16 février 2019

Drôle de ouistiti (Walrus)

 

Se sagouin de Walrus a de nouveau sévi !

Aaah ! La faute ! Où avais-je l'esprit ?

Grands dieux, je suis maudit !

On la saute, on l'oublie et on fait comme si

Un peu de distraction s'était glissée ici.

Il n'en est pas question ! Sur le blog que voici

Nul ne peut se tromper, même pas lui !

 

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Une éternité d’enfant (Pascal)


À Gaillard, quand j’étais au cours moyen deuxième année, nous avions un instituteur hors du commun. Le cheveu rare, le teint rougeaud, on disait qu’il avait pris un éclat d’obus dans la figure à la guerre, même si on ne savait pas trop laquelle ; il était craint autant par ses silences pesants que par ses coups de colère…  
L’éternel Borsalino vissé sur la tête, tiré à quatre épingles, les chaussures toujours impeccablement cirées, c’est comme cela qu’il surveillait la cour ; derrière les platanes, quand on le croisait, sous peine de ses terribles châtiments, on avait intérêt à le saluer. Les autres instits le craignaient ; de toute façon, il ne se mélangeait pas, il était d’une autre culture, d’une autre éducation, d’un autre siècle…  

Il s’y connaissait en supplices ; il faut dire qu’entre les fortes têtes, les bons à rien, les ultra-redoublants, dans sa classe, il collectionnait la panoplie des brigands, des canailles et des fripouilles de l’école. Oui, c’était l’âge des chenapans, des bousculades à la récré, des billes qui crevaient les poches de nos blouses et des tours de platane en punition…  

Il avait ses raffinements dans l’art de nous faire mal ; parmi ses maltraitances corporelles, (il en avait toute une palette non exhaustive comme si, à chacun de nos méfaits, il adaptait celle la plus appropriée à son humeur du moment), il aimait bien nous prendre la patte de nos quelques cheveux, au bord de l’oreille. Puis, il nous soulevait jusqu’à ce qu’on se tienne maladroitement sur la pointe des pieds, en grimaçant toute notre douleur. Bien sûr, dans l’équilibre précaire, il ne fallait surtout pas verser une larme qui aurait naturellement signé notre soumission. Avec les pugnaces et les réfractaires, il tirait sur les deux pattes en même temps, ce tortionnaire. Nous, pendant cette pénible épreuve, on avait mal pour celui qui restait suspendu entre ses doigts ; on avalait notre salive en nous faisant tout petits. Je me souviens ; entre nous, pendant la récré, on s’entraînait à endurer ce terrible calvaire, pour apprendre à moins souffrir…  

À la lenteur de ses explications aussi savantes que nébuleuses, devant toute la classe, quand il en choppait un, automatiquement puni, il le faisait mettre à genoux sur une règle carrée et il l’oubliait au coin du mur. Ou bien encore, on devait placer les doigts devant sa règle en fer et attendre de recevoir ses coups pervers. Malheur au rapide qui ôtait ses doigts…  
Parfois, quand il surprenait un bâillement, un désintérêt momentané à son cours, un de nos regards buissonniers du côté des fenêtres et des nuages, automatiquement, il balançait au candidat à l’évasion tout ce qu’il avait entre les mains ; craies, brosses et parfois livres, volaient dans les airs…  
Quand il nous appelait, on se tenait à un bon mètre de lui. Adepte des gifles et des coups de pied au cul, c’était son exercice de gymnastique habituel ; j’en connais qui attendaient sans trembler sa sentence ; c’était bien peu en comparaison des coups de manche à balai et de ceinturon qu’ils recevaient à la maison.
Par instinct naturel, quand on rentrait les fesses ou qu’on évitait sa beigne, ça le rendait encore plus mauvais. Nous plaindre de ses sévices à nos parents ?... Mais c’eût été recevoir la punition en double, le retour à l’aller de la gifle, des privations de sortie, de ciné, de repas, de vélo, de télé et, même pire : de dessert !...

Quand on avait une dictée, à part sa voix nasillarde et pincée, on n’entendait que nos plumes allant lécher timidement l’abreuvoir du bord de l’encrier et nos toussotements gênés. Même les mouches ne volaient pas, il aurait pu les tuer, rien qu’en leur fronçant les sourcils…

L’après-midi, il avait le teint encore un peu plus cramoisi comme si son éclat d’obus, il le soignait avec du « Kiravi », trois étoiles à la consigne ; c’était plus tranquille ; il cuvait derrière son bureau. Il ratait ses coups de pied, ses coups de règle, mais il nous soulevait encore plus haut, entre son pouce et son index…  
« Bande de petits voyous !... Gibiers de potence !... Misérables vauriens !... Infâmes sagouins !... » En boucle, avec sa voix aiguë et pincée, il nous balançait nos titres et nos qualités, quand il se sentait moqué ou incompris. Dans sa classe de CM2, ce prélat de prévenus, il surprenait, il jugeait, il punissait…

Moi, je hochais la tête comme un petit chien de plage arrière de voiture ! J’étais toujours d’accord avec lui, surtout quand je n’avais rien compris ! Je ne voulais pas me retrouver attaché au pilori de sa vindicte ! Aussi, malheur à moi, quand il m’envoyait au tableau ! Est-ce qu’on apprend quelque chose de quelqu’un, quand on en a peur ?... Est-ce que la torture ouvre les portes du savoir ?...
J’étais tétanisé ! J’avais la fièvre au front, les mains tremblantes ! D’un coup d’aile, combien de fois ai-je pensé à m’enfuir de cette cage ! Avec des yeux de chien battu, du haut de l’estrade, je regardais la cour et le début de la récré des autres gamins !...  
Mais qu’en avais-je à foutre, du robinet fuyard qui remplissait une baignoire percée ?!... On n’avait même pas de salle de bains, à la maison !... Du train en retard et des horloges en avance, dans une gare qui n’existait même pas ?!... Je n’avais jamais pris le train !... Des centiares, des ares et des hectares ?!... On n’avait pas de jardin !...
Quand il m’avait soulevé de terre, au bout d’une éternité d’enfant, j’étais retombé parce qu’une touffe de mes cheveux était restée entre ses deux doigts ! Moi, je n’avais pas le cuir tanné des autres gamins de la classe ! Mes parents ne me brutalisaient pas, eux ! Mes yeux piquaient, piquaient !...

Devant les certitudes de cet instit violent et l’incompréhension de mes parents, j’en étais arrivé à me persuader que j’étais aussi un cancre, un moins que rien, un futur délinquant, quand il me faisait écrire des pages et des pages de lignes de punition, à la maison.
Dans la fanfare des fanfarons de ma classe, je devais être aussi un infâme sagouin, un de ces mots d’encyclopédie qu’il se plaisait à nous assener, en gueulant toute sa haine, du haut de son estrade…

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Sans ligne (Nana Fafo)

 

ronchonchon-et-singe

 

 

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Et encore vous n'avez pas vu Sagouine ! (Fu)


Qui vivra verrat !
grognassait le sagouin
baugé dans les ordures
et son délicat purin
Je préfère les bonnes
vieilles épluchures
avec du gros pain
parce que la confiture
ça me cochonne
trop le groin !


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Saïgon et le « Saïgonvroom » (Lecrilibriste)


Rémi était un enfant étrange... Très étrange même … Il était né un 31 janvier, un Verseau pur jus tombé pile dans le signe et sur la planète des imprévus .... Ce qui promettait de belles réjouissances...
Tout ça ne disait pas grand chose à Rémi,  mais  avait une incidence incroyable et totalement imprévisible sur son comportement.

D'une part, c'était un pur gaucher, ce qui n'a rien à voir avec le Verseau (mais allez savoir ? ) et d'autre part, il lui fallait bricoler et transformer tout ce qu'il touchait avec une habileté incontestable.
Parfois, c'était pure catastrophe et parfois pur génie. Et Rémi qui était un fan d'Edison, chaque fois disait à son Père qui le questionnait « tout nouvel essai Papa, est un pas vers la victoire ! » Et son Père riait dans sa barbe en se disant  « on en fera quelque chose de ce petit ».

En pur et dur gaucher, Rémi avait commencé à écrire sur ses cahiers de droite à gauche, ce qui lui avait valu quelques coups de règle sur les doigts de la part du Maïtre qui s'en était plaint à ses parents.  Sa mère s'en désolaiat, mais son Père (qui avait  découvert le fil à couper le beurre mais qui ne savait même pas qu'on pouvait faire breveter une pareille invention) comprenait bien son fiston.... « Les chiens ne font pas des chats ! » N'est-ce pas ?

Ecrire de la main droite ! Fallait le faire ! Pour sa Mère, le Maître et les copains, c'était facile, mais  pour Rémi, c'était une autre histoire !  Contraint et forcé, il s'y employait tant bien que mal, le plus souvent, en faisant de belles taches sur son chahier du jour, si bien que le Maître écrivait réglulièrement dans la marge « Sagoin ». ce qui, bien sûr,  faisait ricaner toute la classe.

Rémi n'aimait pas du tout ce mot, ça le mettait en rage. Il trouvait  qu'il faisait sale, qu'il le réduisait à rien, ou un peu mieux,  à un ouistiti, ce qu'il préfèrait d'ailleurs, car il adorait grimper aux arbres et se suspendre de la main gauche à la belle branche  du cerisier.
Un jour où, puni par le maître pour « sagoinisme invétéré » Rémi devait écrire 100 fois pendant la récré :  « je suis un sagoin et je change », il arriva une chose étrange. …
Il avait déjà écrit les 100 « je » les uns au-dessous des autres,  puis les 100 « suis » les uns au-dessous des autres, puis les 100 « un » les uns au-dessous des autres, il en était au  90ème  sagoin, les uns au-dessous des autres quand sa main droite se raidit d'une crampe subite qui lui fit faire une tache inopinée juste à côté du point sur le i. Etait-ce l'ange des imprévus  ? Nul ne le saura jamais !
Mais c'en était vraiment trop pour Rémi !  Ses larmes coulèrent sur la tache et un Ï  tout neuf  le regarda soudain avec deux yeux pochés, étonnés, souriants  et attendris, le laissant tout ébahi.
Or, Rémi qui changeait tout, avait déjà essayé de changer ce sale mot de sagoin ... En « sagoni » mais ça faisait italien, en « gonians »  ça faisait vraiment trop lyonnais, en  « agonisan » et là,  ça faisait un peu mortuaire...
Les deux yeux du  ï lui apparurent soudain comme une révélation, il écrivit « Saïgon » et  finit sa punition en transformant les 10 autres mots qui manquaient en « Saïgon »... Voilà un mot qui sonnait bien, qui faisait exotique, qui le faisait voyager, qui le faisait même planer par delà les bureaux de la classe, bien au-dessus des océans !!!  
Le Maître ne s'en aperçut même pas (ou plutôt,  il fit semblant, car il venait de suivre un stage sur les gauchers qui l'avait quelque peu fait réfléchir).

C'est ainsi que je le jour de la distribution des prix où était invité le consul du Vietnam, ami du Maïtre …. , Saïgon, que le Maïtre (tout contrit par ce qu'il avait appris à son stage), s'était mis à appeler ainsi, gagna le premier prix de la course de caisses à savon  avec son « SaïgonVroom »  prototype qu'il avait fabriqué après de nombreux essais (toujours repris sans découragements à cause d'Edison).  Le prototype avait dévalé la pente à toute vitesse à cause des voiles qu'il y avait mises et du vent qui soufflait heureusement dans le bon sens ce jour-là.
Il fut vivement félicité par le Maïtre et par le Consul, applaudi par la foule, fièrement embrasssé par son Père et sa Mère et  invité à se rendre à Saïgon avec son équipe .
C'était le lot offert au premier prix par le consul du Vietnam qui, touché par ce nom et fine mouche, avait pressenti en Saïgon un génie en puissance qu'il fallait, à tout prix,  attirer dans son pays.

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Participation de Venise


Laisse-moi passer la porte, laisse-moi te quitter.

Je veux que tu pleures comme pleurent les enfants.

Je n’ai pas trouvé en toi ce que je cherchais

Maintenant ton lit est vide, notre barque échouée

Et les coquillages ne chanteront plus à tes oreilles.

Ho mon sagouin, idiot et beau,

Ton ignorance fut ta force de lion

Ta femme, ton nuage, ton mensonge d’avant.

Mais toi mon sagouin que cherchais-tu chez toutes celles qui ouvraient leurs garde-robes ?

Toi mon sagouin tu cherchais le mensonge qui dort dans les fleuves

Et moi ton camélia de la mort   patiente comme une fièvre d’éventail.

v
Laisse-moi passer la porte

Dors ! il ne reste rien

Les sagouins dans ton genre ne peuvent pas toujours valser.

 

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Les ouistitis (Vegas sur sarthe)


On n'était pas plus hauts que trois pommes et demi
qu'on allait voir les dames au tagada tsouin-tsouin
on faisait pour un oui pour un non le coup d'poing
détroussant les jeunottes et aussi les mamies

Les cognes nous serraient au moindre chapardage
on finissait toujours au dépôt de Saint-Ouen
l'occasion d'une douche et parfois d'un shampoing
avant de retourner vers d'autres brigandages

On s'en tirait toujours, question de baragouin
un sourire aux frangines et par ici l'artiche
au jeu du boneto on était très fortiches

On nous traitait d'affreux, salauds ou ouistitis
grimpant aux garde-fous pour quelques graffitis
en fait de chérubins on était des sagouins

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La sagouine (Laura)

La sagouine[1]

 

Grâce à cette souillon[2]  (et à d'autres titres de cette auteure et d'autres), j'ai découvert la littérature acadienne. Cette femme(comme tout personnage de livre et tout livre), ayant existé ,nous ouvre à un monde, son monde dont la philosophie naturelle touche à l'universel. Comme pour chaque polycopié que j'ai travaillé lors de mes études de lettres modernes par correspondance, j'ai lu le livre associé principal, les accessoires et bien plus encore par envie de comprendre tout(ou presque). Que ce(ux) ou celles qui n'ont jamais que visé la note nécessaire pour passer pendant leurs études de lettres me disent que ces études à la Sorbonne sont des études au rabais?

Vive La sagouine et son pendant masculin mais aussi Pélagie-la -Charrette[3], Rejean Ducharme, Maria Chapdelaine, Jacques Godbout(etc.), la poésie québécoise dont le merveilleux Emile Nelligan.

 



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09 février 2019

Défi #546

Tiens, il ne fait pas partie des imprécations
du capitaine Haddock !

Sagouin

 

5462

 

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