30 novembre 2019

Défi #588


J'avais pensé vous proposer "Amnésie",
mais c'était déjà l'objet du Défi #11.
Mais si, je m'en souviens !

Alors un petit truc de nature à ravir mon neveu :

Anamnèse

 

5881

 

Posté par Walrus à 00:05 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,


Même les jours de soleil par bongopinot

 

Dans ces nuits sans sommeil

Il avance comme un zombie

Amorphe et sans énergie

Il déambule même les jours de soleil

 

Tout son être est estourbi

Toute sa vie part à la dérive

Rien de bon ne lui arrive

Toute son existence il a subi

 

Il espère voir très vite la lumière

Dans cette drôle d’atmosphère

Percevoir enfin une belle lueur

 

De ces journées vagabondes

Il titube dans ce monde

Attendant un avenir meilleur

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,

Histoire de truffes (Yvanne)


        — Té, Paulo ! Ça va ?
        — Adi Jacky ! Non, ça va pas p'tain !
        — T'es malade ? Tu es blanc comme un cabécou.
        —  Eh non, je suis pas malade. Quoique, si. Malade de rage tiens.
        — Oh ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
        — Ma truffière p'tain. Elle a été visitée encore une fois cette nuit. Et drôlement cavée.   
      
Les deux copains se dirigent d'un bon pas vers la Vigne Haute pour constater les dégâts. Ils  suivent sur le causse, un chemin encore bordé de murailles en pierres sèches à demi-écroulées. Personne n'a songé à changer le nom de la parcelle. Autrefois, avant que le phylloxéra ne fasse des ravages, cette terre produisait un vin réputé dans toute la région. Aujourd'hui, son exposition, son sol caillouteux, « brûlé » dit-on parce que pas un seul brin d'herbe n'y pousse, favorisent le développement du célèbre tubercule que l'on appelle « le diamant noir. »

La truffière de Paulo s'étend sur une bonne trentaine d'ares, plantée de chênes rabougris, branchus depuis le pied, qu'il faut élaguer souvent pour laisser de la lumière aux tubercules. Une belle truffière. Qui « donne bien. »
        — Regarde Jackie. Il n'a même pas pris la peine de reboucher les trous ce salaud. Je comptais sur la vente pour me fournir en nouveaux plants et cultiver la terre de Peyrefiche. C'est foutu. Bordel de bordel.
        — Il n'a pas eu le temps d'aller jusqu'au bout du champ. La mouche se promène. T'en fais pas mon Paulo, il en reste encore, va !
        — Je suis à peu près certain que le Louis de Cantegril a fait le coup. Il paraît que son chien a un nez formidable. Pourquoi l'a-t-il dressé : il ne possède pas le moindre petit bout de truffière ? Il chaparde. Il paraît qu'il fournit certains restaus de Sarlat en douce. Je vais le tuer ce con. Cette nuit, je viens avec le 16. Je te jure Jacky : s'il se ramène, je le descends.
        — T'es fou ? Je vais t'accompagner ce soir. J'ai une bien meilleure idée. Je le connais le Louis : une paille en croix, il rentrerait sous terre. On va lui foutre la trouille...
          
En fin d'après midi, Jacky arrête son 4/4 devant chez Paulo. Tout fier de sa trouvaille, il brandit sous le nez de son pote un bras terminé par une main, le tout plus vrai que nature.
      — Hein ? Qu'est-ce que tu veux faire de ce truc ? T'as trouvé ça où ?
      — T'occupe ! J'ai déniché l'affaire chez mon voisin, le sculpteur parisien. On va rigoler.

La nuit venue, juste assez claire pour encourager le malfrat, les deux comparses se rendent à la truffière. Ils n'attendent pas longtemps. A peine Jacky caché derrière la grosse pierre servant au bornage et Paulo à l'affût dans le bois qui jouxte la parcelle, un bruit de pas sur le chemin les alerte.
Un homme, grand et sec, coiffé d'un chapeau lui couvrant presque tout le visage s'avance prudemment. A son épaule pend une musette. Son corniaud lui emboîte le pas. Il s'agit bien du Louis. Le chien, subitement, s'écarte et fonce sur le gros os de bœuf que Paulo a pris soin de poser en bordure du champ. Louis l'appelle doucement mais la bête se régale et feint de ne pas entendre.

En grommelant, le voleur se dirige droit vers la partie qu'il n'a pas explorée la veille. Comme l'avaient prévu les deux amis, il commence à creuser en reniflant chaque poignée de terre, juste sous le chêne, à côté du bornage. Soudainement, il se redresse, recule, tombe, hurle pendant que le membre en plâtre que Jacky brandit au bout d'un bâton s'agite sous son nez. Il bondit dans les broussailles comme s'il avait le diable aux trousses oubliant son couvre-chef, son sac et son chien.
        — Il va avoir une attaque plaisante Paulo.
        — Ça l'apprendra à nous prendre pour des truffes ce cochon !
    
 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

Zombie (petitmoulin)


Sorti des corridors sans portes
Du néant
Son cri n'en finit pas
De secouer la montagne

Ses mots désappris
S'entassent dans la bouche sèche
De muettes empreintes

Son corps sans forme
Divague sur le champ
Peuplé de chimères

Ses mains déchirent en lambeaux
La peau bleuie de la peur

Il disparaît
Entre terre et ciel
Et laisse derrière lui
L'éclair d'un d'orage

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,


Sang (Pascal)


Chaque matin, avec mon frère et mes sœurs, c’était toujours un peu la cohue dans la maison. Après un rapide coup de gant de toilette sur le nez, un bol de café au lait, un autre coup de peigne, c’était parti pour la journée, et l’école. Au joyeux brouhaha de la jeunesse insouciante, dans le hall, on ajustait les capuches, les bonnets et les moufles en laine. Ma mère s’activait en serrant le cache-nez de l’un, en fermant les boutons du manteau de l’autre, jusqu’en haut…

Ce jour-là, bizarrement, la porte de la salle à manger était au trois quarts fermée. Malgré mon empressement, toujours aussi curieux, il fallait que je passe mon museau pour savoir ce qu’il se tramait derrière cette porte. En général, quand mon père changeait de pantalon, il poussait la porte, et on savait qu’on ne devait pas rentrer ; cela durait quelques instants et tout retrouvait la normale…
M’man faisait des allers-retours entre nous, la cuisine et la salle à manger, en prenant soin de bien repousser la porte. Sur son visage fatigué, elle avait l’air soucieuse, plus que d’habitude. Moi, qui l’observais tout le temps, je savais tout de son humeur ; quand elle souriait, il faisait beau, quand elle chantait, c’était une fée dansant sur la marelle de sa cuisine ; quand elle pleurait, je le voyais, même si elle se cachait, et j’étais triste de ne pas pouvoir la consoler avec mon réconfort, et le temps était à la pluie… M’man, c’était le baromètre de mon entrain…

Et puis, à cette heure, normalement, mon père était déjà au boulot ; pourtant, il y avait encore sa voiture au garage, sa mobylette aussi !... Je ne comprenais rien à tous ces mystères !... J’étais comme un chaton coincé devant une porte fermée ; pourtant, elles devaient être toutes ouvertes pour satisfaire mon imagination d’insatiable aventurier !
En respirant la maison, je tenais son pouls, je connaissais ses craquements de plancher, le bruit intime des interrupteurs de chaque pièce, l’odeur du feu dans la cuisinière qui montait jusqu’aux chambres, les pas des uns et des autres sur les planchers ; à leur démarche, je savais qui et qui escaladait ou dégringolait les escaliers ! Je connaissais mon nid et ses occupants par cœur !...
Les autres, ils étaient partis à l’école en laissant derrière eux tout ce qu’ils n’avaient pas cherché à comprendre. Il était hors de question que je m’en aille sans savoir ; le terrible point d’interrogation que j’aurais traîné toute la matinée aurait ralenti mon instruction tant il m’aurait occupé l’esprit…

La maison était redevenue silencieuse ; j’entendais le tic-tac de l’horloge de la cuisine comme le métronome d’un temps de maison où je n’aurais jamais dû me trouver. Tout à coup, j’entendis éructer puissamment mon père ! C’était bruyant, inattendu, surprenant ! J’ai sursauté !... Mais que se passait-il derrière cette porte ?... J’ai reconnu le pas empressé de ma mère !... Elle allait ressortir de la pièce !... Vite, je me planquai dans la montée des escaliers en me couvrant le visage des plis d’un long manteau pendu à une patère…  

M’man est passée avec un linge rouge de sang dans les mains !... Mais que se passait-il ?... Mon père était-il blessé ?... S’était-il coupé la gorge en se rasant ?... Notre chien de chasse l’avait-il mordu ?... Était-il tombé sur du verre ?... Je n’avais jamais vu autant de sang !... Ce que j’en connaissais, c’était les écorchures aux genoux, aux coudes, juste de quoi teinter un coton !... La télé ?... Depuis notre petite télé noir et blanc, ça ne risquait pas qu’on s’éclabousse l’esprit avec de l’hémoglobine cathodique !...
Avec tout ce qu’il y avait sur le linge, il ne pouvait plus être vivant, mon papa !... Je tremblais sur mes gambettes !... Tout à coup, j’eus l’impression sidérale de l’effroi majuscule, du désert aride et des profondeurs insondables !...
J’avais la tête qui tournait !...Un linceul de plomb m’enveloppa !... Glacé d’effroi, je ne pouvais plus respirer comme si j’étais pris dans le carcan d’un étau assassin !... Même mes pires cauchemars ne m’avaient jamais rapporté pareille frayeur !... J’ai pris conscience de la fin de monde, et je me suis senti encore plus petit, si péniblement accroupi, sur ma marche d’escalier. Je n’arrivais plus à réfléchir comme si un avenir brouillon, irrémédiablement tâché de sang, se mêlait intensément à mes fabulations, en rougissant toutes mes pensées les plus secrètes…

M’man est repassée avec une grande serviette propre. Pensant être seule, elle ne prit pas la peine de refermer complètement la porte ; alors, j’approchai. J’étais pantelant, un peu comme un zombi à qui on a pris tout le sang, mais je voulais savoir ; j’avais des larmes plein la figure mais je n’arrivais pas à pleurer avec des sanglots. Je passai la tête à travers l’ouverture…

Mon père, assis sur une chaise, la tête en arrière, tentait de juguler un important saignement de nez. Avec une main, il appuyait la serviette sur son visage ; je sentais toute son impuissance à endiguer cette terrible hémorragie. Il se raclait la gorge et il crachait encore, et cela faisait un bruit infernal entre mes oreilles. Je savais que toutes ces terribles émotions s’inscrivaient à jamais dans les petites cases toutes neuves de ma mémoire.
Ma mère aperçut le bout de mon nez qui dépassait de la porte ; elle voulut me chasser, m’envoyer à l’école, mais mon père m’appela sur son genou. Si près, avec toutes mes prières, et en le serrant fort dans mes bras, il allait guérir. Il me dit qu’il s’était mouché trop fort puis il me pressa d’aller à l’école. À midi, quand je suis rentré, j’ai foncé jusqu’à la salle à manger ; il n’était plus là, c’était la preuve qu’il était sauvé…  

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

Zombie, au féminin. (maryline18)

 

Avait-t-il seulement vu qu'elle était déjà morte ?

Non, bien sûr, occupé comme il l'était à se remémorer les meilleurs moments de sa vie, il ne pouvait s'en rendre compte.  Ses pensées remontaient le temps constamment, jusqu'au grenier de ses années perdues. Entre regrets et illusions, bonheurs poussiéreux et déceptions, il voyageait en solitaire.

Parfois, entre deux visages retrouvés, deux émotions ressuscitées, il faisait une pause. Il reprenait sa place parmi les vivants. Ces moments ne duraient pas, très vite il repartait, laissant Amélie à sa réalité. Il ne remarquait pas son habileté à servir les clients, son parfum fleuri, sa robe dessinant ses hanches, son regard gourmand...

Il fouillait inlassablement ses vieux cartons comme un enfant qui s'ennuierait, à la recherche d'un trésor. Les heures s'écoulaient lentement mais, malgré ce calme apparent, des courants contraires lui faisaient pourtant boire régulièrement la tasse. Il avait beau s'accrocher aux berges de cette rivière faussement paisible, vider ses poches pleines de billes, avaler les sucreries qu'il y avait cachées jadis, le poids des remords, dont il ne pouvait se délester, l'immergeait dans des profondeurs glacées.  il finissait ses journées souvent désabusé, comme un pêcheur qui rentrerait bredouille d'une pêche qu'il avait imaginé miraculeuse.

Toujours à la recherche d'une nouvelle idée, son esprit errait, se forçant un chemin au milieu du brouhaha régnant dans le café. Amélie virevoletait autour de sa bulle sans qu'il ne la remarque jamais. Il lui semblait qu'elle se trouvait à sa gauche alors qu'elle essuyait une table à sa droite, il la croyait proche alors qu'il ne voyait déjà plus que son reflet dans le miroir, derrière le comptoir. Il ne savait rien de la froideur de sa peau, de la faim qui grognait au creu de son être, qui l'implorait, juste au dessus de son ventre vide. 

Comment aurait-il donc pu prévoir l'imprévisible et deviner toute la brutalité cachée dans son désir de le goûter, de poser sa bouche sur sa tête douce et lisse comme une pomme d'amour !? Comment aurait-il pu deviner de quelle façon elle lui volerait tout ce qu'il lui refusait : la clé de ses songes, le berceau de ses sentiments, la totalité de ses rêves cachés, enfin toute son intimité, la plus belle, et qui représentait l'objet de tous ses fantasmes...Savait-il seulement qu'une partie molle de son être allait bientôt se révéler comestible et qu'elle s'en délecterait avec une avidité sans nom ?  

Non tout ceci ne figurait pas dans ses représentations mentales tellement sages et prévisibles, à la veille de l'irréparable. Elle allait bientôt savoir le goût de son brillant cerveau, allait en aspirer les recoins, en lécher les lacunes, se servant de sa salive comme d'un révélateur au service de sa curiosité exacerbée.    

Personne ne pu lui venir en aide, le matin du drame. Un rayon de lumière étrange éclaira le visage de la jeune femme et elle se jeta sur lui comme une lionne sur une gazelle. La matière grise et blanche sanguinolente dégoulina de ses commissures jusque dans son cou trop blanc. Des râles inhumains rendaient la scène encore plus insupportable. En quelques secondes, ses joies, ses peines, ses envies, ses amours, tous ces souvenirs qui le retenaient loin, trop loin d'elle, tout volait en éclats, tout s'émiettait sous ses dents destructrices.

Les clients restèrent pétrifiés devant autant de cruauté. Personne ne semblait capable d'arrêter ce carnage, personne, sauf l'illusionniste, le magicien en ces lieux, l'écrivain lui même.

 

Amélie lui apporta un deuxième café et... inspiré,  il remarqua que ses lèvres étaient rouges...

-"Quelle histoire écrivez-vous en ce moment Monsieur Cervelet ?"

-"Une histoire d'amour qui finit mal... J'aime bien votre nouveau rouge à lèvres !"

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

Tout évolue (Walrus)


Transformer un sujet en zombie a toujours été très délicat, même pour un bokor haïtien.

C'est qu'il faut maîtriser le dosage de la tétrodotoxine, le temps d'ensevelissement, l'administration d'atropine et je ne parle pas de l'hypnotique qu'il faut sélectionner soigneusement et administrer au bon moment en quantité idoine, faute de quoi, votre mort le sera vraiment !

Aujourd'hui, la recette est beaucoup plus simple : suffit de lui filer un smartphone et vous obtenez un parfait smombie !

w587

w5872

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,

Zombie on oublie (Kate)

 

Zoo humain plus qu'incertain

Oublie ma présence jouis de mon absence

Maudits sont les uns vernis certains

Briller en silence fuir tout arrogance

Imiter la cruauté du petit matin rêver aux soirées diaprées de juin

Eclipse Soleil par ta présence des mauvaises pensées les nuisances

Thriller

Pour conjurer la peur

Danser

Jusqu'au bout de la nuit

Comme un zombie

S'endormir crevé

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,

Planète Zombie (Lecrilibriste)


De drôles de zombies
errent sur la planète
violant les femmes, volant enfants
pour qu'ils aillent exterminer
en première ligne, des gens
ou bien pour les soumettre
et leur faire mordre la poussière
sans tambours, ni trompettes allègrement

De drôles de zombies
trônent sur la planètes
dans leurs fauteuils de cuir
calés par des coussins de soie
les pontifes vendent les armes
sans  états d'âme et sans émoi
sans se soucier des larmes
que font couler leurs fiers exploits

De drôles de zombies
siègent sur la planète
se noient dans leurs ponts d'ors
armés de dents d'alligators
qui rayent les planchers des rois
pour se la couler douce,
tandis que d' autres se trémoussent
pour boucler leurs fins de mois

De drôles de zombies
sillonnent la planète
sans honte et sans scrupule
abusent et volent les harragas
qui bravent la mer et les tempêtes
rêvant de découvrir la lune
esperant faire fortune
dans un pays de libertés

De drôles de zombies
gangrènent la planète
vendant des doses à la sauvette
flocons de joie, marijuana
qui défonceront des jeunesses
les rendant accros et zombies
sans aucun regret ni souci
de ce qu'il en adviendra

Heureusement, sur la planète
y a de drôles d'anti zombies
des généreux et des rebelles
des gens qui te font la vie belle
qui savent sourire et puis aider
qui rêvent et font une société
ou figure fraternité
où prime le mot d'humanité ... Mais ...

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,