26 juin 2021

Défi #670

 
Comme initié par MAP dès 2012,
pendant les huit semaines d'été,
le sujet n'est pas un mot mais une image.

Nous empruntons donc la première à sa collection personnelle :

 

6701

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Rencontre (Clio101)

 

     —    Excusez-moi, vous êtes bien Sophie ?

     Sophie soupira.

     Sans la voir elle savait qui était la personne derrière elle.

     Une voix masculine, amicale certes, mais avec un soupçon de certitude de soi et d’arrogance.

     Sophie se retourna lentement.

     Devant elle un homme.

     Large d'épaules, vêtu d'une élégante chemise à rayures rouges et blanches et d'un pantalon noir. La dureté de son visage triangulaire adoucie par des cheveux brun clair légèrement ondulés, un sourire plein de douceur et de beaux yeux en amande. A cela s’ajoutait un teint chaud qui, associé à toutes ces autres qualités, lui donnait un charme certain auquel Sophie n’était pas insensible. Son affolement suite aux nouvelles reçues de Cassandre la firent redescendre sur terre.

     Dans un accès de mauvaise foi le beau bronzage ne devint qu'une banale coloration aux U.V. Et ce ton de voix, pétri d’assurance l’agaçait déjà.

     —    Qui êtes-vous ? Et comment connaissez-vous mon nom ?

     Le ton volontairement hostile de Sophie ne déstabilisa pas l’homme. Avec une lenteur exaspérante il sortit son téléphone de sa poche, et, le tenant à bout de bras, lui présenta une photo de Cassandre et elle sur Instagram, enlacées à côté de l’immeuble.

     —    C’est la magie des réseaux sociaux, commenta-t-il d’un ton nonchalant. Quelques noms récupérés, des croisements et bim ! Un nom et une adresse ! Je m’appelle Corentin au fait. Le charmant jeune homme aux côtés de la jolie Cassandre hier soir.

     —    Cassandre est fiancée.

     Le ton peu amène de Sophie voulait couper court à toute tentative de dialogue. Nullement impressionné, Corentin poursuivit.

     —    Fiancée ou pas, la demoiselle avait l’air bien plus heureuse à mon bras qu’à la perspective d’épouser ce petit falot de Charles. Et oui, sourit-il d’un air narquois, la miss Cassandre ne se confie pas qu’à sa meilleure amie.

     —    Entre le stress du mariage, un peu trop d’alcool et l’euphorie de la fête, n’importe qui peut se croire un peu amoureux. Vous ne connaissez pas Cassandre, elle aime profondément Charles et sera très heureuse avec lui. Hier soir ce n’était qu’un léger dérapage.

     Sophie sentait bien que ses paroles manquaient de conviction.

     Pire, qu'elles niaient la réalité.

     Les larmes de Cassandre au téléphone.

     La joie qu'elle avait perçue la veille dans les yeux de son amie alors qu’elle se trouvait auprès de Corentin.

     Pour une fois depuis bien trop longtemps, avait-elle songé, Cassandre avait semblé vraiment heureuse.

     Moqueur, Corentin reprit.

     —    C’est un très beau discours. Mais il donne l’impression que c’est plutôt toi que tu cherches à convaincre, je me trompe ?

     Scotchée, Sophie resta muette plusieurs minutes, cherchant une phrase cinglante qui ferait taire cet agaçant jeune homme.

     —    Ecoute petite, tu auras beau dire tout ce que tu veux, la décision revient à Cassandre. Alors je te propose quelque chose si tu veux bien. Je t’accompagne chez elle et ce sera elle qui choisira.

     —    C’est hors de question, s’écria Sophie, hors d’elle.

     —    Je ne te laisse pas le choix ma jolie. Et n’essaye pas de me semer avec ta bécane, renchérit-il en désignant la trottinette que Sophie avait enfourchée, j’ai de grandes jambes et je marche vite.

     Sans laisser à Sophie le temps de protester plus avant il tourna les talons et se mit en route.

     Résignée, Sophie le suivit.

 

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L'ultraviolet n'est pas une couleur (joye)

l'ultraviolet

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UV Attention Danger par bongopinot

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V comme violent (Adrienne)

 

Pour l'Adrienne, rayon UV veut dire 'ultra-violent'.

Elle est comme monsieur Bordenave: elle n'aime pas le soleil.

Entendons-nous bien: elle aime le soleil qui fait mûrir ses framboises ou qui réchauffe la terre pour y faire germer toutes sortes de graines.
Mais pas sur sa peau.

Sur sa peau, elle a tout essayé: les crèmes solaires facteur 50, les chapeaux de paille, l'ombre des arbres... rien n'y fait.

Chaque année, pendant toute son adolescence, malgré les précautions prises, les vacances familiales ardéchoises avaient très vite le même résultat: la brûlure.
Grave.

Pourtant, elle s'enveloppait dans un drap de bain jusqu'au moment de plonger dans la rivière.

Pourtant, elle restait à l'ombre et même dans la tente (surchauffée) aux heures les plus dangereuses.

Pourtant, elle ne se promenait jamais en maillot de bain, comme le faisaient tous les autres.
Qui bronzaient allègrement.

Conclusion: il y a toutes sortes de violences et toutes sortes d'inégalités :-) 
 

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Donner vie aux rêves (Vanina)

 

Mon père, créateur, toujours à la recherche de nouveaux effets magiques, a, un temps, réalisé pour lui, ou en tant que metteur en scène, des spectacles, des numéros de théâtre noir. Le secret du théâtre noir, c’est la lumière ultraviolette, parfois appelée "lumière noire" ou "lumière UV". Les salles de spectacle, du théâtre au réfectoire de l’école, sont plongées dans l’obscurité: les murs recouverts de tissu noir. En plus de ces rideaux noirs, et de l’éclairage UV, les costumes et tout les actants sont fluorescents. Cette technique permet de créer des illusions visuelles complexes car l'œil humain n’est pas capable de distinguer des objets noirs sur un fond noir. En revanche les objets fluorescents deviennent aussi lumineux que si la pièce était éclairée.
Passons le côté technique.
Papa a longtemps travaillé pour les cabarets parisiens, utilisant la lumière noire pour faire naître des nuits blanches... Il a aussi beaucoup participé à des arbres de Noël: pour les enfants, il faisait surgir de l’obscurité un arc-en-ciel fluorescent de marionnettes.
De numéros en spectacles, de mise en scène en chorégraphie, de dessins en livres, Papa créait sans cesse. De plus, notre enfance a été bercé par des monstres sympathiques que notre grand-mère anglaise aimait inventer. C’est donc naturellement que mon frère aîné a suivi les traces de Papa comme accessoiriste tout d’abord, apprenant ainsi les bases du métier, avant de devenir marionnettiste/conférencier en lumière noire et de se faire son propre nom. Papa lui a fait un cadeau extraordinaire: il lui a offert des numéros qu’il avait créés et l’a aidé à monter le "Blacky’s Show". Un numéro visuel international, unique au monde, car réalisé par un seul manipulateur.
Des anecdotes me reviennent en mémoire, mes parents ouvrant leur valise à l’aéroport et le douanier sortant une cagoule noire... Le terrible incendie qui ravagea le cabaret Le canotier du pied de la butte ainsi que tout le matériel de mon frère qui était à l’intérieur. Et pour que Xavier puisse reprendre son travail au plus vite toute la famille "re-fabriquant" les marionnettes en quelques jours de vacances d’été: l’une cousant, l’autre tordant les cordes à piano, ou clouant, etc.
Mais ce que je voulais vous dire, c’est que parmi les chorégraphies que j’affectionne qui sont passées du père au fils, il y a Le Tango
Que la lumière ultraviolette soit!

Ci-dessous, mon frère en action lors d’une conférence. Vous y apercevrez un extrait du Tango.

va

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Participation de JAK

 

J’affectionne le violet car il est  ultra chic
d’ailleurs dans mon jardin il y a  que des colchiques

Je le préfère au verdelet  bien trop tendre et passif
J’abhorre avec vigueur le  rouge, qui est bien    agressif

Mais surtout pas, n’me parlez pas des ultras, car eux je les déteste,
Et lorsqu’ils sont violets, de crème me protège
Je n’aime pas l’invisible, il me faut au grand jour tout  voir
Et les ultraviolets  qui  dansent sont invisibles, ces hypocrites noirs,
Eux qui , sur les plages  endommagent  les filles aux seins nus
Croyez-moi ils ne  sont pas pour moi  les  bienvenus

Quand la peau  alors trinque et se mélanomise
Quand jusqu’à l’overdose, elle se pustulise
Quand elle envahit tout le corps
Alors j’hurle  NON ! et  encore et encore

Amis du soleil cet ardent faiseur d’ultraviolets
protégez-vous-en vraiment, siouplait ! 
 

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Lumière noire (Joe Krapov).

DDS 669 Et Dieu créa la femme

Et Dieu créa la femme !

Or très souvent femme varie. Elle s’aime en tutu, en Tati, en louloute, se trouve bien en louve, est ravie en Lola, avenante de Nantes qui vole à Demy la vedette.

Jamais rien de traviole, ultra-chic, elle trotte, irradie. Elle s’est au fil du temps lotie d’une variété de rôles triés sur le volet : Violeta (Traviata), Lorelei, Lolita, elle rutile sur la scène ou sur le Rhin ou fait l’étoile sur la toile.

Elle est amour d’autrui, vérité nue, reine de tarot, volute bleue, fée à main verte, ouvre la route de l’Oural et des « hourra ».

C’est la plus belle trouvaille du Travolta céleste. Si elle n’a de valeur qu’une côte d’Adam, pour deux sous de violette un arc-en-ciel paraît. Nous voilà outillés d’un kaléidoscope de vertu, d’orteils peints, de «Tortue, vite, vite !», de «Passons outre à tout !», de «Pêche un peu la truite !», de «Chasse un peu la loutre !», de «Qui luttera vivra et qui vivra verra !».

Et Dieu créa la femme !

Puis il la fit entrer dans ta vie !

DDS 669 Proust tailleur de vétillesDès lors illuminé, ébloui, envoûté par ses trilles de roitelette, ses ariettes, ses triolets d’alto, toute cette oralité qui éteint aussi bien les rivalités que les trivialités, le troll devient voleur de feu, rêveur d’ovule, tirailleur, amiral ou simple travailleur. Pour devenir l’alter ego de cette fée il prend truelle et lui construit une villa. Le voilà valet voûté, cuisineur de ravioles, tartes et ratatouilles, pêcheur de tourteaux sur le littoral, auteur de tutoriels, livreur de vitres à vélo de Vire jusqu’à Livarot, tailleur de vétilles entre Cabourg et Trouville, ravitailleur en vol, travelo virtuel et même parfois violeur de lois.

Et Dieu créa la femme pour qu’elle chauffât Marcel, comme a dit le Trouvère du plat pays !

A cet amour de la bronzette jusqu’au rôti, ajoutons-y un peu de «n» et ce sera… ultraviolent !

Mais aussi… quel jeu de lumière, quel éclat fort et volatil, quel rayon de soleil, cet instant où l’on sait que c’est, que ce sera toujours toi, toi mon toi et pas une autre !

J’ajouterai encore deux choses qui n’ont rien à voir ici :

De cette vie qui nous travaille
Rien n’est fixé dans le vitrail
Et pas même l’heure dernière

Pour qui se veut croire immortel.

Et

La Lorelei : malgré son bon coup de Rhin
N’avait pas le pied marin.

DDS 669 Lorelei

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Question de vision (Kate)

 

Alors "ultraviolet" ? Comme vous y allez ! Percutant, même si j'ai, comme Godot qui aurait attendu "infrarouge" qui comme Madeleine ne viendra pas, du moins pas cette fois !

Alors, ultraviolet : l'ambigüité des rayons solaires, les UV : la vie, l'antirachitisme, la chaleur et les brûlures, les destructions de la peau par absence ou insuffisance de protection... telle serait la question ?

Donc, violet le flacon du parfum "Ultraviolet" : couleur originale, union du bleu et du rouge plus ou moins réussie. Combien de violets ratés pour un seul réussi ? Mais ceci n'est pas la question, enfin, si peu.

Ah ! Paco ! Il a envoyé du bois, ou plutôt du rhodoïd et du métal pour des robes inmettables, ces matières n'ayant pas la souplesse de la rabane évocatrice des plages des années 60, matière végétale et douce, mais est-ce bien la question ?

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Ah oui, Monsieur Rabanne, avec deux "n", de l'audace d'un parfum nommé "Calandre" à celui nommé "XS" et du triomphant "Invictus" dans sa boîte métal (formidable, la boîte !) à la fin du monde qui ne saurait tarder...

0

Paco Rabanne, génial et Seventies, détonnant et exotique : ultraviolet, c'est du lourd, même si je serais plutôt dans des ambiances "Five o'clock", "Filles en aiguilles", "Féminité du bois", aux accents de santal, portant des sandales et loin du scandale, mais là n'est pas la question, si, quand même un peu... si peu !

Alors, à défaut d'aller faire un tour du côté de chez Swann (oui, j'irais bien...) mais là non plus, pas spécialement la question...

Allons voir le spécialiste des couleurs : si

a noir,

e blanc,

i rouge,

u vert,

o bleu et qu'on termine par l'étrange

" -Ô l'Omega, rayon violet de Ses Yeux !"

comme chacun sait, du noir de l'origine à l'oméga du violet, et qu'on oublie tous les commentaires sans fin sur ce magnifique poème de 1871, on ne reste pas sans penser aux yeux d'Elsa, mais d'elle il n'est pas question, si ? Non !

Des "Voyelles" aux couleurs voyantes du "Voyant", embarquons, toujours cette même année 71, pour

"les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs" sur le Bateau ivre qu'on redécouvre à chaque lecture dans toute sa splendeur, mais est-ce encore la question ?

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Dans son dernier livre, "Paris fanstasme", Lydia Flem analyse quelques mètres carrés au coeur de Paris : la rue Férou et extrait de cette parcelle géographique une histoire humaine et littéraire dense...

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Si dense que le Bateau ivre y est inscrit en fresque sur un mur par un artiste qu'elle a vu à l'oeuvre et qui offre à tous une vision magnifique du texte, peu importe si c'est la question d'ailleurs.

Du formidable "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans" (1870), qui résonne encore en moi comme si c'était hier, il me reste ce goût du voyage, de l'échange, de la littérature et de la découverte mais aussi celui de la légèreté : c'est bien là toute la question, non ?

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