20 juillet 2019

Défi #569


Non, ce n'est pas Avignon

PICT0049

Posté par Walrus à 00:05 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,


Ont vu rouge

pas cons

0720

maryline18 ; lecrilibriste ; Kate ; Laura ; Venise ;

Walrus ; joye ; bongopinot ;

 

Posté par Walrus à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Un endroit magique par bongopinot

 

Une magnifique façade

Un intérieur original

Des tables rondes

Endroit magistral

 

Au plafond il y a des bouteilles

Leur col assez long et très mince

Leur panse enflée et garnie de paille

Suspendues elles pendent en abondance

 

Cet endroit se situe dans un lieu de rêve

Dans une roulotte auprès d’un ruisseau

Dans un mignon hameau nommé mirage

Où dansent et coassent les crapauds

 

Grimpez ces marches en bois

La porte est grande ouverte

Vous serez comme des rois

Regardez la belle carte

 

Des mets délicieux y sont proposés

Des vins de grands crus de vrai trésor

Jamais vous n’oublierez ce moment passé

Dans ce village ou le temps reste fixé au décor

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

Romane d'apprentissage : Épisode deux (joye)

ristorante

Ayant fui quitté l’Anjou après la mort inexplicable du pauvre Titus, je me retrouvai à Bordighera. Ah Italia ! Ses bonnes ! Ses pâtes !  Ses bonnes pâtes ! Avec les quelques euros que je volai sécurisai en lavant les soquettes crades de fou feu mon amour, je trouvai un squat appart’ dans la Via Romana - ouais, appelée presque comme moi, votre héroïne estivale et jeune-veuve, Romane !

Or, bien que majeure et vaccinée, je n’avais que vingt-deux dix-sept ans, et je me rendis tout de suite compte qu’on ne vit d’amour et d’eau fraîche que dans les romans sirupeux où la fille tombe amoureuse des hommes musclés mais peu poilus, ne portant jamais de chemise…Bon, c’est pas mon truc à moi que j’ai. Et moi, quelque déesse féerique que je fus, il fallait tout de même que j’eusse de quoi manger. Il me fallait donc une Taf Quelconque, histoire de pouvoir me payer des gelati de temps à autre.

Vous n’allez pas le croire, ou peut-être si, mais je trouvai tout de suite un boulot al Ristorante Bottigle, à deux pas de mon pieu dans la Via Romana !  Che buona fortuna !

Mon patron, Otto Luoghi, était un homme corpulent, comme tutti les bons restaurateurs italiens au prénom allemand (à cette époque-là, on ne se posait toujours pas trop de questions, hein), mais son fils Gieuseppe-Gomberto était un jeune Adonis. Il avait une gueule à faire pleurer les pierrines, comme on dit nulle part sauf dans ce Bildungsroman, mais c’était quand même vrai. Ses yeux noirs comme des olives, son nez droit comme une baguette, sa bouche rouge et pulpeuse comme une tomate…

Allora, vous voyez bien que j’avais trouvé mon métier idéal, servant des pâtes étouffe-chrétiens al ristorante. Si je versais du chianti parfois sur les clients au lieu de dans leurs verres, ce n’était pas de ma faute, on voyait bien que j’étais inamorata pizza pazza et l’on me pardonnait rapidement. Sinon, Signor Luoghi venait tout régler avant que les baffes ne se perdent, n’oubliant pas d’apporter aussi son couperet impressionnant pour le seconder si besoin était. 

Vous vous demandez sans doute si je devins la belle-fille d’Otto ? Hélas, non, ce n’était pas mon destin !  Mon pauvre Gi-Go, comme j’aimais l’appeler, était gay comme un pinson et quand son papa le sut (je n’ai pas le temps malheureusement de vous dévoiler qui le lui trahit), Otto le botta dehors et fit de moi sa héritière unique quelques heures avant de m’épouser et encore quelques jours avant de mourir dans une bagarre tragique avec des clients et où il avait oublié d’apporter son couperet, peut-être parce que je l’avais mal rangé dans un tiroir dans l'armoire derrière la cuisine, amoureuse-dingue comme j'étais en ce moment, hélas !  Mais bon, tout est bien qui finit bien, non è vero ?

Cíao, cíao, alla prossima settimana, saluti a tutti…

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

Une araignée au plafond (Walrus)

0720

 

Au premier coup d'œil avec sa couleur rouge on pourrait penser à un restaurant chinois, mais en y regardant mieux, les pieds des premières lettres de l'enseigne nous enseignent (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher) qu'il s'agit d'un resto italien.

Tant qu'à regarder, apprenons-en un peu plus : la vue en contre-plongée et la barrière de protection devant la porte entr'ouverte (question que le client ayant un peu forcé sur le Prosecco, le Chianti, le Zabaione et la Grappa ne s'écrase dans la rue en tentant une sortie majestueuse) montrent qu'il s'agit du premier étage du bâtiment.

L'angle entre les parois laisse supposer que l'établissement se situe à un coin de rue.

Les flasques gainées de paille suspendues au plafond confirment la nature italienne de l'endroit, contrairement au tissu Vichy des nappes et de l'abat-jour qui fait un peu franchouillard rustique.

Vous m'objecterez bien sûr que le Vichy est aussi présent en Italie du nord, ce à quoi je vous répondrai que la cuisine servie dans les restos italiens de mon pays est très souvent d'inspiration plus méridionale : napolitaine, sicilienne, quel est donc l'adjectif correspondant à Pouilles* ?

Pour le reste, je n'en sais pas plus : je n'y ai pas mis les pieds, la photo a été prise en l'an de grâce deux mille deux par mon épouse lors d'une virée entre filles dans la bonne ville d'Anvers (Antwerpen pour les vlamingophones pointilleux).

Non, je n'ai pas parlé de la guirlande d'ampoules colorées courant sous la corniche, mais vous l'aviez remarquée sans moi, alors...

 

*apulien


 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,


Les petits pots de terre (Venise)

 

Pas avant six heures la boutique ouvrira.

Le chant des pots où se cachent les hirondelles.

Ici on a pris habitude de rivaliser avec l’éternité en collectionnant les pots et les cruches.

C’est toujours un étonnement de venir ici .

Une horloge au fond de chaque pot compte les rayons de soleil qui frappent  la terre cuite d’un chant neuf .

C’est une vraie bibliothèque où se terrent les confitures et autres merveilles.

Comme une abeille j’y butine tous les dimanches dans ma robe d’organdi.

La première fois que je suis venue dans cette boutique j’avais six ans.

Je craignais de rencontrer une sorcière derrière les fagots de buches

A six ans on tourne le dos à la fenêtre du réel, on est chargé d’orageuses couleurs et tout a l’odeur du pain d’épice  même ces pots de terre suspendus dans la grande salle.

Aujourd’hui on innove des gerbes de fleurs sortent de chaque pot .

On marie un jeune soldat à la fille du maire. La grande salle est vibrante d’odeurs  printanières et les pots de terre rient aux éclats .

Les notes sortent du piano comme des pétales de roses et la mariée semble tourmentée .

Un pot vient de se briser à son pied. C’est un signe du ciel crient les vielles en applaudissant .

On ne connait bien  le bonheur que parce qu’il te manquera dit l’une d’elle .

L’ambiance devint soudain pesante .La mariée n’était pas une grande malade en phase terminale, elle se saisit d’un pot suspendu  . A peine un vague souffle d’air frais sur la nuque  de la vieille et la voilà sans connaissance sur le sol .

Dis donc walrus j’en ai une bien  bonne

 La prochaine fois que tu choisis une photo avec des pots de terre censure-moi au moindre écart !!

v

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

J'en... (Laura)

 

J'en ai vidé des fiasques
J'en ai aimé des hommes
J'en ai fumé des cibiches
J'en ai fait des frasques

J'ai été scandaleuse
J'ai été une grosse fumeuse
J'ai collectionné les conquêtes
J'ai été alcoolique

J'ai fait beaucoup d'excès
Je n'avais pas d'équilibre
Jamais rien je ne regretterais
Rien de rien, je ne regrette

A force de vouloir remplacer
La timidité par le rire
Et l'outrance, je me suis transformé
En un Pantagruel grotesque

Aujourd'hui, alors que je remonte
Mes sept collines en marche arrière
Je peine mais je bois avec enthousiasme
Beaucoup d'eau assaisonnée de fièvre curieuse.

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,

S'il suffit (Kate)

S'il suffit 

S'il suffit d'un restaurant pour qu'on voyage

D'une couleur pour qu'on rêve

D'un coin de rue pour arrondir les angles

D'un moment hors du temps

 

Alors 

Installons-nous

Investissons la carte

Réchauffons-nous

De rouge

Partageons

Nos envies

Laissons-nous emporter

Ailleurs

Loin

IMG_2442

IMG_2443

 

IMG_2444

 

IMG_2445

 

Photos de l'auteur, janvier 2018, caffè Mazzo (63)

 

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,

Au « Bouchon Cramoisi » (Lecrilibriste)


Au coquet « Bouchon Cramoisi »
on déguste lyonnais mais on boit du Chianti
et lorsque la flasque est finie
on suspend la bouteille avec une poulie
tout en haut du plafond comme un ciel de lit
C'est un rituel d'aficionados
Et cela fait un vrai concerto
de tintements et de sons de grelots
lorsqu'Eole joue aux courants d'air
quand les carreaux sont grands ouverts

Rouge et blancs sont les sets à carreaux
Rouge est le Chianti  maestro
Rouges les clients emméchés
Rouges quand ils se mettent à hurler
leurs souvenirs  de vieux  troupier
ou l'air du beaujolais nouveau...

Euh ? … C'est du beaujolais
du Chianti ou du Cabernet
cette bibine toute cramoisie ?
disent-ils quand ils sont tous cuits
couchés sur le sol, regardant au plafond
les flasques qui planent et qui dansent en rond
On se croirait au paradis  ….

Patron ! Une autre flasque, je vous prie !

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

Le baiser. (maryline18)

 

D'un côté, la barrière de l'interdit et de l'autre côté, l'issue de secours, le filet d'air indispensable à ma respiration, la fenêtre ouverte à la vie, à l'envie...Au milieu, mon esprit torturé.

Comme l'adolescent qui cherche des preuves d'amour pour pouvoir affronter la vie, l'ennui, les paris idiots, oui, comme lui j'ai cherché, j'ai cru, j'ai supposé...Comme lui, j'ai élevé mes interprétations erronées au rang de certitudes. Comme lui, j'ai foncé tête baissée pour mieux affronter les difficultés, les déceptions, les désillusions.

Comme à lui me vient l'envie de me rebeller, une fois encore, au pied de la limite à ne pas franchir. Devant celle-ci j'entends les murmures des gens respectables. Ils sont rassurants, forcément, les gens sérieux, ils savent toujours ce qui est bien, ce qui est mal...De toutes leurs bouches, des échos de bonnes conduites, de mises en garde, de reproches programmés se croisent. Je m'étends sur le lit, mes pensées tournent en boucles et me donnent la nausée. C'est sûrement un cauchemar, comme celui que je faisais enfant, quand j'étais fiévreuse.

Je regarde le plafond, les bouches sont là, me dévisagent, j'ai peur. Je cherche ton visage, au milieu de ces yeux rieurs, méchants. Je tends l'oreille mais je n'entends rien d'autre que leurs rires tonitruants. Où es tu ?  toi seul peux combattre les monstres de mon âme torturée, mon amour te rend aussi invincible qu'invisible.

Je suffoque mais comme un animal en captivité, assuré d'avoir tous les jours sa pitance, j' hésite à m'enfuir de ma cage, je respire son air vicié et mon teint blêmit, mes poumons s'atrophient, mon coeur s'affaiblit. Un jour, je me pencherai au dessus du vide de cette baie vitrée et comme toute réponse à l'échec de ma vie, et comme au dessus d'un puits où il n'y a plus rien à puiser, je me laisserai tomber... puisqu'il ne peut en être autrement. Un jour, je ne verrai plus toutes ses bouches et leurs mensonges mais sur tes lèvres, sans bruit, dans une autre dimension, j'irai, mon amour, déposer le plus beau, le plus tendre des baisers...

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,