Je savais que ça partirait en sucette, j’étais en retard, mais je me suis débrouillée d’être là avant que le bal ouvre ses portes.  C’était loin d’être les portes du pénitencier ce bal de mes 20 ans. J’avais une jolie frimousse sous mes fanfreluches d’or et d’argent. J’étais encore si jeune. L’enfance sommeillait  en moi .

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 Les filles arrivaient de toute part, on aurait dit qu’elles portaient des vêtements imposés par le Code de la route. Elles étaient toutes en gilets jaunes. Elles criaient / la vie est trop chère et me jetaient des regards furibonds.

Sous ma robe de fanfreluche ma coupe de cheveux en pétard, je   me remettais à peine de la grande la flèche de Notre Dame qui ne se dressait plus dans notre ciel parisien. Après cette pluie de braise et de plomb, c’était au tour des gilets jaunes de me gâcher le bal de mes 20 ans. On allait pas surseoir à 100 ans de tradition   pour une crise sociale alors qu’on venait à peine de perdre le casque de Notre Dame .Hebe SI !!!

Pendant que certaines d’entre elles séquestraient l’orchestre dans la cave par envie de jouer, au jeu des sept erreurs ou de se faire une petite partie de bullshit bingo, c’est selon. Je les observais. Devant   leurs regards bovins ferroviaires, il fallait presque s’incliner. On n’allait pas se griffer  les seins à l’annonce de la  ré indexation sur l’inflation des retraites . Déjà à la maternelle c’était parti en toupie et à chaque fois que je revêtais des fanfreluches à croire qu’elles me portaient malheur ces plumes d’oie. Moi qui rêvais d’un bal à la papa avec des princes à mon bras j’étais plutôt servie.

 Mon bronzage ne faisait pas trop sérieux je revenais des sports d’hivers alors qu’elles avaient un teint vert pastille de celui qu’on voit le matin dans le métro bondé. Je suis une fille de la lumière et mes fanfreluches sont le panache de ma lignée presque aristocratique. Voilà ce que je voulais leur jeter à la gueule. Bon j ‘exagère un chouilli, mais je ne veux pas que mes lecteurs s’endorment le soir du bal de mes 20 ans. Et si les gilets jaunes faisaient fausse route et si les fanfreluches c’étaient cette invitation à vivre légèrement demie nue sur la plage une fois les paves lancés. Mais elles ont coupé le micro ces connes au moment où je voulais les inviter à s’amuser j’étais pourtant pas aux oscars. . c’est là que ç’est parti en  sucette .

 L’une d’elles  a commencé à crier/ avec ta gueule de carte bancaire on va t’emplumer .je t’en foutrai des fanfreluches  disait sa voisine . Tu crois que tu vas lézarder au soleil toute ta vie ?

J’ai eu l’intuition en un instant que j’allais me transformer en réfugié hagard en train de crapahuter une montagne. A la différence d’elles toutes issues d’éleveurs de poules mon emplumage à moi avait du style , il portait la signature  de Christian Dior .

 Quand je pense qu’elles rêvaient toutes de toilettes sèches. KAFKA est tu là aides moi à sortir de ce labyrinthe.

J’aurais aimé enfiler une soutane isotherme, mais elles lorgnaient toutes sur mon emplumage. La banquise commençait à craquer sous mes pieds. Je voyais bien qu’elles voulaient déclencher la guerre de TROIE. Je savais vendre trois pantalons de ski à des filles qui  en avaient besoin d’un seul . Je me disais faut-il que je me mette à genoux et implorer leur pardon. C’est quand j’ai vu arriver les merguez et leur barbecue que j’ai eu un sursaut /substituer mon chardonnay à ce vin rouge ça jamais. Je me sentais tellement humiliée que je me serai cachée dans la soucoupe de cacahouètes. Mes paupières contenaient tant de larmes qu’il m’aurait fallu un service de sécurité pour les contenir. Seigneur Jésus c’est le pire bal de ma vie. Vous me direz le désastre c’est toujours mieux à grande échelle. Depuis tout s’est détraqué dans ma vie. Et si les yeux des gilets jaunes étaient meilleurs que les miens pour voir le monde ? on sent bien le traumatisme économique chez eux, quand un jeune homme s’est approché de moi. J’ai retenu ma respiration. Il a repoussé les plumes qui cachaient mon visage, il a souri. A cet instant j’ai retenu ma respiration allait il me décapiter comme Marie Antoinette ? Vous êtes membres d’une classe sociale d’élite qui connait les codes à taper sur tous les bons claviers n’est-ce pas ? j’avalais par mégarde une plume et une toux ridicule m’empêcher de répondre. Puis reprenant mon souffle/

 Je ne sais pas où vous êtes allés chercher ces stupidités dis-je en me prenant les pieds dans mon emplumage v2.  Là j’ai fait un vol plané dont il se souvient encore. J’entendais les rires fuser. il me fallait d’urgence une rénovation cognitive . Je ne parvenais plus à me redresser. Agacée j’arrachais mon costume d’emplumé pour apparaitre en tenue d’ÈVE une feuille de vigne comme cache-sexe. Les gilets jaunes applaudirent de concert. Il m’a fallu une minute pour savoir qui j’étais . Le jeune homme m’a alors recouvert d’un gilet jaune. Je n’étais pas complètement intégrée dans mon nouvel espace cérébral, mais ce que je savais c’est qu’il était beau. Il m’a regardé et là je ne sais pas ce qu’il m’a pris j’ai posé ma bouche sur la sienne goulument. Seigner jésus j’ai marmonné tout bas stupéfaite de mon geste à son égard. Pas un atome de pollen sexuel avait été mis dans l’atmosphère pourtant. D’où me venaient ses pulsions animales. Puis je poursuivis en lui susurrant à l’oreille je ne pollinise que pour vous. Et me reprenant confuse/ excusez-moi mes pensées sont pures. Il rit je suis un adulte consentant dit-il. Je m’en voudrais que vous imaginiez des choses, je ne veux pas vous détourner de votre lutte. Le gilet jaune au tour de ma taille commençait à foutre le camp et ma feuille de vigne réapparaissait. Pourquoi souriez-vous comme ça lui demandais - je agacée. Vous êtes belle nue me dit-il en souriant.  Pourquoi pourquoi le destin met-il un malin plaisir à me mettre un jeune homme si beau sur mon chemin !v3