Quand la Meuse, après avoir traversé Charleville (chère à mon neveu Joe Krapov), pénètre en Belgique, elle y entraîne un bout de territoire français.

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À la pointe de cette pénétration : Givet, au pied de son gradin calcaire (au cours de géo, nous l'appelions "le gredin calcaire") coiffé de sa citadelle voulue par Charles Quint, ce Gantois belliqueux, d'où son nom : le Fort de Charlemont.

Immédiatement au sud de Givet : Chooz et sa centrale nucléaire (Si ça doit péter, se sont dit les Français, autant que ce soit au sein de la Belgique), un site que j'ai visité. Oui,  j'ai des entrées partout, pire qu'un dictionnaire. Aux balbutiements du nucléaire, j'ai même visité Fontenay-aux-Roses.

Mais ceci n'est qu'une parenthèse, revenons à Givet !

Au temps de ma jeunesse, où la Belgique était encore un pays soumis à une semi-prohibition, Givet, si proche, était une étape incontournable des excursions dominicales (le samedi n'était pas encore chômé), question de pouvoir s'enfiler des perroquets, des arcs-en-ciel et autres boissons à taux d'alcool sérieux et aux couleurs  exotiques.

Tandis que les adultes avaient leur nez dans leur verre aux terrasses des bistrots, réfléchissant, béats, aux taux de change  extravagants pratiqués par les commerces locaux, les enfants couraient les maisons de presse (si, si, elles ouvraient exprès le dimanche) pour s'acheter des  opuscules aussi étranges qu'inconnus chez nous : les Pieds Nickelés, Bibi Fricotin, Wrill ou Sabord...

Je vous entends d'ici : "Tout ça c'est des couill(onad)es ! Ça vient, la Houille ?"

Mais nous y pataugeons chers lecteurs, nous y nageons même, car c'est précisément à Givet que cette sympathique rivière vient mélanger voluptueusement ses eaux à celles de la Meuse.

Donc, oui, parfaitement, je connais la Houille !

Mon unité scoute a organisé des camps sur les berges de son cours belge et j'y ai même rencontré des orpailleurs (encore un mot à deux francs cinquante comme le chantait Boris). Mieux : j'ai participé avec un zig, doctorant dans une université, à une recherche discrète sur la teneur en monazites de ses dépôts alluvionnaires.

Que les ardents défenseurs de la préservation des milieux naturels se rassurent : ce n'est pas exploitable.

Quoi encore ?

Ah, les monazites ! Ce sont de petits cristaux brunâtres de phosphates de terres rares, nous les identifiions par diffraction X.

Vous voudriez pas aussi un petit topo sur la DX, des fois ?