Mini-Adrienne a une Tantine qu'elle aime beaucoup ainsi qu'un tout nouveau Tonton qui ne parle pas le français mais qui est gentil quand même.

C'est avec le sérieux qu'on lui connaît qu'elle a porté les deux anneaux d'or, noués sur un coussinet blanc, de la maison jusqu'à l'église et pendant toute la cérémonie, jusqu'au moment où il a fallu les confier au prêtre pour la bénédiction. Elle n'a d'ailleurs lâché le coussinet qu'après avoir reçu l'accord formel de sa Tantine.

Mini-Adrienne a été heureuse et soulagée de voir enfin briller les précieux anneaux au doigt des mariés, qui avaient l'air très heureux aussi.

Puis il y a eu la fête et bien d'autres émotions dont il ne sera pas question aujourd'hui.

Quinze jours plus tard, Tantine est revenue de son voyage de noces. Elle avait un cadeau pour mini-Adrienne.

- Ça vient d'Espagne, lui dit-elle, mais la petite n'avait que cinq ans et aucune notion de géographie.

Dans la boîte, il y avait deux machins noirs d'une forme bizarre, noués par une cordelette. Tous les adultes présents ont voulu faire une démonstration sur la façon de bien les tenir en main pour les faire claquer. Aucun n'y est vraiment parvenu.

Mini-Adrienne était impatiente de pouvoir essayer, elle aussi, mais elle a dû attendre que parents, grands-parents, oncles et tantes les aient eus entre les mains.

Elle a même eu peur qu'on ne les lui abîme, tant la tension et l'émulation allaient grandissantes.

- Les grandes personnes sont décidément très bizarres, s'est dit mini-Adrienne, chose que lui a confirmée sa lecture du petit Prince, six ans plus tard.