09 février 2019

Roturiers (Venise)


Cœur de roturier et rien d’autre.
Avec un rossignol pour bannièrev
Sans l’aiguillon du blason
Et là nos baisers, nos promesses, nos rivières souterraines
La rose ouverte sur le jardin
Et le rosier de nos promesses sans épine.
Il faudra coucher nos corps sans linceul, sans royaume
Pendant que nos faux couperont les épis jaunes.
Nos cœurs roturiers ne s’envoleront pas, mais
nos soupirs nos renoncements
Comme de vieux oiseaux frémiront dans la brume
Braves gilets jaunes au cœur roturier
Dont l’alphabet trébuche dans les caniveaux pleins de larmes.

Moi je tordrai les branches des peupliers pour vous laisser passer.

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02 février 2019

Défi #545

 

Allez, un petit mot qui nous concerne
(presque) tous :

 Rature

Roture

 

5451

 

 

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On y perd son latin (joye)

Mon oncle Xavier, horresco referens, était le dernier des profs de latin. Vous voyez le genre, moitié Sénèque, moitié Cicéron, moitié Aristote avec un bon pourcentage de Socrate – son tout étant plus que la somme de ses parties, quoi.  Méthodique, et muni d’une garde-robe qui datait d’au moins depuis l’Antiquité. Tout comme ses diplômes et doctus comme libro.

Tonton Xavier était la terreur de la salle des profs. Les individus mal avisés qui osaient lui adresser la parole reçurent toujours une réponse érudite, mais obscure, en latin.

-          Bonjour monsieur !  Comment allez-vous ?

-          Aequo animo ! répondait-il, sèchement.

-          Salut Xavier ? Ça va ?

-          Parturiunt montes, grommela-t-il.

Chaque malheureux qui avait l’occasion de le saluer troisièmement dans la même journée ou après avait droit à un « Bis repetita placent ! » impatient.

Les anciens collègues en avaient l’habitude, et les jeunes s’orientaient vite au phénomène, sustine et abstine. Jusqu’à l’arrivée d'Avis Wellington, la nouvelle prof d’anglais. C’était une veuve, grande, blonde et charmante, venue de l’Angleterre, et qui avait presque l’âge de la retraite. Il lui fallait encore une petite année d’enseignement afin de toucher sa pension. Son français était passable, mais elle ne comprenait pas encore le débit de ses collègues, servum pecus. Donc, les conseils obligatoires concernant Tonton passaient incompris par la nouvelle venue.

Donc, oui, vox clamatis in deserto, le lendemain matin, madame Wellington s’adressa à son collègue, le prof de latin, terreur de la salle des profs.

-          Bonjour monsieur, je suis Avis Wellington, lui sourit-elle en tendant la main.

Et vae victus ! Tonton Xavier resta muet, une lueur étrange dans ses yeux bleu délavé.

-          Bonjour monsieur, répéta-t-elle. Je suis Avis Wellington.

Après tout, audaces fortuna juvat.  Mais toujours rien. Muet, figé, une véritable statue, Tonton restait sans mots. Alea jacta fuit.

Madame Wellington dût décider que Tonton était soit sourd, soit plus désagréable que son air, et elle se retira pour rejoindre ses Première-B. Il fallut même plusieurs minutes pour Tonton de revenir à lui. L’effet n’était pas inaperçu par les collègues, qui se mirent ensemble pour perfectionner un plan : à partir de désormais, personne n’adresserait la parole à Tonton. On laisserait cela à La Wellington…après tout, delenda Carthago ! On lui rendrait ses bizarreries. Madame Wellington serait la porte-parole du groupe qui lui clouerait Le Bec selon La Vulgate.

Hélas, ils oublièrent encore de le dire à la nouvelle prof, qui, elle, avait décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce. Elle refusa tout simplement de lui dire quoi que ce soit, et tous les autres profs firent pareil, comme leur nouvelle idole, cette rara Avis.

Voyez-vous, le tout était un délicieux…quid pro quorum.

Et Tonton ?  Eh bien, il épousa enfin sa petite amie qui s'appelait, bien sûr, Gloria Victis.

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Seize contre seize sur le forum, c'est ça le quorum ! (Joe Krapov)

- Vous aussi vous êtes tout seul sur le terrain, sire Banania ?

- Comme vous voyez, bwana Arthur ! J’espère qu’on aura le quorum. Parce que roi contre roi, je ne sais pas si vous savez, c’est nul ! Et nulle même ! Mais je vois votre dame qui arrive !

- Enfin ! Non mais dites donc, Guenièvre, qu’est-ce que vous foutiez ? Je ne sais pas si vous savez mais y’a match aujourd’hui ! Vous séchez les tournois, maintenant ?


- Désolé Majesté mais le cavalier Lancelot m’apprenait à jouer d’un instrument de musique africain !


- Alors vous mélangez les pièces avant même qu’on ait commencé ? Du métissage musical, maintenant ? Une blanche vaut toujours deux noires avec cette… chose, là ?


- La cora il appelle ça. J’ai l’impression que ça va super-marcher ce truc-là ! C’est bon pour le décorum, qu’il dit, de jouer de la cora. Surtout des chorus.


- Chorus, cora, décorum, on va y perdre son latin avec vos lubies ! En attendant, je ne sais pas si vous voyez, on n’a pas le quorum !


- Ah mais maintenant que je suis là on peut y aller. Profitons de ce qu’elle n’y est pas la dondon fessue du gars Mamadou !


- Taisez-vous malheureuse, vous allez nous créer un incident diplomatique ! Tenez la voilà justement avec toute sa cour, le prince noir, Razibus Zouzou, Tornado et compagnie ! Mais qu’est-ce qu’ils foutent, les gars de chez nous ? Les deux autres fous, là, Loreille et Lardu, je n’ai jamais vu des bouffons pareils !


- Vous n’avez vraiment pas le sens de l’humour, vous, Arthur, hein ? Ils doivent juste être encore à fianchetter dans les coins !


- Avant même que j’aie construit mon château ? Ah ben bravo !


- Ecoutez, ce sont des conceptions hypermodernes. Faut pas rester comme ça attaché à l’ancien monde non plus !


- Et les pions, ils sont où ?


- Ben c’te question ! Au lycée, à surveiller les mômes ! Tiens non, les voilà tous qui arrivent en poussant les deux tours !


- Bon, manque plus que qui ? Lancelot et Saint-Georges comme d’habitude ! Si les autres en face nous sortent un dragon, on va être mal !


- Ils ont pas des têtes à jouer de la sicilienne ! Faut peut-être arrêter aussi de jouer 1. e4, sire ! lance Lancelot en prenant sa place sur la case c1.


- C’est ça, c’est ça, dévoilez nos plans secrets ! Déjà si eux n’avaient pas le quorum pour débuter la partie, ça m’arrangerait assez, voyez-vous ! Ah, voilà Saint-Georges, on est au complet ?


- Alors, bwana Arthur ? On commence ? Pendant que vous palabriez avec votre dame, on a atteint le quorum et plus si affinités nous aussi ! Allez-y ! Tirez les premiers, messieurs les Anglais !


- Y m’énerve celui-là, maugrée Arthur, avec sa culture et ses expressions toutes faites. Je ne sais pas ce qui me retient de lui balancer un orang-outang sur la gueule. Non quand même pas b4, c’est trop risqué. Allez tiens, une anglaise. 1. c4 ! Accrochez-vous les noirs !

 Pour assister à la bataille, cliquez ici 

puis faites avancer les pièces ci-dessous en appuyant sur la flèche orientée vers la droite. 

P.S. Et alors comme ça, y'aurait une arnaque ?
Je ne serais pas capable de gagner avec les noirs ?

Pas plus tard qu'hier encore, voyez-vous...

(En fait c'est juste que je ne publie pas les parties que je perds !)

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Une randonnée de mots par bongopinot


Le quorum étant atteint sans moi
Je me suis donc envolée de cette séance
Ne manquant que rarement ces audiences
Aujourd’hui j’ai préféré prendre une autre voie

Et sur ce chemin de randonnée
Je suis partie à la cueillette des mots
Dans mon panier des feuilles et un stylo
Pour faire un bouquet à mon arrivée

Une allée un sentier une artère
Je m’attarde sur l’avenue de la pensée
Source de réflexion et de lucidité
Puis mon esprit suit un autre itinéraire

Des tableaux défilent devant mes yeux
Des personnages parfois étranges
Traversent la route de mes songes
Rêve éveillé d’un trajet merveilleux

Le quorum étant atteint sans moi
Je me suis donc envolée sans méfiance
Pour un parcours riche de sens
En toute simplicité et propice à la joie

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Ronchonchon a quo ... (Nana Fafo)

Pas atteint le quorum de mots pour faire un article.

ronchonchon-quorum

Tous les chemins mènent à Rhum !

On est au "core" du sujet...

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Quorum (Pascal)

 

Tous les dimanches après-midi, je vais voir ma vieille maman ; obligatoire retour vers le passé, c’est ma corvée et c’est mon plaisir, aussi. En ordre de souvenirs heureux, sur le meuble de la salle à manger trônent ses bibelots ; l’harmonica de mon père, des fossiles trouvés dans la rivière, la statue miniature en pierre du templier ramené d’un voyage à Carcassonne, une hirondelle en porcelaine, une fleur en pâte de sel, un pot de lait tout à fait ordinaire, elle conserve des choses si désuètes qu’elles en sont devenues des véritables reliques ; rien que de les déplacer serait un grand sacrilège.
Sur les étagères, il y a des photos de moi, en nourrisson, en première communiante, en jeune fille, en mariée, etc. M’man, c’est le lien entre la jeunesse qui m’a fui si vite et ce que je suis, aujourd’hui…

Dans la maison, il y a toujours ces odeurs d’antan ; elles se baladent en parfums suaves, entre le bouquet de lavande séchée de l’entrée, l’épi de blé momifié du couloir, le thym, le romarin, la camomille en sachet du placard, et le bois du parquet lustré avec une cire qui n’existe plus depuis longtemps dans les drogueries. M’man, elle infuse les heures qui passent pour leur donner le goût du bon temps…
Elle me parle des choses fanées comme s’il n’y avait plus que l’automne et ses méfaits qui l’intéressent. Comment va untel ? Qu’est devenue unetelle ? Comme s’ils étaient toujours là, elle me rapporte des champs de fleurs qui n’existent plus ; elle m’explique de la famille qui a disparu ; elle me répète les éclats de rire qui n’encombrent plus la maison. La table de la salle à manger est remplie de tous ses chers absents. M’man, elle a des silences souriants qui racontent les grandes histoires d’une belle vie…
Les choses factuelles, les guerres, les manifestations, la faim dans le monde, les immigrés, les migrants, le réchauffement de la planète, la montée des eaux, le SIDA, la pollution, le nucléaire, les terroristes, toutes ces calamités ne rentrent pas dans sa maison ; quand on se frotte les pieds sur le paillasson, on laisse tout ça dehors. M’man, elle a aboli la peine du monde en la remplaçant par ses rhumatismes…
La cadence de son pas, la fréquence de ses soupirs, les papillotements de ses yeux, elle profite de chaque tic-tac de l’horloge du salon en le remplissant avec son existence. Quand elle sieste, elle harmonise sa respiration sur ce métronome implacable et, à l’unisson, les minutes s’égrainent lentement. M’man, elle a apprivoisé le temps…
Inconsciemment, sous la férule de sa conversation, je retrouve son protectorat maternel ; il ne faudrait pas que je lui avoue un moindre mal, une plus petite fièvre, sous peine de la retrouver, inquiète, devant l’armoire à pharmacie, en train de chercher ses meilleurs remèdes. Parfois, tout comme avant, comme si c’était hier, elle pose sa joue contre mon front et, le sourcil froncé, elle calcule ma température. M’man, elle sait cicatriser les plaies les plus profondes… 
Elle n’y voit plus grand-chose, elle n’entend plus très bien, elle ne marche plus beaucoup ; fière de son autonomie, elle me laisse pourtant remettre de l’ordre dans sa petite maison.
C’est un de nos rituels du dimanche : je lui lave la tête ; elle adore quand je masse son cuir chevelu ; elle papote avec moi comme si j’étais sa coiffeuse ; elle me livre des secrets que j’ai entendus cent fois et, cent fois, je suis étonnée de toutes ses fariboles en crinoline ! M’man, elle a des cheveux blancs comme une voile de bateau…

Elle est gourmande ; son grand plaisir, et c’est l’un de nos autres rituels hebdomadaires, c’est quand je lui apporte quelques gâteaux ; parfois, je me demande même si elle n’attend pas plus sa pâtisserie que moi. Et elle a raison ; à part la gourmandise, que reste t-il de nos sens, quand on les a profondément usés contre toutes les beautés du monde ?... Maman a ce seul péché de chatterie ; et comme elle dit ; « Ce n’est pas moi qui finis, c’est mon dentier !… »  

Donc, tous les dimanches après-midi, je vais à la pâtisserie ; c’est ma mission ; de vitrine en vitrine, je repère les plus belles finitions. Le Paris-Brest, l’éclair au chocolat, la tropézienne, le chou à la crème, passent le temps de la mode dans son palais, puis je tente le cake, le clafoutis, le flan, le fraisier ! Le printemps et l’été incitent son humeur aux macarons, aux oreillettes, aux religieuses ! L’automne et l’hiver, elle a sa préférence pour le quatre-quarts, les profiteroles, l’opéra ! Mais ce qu’elle affectionne le plus, c’est le baba ! Et tous ces jeunes pâtissiers modernes et inventifs, ils essaient de vous les refiler, fourrés, farcis, aux fruits, feuilletés, à la frangipane ! M’man, depuis toujours, elle ne mange les babas… qu’au rhum…

 

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Le quorum s’est réuni et m’a élue (Laura)

 

Auteure (autoéditée) la plus persévérante de ces 40 dernières années.
Elle a écrit son premier poème à sept ans ; il a été publié dans le journal de l’école.
Elle a continué à écrire et vers vingt ans a commencé à participer à des concours de poèmes, gagner des prix, être publiée dans des anthologies ou des revues.
Au Maroc, où elle a vécu  trois ans, comme c’était plus compliqué  de faire des concours, elle a crée ce blog, commencé à participer à des ateliers sur le net puis autoédité ses 14 livres
Quarante et un ans après son premier poème, treize ans après la création de son blog, elle ne vend pas assez pour sortir un quinzième livre.

 

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Arminda et le DRH (Lecrilibriste)

 

  • Arminda : Tu vas voir c'que che vais y met', moi, Arminda Casanova à tous ches chignols ! Cha va chier, foi d'Arminda et quand Arminda a dit, ch'est l'armée qui dit ! !!!
  • Le DRH : Arminda, cha n'peut (oh pardon ! ) ça n' peut plus durer. Vous avez versé la poubelle pleine de papiers importants dans le cendrier de M. Zimboum et vous y avez mis le feu !

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! C'h'est Mr Chimboum ! L' était chaoul comme cochon ! A vidé lé verre dé vhisky dans la poubelle, pis il a vidé la poubelle dans lé chendrier en croyant qué la poubelle était lé chendrier, et il a étieint cha chigarette dans lé chendrier ! Mais lé chendrier a pris feu pachqué lé papier était plein dé vhisky. Che fous chure ! Ch'étais là en train de pacher la cherpillère à côté, vers M. Boumcrac !

  • Le DRH : Justement, Arminda, M. Boumcrac prétend qué fous (Oh pardon!) que vous prenez tous ches trombones. Il en retrouve plus quand vous êtes passée !

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! Les trombones ? ? ? Mais M. Boumcrac fait des colliers dé toutes les couleurs avec, pour cha chérie … Vous chavez, comme les colliers de nouilles ! Com' cha, cha coûte rien  du tout, ch'est original et cha copine est contente pachque personne en a des comme ça !

  • Le DRH : Bon, je vois ! Mais encore une petite chose … Arminda , et là, che n'est plus possible ! Les toilettes étaient encore toutes inondées !

 

  • Arminda : Ché pas moi, che vous chure ! Ai pas d' bizouquette, moi !

  • Ch'est l' président qui est vénu pour lé grand débat ! Il a fait pipi à côté du siège tel'ment l'était speed avec les gilets jaunes ! Ch'peut pas êt toujours derrière avec mon balai, moi, ch'habite pas à Ploubalay moi ! Ch'abite Coïmbra , a côté d'chez toi ! Tu vas pas m'fair chier avec ça , Rodrigo !

Et Arminda tourna le dos et ch'en alla tout de go, chongeant aux bijarretés de la vie, tandis que le DRH chtupéfait et nochtalgique rêvait choudain des même choses ... des forêts odorantes d' eucalyptus, de l'immensité de l'océan, des plages ensoleillées, du porto de la morue, du Portugal qu'il avait quitté et de la petite Arminda qu'il aimait jadis au pays, et auquel il avait eu l'envie soudaine, en la voyant surgir, d'arracher le foulard qu'elle avait sur la tête pour redécouvir sa magnifique chevelure d'ébène...

  • Le DRH, qu'elle avait chubjugué, Arminda, le DRH, chon ami de toujours, chon ami de pays Coïmbra, chon petit ami Rodrigo qu'elle aimait tant et qu'elle avait retrouvé là, incidemment … DRH …Et ... En France !

  • Et Arminda tordit cha cherpillère chinq fois plus fort en che tordant de rire car elle l'avait bien fait vachiller le Rodrigo avec chez incroyables hichtoires de ménache , cha déterminachion, chon chourire  encholeur et ches chouvenirs !

  • Foi d'Arminda ! La prochaine fois, ch'te d'mande l'augmentachion ! Et cha va chier, Rodrigo, cha, ch' te chure ! !

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