11 septembre 2021

Défi #681

 

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Participation de Clio101

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       Auguste de la Marcinière se tenait droit sur son siège, les yeux obstinément baissés sur les cartes posées devant lui. Engoncé dans un costume trop étroit, il n'osait faire un mouvement, craignant d'entendre le tissu craquer.

       Il n’en faudrait pas plus pour donner à cette soirée, déjà suffisamment pénible pour lui, un cachet des plus catastrophiques.

       Il était arrivé chez son oncle dimanche dernier avant de  commencer des études en droit. Son parent, qui ne l’avait pas vu depuis plusieurs années, n’avait pas caché les difficultés qu’aurait un jeune homme sans appui, même issu de la bonne bourgeoisie de Nevers, à se faire un nom à Paris. Cédant à la bonté naturelle de son cœur, l’homme avait néanmoins joué des pieds et des mains pour que son neveu soit invité à la partie de whist que la marquise de C. organisait tous les vendredis. S’il lui plaisait, son avenir était assuré. La protection de la marquise lui ouvrirait toutes les portes. Son désir d’aider au mieux son neveu l’avait poussé à lui prêter le costume de son plus jeune fils. Son vêtement, du moins l’espérait-il, l’empêcherait d’être désigné d’emblée comme originaire de province.

       Il l’avait ensuite accompagné jusqu’à la demeure de la marquise en l’abreuvant de conseils sur les règles de bienséance.

       Ensuite tout avait été de mal en pis.

       De naturel timide et peu sociable, impressionné par les dorures, les tableaux de maîtres et les costumes des invités, Auguste avait commencé par trébucher en entrant dans le salon de réception. Il avait salué la marquise trop bas et n’avait cessé de bafouiller alors qu’il répondait à ses questions, dissuadant tous les autres invités de lui manifester un quelconque intérêt.

       A présent, assis à la table de jeu avec la marquise, sa fille Edith et sa cousine Julie, il contemplait sans les voir les cartes disposées devant lui. Malgré les explications détaillées de la marquise il n’avait rien compris aux règles du whist et n’osait poser une question, de peur d’être davantage pris pour un pauvre petit ignorant. Il se refusait à croiser le regard de ses voisines de jeu, craignant d’y voir leurs airs apitoyés.

       « Quelle misère, songeait la marquise. A-t-on idée d’envoyer à Paris un jeune homme sans le sou et sans appui ? Personne ne le recevra jamais dans son état, aucun étudiant ne voudra le fréquenter. »

       « Je n’ai jamais vu un garçon aussi gauche et aussi emprunté, se disait Julie en le regardant en coin. Son costume n’est pas neuf, il est trop étroit et mal coupé. Il sent le  provincial à plein nez. Il sera la risée des salons. Les filles pleureront de rire quand je leur raconterai cette soirée. »

       « Ce jeune homme est courageux, songeait Edith. Partir seul, loin de ses parents et amis pour gagner la capitale et s’y faire connaître, peu de mes connaissances en seraient capables. Et en plus il est gentil. Qui d’entre nous ne serait pas intimidé en arrivant chez un inconnu, forcé de répondre à un arsenal de questions très personnelles, en sachant qu’elles détermineront si on sera autorisé ou non à revenir ? Qu’importe ce que les autres disent, demain je l’inviterai à prendre le thé avec mon ami Rodolphe et ma chère amie Sophie. Ils sont bien moins guindés que ma mère et ma cousine, il se sentira plus à l’aise et nous pourrons vraiment faire connaissance. »

 

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Une Singerie (Joe Krapov)

DDS 680 Tu joues au whist E

L'Estivalienne posa la question au gars de droite qu'elle connaissait de longue date :

- Tu joues au whist, E.T. ?

- Pas du tout, répondit la créature de la planète Spielberg. On admire la collection de dames de coeur d'oncle Walrus !

DDS 680 Dame de coeur 01 6718d54082a62614ebff6571cfcd09e5

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Cartomancie (Walrus)

 
Dans mon pays, le Whist que nous pratiquons est parfois dit "de Gand", "belge" ou "à la couleur", mais tout ça par les étrangers bien sûr. Nous, nous l'appelons bêtement (en bons Belges) "Whist".

Quand j'ai commencé d'y jouer aux alentours de douze ans, toujours prêt à commenter le jeu, on m'a appris à ma grande stupéfaction que Whist voulait dire "se taire!".

Je pensais, soupçonneux, que c'était une invention pour me faire fermer mon clapet, mais je sais aujourd'hui qu'en anglais whist est en effet un adjectif signifiant silencieux.

Les jeux de cartes étaient très en vogue à cette époque où la télévision n'existait que dans l'imagination de quelques individus férus de science-fiction. Aussi, les fins de soirées y étaient très souvent consacrées.

Chez mes parents (et chez leurs amis de Farciennes), plutôt que de noter les scores sur une feuille de papier, il y avait une grosse boîte en fer blanc remplie de menue monnaie (toutes pièces à trou de 5 à 25 centimes) que l'on répartissait équitablement entre les joueurs et les perdants payaient le(s) vainqueur(s) à chaque donne selon un tarif "à 5 centimes le juste".

J'y ai joué très longtemps. Par exemple pendant la pause de midi au boulot. Comme le jeu se joue à quatre, il y a souvent des spectateurs.

Me croirez-vous ?

Le whist, c'est comme le foot : ceux qui n'y jouent pas savent toujours mieux que les pratiquants ce qu'il aurait fallu faire ! C'est dingue non ? Je vous dis pas l'ambiance...

Pourtant, si pour les participants, whist veut dire se taire, une  règle parallèle stipule bien que "Les rwétants n'ont rin à dire !"

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Mort ou vif (Kate)

 

 

Whist avec règles à préciser

Hiérarchie des couleurs à mémoriser

Impair le nombre de cartes à manier

Silence exigé

Trou royal envisagé

 

Jeu de whist

Jeu de levées

Danser le twist

Pas une bonne piste

 

Jeu de whist

Avec mort

Ou sans mort

Oui ça existe

 

Allons faire un whist

Jusqu'en Belgique

Suivons cette piste

D'abord en touriste

 

Au whist à Gand

Pas besoin de mort

À raison ou à tort

Mais surprenant

 

Ailleurs le whist

Sera différent

Mais visage neutre et triste

Regard indifférent

 

Blackwood en vue du chelem

Réveil surprise que j'aime

Impasse répétée

Deux Trèfle Fort Indéterminé

Garde des honneurs à Sans Atout

Entame de sage ou de casse-cou

 

Du parent

À l'enfant

De l'inconnu

Au connu

Des cartes et des jeux

On en veut !

 

 

 

 

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L'inconnu dans la maison par bongopinot

bo

Et arrive le professionnel

Des jeux de cartes

Il bat et il coupe

Devant ses belles

 

Il est l’as des as

Et vous met capot

Avec pique ou carreau

Il a la main ou bien il passe

 

On l’appelle le magnifique

Qui annonce la couleur

Avec un atout cœur

Un peu de trèfle ou de pique

 

C'est aussi le cerveau

Il pose une carte sur le tapis

Et il rit puis vous sourit

Jouant un peu le guignolo

 

Au whist il classe ses cartes par valeur

Et il joue bien sûr le solitaire

Suivant joyeux l’itinéraire

D'un enfant gâté mais pas voleur

 

Un homme et son chien

Qui un jour à bout de souffle

Cet homme dit l’incorrigible

S'en est allé un beau matin

 

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Irréductible (Adrienne)

 

Le petit enfant de Flandre joue aux cartes sur les genoux de son arrière-grand-père, inlassablement, pendant des heures, « broek af ». Aucune difficulté, on dépose ses cartes, une à une, la plus élevée l’emporte jusqu’à ce que l’un des deux joueurs n’ait plus rien en main. Pas besoin de stratégies, seul le hasard détermine qui l’emportera. Le petit enfant n’a que cinq ans et ne se rend pas tout de suite compte que tous ses efforts ne serviront à rien : parfois il gagnera, parfois il perdra.

 

Le grand-père est le roi de la manille mais jamais l’enfant n’a eu l’idée de lui demander comment ça se joue.

Grand-mère fait des « patiences » et ça semble bien plus amusant, même si parfois elle grommelle que « c’est mal parti » ou que « ça ne sent pas bon ».

 

Le père refuse de jouer aux cartes : il connaît toutes les règles mais préfère regarder jouer les autres. Il leur donne des points mentalement. Il sait qui est fort, qui a commis des erreurs, « de beste stuurlui staan aan wal », c’est depuis le rivage qu’on voit le mieux les écueils sur la route des bateaux.

 

L’enfant devenu grand a décidé de faire comme le père : inutile de le prier ou de le supplier de faire le quatrième, non ! les cartes, il n’y touche pas !  
 

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Le t’whist cerveau (Vanina)

 

Le Whist ? Je n’y ai jamais joué.
En Vendée, j’ai vu un jeu d’Aluette. J’ai joué au Barbu au Chien qui pue. Je connais le nom des Dames du jeu français : Judith, Rachel, Argine et Pallas.
Partie comme ça, je pourrais sans doute tenter un abécédaire des jeux de cartes et cartes à jouer ! Mais bon... Je préfère vous proposer un petit dessin.

Capture

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La partie de cartes (TOKYO)

 

J’avais pris la rue Mouffetard, , j’arrivais maintenant devant la rue de la Montagne Sainte Geneviève .vers la place Maubert .

On m’attendait tous les soirs à 18H pour ces fameuses parties de cartes.

 

C’était le quartier le plus pauvre de Paris, l’hiver dernier il manquait de bois et on trouvait des marmots jetés comme des sacs dans la rue.

Puis au milieu des grands parapluies rouges des marchandes de poisson j’ai vu Léon.

Tu vas aussi à la partie de carte m’a -t-il dit ?

On a poursuivi notre route vers le pont saint Michel , pour rentrer dans des rues étroites et sales.

Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve on se retrouvait tous rue saint honoré à 18H pétante.

 

J’avais joué au creps, au passe dix , au trente et un ,au biribi , mais las bas on servait du punch flambé et on jouait au whist toute la nuit.

C’était un tripot connu de peu de monde. Quand on entrait dans la maison de jeu on commençait par vous dépouiller de votre chapeau.

 

Le soir les filles se mêlaient aux joueurs. Ce n’était surement pas le café des colonnes dont la patronne avait une beauté que tout Paris raffolait.

 

Les esprits délicats s’abstenaient de venir ici , on les trouvait flânant dans le parc . Il arrivait que Gerard de Nerval se joigne à nous.

 

Je l’imaginais plutôt lisant la bible sur les hanches cambrées d’une femme nue qui dort.

  Avec son regard mélancolique, il emportait souvent la partie. Il était impossible de se consoler quand on partait plumer comme un faisan.

Avec sa bobine de satyre retraité le patron servait le punch flambé. Il riait et répétait d’un air malicieux ; malheureux aux jeux heureux en amour.

Je remontais la rue saint Denis, pour rentrer chez moi. A hauteur de saint Nicolas des champs je bifurquais à gauche et la nuit m’avalait.

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