04 septembre 2021

Défi #680

 
Whist

6802

Version du jeu à votre convenance.
Dans mon pays, c'est celle de Gand
où, contrairement à celle de l'illustration,
il n'y a pas de mort

 

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L’inventaire (Lilou)

 

On a tous une corbeille, un vieux panier, un plat qui traine dans l’entrée, dans un tiroir c’est la cour des miracles. Vider son sac, son vide poche dans lesquels on trouve :

Un trousseau de clés dont on ne sait plus quelles portes elles ouvrent
un morceau de carton vestige d’un médoc dont on avait oublié l’existence et surtout son utilité.
Un bouton du manteau de la petite dernière qui a tant pleuré et jamais recousu
Une vis rouillée
La barrette cassée de l’aînée qui l’a planquée-là ne sachant quoi en faire
Le mouchoir à carreau bleu de grand-père
Des punaises, des trombones, des bouts de papier une gomme un crayon à la mine râpée
La dernière liste de courses
Des piles AAA pour le baby phone
Des pièces de cinq francs
Une craie pourquoi est-elle là ? parce que !
Un vieux tube de rouge à lèvres dont le raisin écrasé ne révèle pas sa teinte
Une carte d’un ostéopathe en vogue
Et le petit raton laveur en porte clés

 

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Faisan de dire (sous cloche) (joye)

les yeux dans le vide-poche

Mon pote Claude est une sacrée andouille sous roche. Il n’a pas les yeux dans le vide-poche. 

L’autre jour, il se promenait dans son jardin sans pantalon. Il a dit que c’était parce qu’il avait fignon sur rue. À part ça, son loué jardin est très beau, mais très cher. Cela a dû lui coûter les œillets de la tête.

Il se couche dans la baignoire remplie d’huile. C’est parce qu’il aime faire la graisse matinée.

Sa copine Charlotte (la Russe) est d’accord. Elle est vraiment très amoureuse de lui. Quand ils se sont connus, c’était un vrai coup de foutre. 

Charlotte et moi avons peur pourtant que Claude soit ivrogne. Il boit comme une trouille bleue. Souvent, Claude nous pose un Latin. Le dernier s'appelait Santiago.  Je pense même que Charlotte garde une dent contre le chiot sa chienne, c'est toutou. Quoi qu'il en soit,  Claude O. n’a rien à craindre d’elle. Elle croit que la vengeance est un plat qui se mange frais. Et Claude, il aime bien jouer le chef et la faire biscuits.

Perso,  je crois que sa nana devrait aller à Casanova et crier comme un putain.

C’est sans d’outre parce que je suis jaloux comme une pie jaune. J’aimerais bien être Claude ; comme vous pouvez constater, j'aime bien le nougat roux.

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De bric et de broc (Ilonat)

 
Ça y est c’est la rentrée
Mais Clara m’a lourdé.

Dans le joli cendrier rose qu’elle m’avait offert
J’ai balancé en vrac
Le tas de bric à brac
Que j’avais enfourné
Dans un sac en plastique
En quittant sa maison.
Des tas de petits riens
Du bric et puis du broc
Du clinquant et du toc

Des tickets de métro
Les étiquettes de voyage
Le petit cadenas qui fermait ma valise
Deux briquets rouges de différente taille
Une pile Wonder
Une bobine de fil bleu
Va t en savoir pour quoi
Quelques cachets de Doliprane
Pas de raton laveur

Mais ces galets que je chéris
Que nous avons cueillis et caressés
Serrés entre nos mains

Deux clefs USBtiennes
Chargées de souvenirs que je ne lirai plus
L’une avec son étui en gris métallisé
L’autre plus virginale toute de blanc vêtue
Deux bouche-oreilles neufs un peu minables et ridicules
Avec leur jaune canari
Une porte clef avec sa queue en scoubidou
Un stylo bille enseveli sous un amas de pièces de monnaie
Des cents et des pennies
Et des euros accompagnés de leurs décimes

Et  toujours ces galets que nous avons choisis et échangés
Serrés entre nos mains quand nous étions ensemble


Encore quelques items
Quelque peu insolites
Un trombone à papier
Un berlingot Ucggero
Une espèce de carte avec sa vache à lait
Deux cachets anti gastriques
Dont l’un déjà utilisé
Un pin portant en effigie une photo de moi
Quand j’étais militaire…
Elle me l’a balancé à la figure

Mais toujours ces galets que je porte en mon cœur
L’un tout blanchi, poli,  et ramassé en bord de mer
Et les deux autres plus petits, tout gris et crevassés
Que nous avons cueillis au bord de la rivière
Lors du dernier été

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Le vide poche (TOKYO)

 

Oh là là m’étais je exclamé c’est quoi tous ces objets dans le vide poche Professeur.

 

Je m’abreuve à la même gourde depuis l’enfance chère jeanne.

 Tout ce que vous voyez là sont les de menus objets égyptiens empreintés à la civilisation grecque.

J’ai marché le long du Péloponnèse, j’ai vole des perles aux rois de NUBI ,

 Le professeur glisse sa main dans sa poche pour en extraire un lotus géant.

Woua quelle beauté !!

 Au diable votre vide poche je veux ce lotus géant pour moi.

 Je me fou du rêve américain professeur ce lotus doit me revenir.

 

Pleine désespoir je tendis les mains pour accueillir la fleur de lotus.

Ce stupide conférencier s’est mis à bavasser des théories fumantes. Mes narines se sont contractées, et mon appendice étroit s’est mis à se comporter comme s’il était rempli d’haricots sauteurs et de poudre à canon. j’ai pris le lotus et piqué un spring dans le couloir comme si j’avais une guêpe dans mon short.

Je suis rentrée chez moi avec la fleur de lotus. J’ai pris un marteau et des clous et j’ai cloué chaque fenêtre.

Depuis je vis avec mon lotus bleu qui dégage une lumière dorée.

 

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Vide-poche? Avec poche au singulier? (Vanina)

 

Vide-poche... Je ne l’ai pas trouvé dans mes dictionnaires. J’ai trouvé vide-poches, substantif masculin invariable.
Peu importe, vide-poche(s) : quel drôle de thème!

Que ferais-je d’un vide-poches?

Dès mon plus jeune âge, j’ai appris à ne rien mettre dans mes poches qui pourrait les déformer. Deux tolérances: un mouchoir, à l’époque en tissu, et un papier sale en attendant de trouver une poubelle, sans tri sélectif dans ces années-là. Autre exception, dans les poches du manteau d’hiver, pour ne pas les perdre: les gants que l’on n’arrête pas de mettre et d’enlever.

Certes, mon sac contient l’essentiel et plus! Et mes tiroirs à fouillis sont bien garnis... mais pas de vide-poches. Je suis connue pour être celle qui a toujours tout le nécessaire: de quoi recoudre un bouton qui tente de vivre sa vie, le bout de ficelle pour  une réparation de fortune, le sucre de survie, la clef USB de partage de fichiers, le tournevis ou le tire-bouchon du couteau suisse, etc. Cette capacité à toujours détenir l’objet utile m’a même valu un clin d’œil sur cette caricature de l’illustrateur-humoriste Pierre Milon, -nous travaillons pour le même magazine-.

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Quoi qu’il en soit toujours pas de vide poches à l’horizon... La preuve: en vous racontant des bribes de ma vie, je vide mon sac, mais pas mes poches!

 

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1749 (Adrienne)

 
L'Adrienne a été bien étonnée d'apprendre que le mot vide-poches est attesté depuis 1749: elle-même avait bien dix ans quand elle l'a entendu pour la première fois ;-)

Cet objet n'existait pas chez sa grand-mère.
C'est normal, se dit-elle en scrutant la photo proposée par Walrus, grand-mère n'avait ni piles, ni clés USB, ni tickets de métro, ni bouchons d'oreilles... et la menue monnaie restait bien dans son porte-monnaie.
Pourtant, depuis samedi dernier, une question préoccupe l'Adrienne: elle ne se souvient plus où le grand-père rangeait son bouton de col et ses boutons de manchettes, le soir, et où il les retrouvait, le matin.
 

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A la recherche du temps pas trop mal perdu. 1, Les Vide-poches (Joe Krapov)

Malgré l’absence de signalement adéquat, j’ai fini par les retrouver, les photos des vide-poches.

DDS 679 Vide-poches 1On a beau exercer la profession de bibliothécaire, on ne peut tout de même pas, une fois sorti du boulot, continuer à faire du catalogage, de l’étiquetage, du rondage, du marquage et du repérage de tous ses documents personnels : il faut bien respirer un peu, s’occuper de sa petite famille, cuisiner, faire faire les devoirs, emmener les queniaux à la bibliothèque, souffler en jouant aux échecs le mercredi et le samedi avec le docteur Gobé, André Simon , Daniel Tailpied, Luc Rivard et ce vieux descendant d’Ecossais rafistolé de tous les côtés mais aussi prompt à vous raconter des grivoiseries qu’à se laisser planter un échec et mat rapide, le sieur MacLeod, descendant d’un ministre de Louis XV ; il faut remettre remettre le couvert échiquéen le dimanche dans le championnat interdépartemental en affrontant les clubs du Mans, de Champagné, La Suze ou Château-du-Loir et aussi croiser le fer amoureux avec l’escrimeuse et experte en tir au pistolet qui me servait alors d’épouse-en-attente-d’un-retour-en-Bretagne.

Mais vous en avez marre des longues phrases proustiennes et vous n’avez pas compris le mot «queniaux» : c’est ainsi qu’on désigne les enfants en parler sarthois. Pensez à bien rouler les "r", ce faisant.

Parce que c’était en 1997, les vide-poches, et c’était à Sablé-sur Sarthe, une charmante cité que nous nous apprêtions à quitter alors pour la bonne ville de Rennes. Si vous avez besoin d’un repère temporel plus pop-culturel, souvenez-vous que c’est à cette époque-là que la Mercédès de Lady Di a joué au zouave dans le tunnel du pont de l’Alma.

DDS 679 Vide-poches 2Les trois photos sur papier étaient dans une pochette marquée «Pot de départ au château». Oui, la bibliothèque dans laquelle je travaillais était logée dans le château de Sablé qui avait appartenu jadis à Monsieur le marquis Jean-Baptiste Colbert de Torcy, secrétaire d'Etat puis ministre de Louis XIV. Elle doit toujours se trouver là d’ailleurs. Ce n’était pas, à vrai dire, une bibliothèque mais un centre technique de la Bibliothèque nationale de France. Il avait été installé dans ces lieux en 1981 et s’appelait le Centre de conservation du livre imprimé et manuscrit (CCLIM). Je me souviens encore avoir pondu un jour cette krapoverie-ci : «Le CCLIM ne paie pas !».

Je suis arrivé là en janvier 1985. Je suis donc resté douze ans Sabolien ! Rétrospectivement, c’est peut-être un exploit !

Les diapositives se trouvaient dans une boîte dénommée «D 97/11 Festival interceltique de Lorient", mises à la suite de photographies du groupe musical «Mes souliers sont rouges». J’ai donc ajouté sur l’étiquette et dans le listing de mes collections d’images «+ Exposition de vide-poches». Il y met parfois du temps mais le bibliothécaire retrouve toujours tout !

Les deux dernières années à Sablé, j’ai passé la surmultipliée. Je suis devenu, de façon tout-à-fait officieuse et parfois à moitié scandaleuse, animateur-agitateur culturel. J’ai publié des choses diverses, poésies, écrits satiriques, exposé des photographies, entraîné des collègues dans des animations autour du «Temps des livres» puis me suis acoquiné avec un comédien local, Lionel Épaillard, pour organiser des soirées de lecture publique baptisées Hydraulire. Tous les ans je sortais ma guitare le 21 juin pour interpréter sur la place Dom Guéranger des chefs d’œuvres de l’antiquité tels que «Le Lycée Papillon» de Georgius dont j’avais modifié les paroles ainsi :

«C’est en Normandie que coule la Moselle
Capitale Béziers et chef-lieu Toulon
On y fait l’caviar et la mortadelle
Et le député c’est François Fillon»

DDS 679 Vide-poches 3L’exposition de vide-poches relève du même esprit de partage avec tous de ces richesses anciennes que nous voyions passer journellement au travail en vue de les photographier et de les restaurer. Ces objets pratiques ont été la dernière surprenante découverte faite au château, faisant suite aux œuvres du chanoine Schmid, à la collection Smith-Lesouëf, au fonds indochinois et aux brochures Lb39 datant de la Révolution française. Et c’est sans parler de Charles Cros qui vint ici faire des expériences de photographie en couleur et de mes pittoresques et fabuleux collègues, aussi bien les locaux que les immigrés, que je salue au passage.

Je me souviens que ces objets domestiques kitschissimes nous avaient été envoyés par le département des Estampes non pour un traitement quelconque - microfilmage, désacidification et reliure étaient les trois mamelles de ma mère nourricière, la B.N.F qu’à l’occasion j’appelais aussi «l’Abbé Héneffe» - mais juste pour stockage sur la plateforme au-dessus de l’entrée de service, là où avait dû se situer jadis l’usine de chicorée des frères Williot qui nous avait précédés ici de 1920 à 1968.

A l’occasion de la journée portes ouvertes, j’en avais exposé une sélection dans le salon Louis XIII, sous le plafond à caissons, par-dessus le parquet à la Versailles, face au portrait du duc d’Albert de Luynes, ancêtre du duc de Chaulnes qui patati et patata… Comment avez-vous deviné que j’étais aussi responsable des visites du château ? N’oubliez pas le guide, s’il vous plaît !

Voyez comme le monde est fait : cela va faire 25 ans que j’ai quitté la B.N.F. et je reste toujours aussi épaté voire intrigué par l’étrangeté des trésors qu’elle possède. L’instauration du dépôt légal par François 1er en 1539 lui fait obligation de conserver un exemplaire de tout ce qui est imprimé sur le territoire français depuis cette date, y compris ces objets aux couleurs fluorescentes dont le tampon, sur leur verso voire carément sur le visage de ces dames, indique la date de 1929.

C’est fou ! Vous imaginez un de ces trucs-là accroché au mur, chez vous ?

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Peut-être y en avait-il dans les chambres de l’hôtel Alsace Lorraine que tenaient Odilon et Céleste Albaret au 14 de la rue des Canettes à Paris 6e après avoir cessé leur service auprès du très maniaque Marcel Proust ? Allez savoir !

N.B. Les trois photos sur papier qui illustrent le texte sont certainement l'oeuvre de Philippe Masseau.

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Vide-tête/poches du cerveau (Laura)

 

Je demandais à mon mari comment il faisait pour dormir. Il me répondait, je ferme les yeux. C’est ce qu’il a fait un soir… sans se réveiller. Depuis cette phrase, cette image de lui seul, qui a mal (à quel point et combien de temps ?)  tous les mots, les images, les paysages de lui, de nous de moi qui m’enrichissent souvent  et ma pèsent aussi… souvent. L’écriture sert de vide –tête/poches du cerveau… partiellement, met des mots sur les maux mais ce qui se vide d’un côté de la tête, d’une poche du cerveau, se remplit de l’autre. C’est ce qui fait l’intérêt de la vie… souvent… et sa dureté aussi. Il me manque le sucre, l’amour qui adoucit et/ou le sel, le piment, cette complicité qui fait passer l’amertume.

 

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