22 mai 2021

Défi #665

 

Arrivée, attente, départ ?

 

Quai

 

6651

 

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Le pacha par bongopinot

 


Tu te fais beaucoup de tracas
Dans ta maison trop grande
Tu mènes pourtant la vie de pacha
Dans tes jardins de lavande

Tu offres une œillade à la vie
Qui te procure tant de choix
Mais quand arrive la nuit
Tu ressens de l'effroi

Tes pensées nébuleuses
Obscurcissent ta raison
Il te faut une amoureuse
Pour retrouver ta passion

Toi l'éternel amoureux
Loin du misogyne
Tu voudrais être heureux
Avec une colombine

Tu vois que la vie de pacha
N'est rien sans un amour
Tu en as marre du célibat
Tu aimerais qu'arrive enfin ton tour

Un mariage entouré d'amis
Des enfants qui font du bruit
Et que s'envolent l'ennui
Pour des années qui sourient


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Eriadécéba (joye)

Un pacha,

Devenu abbé,

Bien coincé

Et obsédé,

Soucieux

Dans sa nef,

A songé

A sa hache.

Ici

Gît

Un cas

Irrationnel :

Quand on aime

Sans haine,

On brise les os,

On se paie

Des culs.

On chante un air

De politesse.

On prend le thé

Que d’autres ont eu

Pour s’abreuver

D’un double Vé,

Et voir son ex

Au pays grec

En regardant « Z ». 

 

NDLR ☕

- Eriadécéba était la concubine du protagoniste qui s'est enfuie avec l'acteur Yves Montand.

- Vé est un thé exotique infusé exclusivement pour le protagoniste de ce texte. 

- Les très gentil·le·s lecteur·trice·s prononceront "ex" comme la lettre "x" en français pas dans la langue du perfide Albion. 

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Dormir comme un pacha (Joe Krapov)

DDS 664 Alice

Si je suis ce pas-chat que Natacha n’attacha pas et qui fâcha Sacha, car me sachant peu chaste, il crut que j’en voulais à Ninette sa minette alors que simplement on avait convenu d’aller ensemble au bal de charité ce soir danser le pas chaloupé du pas cha-cha-cha gai que chante Marie-Thé en robe pas-chamarrée de soie pas-chatoyante et que rythme Charlie de sa pas-charleston, si tout ce pas-charivari vous avarie l’ouïe ou vous ravit l’oreille, si chez le pas-chapelier fou vous épas-chafaudâtes des hypothèses savantes sur le pas-loir entré dans la théière de Schrödinger, permettrez-vous quand même que je vous souhaite, Alice, un joyeux non-anniversaire ? demanda le sourire du pas-chat de Chester.

Alice pas-charitable ne lui répondit pas. Elle s’était endormie légèrement pas-chafouine dans une cagette en bois, rêvant qu’elle était chat et s’appelait Chouchen.

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Lorsque j’entends Pacha, je pense Omar Pasha (Vanina)

 

Loli (Louis-Olivier) et moi sommes nés à quelques mois d’intervalle. Nos mamans, nos parents, se connaissaient bien. Ils ont travaillé ensemble, puis se sont côtoyés dans le monde du spectacle en toute amitié, chacun des couples traçant sa route. Aujourd’hui encore, il leur arrive de se croiser au détour d’un théâtre avec toujours autant de plaisir.
Enfants, alors que nos parents travaillaient, Loli et moi jouions ensemble. Plus tard, me rappelant un de nos souvenirs, il me dit que j’étais plus délurée que lui. Est-ce dû au fait que je suis la petite dernière d’une fratrie de six et lui, enfant unique?
Adolescents, lorsqu’un accident de sport me laissa paraplégique, Loli me parla du côté positif des cours du CNEC (Centre National d’Enseignement par Correspondance). Lui, suivait ses parents en tournée, moi j’avais décidé de me concentrer sur ma rééducation.
Quand je pense à nos vies, que je compare la façon dont nous avons été élevés, je me dis que la fantaisie créatrice qui avait cours à la maison était chez Loli remplacée par une inventivité plus sage.
Il nous arrive encore de nous rencontrer ici ou là, lorsque Loli réside en France entre deux tournées. Car depuis une dizaine d’années, il n’est plus l’assistant mais a repris le rôle principal que tenait son père dans leur numéro de Théâtre Noire « Omar Pasha ». Nous avons des goûts communs pour le spectacle vivant, bien sûr, mais aussi pour les arts plastiques, la photographie, en particulier, dans laquelle Loli excelle. Alors au détour d’une exposition, d’un restaurant, nous échangeons conscients de ne pas nous être vus depuis longtemps et pourtant comme si nous nous étions croisés la veille.

En quelques extraits, une illusion du mouvement de ma vie comme en donnerait un phénakistiscope...
J’ai profité de ses souvenirs revenus en mémoire pour aller sur le site d’Omar Pasha:
https://www.magicomarpasha.com/fr/
En flânant sur le site, dans la chronologie, j’ai vu qu’il était fait référence à Papa, plusieurs fois, puis  en cliquant sur « les unes » (encadré à droite de la page d’accueil), j’ai découvert un hommage à Papa : merci amis Ostrowsky!

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Du goût et des goûts, l’œuvre… au noir (tiniak)

 

On s’était déjà résignés à bouffer le Marcel. Mais bon. Sans trop se forcer, vu comment il nous lâchait des méga caisses à dégoûter une porcherie, le Marcel ! Et des caisses comme celles-là, dans un sous-marin en perdition au fond des Caraïbes, ça vous vaut tous les Zyklon B de la Seconde. Ah, ça ! Il s’y entendait le Marcel en prouts…

Après, il y avait eu l’Emile. Mais bon. Si ça se trouve, il aurait fini par nous la refiler, sa saleté de maladie, avant que d’hypothétiques secours viennent nous délivrer de là. Bon. On les a tout de même boulottés, l’Emile et son zona.

Si ma mémoire est bonne, ce fut le tour de Boris, ensuite. Le clairon. On aimait bien ses jeux de mots à la con. Mais bon. Bonne viande, Boris. Bonne viande.

Après, ben il ne resta plus que nous trois. Les autres carnes étant confinées dans le compartiment contaminé.

Rien n’avait été décidé quand vous êtes arrivés, en fait. On n’était plus trop pressés de se bouffer, en fait. On se laissait crever, tout doux.

Alors, quand vous m’avez ranimé, moi aussi ça m’a surpris de voir Albert (le petit Albert qu’amuse toujours la galerie, d’habitude), à genoux, les mains dans le ventre du commandant, les yeux exorbités et répétant avec un air de dégoût plutôt prononcé, hein ?


Répétant : “J’aime Pacha… J’aime Pacha… J’aime Pacha !”

titan

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Deux étudiants et un pacha (Clio101)

 

            L’ouïe aiguisée de Serge finit par percevoir le pas nonchalant de l’homme et couina pour avertir sa maîtresse.

Sophie se retourna et blêmit.

            Son patron s’approchait d’un pas nonchalant vers eux, bras croisés dans le dos, la tête haute tel le capitaine de navire qui s’attend à ce que ses ordres soient obéis et même devancés. L’homme, gras et arrogant, le cheveu coiffé et gominé, perpétuellement habillé d’un costume de prix, tenait plus du pacha moderne que du directeur de laboratoire. Le regard qu’il lui lança, loin d’être une œillade, lui faisait penser à celui d’un serpent qui allait hypnotiser sa victime avant de la dévorer.

—    Alors ma petite Sophie, susurra-t-il, toujours aussi studieuse à ce que je vois, à rester travailler sur ses expériences alors que tous ses collègues sont partis.

Studieuse ou plutôt stupide, songea Sophie amèrement, de celle qui se prive de toute protection.

—    Mais que vois-je, poursuivit son patron en avisant Serge. Outre le fait que sa présence ici soit strictement interdite par le règlement, je n’ai pas manqué d’observer que ce rat est très intelligent. Il n’a pas sa place dans un laboratoire de chimie mais serait parfaitement à son aise dans le département dédié au comportement animal. Si tu me le remettais, je pourrais oublier de signaler cette infraction à la direction. Ça t’éviterait d’avoir à rechercher un nouveau groupe de travail pour ta thèse.

Tout en parlant le directeur s’était rapproché de Sophie la main tendue, comme s’il était persuadé de sa soumission immédiate. Celle-ci mesurait les risques mais ne pouvait se résoudre à livrer son rat à d’autres mains que les siennes.

            Elle fit mine d’obéir à son professeur et saisit Serge avant de s’approcher à pas lents et prudents. L’œil du scientifique brillait de convoitise et il tendit la main pour s’emparer du petit animal.

            Au dernier moment, la jeune thésarde se baissa brusquement et projeta Serge au sol en lui hurlant de courir. Celui-ci s’exécuta, non sans jeter un coup d’œil inquiet vers sa maîtresse.

—    Petite idiote, éructa le professeur en voyant le rat s’enfuir.

Il tenta de retenir Sophie par le bras mais celle-ci se dégagea d’un coup de coude et se précipita hors du laboratoire à la suite de Serge.

Les couloirs de l’institut de recherche étaient déserts. Dans la quasi-pénombre, le silence faiblement rompu par l’air conditionné, le vrombissement des installations de chauffage et la lumière blafarde des panneaux indiquant les sorties de secours, privé du bruit des pas et de l’écho incessant des conversations, le centre de recherche devenait tout soudain inhospitalier et hostile.

Sophie et Serge coururent dans les dédales de couloirs et d’escaliers, sans savoir où leurs pas se dirigeaient, sans autre but que d’échapper au professeur dont la voix tonitruante retentissait et les poursuivait sans relâche. Au bout d’un temps qui leur parut interminable, le souffle court et les pattes coupées, ils s’effondrèrent dans un bureau, heureusement ouvert. Le cœur battant au point qu’il lui semblait vouloir s’arracher de sa poitrine Sophie tendait l’oreille. Les sussurations malveillantes du professeur ne retentissaient plus. Au bout d’un certain temps, voyant que son cœur se calmait peu à peu elle se leva aussi silencieusement que possible pour passer la tête dans le couloir et lire la plaque sur la porte du bureau. Elle revint ensuite s’asseoir auprès de Serge et le saisit dans ses bras.

—    On est dans l’aile Ouest, au premier étage, chuchota-t-elle en le caressant pour le calmer. Ce sont les bureaux de l’administration. A cent mètres de l’endroit où on est il y a un escalier qui mène droit vers la sortie. Je vais vérifier que la voie est libre puis tu sortiras aussi vite que possible. Moi, j’occuperai le professeur s’il vient de ce côté.

Serge couina vigoureusement, comme pour exprimer sa désapprobation à l’idée d’abandonner sa maîtresse.

—    Tu me retrouveras forcément, répondit-elle en continuant de le caresser. Tu connais ma voix, tu connais mon odeur. Tu sauras me rejoindre plus tard. Va te cacher auprès de ta famille le temps que le professeur t’oublie. Il est très intelligent mais il veut s’intéresser à tous les sujets possibles et imaginables. Dès qu’il lit quelque chose de nouveau il abandonne sa recherche en cours et creuse ce nouveau domaine. Ne t’inquiète pas pour moi, je ne risque pas grand-chose. Je vérifie que la voie est libre et tu fonces, d’accord ?

Serge couina de nouveau mais le ton de son couinement avait changé, comme une interrogation inquiète. Malgré les paroles apaisantes de Sophie il répugnait à la laisser aux mains de cet homme insupportable.

Elle ne lui laissa pas le choix néanmoins. Au moment où Serge allait couiner derechef pour assurer qu’il ne la quitterait pas, la voix sussurante du professeur se fit entendre.

—    Je sais où vous vous cachez. Si vous ne vous montrez pas maintenant j’avertis une entreprise de dératisation et croyez-moi, ils ne seront pas aussi conciliants. Le rat sera traqué sans relâche et une fois qu’il sera prix : couic !

—    C’est le moment, chuchota Sophie. Fonce !

Sans laisser à Serge le temps de protester plus avant elle sortit en trombe du bureau et se mit à courir du côté opposé à la sortie tandis que le petit rat se précipitait vers la porte. C’était sans compter l’obstination du scientifique. Il ne prêta nulle attention à son élève mais se lança à la poursuite de l’animal. Voyant cela Sophie retourna sur ses pas et partit à la suite du professeur.

Ils dévalèrent les escaliers et traversèrent plutôt qu’ils ne franchirent les portes battantes qui menaient vers le dehors.

Dans sa hâte à mettre le plus de distance possible avec le professeur Serge courut droit devant lui sans s’apercevoir qu’il fonçait vers un mur. Quand sa course fut brutalement stoppée par la masse sombre des pierres il ne trouva derrière lui que l’ombre massive du professeur qui le dominait de sa taille. Serge se figea de terreur. L’homme, le regard avide et vengeur tendait déjà les mains pour s’emparer de lui.

Muette et désespérée de son impuissance Sophie assistait à la scène le regard baigné de larmes.

—    Ah ah, murmura le scientifique savourant son triomphe. Maintenant tu es à moi et rien ni personne ne pourra te sauver.

Ces dernières paroles rallumèrent le courage de Serge. Il y avait encore de l’espoir. Il lança de longs couinements aigus et discontinus, comme une sonnette d’alarme.

D’abord surpris, le regard du professeur se mua en une profonde terreur quand des milliers de petits pas grouillants foncèrent vers lui en émettant des cris rageurs.

Figé sur place un court moment par cette assemblée qui menaçait de l’engloutir il prit ses jambes à son coup et disparut dans la nuit.

Au même moment la vague mouvante se retira aussi rapidement qu’elle était venue dans le caniveau, non sans avoir adressé à Serge de profonds couinements et salutations.

Sophie se précipita vers lui et, les yeux encore humides mais le regard soulagé le saisit dans ses bras et le serra contre elle. D’un commun accord tous deux décidèrent de rentrer dans leurs pénates.

Quand le lendemain survint et que les deux complices revinrent triomphants au laboratoire, le professeur, attablé dans toute son arrogance sur l’estrade, perdit aussitôt de sa superbe et fut avec Sophie aussi doux et pédagogue qu’il le pouvait.

Serge devint la mascotte du groupe de recherche et reçut chaque jour sa part de caresses et de friandises de la part de toute l’équipe.

Sophie, bien plus prudente, ne lui apprit pas à lire au laboratoire mais dans sa chambre de doctorante.

Vous voudriez sans doute savoir ce qu’il advint d’eux ensuite mais cela est une autre histoire.

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De pacha à Pagnol (Kate)

 

Peut-être

Avoir tout

Craintes et angoisses abolies

Hériter beauté amour et gloire

A ne plus savoir qu'en faire

"Une existence pachalesque", expression exotique dix-neuvièmiste évoquée par Nerval dans "Voyage en Orient" peut s'avérer ruineuse, à tous les sens du terme, quand le train de vie, une fois lancé à pleine vitesse, ne peut plus être ramené sur des rails exempts d'excès de toute sorte et donc s'acheminer vers une insatisfaction programmée voire propulser vers une chute vertigineuse...

La lecture récente du livre d'Alain Abelhauser, "Un doute infini. L'obsessionnel en 40 leçons", m'a faire rire quand le psychiatre évoque certains souvenirs d'enfance et particulièrement quand sa mère parvient à entraîner toute la famille à la gare des heures à l'avance afin de s'assurer de ne pas rater le train pour partir en vacances et il m'a fait sourire quand lui-même évoque son propre côté obsessionnel, mais il a de qui tenir... Livre écrit à la fois avec distance et implication où l'auteur glisse l'expression "tous les châteaux de ma mère", qui a retenu toute mon attention.

Reconnu tout de suite l'allusion au titre du deuxième tome des souvenirs d'enfance du jeune Marcel, "Le château de ma mère", et tous les rêves merveilleux qui trottaient dans sa tête dans cette Provence édénique qu'il a su immortaliser aussi bien dans les personnages que les paysages.

"Tous les châteaux de ma mère" : un bonheur absolu, que l'on rêve, fantasme, qui nous hante, vers lequel on chemine, qui concrétisera le fait qu'il est à notre portée d'être un "pacha" à qui rien ne manque, qui aura tout ce qu'il désire et saura s'en contenter...

J'ai alors pensé à Nicolas Pagnol, vu récemment à la télévision qui mène une vie dédiée à la "gloire" de son grand-père, et qui, s'il a certainement les moyens de "mener un vie de pacha" (comme on dit), livre à l'interviewer sa définition du bonheur : "ma définition du bonheur, c'est la simplicité, en vouloir le moins possible, se contenter de peu".

Comme le disait si bien mon propre père, "tant qu'on a la santé !" et "si l'argent ne fait pas le bonheur, il aide à vivre, qu'il ne soit pas un maître mais un serviteur"...

 

 

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Moukhtar Pacha (Vegas sur sarthe)

 

En début d'année scolaire la maîtresse avait eu l'idée saugrenue de demander à ses élèves ce qu'ils aimeraient faire plus tard, comme si ça la regardait.
Moukhtar avait écrit Pacha.
Après tout, ça ne prête guère à conséquence et puis il existe des mots de cinq lettres pire que ça ; de plus ça ne mange pas de pain, un pacha ça mange de la pita et pas du pain.
En ramassant les copies mademoiselle Carrel s'était bien gardée d'épiloguer, se contentant d'un regard soupçonneux en lisant la réponse concise de Moukhtar Pacha.
Dans cette classe hétéroclite elle venait de recenser dix futurs enseignants, huit futures sage-femmes, quinze futurs pompiers, un futur pacha et un petit malin qui voulait juste l'épouser et qu'elle allait devoir convaincre que ça n'est pas un métier !

Elle mesura en soupirant le chemin à parcourir pour faire de ces têtes mal dégrossies les prochains acteurs d'un monde en plein désarroi alors qu'on venait tout juste de repaver le Boulevard Saint Michel, de balayer la chienlit alors que Lautner donnait l'occasion au commissaire Louis Joss incarné par Jean Gabin de crever l'écran ...
Mademoiselle Carrel s'était fendue d'un mot à l'attention de ses parents dans le cahier de correspondance de Moukhtar qui relatait bon nombre d'avatars.
Vouloir être pacha, c'est comme vouloir épouser sa maîtresse, ça n'est pas un métier sérieux.

Trente années ont passé pour les grands comme les petits et Mademoiselle Carrel vient de prendre une retraite bien méritée.
En remisant dossiers et souvenirs à la cave, elle a relu quelques copies perlées et feuilleté l'album des photos de classe que lui ont constitué ses collègues.

En revoyant la phot de classe de 68, peut-elle imaginer un instant que Moukhtar a fait son chemin dans les salles obscures, se nourrissant de cinoche et de pop corn pendant toutes ces années, étreignant les plus belles starlettes et réglant leur compte aux truands?
Ah il en a vu tourner des cons sur orbite, ceux à qui on ne cause pas de peur de les instruire.
Il est convaincu que la pire maladie pour un homme – et encore plus pour un pacha – c'est d'aimer une seule bonne femme et que les bastos c'est plus facile à donner qu'à recevoir, aussi rabâche t-il ces répliques en poussant quotidiennement sa serpillière dans les couloirs du 36 Quai des Orfèvres. Peut-elle imaginer un instant que Moukhtar a réalisé son rêve de gamin ?

 

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