Ayant besoin de grands espaces
de silence et de dépaysement
J’ai planté ma yourte au toit blanc scintillant
Dans une steppe au Kirghizstan
au Turkménistan, au Kazakhstan
Ou peut-être en Mongolie, finalement
Mais fort loin des autoroutes
Là, j’ai pris bien garde
D’ entrer du pied droit dans la yourte
Sans heurter le sol en quoi que ce soit
Pour ne pas heurter les esprits de la steppe
J’ai invité le chef du village
A poser la crémaillère
A tremper son doigt dans un verre de Wodka
Pour jeter quelques gouttes
aux quatre coins de la yourte
En offrande à la nature de là bas.
Les éleveurs de rennes de yacks et de chèvres
eux aussi, conviés  à la crémaillère
sont arrivés au galop sur leurs petits chevaux
Pour boire la Wodka et trinquer
Jusqu’à finir la bouteille
Car une bouteille ouverte,
Pour ce rite  doit être vidée.
J’ai entendu la nuit les loups hurler
Et le souffle violent du karaburan
Le grand vent qui court les champs
Mais dans ma yourte, bien protégée
J’ai dormi comme un bébé

On a fini la bouteille de Wodka
On a mangé les yaourts et la tourte
Et sous la yourte
 que mes voisins ont montée dans leur pré
Pour accueillir les pèlerins paumés
J’ai dormi comme un plomb et j’ai rêvé
sous mon beau ciel du Dauphiné
A la steppe , au  désert de Gobi
Et aux chamanes de Mongolie
Et j’ai eu très mal à la tête
Quand je me suis réveillée