Le « Monmond » de mon quartier,

un inoffensif et gentil « ravi »

toujours sur son vélo avec son p’tit béret

 n’était pas un cyclone mais le roi du klaxon

Sur le guidon de son vélo, il l’avait installé

avec trois petits fanions qui flottaient

Il arrivait à l’arrêt du 23 où j’attendais

à l’heure de départ des collèges et lycées

pédalant avec force coups de klaxon

une fille installée en amazone

sur le porte bagage de son vieux vélo

A l’arrêt du 23, gracieuse, elle descendait

Et voilà le « Monmond » qui repartait

en chercher une autre pour la trimballer

depuis l’arrêt d’avant jusqu’à celui d’après

Tout le long du trajet le klaxon résonnait

Y’a des gens qui riaient, d’autres qui rouspétaient

Etaient-ce des cousines, des copines

des filles de sa rue ? Toutes il les connaissait

Et les filles trimballées, eh ben elles se marraient

toutes elles jouaient le jeu,  moi, ça m’intimidait

Pendant quelques minutes il devenait le roi

« l’Monmond »  à pédaler comme un forçat

avec des jolies filles sur son porte-bagages

pour arriver à temps avec son attelage

Car z’ étaient toutes jolies, les filles qu’il trimballait

Au « Monmond » c’était son heure de gloire

il ne ratait jamais ça, fallait voir

et puis un jour, il n’est plus revenu

ou c’est peut-être moi qui ai changé de bus !