Ça y est, nous avons fini par épuiser tous les jeux de société ainsi que ceux de la chambre qui eux m'ont éreinté …
Germaine qui ne manque pas d'imagination a pensé à un nouveau jeu : On fait des courses de balai à califourchon dans la maison.
J'ai eu un mal de chien à lui trouver un balai traditionnel car beaucoup de gens confinés ont du avoir la même idée.
Moi je me suis attribué le Dyson – prononcer Daïzône parce que c'est angliche – que je pilote bien depuis que j'ai trouvé un tuto sur le net.
Pour les ignares le Daïzône est un aspirateur sans sac contrairement aux courses avec sac.
Germaine prononce Dison alors disons que son accent laisse à désirer.

Le balai de Germaine est un balai comme j'en ai connu chez ma mémé avec un gros manche en bois lisse et un mignon faisceau de paille de riz.
Il est sexy mais un peu lourd pour prendre les virages ; les balais à flux énergétique positif comme celui de ma mémé n'existent plus …
Celui de Germaine serait plutôt du genre à flux énergétique négatif à voir la façon dont elle gère la marche arrière.
Le mien est un V8 comme les bagnoles américaines – avec un accessoire suceur mais on s'en sert pas – et il a une autonomie de 7 minutes à vitesse Max alors que Germaine tire la langue au bout de 3 minutes !
Je gagne toujours parce que le Daïzône est également plus maniable mais nous avons maintenant épuisé tous les gages attribués au vainqueur y compris les gages de la chambre.
Après la partie gagnée je sais être magnanime et j'aspire les brins de paille de riz avec mon Daïzône V8.
Germaine dit que je suis avantagé, c'est aussi ce qu'elle disait pour les jeux de la chambre et ça me rend fier. Après tout c'est elle qui a voulu jouer à ça.
Les voisins y jouent aussi mais avec une variante : ils courent dans un dédale de bouteilles de bière ouvertes qu'ils doivent boire aussitôt qu'ils les renversent.
À les entendre ils sont très maladroits et passent beaucoup de temps à balayer les débris.

Après le confinement j'ai promis à Germaine de lui acheter un Daïzône V10 … à moins qu'on se lasse d'ici-là mais comme je lui dis « ça te serviras toujours ».