La mère de l'Adrienne a deux casseroles à pression. C'est ainsi qu'on les appelle en Belgique. Et oui, vous avez bien lu :
1° qu'on peut en parler au présent parce que ces machins, malgré l'emploi intensif qui en a été fait, sont indestructibles
2° qu'il y en a deux, une énorme pour la soupe de la semaine et une de taille 'normale' utilisée quotidiennement pour les pommes de terre, le stoemp ou les viandes qui nécessitent une cuisson longue, comme le pot-au-feu.

Ce qui avait convaincu la mère de l'Adrienne, c'était le double argument de vente de ses deux 'Miss Mary': un temps de cuisson nettement plus court et des vitamines ou sels minéraux mieux conservés.

Win-win, comme on dit aujourd'hui.

Mais sur le goût de ces patates sorties de la Miss Mary, on ne disait rien...

Mini-Adrienne détestait les 'Miss Mary', non seulement parce que tout ce qui en sortait avait à peu près la même qualité gustative, mais surtout pour leur côté bruyant et effrayant.

Leurs "pschitt pschitt' remplissaient la cuisine de bruit et de vapeur et au moment du 'jaillissement' final, le père était prié d'aller au plus vite porter la chose dehors, pour que le plus gros jet de vapeur s'éparpille dans la nature au lieu de remplir la cuisine.
Qui pourtant faisait quatre mètres sur quatre et avait une hotte aspirante.

Enfin, la touche finale: mini-Adrienne, qui devait essuyer la vaisselle, a failli mille fois se démettre l'épaule ou se casser le dos à soulever un de ces engins.
Qui en plus n'étaient pas faciles à essuyer parce qu'à cause du rebord, l'eau ne s'en égouttait pas.

Aujourd'hui, la mère de l'Adrienne n'utilise plus ses Miss Mary: elle a découvert le micro-ondes, c'est encore plus rapide :-)

Mais elles sont toujours en état de nuire: elles dorment à la cave.