nos terres !

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Jeanne la Pucelle (Yvanne)



        - Père, je dois vous entretenir d'un sujet grave.
        - Eh bien ma fille je te vois toute transie. Que se passe-t-il ?
        - Père, je vais partir.
        - Mais où veux-tu aller pauvrette ? Tu ne connais pas le monde.
        - Un secret m'étouffe mon Père.
        - Un secret ? Que veux-tu dire ? Parle. Je t'en conjure. Tu n'as pas péché au moins ?
        - Oh non Père. C'est merveilleux. Et terrible à la fois. Je vous en supplie, écoutez-moi et croyez-moi.
        - Mais enfin de quoi s'agit-il ?
        - Je les entends tout le temps. Le jour, la nuit.
        - Qui ? Qui entends-tu ?
        - Les voix. Mon conseil.
        - Foutaises. Seigneur, aies pitié . Ma fille est devenue folle. La guerre dans le village t'a dérangé l'esprit. Tu divagues dangereusement. Nous allons consulter le prêtre.
        - La guerre. Il s'agit bien de cela Père. Point n'est besoin de confesseur. Mon cœur saigne. Il faut que j'aille à Vaucouleurs demander une escorte au seigneur de Baudricourt. Les voix me pressent d'agir.
        - A Vaucouleurs ? Une escorte ? Mais pour te rendre où ?
        - En France Père. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, dépêchés par Dieu me demandent de sauver la France. Je suis chargée d'une mission divine à laquelle je ne puis me soustraire. Je vais aller à Chinon rencontrer le souverain.
        - Toi, pauvre bergère de Domrémy, sauver la France ! Tu déraisonnes.
        - Je dois prendre la tête de l'armée du roi. Je dois lever le siège d'Orléans. Je dois conduire le roi à Reims pour le sacre. Je dois bouter les Anglais hors de France.
        - Comment est-ce possible ? Ma fille blasphème. Elle est habitée par le diable. Je vais envoyer quérir un prêtre pour l'exorciser. En attendant, prends ta quenouille et garde la chambre. Si c'est pas du malheur, une telle pucelle possédée par Satan !

Jeanne a subi maints exorcismes, maints douleurs et supplices. Les voix se sont éteintes.  Désespérée et anéantie, elle est morte à Domrémy dans les bras de sa mère.

Ah uchronie qui peut changer le cours des évènements ! Si cela s'était passé comme décrit, nous serions aujourd'hui, nous, peuple gaulois sous la férule de Bojo à prier pour que vive Elisabeth II.

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Une belle histoire (maryline18)

 

Charles Le Bon, aurait eu des excès de folie meurtrière. L'Histoire nous apprend qu'il aurait délégué ses responsabilités à son frère, et que malheureusement, de nombreux soldats perdirent ainsi la vie, lors de la bataille d'Azincourt. Et bien non, rien ne s'est passé comme nous le racontent les livres. Laissez-moi vous conter cette "bataille" .

Il avait bien des moments de folie mais celle-ci était inoffensive. Il voulait bien jouer à faire la guerre mais sans qu'il y ait de morts .

Henri V dut néammoins, à la suite de cet épisode de l'Histoire ( qui laissa tous ses soldats englués des jours entiers dans la fameuse clairière d'Azincourt), lui céder son Royaume. Après avoir déployé ses troupes (trop peu nombreuses) en Normandie, il faisait route vers Calais sans se douter que Charles VI, plus "fou" que jamais, lui avait préparé une surprise. Lui et ses hommes étaient perchés dans les arbres. Jouaient-ils aux indiens ?

 Toujours est-il que  le 25 octobre 1415, quand les Anglais arrivèrent, ils s'enfonçèrent jusqu'à la taille dans un sol préalablement préparé à leur intention. Installés au faîte des hêtres, les farceurs savouraient leur plaisanterie et riaient à gorge déployée. Nul ne fut scalpé mais aucun n'atteint la plage, d'où ils comptaient regagner le Royaume d'Angleterre.

Le roi, Henri V perdit ainsi son trône et Charles Le Bon agrandit son Royaume. Après avoir assez ri, les gagnants consolèrent les perdants et cassèrent la croûte . Le droit de pêche qui lui revint de fait lui permit de nourrir son peuple et tous les affammés de passage. Ses "prisonniers" furent libérés et rejoignirent leur famille respective. Sa bonté étonna et d'autres rois prirent exemple sur son grand cœur. C'est grace à lui que les richesses de la planète se partagent aujourd'hui en toute amitié et en bonne intelligence ; c'est pourquoi il fait si bon vivre dans un monde où tout va pour le mieux.

 

( Là c'est sûr, avec une telle conclusion, cette histoire ne peut-être qu'une uchronie).

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Azincourt  

https://www.herodote.net/Artisan_involontaire_des_malheurs_de_la_France-synthese-2323.php

 

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D'uchronie (Kate)

 

Je vous écris

D'uchronie

Afin que vous

Ne me cherchiez pas

Je vous l'avais dit

D'utopie

Suis revenue et vous

Échappe pour aller là

 

En uchronie

On croise des toupies

Qui tournent à contretemps

On navigue surtout sans vent

Perdu dans les couloirs du temps

Sans croiser Ève ni Adam

D'un vague ici

Qu'on ne nomme pas

À un pseudo là

Par là par ci

 

Mais où est-on

Nulle part

Sans crier gare

Que fait-on

Des faux départs

On pique des fards

Vite qu'on se barre

Pour aller quelque part

Quelque temps

Un certain temps...
 

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Youkali est à ce prix ! - tiniak


Un matin, content de lui-même
flemmarde un peu à l’horizon.
Les hommes sont en rangs serrés,
par d’autres hommes (ces poisons !)
qu’ils craignent…

Car, à la fin de la journée, il faut que nombre d’entre eux saignent...

Han ! Han ! Et han !
Et han ! Et puis : “ah, merde !”
Encore un camarade fauché pour avoir brouté un brin d’herbe…

Rien n’est fait pour les ménager - bien au contraire !
Pour dire : mâcher du gravier, leur est souvent bien salutaire…
Il y a du sel et des minéraux essentiels à leur improbable survie
dans ces cailloux qu’On leur fait casser, jour et nuit

On, c’est l’Ignoble…
qu’ils ont porté naguère aux nues, par défaut (“allez, pourquoi pas ?”)

sans avoir jamais décelé, aux tatous noués sur ses bras
qu’il s’en fout du fromage frais ou de ce méritant vignoble, las !

Ne pas regarder vers le haut, c’est la consigne, désormais…

Ici, l'entraide est un péché !
Crime sans nom, puni de mort !
Combien s’y seront adonnés ?
Nul n’en sait rien; où sont les corps ?

Et pourtant, cet après-midi

tous ont surgi, le cœur battant,
contre la vilaine infamie
Bon nombre y ont laissé la vie, résolument
Leur liberté fut à ce prix !
(souhaitons, allons… qu’il s’agisse d’une uchronie)

 

…car “C’est un rêve / une folie / Il n’y a pas de Youkali !”
Les Sept Péchés Capitaux, Brecht/Weill. (pièce qui vient d'être montée au théâtre de Caen, un régal !)

 

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