02 novembre 2019

Défi #584

 

Wassingue

 

5841

Oui, je sais, vous n'êtes pas de Lille !

Eh bien, moi non plus !

C'est par pur esprit de vengeance que je propose ce mot.
Vengeance à l'encontre d'un tas de Français qui continuent
de penser que ce mot serait utilisé par nous, les Belges.

Personne dans mon pays n'utilise ce mot (en dehors bien
sûr de quelques immigrés fiscaux français qui se gardent
bien d'utiliser la chose eux-même et préférent la laisser
au petit personnel de maison).

La preuve dans cette passionnante étude !

Donc, si wassingue ne vous dit rien, racontez-nous donc
une histoire de

serpillère,
torchon,
loque (à reloqueter),
patte,
panosse,
pièce,
cinse,
toile,

ou tout autre vocable en usage
dans votre région.

Pour ma part, j'estime en avoir fait assez,
considérez ceci comme ma propre participation.

 

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Mon vade-mecum par bongopinot

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Mon vade-mecum en poche
Je pars sur les sentiers
Les randonnées y sont notées
Avec mes bâtons et ma torche

Je peux y aller en toute sécurité
Pas de danger que je me perde
Ici et là je m’attarde
Sous un arbre je me suis abritée

Une pluie fine vient me rafraîchir
J’enfile mon ciré bleu marine
 J’épluche une mandarine
Sur un tronc je me pose pour réfléchir

Avant que la nuit ne tombe
Je reprends ma route
Ces paysages m’envoûtent
Au dessus de ma tête passe une colombe

Mon vade-mecum est mon ami
Il me suit partout en sortie
Dans une poche ou un sac il s’y blottit
Lui et moi c’est une douce alchimie

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La fugue. (maryline18)

 

Je l'avais croisé près du lac et on avait échangé quelques mots. Il faisait chaud. Il avait dû boire une bière pas très fraîche... Sa guitare jouait quelques arpèges un peu pénibles. Il avait tout d'un troubadour en déroute : Il n'était même pas décoiffé et ses chaussures étaient bien cirées ! Alors qu'un couple, qu'il lorgnait en douce, s'envoyait en l'air pas très loin, je lui avais susurré à l'oreille, pour faire mon intéressante :

_"Vade-mecum !"

J'ai été bien attrapé, il comprenait le latin...! Il ma prise la main et ne la plus lâchée. Depuis, on chante le long des chemins et on ramasse des châtaignes. Quand on a quelques sous, on boit un peu de vin et là, il joue un peu mieux ...On rend des p'tits services à droite et à gauche et en échange, on s'invite pour la soupe et la tome de chêvre. Le matin il débarrasse mes cheveux des brindilles de paille et on reprend la route. 

Tout le monde nous cherche, mais nous, on sais où se cacher pour leur échapper. On apprend pas à deux vieux singes à faire des grimaces. On ne rentrera pas à la maison de retraite, un point c'est tout. On avancera jusqu'à ce qu'on ne puisse plus marcher, on rêvera jusqu'à épuisement de nos envies et on s'émerveillera jusqu'à la cecité.

Mon Aimé et moi, on a plus le temps d'être raisonnable...     

 

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Vade-mecum-wa (joye)

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Je feuillette les jours (petitmoulin)


Je le tiens tout près
De mon âme nue
Comme un galet poli
Par la mer
Un galet de l'enfance
Lissé par la tendresse
Je feuillette les jours
Que tu as écrits
Avec l'attention soucieuse
Du guide
Je te remercie
Des pages blanches
Que tu m'as offertes
Pour les gribouillis
De mes insuffisances
Pour le silence de mes peurs
De mes blessures
De mes chagrins
Pour le chant
À la splendeur de mes ivresses
Et pour l'éclat
De ma liberté
Que je tiens tout près
De mon âme nue

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Alfa Bravo (Pascal)


En fouillant dans mon coffre de Marine, je viens de retrouver mon petit vade-mecum, mon pense-bête, le précieux guide que tout bon navigateur devrait connaître sur le bout de sa mâture. J’en ai fait une photocopie que vous trouverez au bas de cette aventure. Ces quelques fanions en couleur me rappellent l’histoire d’Alphonse ; je vous la conte, ici, entre souvenirs et pavillons…

Par un inextricable cheminement d’incorporation, d’école, d’examen, d’engagement, de remplacement, d’affectation, digne d’aventures rocambolesques, Alphonse Rubicon  s’était retrouvé timonier sur mon rafiot.
Rustique et râblé, dur au mal, pendant son quart à la passerelle, il ne baissait jamais la tête quand une vague venait percuter le brise-lame ! Lui, les embruns glacés, les pétillements incessants, les nuages vaporeux et les sirènes liquides, c’était un peu comme le feu d’artifice de l’océan qu’il admirait sans répit.
Les mains dans les poches, la clope mouillée au bec, cela lui plaisait de braver la tempête en la toisant du haut de ses vingt ans. Le mal de mer ?... Que nenni ! D’un pied sur l’autre, il dansait sur les roulis !... Le tangage ?... Il s’en amusait comme un gamin sur un manège en plein brassage !...  

D’où était-il, au fait ?... Il venait d’un coin si paumé de France qu’il devait, pour situer son bled, nommer le chef-lieu de son département, et encore ! Même le susdit chef-lieu, on avait du mal à le localiser sur une carte ! Aussi, dans le poste, pour ne pas le décevoir, on hochait la tête comme si on connaissait l’endroit mais on n’en avait aucune idée !
Comme il en parlait, parfois, c’était le genre de patelin bien reculé, bien bouseux, bien perdu, où l’on comptait au kilomètre-carré plus d’animaux que d’humains ; un de ces endroits isolés où l’hiver dure six mois et où l’été met six mois à s’en remettre !
C’était un climat pour bottes, parapluie et dépression ! Un climat où l’on compte les jours de soleil, dans l’année, sur les doigts d’une main ! Naturellement, quand il se taisait, on entendait tomber la pluie sur le triste paysage qu’il nous avait brossé…
Entre nous, quitter son bled pourri pour se retrouver dans les tempêtes de l’Atlantique, il n’avait pas beaucoup gagné au change, l’ami Alphonse. Comme tous les gens de la terre, il n’était pas tellement bavard ; sa salive devait avoir un coût ; ses mots étaient utiles et il ne les répétait pas. Avec son accent de terroir, on avait du mal à le comprendre ; aussi, de tous les langages, il préférait celui de ses pavillons…

Les filles dénudées, l’alcool coulant à flot, la dépravation à chaque réverbère, la première fois qu’il s’est baladé dans la rue de Siam, (Brest) il avait les yeux ronds comme des soucoupes, tant il découvrait ce que son imagination la plus débridée n’avait même pas approché !... La deuxième fois, il avait dégoté sa greluche, cet imbécile !...
On ne le reconnaissait plus, notre Alfa Bravo !... Il s’était amouraché de cette fille, cette Sonia, au point qu’il s’était mis dans la tête de la présenter à sa famille !...

« Alphonse, les fleurs de la nuit, ça ne supporte pas la lumière !... », « Entre rumeurs salaces et courants d’air froids, elles ne poussent qu’au coin des réverbères !... », « Celle-là, comme les autres, pendant que tu joues son garde du corps, elle te pique ton fric, elle t’essore !... », « Parce qu’une fois, elle t’a amené dans sa piaule, ça y est, tu crois que tu as décroché la timbale !... », « Tu n’es pas de taille !... Avec ses larmes de crocodile et son rimmel de Prisunic, elle va te foutre sur la paille !... », « Ta Sonia de bazar, ce n’est pas son vrai prénom !... ».

Notre Tango Charly, on pouvait bien tout tenter pour le dissuader de cette bêtise monumentale, il ne voulait rien savoir. En souriant niaisement, il balayait toutes nos semonces comme si elles ne pouvaient pas l’atteindre ; en échange, il parlait fiançailles, épousailles…

Est-ce qu’au moins, il lui avait expliqué sa cambrousse, la pluie traversière, les chemins de boue et les paysages sans lumière ?... Et puis, c’était autre chose qu’une tempête océane, qu’il allait affronter sur le pas de la porte de la maison familiale !...
Ses parents, debout dans la salle de séjour, quand ils allaient découvrir cette pétasse à la poitrine débordante, aux bas résilles et aux talons pointus, aiguisés comme des rapières, comment prendraient-ils la chose ?... Au plus vite, ils enverraient les plus petits dans la ferme d’à côté !... Tout affolée, avant de mourir de chagrin, sa pauvre mère irait retourner tous les crucifix de la maison pour que son Jésus ne voie pas cette ignominie !... Mais le lait de toutes les vaches allait tourner !... Il y serait question de roulure, de traînée, de pute et de salope !... Son père choperait une apoplexie telle, qu’il ne s’en remettrait pas !...

« Quoi ?... Comment ?... Tu l’as mise enceinte ?... », « T’es sûr qu’il est de toi ?... », « Ben, mon colon, t’es pas dans la merde !... ». « Et tu vas l’appeler comment, Papa, Roméo ?... ».

Un soir de sortie, avec Alphonse le timonier, le futur père de famille, j’eus l’occasion de l’approcher et de me faire ma petite idée. Il était tellement fier de me la présenter ; j’étais, comment dire, comme la répétition de ce qui se passerait chez lui…

Elle savait y faire, la Juliet, pour le rouler dans la farine, notre Echo Foxtrot ! Elle avait même pris son accent de paysan de la France profonde ! Pourtant, ces deux-là, on aurait dit qu’ils se connaissaient depuis toujours !... Parfois, ils se parlaient en patois de pluie et je ne comprenais rien à tout leur charabia !... Sonia, c’était son nom de bataille, celui de la ville et de ses excès ; Léontine, c’est son prénom de l’église et du baptême. Échouée à Brest, entre malfaisants et barbeaux de ruelles, elle pointait au plus vieux métier du monde. Comment allaient-ils appeler leur futur petit Zulu ?... Mike ou Oscar, à coup sûr…
D’où venait-elle ?... Certainement du fin fond de la France, d’un département perdu que même en citant sa plus grande ville, on ne se sent pas plus éclairé, d’un endroit tel qu’on a envie de se pendre, à vingt ans, pour ne pas mourir dans la désolation de ce trou du cul du monde... Et ces deux êtres perdus, s’ils étaient du même bled, de la même école, de la même flaque d’eau, celle qui fait des éclaboussures de rires qui résonnent toute une vie…

C’était la fin de l’après-midi ; après les douze heures de train, les deux heures de bus, la demi-heure de marche, Alphonse, dans sa belle tenue de mataf et Léontine, sans fard, sans chichi et sans tralala, cachée sous un imperméable couleur champêtre, prirent le chemin qui mène à la ferme familiale ; on entendait meugler les vaches à l’étable, une petite fumée s’échappait de la cheminée. Là-bas, inquiets et droits dans leurs habits du dimanche, ses vieux parents attendaient sur le pas de la porte…   

Pavillons

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Vade -mecum du vingt-et-unième e siècle (Laura)

 

Internet est devenu le vade -mecum du vingt-et-unième e siècle
Où nous trouvons(ou croyons trouver) tous les vade-mecum nécessaires
A notre quotidien et même à l'extraordinaire: certains en jettent tous leurs livres
Croyant trouver une encyclopédie qui prend moins de place, un portable.

Comme tout le monde, je cherche sur internet comment cuire
Mes filets de morue, mes haricots verts, mon rôti, quelles palmes
Produiraient l'effet que je souhaite mais je ne souhaiterais pas vivre
Dans un mode à la Fahrenheit[1], un monde sans livres.

 


[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2006/09/15/fahrenheit-451-1966-le-film-de-francois-truffaut.html

 

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Vade mecum pour âme errante (Lecrilibriste)


Voilà trois jours que j'me balade
entre la terre et le ciel
sans savoir où aller
sans savoir ou crécher
mon karma à bout de bras
je suis bien dans l'embarras
Plus d'poche à mon tablier
pour trimbaler mon carnet
vade mecum pour âme errante
alors j'invente …
Un ange bien intentionné
vient pourtant me rencarder
Si tu veux revenir sur terre
faut faire le chemin à l'envers
Il attrape sous son aile
Vade mecum pour âme qui erre
feuillette la partition
et me dicte la leçon …

Va voir Pluton si tu oses
un brin de métamorphose
Neptune pour t'octroyer
l'inspiration qu'il  promet
Uranus pour réformer
cette foutue société
Chez Saturne va déposer
tes échecs et tes blocages,
Chez Jupiter s'il te plaît
parle lui de tes excès
régale toi d'un bon dîner
Chez Mars, pitié, sans carnage
choisit l'action et le courage
Vénus avec sa beauté
t'apprendra sa façon d'aimer
Mercure et ses sandales ailées
t'aidera à communiquer
prendre plaisir à voyager
Dans la lune, pose tes rêves
ton imagination, tes émotions
l'enfance et sa fascination
Et  Soleil enfin sera là
pour illuminer ton trépas
et te faire tout recommencer

La petite âme le remercia
s'éloignant avec tout ce barda
et son karma à bout de bras
pour faire le chemin à l'envers
et enfin revenir sur terre

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Vade retro (Walrus)


Ben oui quoi, au temps de l'internet omniprésent, je les trouve un peu retro ces vade-mecum. Ça avait commencé avec les aide-mémoire Dunod quand j'étais étudiant. Je possédais ceux de physique, de mathématiques et bien sûr de chimie.

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Je les trouvais pratiques et étonnants. Mais je n'avais encore rien vu !

Quand j'ai débuté ma carrière dans un centre de recherche, j'ai découvert que chaque labo y détenait un exemplaire de cet incroyable ouvrage de référence : "The Chemical Rubber Company Handbook of Chemistry and Physics".

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Une compilation de (presque) toutes les valeurs de propriétés chimiques et physiques mesurées sur toutes les matières. Sauf que la première édition que j'ai rencontrée ressemblait plutôt à ça :

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Nous l'appelions le "Hodgman", du nom du compilateur de l'époque.

Tant qu'à vous parler de cette période de ma vie, je vais vous raconter un petit truc.

À l'époque où je sévissais dans l'électrochimie, nous avions créé un groupe de cinq collègues et nous nous retrouvions six fois par an avec nos épouses : une fois au restaurant et les autres chez chacun d'entre-nous. À la belle saison chez ceux qui vivaient à la campagne (avec l'inmanquable barbecue), en autre temps dans les appartements de ceux qui, comme moi, vivaient en ville.

Un jour où les choses se passaient chez moi, j'avais réalisé un menu personnalisé pour chacun·e des participant·e·s : il comportait un acrostiche basé sur le prénom du convive concerné.

Bien évidemment, chacun voulait aussi voir le menu de tous les autres, ça faisait une sacrée ambiance.

Je cachais soigneusement le mien mais ils ont fini par me le dérober. Ils en ont été pour leurs frais : il ne comportait pas d'acrostiche. Seulement le petit vade-mecum de l'hôte attentif : les sujets à aborder avec tel ou telle (et a contrario, ceux à éviter), qui complimenter sur quoi, à qui faire discrètement la cour etc, etc.

Qu'est-ce que je pouvais être con à l'époque !

Comment ?

Ça n'a pas changé ?

Si vous le dites...

 

 

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