Je ne voudrai rien qui mente,
Je cherche la beauté violente,
Pour me défendre de ce corps difforme
C’est ainsi que parlait TOULOUSE-LAUTREC chaque soir au bastringue.
Il s’affranchissait de son triste sort par la folie des corps des femmes.
Elles seules pouvaient le laver de ses désespérances.
Battu par l’averse des mauvaises circonstances d’une naissance non désirée
Il reste un enfant dans la forêt des robes et des rires de toutes celles qui auraient pu l’enfanter.
Lui seul est en droit de les peindre
La Goulue, Joie d’AVRIL rendue aux vivants.

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Le peintre boit jusqu’à la lie le mouvement du corps, brisant le sort qui lui tient la bride
Le cheval peut aller au galop.
Ainsi les eaux calmes du chevalet se font fleuve, s’effacent alors les barreaux qui l’emprisonnaient.
Au petit matin en quittant le bastringue d’un pas claudicant nait le jour du tableau
C’est dans sa peinture que l’on peut apercevoir la splendeur du hasard et de la joie.
Ce qui aurait pu être une ampoule sale dans un taudis, se révèle ici dans la lumière de ses couleurs vives.
Ils s’inclinent devant elles comme on s’incline devant le mépris.
La beauté ici grandit de toutes ses injures faites au peintre.
Ce bastringue reste le berceau de son art.