À deux jours de l'anniversaire de sa mort(deux ans), je voulais vous parler de la vésicule(enlevée) de mon mari, de notre gastroscopie éveillée en duo, les résultats analogues, les mêmes médicaments mais j'ai pensé que ce n'était pas terrible pour un samedi matin au petit déjeuner... quoique j'ai presque tout dit... non, j'ai omis le plus... beurk. J'ai pensé ensuite à sortir de mon corps pour vous parler de la bile... noire, celle des mélancoliques. Eh là, forcément, nous placer, mon mari et moi, du côté du spleen baudelairien et du soleil noir de Nerval, ça en jette. Non pas que je nous compare à eux, mais quant à être bilieux, autant en faire quelque chose. Parfois, j'envie la tranquillité, la sagesse, la mesure de certains mais en même temps, ça me paraît ennuyeux car qui dit grands désespoirs, dit aussi grandes joies comme les collines de mon paysage d'adoption par rapport aux plaines de ma jeunesse. Plonger au fond des anciennes mines(noires: on m'avait dit que Saint-Etienne en était imprégnée mais je suis arrivée trop tard) pour sortir en bulles pétillantes: douloureux comme la discopathie, les céphalées et l'arthrose, fatigant mais tellement exaltant. La satisfaction d'arriver en haut et de voir le panorama de mes 7 collines. Baudelaire et Nerval, tout érudits qu'ils étaient, comme des touristes du Grand tour, connaissaient la théorie des quatre éléments d'Aristote appliquée à la médecine[1]: chaque élément est associée à une bile. Celle de mon mari était chaude comme le feu de l'action. Ma belle-mère(décédée 6 mois après son fils) était flegmatique comme le climat de sa Picardie natale. Qui a le sang chaud et humide comme l'air? Moi, je me placerais entre le chaud de l'été forezien et le froid sec de l'hiver que j'ai choisi car il faut bien choisir à un moment.