08 mai 2021

Défi #663

 
Parmi les 85 mots en œ du CNRTL
j'aurais pu choisir œdipe
mais j'ai opté pour

Œillade

6631

 

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Nébuleuse comme... (Laura)


Nébuleuse comme la vue ce soir de ma fenêtre
Je ferme les volets et retourne
A mes pensées nébuleuses
Plus j'essaie de les ranger
Plus elles m'échappent,
Allant de brouillard en nuage
Dois-je retourner au paysage
Extérieur ou continuer la recherche
 

D'un semblant d'équilibre?

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Promenade dans les astres (Clio101)

 

       Ce soir-là l’envie me prit d’aller observer les étoiles.

       Après m’être emmitouflée je descendis rejoindre la plage en empruntant le petit chemin attenant à la maison.

       Sans présence humaine, sans les rires des enfants, les jeux dans le sable et les longues discussions, la plage, la mer, les rochers, reprenaient leurs droits sur ce monde et menaient leur vie propre. Même les lumières de l’autre côté du golfe, infimes traces des hommes, devenaient pareilles aux astres qui peuplent les cieux.

       Je m’allongeais sur le sable et, pour faire taire mes pensées sur les innombrables questions de la vie quotidienne et le futur que me réservait demain, je fermais les yeux et me focalisais sur le seul mouvement de flux et reflux des vagues. Ce va-et-vient continuel du roulement et du retrait de l’eau me berçait et m’intégrait dans le tout de la nature, minuscule grain au milieu d’un univers sans bornes.

       Il me semblait que mon esprit s’évadait de mon corps et rejoignait le cosmos. Ma pensée n’était plus claire, rationnelle, ordonnée, orientée vers un but que je croyais essentiel, mais nébuleuse, vague, enchantée. Des parcelles de souvenirs, des éclats de rire, une chanson, une parole qui à un moment donné m’avait émue, des récits loufoques sortis de ma tête venaient me rendre visite pour s’évanouir aussitôt. Je voguais longuement le long des constellations, m’émerveillais des jeux de lumière formés par le mouvement des étoiles, saluait la Lune qui, inlassablement, commandait aux marées et veillait sur son amie la Terre et m’envolait vers les mondes multiples des galaxies lointaines où l’être humain ne mettrait jamais le pied.

       Le long de notre vie terrestre nous courons souvent d’un lieu à un autre, de points de rendez-vous en lieux de rencontres, d’horaires de train en heures de repas, de projets présents en prospectives futures et nous oublions la magie du temps présent. Ce moment-là, précis, seul ou partagé avec d’autres, lui seul importe. Ce que nous ferons plus tard, demain, à long terme n’a pas d’importance. Le futur ne prend sens que par l’ensemble de ces instants, signes d’une vie pleinement vécue et non orientée sans cesse vers la minute d’après.

       Lorsque mes membres engourdis par l’immobilité et le froid de l’humidité me ramèneront de la nébuleuse de ma pensée et que je reprendrai le cours de ma vie quotidienne, je garderai au cœur le souvenir de ce moment hors du temps. Quand les jours parfois me deviendront plus sombres la mémoire d’une promenade au milieu des étoiles me sera un phare et une force au milieu des tempêtes.

 

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Souvenirs pas assez nébuleux à son gré d'un hypermnésique débordé (Joe Krapov)

Jean-Paul et Jean-Pierre à Bonneuil (retouchée)

Je suis assez âgé maintenant pour pouvoir dire que j’ai vécu à l’époque du dieu Vintage.

La vie y était résolument en noir et blanc comme sur cette-photo-ci où l’on me voit avec mon frère William. Mes trois frères et moi portons les mêmes prénoms que les frères Dalton mais ça m’importe aussi beaucoup, à moi l'affreux Joe-Joe, de savoir quand est-ce qu’on mange et quand est-ce que les restaurants rouvriront.

Ça date d’entre 1960 et 1970. La maison se trouvait dans une rue tranquille de Bonneuil-sur-Marne. C’était le pied-à-terre que mes grands-parents occupaient quand mon grand-père montait à Paris pour travailler à la « Fédé ».

La voisine s’appelait Madame Bidart ou Bidard mais ça ne m’a pas permis de retrouver l’adresse du lieu sur Google maps. A quoi bon du reste ? A quoi bon mémoriser une adresse de plus qui ne servira à rien ni à personne ? Reste juste une photo du genre « jours heureux de l’enfance ».

C’est comme les PILI dont j’ignorais qu’on les désignât sous ce vocable ! Je me souviens très bien que ça les amusait beaucoup, les grands-parents, de faire découvrir à ces innocents du village que nous étions l’univers encore très Jacques Tatiesque de la capitale. Notre premier escalier roulant à la station de métro Ourcq ! Le panneau indicateur lumineux d’itinéraires, le Pili donc, avec tous ses boutons et ses voyants colorés qui affichaient le trajet à effectuer pour aller de «Vous êtes ici» à «vous voulez aller là-bas». Oui, un genre de GPS avant l'heure si vous voulez, «Pour Invalides, changez à Opéra» comme chantait le poète poinçonneur. Le PILI, une invention qui met du piment dans votre vie !

DDS 662 213 rue LafayetteParce que plus tard le pied à terre s’est trouvé au 4e étage d’un immeuble de la rue de Lunéville à Paris. Grand-mère nous emmenait parfois à pied jusqu’au 213 de la rue Lafayette retrouver Grand-père à l’heure de sortie du bureau. C’était tout droit dans le prolongement de l’avenue Jean Jaurès et on s’arrêtait pour regarder les bateaux dans l’écluse du canal Saint-Martin.

Je me souviens encore du hall d’entrée et du grand ascenseur qui nous emmenait au 2e étage où se trouvait la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol. Je me rappelle les noms des collègues de «l’homme fort du Pas-de-Calais», je revois des visages : Henri Martel, Achille Blondeaux, Stanis Walczak, Lucien Labrune, Augustin Dufresne, Victorin Duguet qui m’avait surnommé «L’avocat sans cause». J'étais sans doute assez bavard et "rameneur" à l'époque !

DDS 662 La Nébuleuse d'Andromède

Ca vous fait des bosses à vous, hein, tous ces estimables fantômes, ces braves types qui n’ont pas vécu centenaires. Vous, vous attendez juste la nébuleuse ! Eh bien c’est là qu’elle était, au 213, venue directement d’URSS, installée sur une petite étagère parmi quelques livres du même acabit : « La Nébuleuse d’Andromède » un roman d’Ivan Efremov publié aux Editions de Moscou en 1959.

Pourquoi je me souviens encore de cela ? Je ne vais pas partir en chasse de ce vieux nanar puisque je ne lis plus rien désormais que des blogs ici et là avec leurs récits de frottements qui durent depuis vingt ans, le Canard enchaîné, des bandes dessinées de cette même époque vintage récupérées grâce à des camarades roumains et des revues de jeu d’échecs qui m’apprennent qu’un joueur russe nommé Nepomniachtchi a gagné le tournoi des candidat ?

Nepomniachtchi ! A peu de chose près, en russe, c’est "nié pomniat’" : Ne te souviens pas !

Ultime gag, l’image du PILI qui clôt ce billet a été capturée sur un site qui parle de Patrick Modiano, grand nostalgique d’un Paris qui n’existe plus, et le site s’appelle… Spacefiction ! Ca ne s’invente pas !

DDS 662 PILI

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Ma nébuleuse (Ilonat)

 
Les yeux mi clos
Comme un félin en mal d’amour
J’attends ma nébuleuse

Pardon pour ce haïku un peu boiteux,  mais jamais mis un œil au cul d’un télescope.
 J’en ai loupé des belles, des nébuleuses ! De toutes les couleurs !
Tant pis, je resterai les yeux mi clos à regarder le flux des choses d’ici bas… en appréciant quand même ce grand tapis d’étoiles dans le ciel, les soirs de pleine lune.
Celle que je préfère, c’est celle qui apparaissait la première lorsque la nuit tombait sur le lagon de l’Ile aux Nattes, l’Etoile du Berger.
On m’a dit que c’est une planète ! On n’y perd pas au change : elle s’appelle Vénus.

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Clair-obscur. (Yvanne)


La nébuleuse est une fleur.
Une fleur céleste lumineuse.
La nébuleuse est un papillon.
Un papillon ardent né d'une étoile.
La nébuleuse est un parfum.
Un parfum de poussière stellaire.
La nébuleuse est la nuit.
La nuit profonde et sans lune.
La nébuleuse est l'enfance.
L'enfance meurtrie dans le silence.
La nébuleuse est un silence.
Un silence gorgé de ténèbres.
La nébuleuse est une histoire.
Une histoire de secrets enfouis.
La nébuleuse est une violence.
Une violence qui éclate dans un cri.
La nébuleuse est un cri.
Un cri sourd que l'on n'entend pas.
La nébuleuse est l'absence.
L'absence infinie que rien ne comble.
La nébuleuse est un mystère.
Un mystère dont on ne trouve pas la clé.
La nébuleuse est la mort.
La mort à l'horizon de la vie.
La nébuleuse est le chemin.
Le chemin vers l'ultime galaxie.

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Chewing-gum (Pascal)


Il y a des femmes qu’on jette, comme ça, qu’on crache comme une boule de chewing-gum qu’on a gardée trop longtemps dans la bouche. Elle ne fait plus de bulle, elle énerve à force d’être mâchée, elle n’a plus de goût, elle colle aux dents, elle encombre ; elle a perdu sa texture, elle se désagrège en une pâte granuleuse jusqu’à nous donner l’impression désagréable de mâchouiller le papier du chewing-gum. Alors, tel un vieux collégien boutonneux, comme une crotte de nez pêchée par inadvertance, on la roule entre les doigts, on tente de la faire disparaître, de la scotcher sous une chaise, de la planter dans une cible, de la balancer, ou n’importe quoi qui puisse officialiser sa partance, d’une pichenette, le plus loin possible…  

Que sont devenus les rendez-vous secrets, les premiers accords parfaits, les tendres baisers échangés au goût chlorophylle, framboise, menthe ou citron ? Que sont devenus les échanges connivents, les entrelacements malicieux de nos bulles de salive en grappes congénères ? Où sont les frissons réciproques aux parfums du large, aux senteurs de vacances, aux nébuleuses découvertes au bout de nos doigts et portant forcément nos plus belles illusions ?...  Et le goût du pin ? L’appel de la forêt !  Celui des Landes, des Vosges, d’IKEA ! Qu’importe, pourvu que ce soit dans ses bras ! Allongés dans les fougères, découvrir nos mystères sous la lune émancipatrice, réinventer le monde, compter les étoiles dans les yeux de l’autre, apprendre la cadence de l’unisson, déchiffrer ses caprices, devenir son fervent apôtre, caresser la nuit, enlacer ses gerbes de sourires, embrasser sa moisson, répandre les petits cailloux dans sa poche pour retrouver le même chemin d’harmonie…  

Et ton visage qui rougissait au doux parfum de cerise ; ma promise, mon exquise, accordé à ton féminin pluriel, j’avais des questionnements existentiels. Et le printemps qui n’en finissait pas, et ces petits oiseaux hâbleurs qui nichaient et chantaient, tout autour, comme pour apprendre à nos cœurs la mélodie ; et les dernières étoiles au firmament, et les premiers rayons de soleil, en échange, qui surprenaient nos enchevêtrements.
À l’envers, à l’endroit, sous la langue, au fond de la gorge, c’était un inestimable cocktail de fruits ; mes yeux piquaient, mes papilles t’applaudissaient ! Mes bulles portaient ton prénom et quand elles éclataient, elles ne parlaient que de toi. Et, main dans la main, les chansons de Dylan qu’on reprenait en chœur, le long du chemin. « I Want you »
Et tes yeux verts plus coquins que mentholés, et la rivière où nous trempions nos pieds, et nos reflets frissonnants sur l’onde, et les couleurs malignes de tes sourires qui se délayaient en inestimables joyaux, et la blondeur des champs de blé, et… et tout ça…

Nos présents imparfaits, notre futur plus que parfait, tellement conditionnel, toi, avec tes idées d’Hollywood, tes gratte-ciel, la « Venice Beach » et tes senteurs « Fresh », moi, trop Malabar, trop Carambar, tout en t’aimant, j’apprenais lentement à te désapprendre.
Et mes inventions, et tes prémonitions, et mes débordements, et tes exhortations, et ma passion qui s’effilochait, et ma compagnie qui t’incommodait, et les nuits sans audace, et ces nuits aux couvertures carapace, et ces jours sans tentation, et ces jours sans démonstration ; et ton petit chien jaloux et féroce, et tes parents omniprésents, et toujours ton dernier mot, et la pluie de mes défauts sur les carreaux de ton indifférence ; j’avais perdu le désir de ton carrosse…
Ma belle, où étaient cachés ton goût de fraise, tes sourires sans colorant, ton parfum tropical aux essences de cannelle ? Blancheur, blancheur, mon c… ! Sans te retourner, tu es partie avec un dénommé Menthos ; il avait une piaule, je ne sais plus où, peut-être dans le Calvados…  

Il y a des femmes qui nous jettent, comme ça, comme un vieux chewing-gum qu’elles ont gardé trop longtemps dans la bouche. On ne fait plus de bulles, on énerve à force d’être mâché, on n’a plus de goût, on colle aux dents, on encombre ; on a perdu notre texture, on se désagrège en une pâte granuleuse, jusqu’à leur donner l’impression désagréable de mâchouiller le papier du chewing-gum…

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nébuleuse (joye)

nébuleuse

 

Image de la nébuleuse Hélice par Andrew Campbell, 2018

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Nébuleuse (JAK)

defi 662 du samedi nebuleuse

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