C'est en 1860 au cirque d'Hiver qu'un certain Jules Léotard – uniquement protégé par un maigre tapis de sciure et des banquettes bourrées de foin – décrochera le titre de « Napoléon de la corde roide » : le trapèze volant était né.
Imaginée en même temps que la tirelire cochon et le ballon dirigeable, la discipline du trapèze volant s'est enrichie au fil du temps de nombreuses positions dont les noms laissent rêveur :
la passe simple, le ventre en dessous, la mise en ventre derrière, le fouetté, la bascule, la chute de reins,  le cochon pendu
à tel point qu'on les croirait extraits du kamasutra à l'instar de cette position du trapèze où l'homme assis jambes ouvertes accueille la femme penchée vers l'arrière au risque d'être hors sujet.

Oublions donc cette partie de jambes en l'air et revenons à nos voltigeurs et voltigeuses qu'on appelait à l'origine des trapéziens en référence à Saint-Tropez.
Qu'est-ce que le trapèze sinon une barre suspendue à deux cordes parallèles ? Deux cordes qui selon le savant grec Thalès ne se rencontrent jamais sauf accident que l'on nomme Trapèze croisé ou quadrilatère concave ou Cerf-volant.
Dans les cirques le trapèze se balance en musique, c'est ce qu'on appelle en maths l'air du trapèze (égal au produit de la hauteur par la demi-somme des bases plus 8,2% de tva).

Le trapèze est un instrument oscillant, aussi lent que son balancement le permet.
Si le trapèze est traître il a cependant la particularité – comme la queue du chat – de s'arrêter au bout d'un moment ; c'est à cet instant qu'il faut s'en saisir sinon c'est la chute, accessoirement amortie par la présence d'un filet de sécurité.

En cas d'absence de filet, on trouve dans les hôpitaux, attaché au-dessus du lit du voltigeur malheureux, un petit trapèze qui aide le malade à reprendre force et confiance.

A suivre : Le dressage de perruches pour les Nuls