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Le défi du samedi
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13 novembre 2021

Le scaphandre et le papillon (maryline18)

 

Est-il raisonnable de chercher après "perdu" dans un fourre-tout aussi profond...? Plus j'y descends, plus il y fait noir, plus il y fait froid. Des poissons partagent mon espace. Ils ont beau ouvrir la bouche, aucun son n'arrive jusqu'à moi, bien sûr.

En scaphandre, je glisse entre les vestiges d'une enfance ignorée de la surface. Je n'entends déjà plus le ressac. Le Capitaine qui a sabordé ce triste bateau échoué, n'était qu'un pirate. Il a volé ce que j'avais de plus précieux.

Je sais ce que vous pensez, peut-être n'y est-elle plus mais alors où la chercher ? Parcourez le monde si ça vous chante, moi je continue de fouiller les entrailles de ce foutu ressac...

Je suis toujours en retard pour les grands défis, jamais prête pour aucune traversée et pourtant, comme dans ces drôles de rêves où la conscience revient doucement nous prêter main forte et étirer un peu plus l'absurde, je prépare tout les jours ma valise. Comme une enfant déjà ridée, je me berce d'histoires où demain, tout arrivera mais voilà, le jour s'éternise...

Parfois, des fées me font remonter à la surface et me tendent un somptueux gilet que j'enfile, oubliant les questions. Ausssitôt, mes bras se soulèvent et redescendent. La mer est calme, un léger vent me dépose sur la grève. Près d'un fauteuil de toile rouge, un livre m'attend. Je déploie mes ailes...

 

Commentaires
B
C'est de toute beauté Merci pour ce moment de poésie Bravo chère Maryline18
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L
très poétique, bravo!
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E
super beau, Maryline ! connais tu ce passage de l'almanach de Vialatte ?<br /> <br /> <br /> <br /> "Tous nos malheurs, dit Pascal, viennent de ne pas vouloir rester dans notre chambre. La pluie fine nous y retient. Nous descendons alors au plus profond de nous-mêmes, par de petits escaliers en fer, des escaliers glissants et des couloirs humides. Nous y trouvons, à droite, nos souvenirs de régiment, à gauche nos souvenirs scolaires.<br /> <br /> Plus bas, nos pires instincts. <br /> <br /> Plus bas encore, dans des ténèbres incroyables, dans des cloaques qu'on se refuse à nommer, des fantômes griffus et des larves si chauves que nous remontons à toute vitesse, et nous nous replions en désordre, car l'homme fait toujours peur à l'homme quand il le rencontre en lui-même. <br /> <br /> Il se jette dans la rue, il entre au cinéma, il y voit Fernandel qui l'assure qu'il s'appelle Barnabé ou Ignace, et que c'est un prénom adorable. Il se réconcilie avec l'homme.<br /> <br /> Tel est le bénéfice des pluies fines. Elles enseignent à l'homme qu'il vaut mieux s'appeler Ignace que de chercher son véritable nom…"
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T
Quelle profonde heure...<br /> <br /> Et le titre du livre... serait-ce : "Samedi, où la vie sauve l'âge" ?
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J
Une descente au fond du sac de la conscience d’où tu t’extrais grâce à la lecture
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